jeudi 28 février 2013

Comment gagner de l’argent dans une banque ?

Voici un moyen certain d’être bien payé, si vous travaillez pour Wall Street. Trouvez un excellent ami dans une banque concurrente ou dans un hedge fund, et faites l’un contre l’autre un gros pari. Dans un an, l’un d’entre-vous aura fait un gros profit et aura beaucoup gagné. L’autre aura perdu, et peut-être été viré. La somme de vos profits sera nulle. Mais la somme que vous aurez reçue ne le sera pas. Partagez-là.
Et, en plus, plus on a fait perdre d’argent à son entreprise, et plus on a de chances d’être à nouveau employé. A supposer que l’on ait encore envie de travailler. Mais il y a mieux

Qu’est-ce que notre changement a de nouveau ?

Petit à petit, je me suis intéressé à ce que nos ancêtres pensaient du changement. Le concept est présent partout. Et les ethnologues disent que le propre des sociétés humaines est de changer, et même de changer étonnamment vite.

Mais je crois qu’il y a quand même quelque chose de nouveau dans ce domaine. Le changement étudié jadis était celui de la nature, des saisons, des cycles économiques. Il était subi par l’homme. Depuis la Renaissance, il me semble que l’homme cherche, explicitement, à changer le monde. Dans un premier temps, il a conçu des utopies (cf. Thomas More), puis il a essayé de les réaliser par une sorte de tour de passe-passe (despotisme éclairé et bureaucratie, Révolution de 89, Nazisme, Communisme soviétique, Thatchérisme). Maintenant, on commence à se dire qu’il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Il existe des techniques pour faire bouger les sociétés…

mercredi 27 février 2013

Le talent est-il social ?

Je me rends compte que les chansons qui me plaisent sont antérieures aux années 70. Mais que leurs auteurs ont parfois survécu (par exemple, Aznavour ou Nougaro). D’autres ont arrêté de chanter (Brel), prématurément.

Du coup, je me suis demandé si le talent n’est pas plus une question de stimulation sociale que de caractéristique personnelle. L’artiste comme interprète ? 

mardi 26 février 2013

Italie, pays de bouffons ?

Un chroniqueur de France culture traitait Berlusconi et Grillo de « bouffons ». Le sont-ils tant que cela ?

Depuis qu’elle est entrée dans l’euro, l’Italie est en déclin. Elle s’est privée de la dévaluation et de l’inflation, qui la maintenaient à flots. En outre, elle est dirigée par une Allemagne qu’elle n’a pas élue. Est-il totalement illogique, dans ces conditions, que les bouffons proposent de sortir de l'euro ? (D'ailleurs une dissolution ordonnée de l'euro, pour raison d'absence de solidarité, n'est-elle pas une solution raisonnable ?)

Quant au vertueux Monti, comme beaucoup de nos dirigeants, il se veut représentant de l’entreprise, sans y avoir jamais mis les pieds. S’il l’avait fait, il saurait qu’un changement n’a le droit de vivre que s’il donne immédiatement des résultats. Or, ses réformes ont fait énormément de perdants, et ont eu zéro bénéfice. C’est une erreur que les bouffons n’auraient pas faite.

Il y a peut être plus curieux. Je disais que l’Italie était, comme la France, un pays dont le principe est le clientélisme. En lui retirant sa souveraineté, l’Allemagne n’est-elle pas devenue, de fait, son tuteur ? L’élection de « bouffons » ne la force-t-elle pas à agir ? L’Italie aurait-elle voté Merkel ?

Le taux de change n’a plus d’effet sur l’économie ?

Des travaux semblent dire que le taux de change n’affecte plus la grande entreprise, donc l’économie d’un pays. En effet, le grand exportateur serait aussi un importateur massif (sous-traitance). De ce fait, il serait peu affecté par les mouvements des taux de change.

Ce qui semble vouloir dire que les nations doivent surtout compter sur elles-mêmes pour se tirer de la crise. 

lundi 25 février 2013

Chaos au Moyen-Orient, paix en Europe, Chine en guerre, et reflux de l’individualisme ?

Politique. The Economist aimerait que M.Obama s’intéresse enfin à la Syrie. Somalie, en puissance, elle se transforme en chaos. Tout le monde se bat avec tout le monde, y compris entre opposants. Le terreau et fertile pour le Jihadisme. Demain, une guerre qui s’étend au Liban, à Israël, à l’Iraq, à la Jordanie… ?
Chypre subit une crise de la dette. Mais elle serait peut-être riche en pétrole. Cela pourrait lui permettre de payer ses dettes. Mais transporter le pétrole est compliqué et demande des investissements coûteux. Et si le plus simple était de passer par la Turquie ? Et s’il y avait là une raison de se réconcilier, pour les populations de l’Ile ? Quant à la Turquie, l’Europe semble d’un seul coup la trouver sympathique. Et si Kurdes et Turcs se réconciliaient pour devenir Européens ?
Quant à la Chine, son armée aurait organisé des bataillons de pirates informatiques qui alimentent son industrie avec le savoir-faire occidental. Politique d’intérêt national.

L’Europe veut taxer les transactions financières. The Economist n’est pas d’accord. Idem pour les bonus des banquiers : ils vont augmenter leurs salaires ! En revanche, l’Europe serait favorable aux intérêts du Whisky écossais. Elle le protège, abat les barrières douanières à l’étranger, et lui ouvre les marchés européens (La France est le plus gros consommateur mondial).

Vers une nouvelle vague de fusions / acquisitions ? « Beaucoup de patrons s’attendent maintenant à une faible croissance des pays développés. Ils pensent qu’ils ont tiré tout ce qui était possible des réductions de coûts. Une grosse acquisition est le meilleur moyen d’améliorer les affaires, pensent certains. » The Economist rappelle « les études biannuelles de KPMG n’ont jamais trouvé plus de 34% d’acquisitions rentables ».

Santé publique. Certains Etats américains légalisent la drogue. Cela permet de contrôler sa consommation. C’est l’occasion d’une expérimentation. (Une bonne idée pour réduire les déficits du pays ?) L’activité spatiale de la NASA ne sert plus à rien, sinon à engraisser quelques lobbies industriels. Et si on lui avait trouvé une activité honnête : surveiller et détruire les météorites qui nous menacent ?
Dans la rubrique, l’individualisme d’antan a du plomb dans l’aile, on essaie de modéliser la façon dont « les sociétés changent leur esprit collectif ». Pour cela, on veut utiliser le « big data » craché de toutes parts. On découvre aussi les bénéfices des virus et que « beaucoup de créatures (y compris les humains) ne sont pas auto-suffisantes mais dépendent de la symbiose ». En équipant les plantes de certains virus, on pourrait leur donner des propriétés utiles (par exemple résistance à la sécheresse). 

dimanche 24 février 2013

L’Angleterre sombre ?

L’Angleterre a été le pionnier de la rigueur. A quoi elle a ajouté une vigoureuse dévaluation de sa monnaie. Pourtant, elle n’arrête pas de couler.

Où est le problème ? Thatcher and sons dit que le Thatchérisme a construit un « nanny state ». Très curieusement, en voulant réformer la fonction publique Thatcher, Major, Blair et Brown en ont fait une sorte de moteur de l’économie. Elle a pris des proportions à la française et a nourri toute une industrie (notamment des cabinets de conseil).

David Cameron, anti Thatcher ?, réduit l’Etat et essaie de redonner du pouvoir à la démocratie locale, asséchée par Thatcher and sons. Malheureusement, j'ai l'impression qu'il ne reste plus grand-chose sur lequel construire

L’Europe de la carpe et du lapin ?

Un article de The Economist sur l’Italie me fait penser que l’Europe du Nord et l’Europe du Sud obéissent à des principes opposés. Mon hypothèse du moment :
  • Le régime italien semble proche du français et du grec, il est clientéliste. Le pays se nourrit de lui-même. Le système est équilibré par l’inflation et la dévaluation. Elles prennent d’une main ce qui a été cédé, aux intérêts locaux, de l’autre…
  • Quant aux régimes du nord, ils paraissent plutôt pirates. Leurs habitants tendent à la solidarité et à être tournés vers l’extérieur. Ils gagnent plus qu’ils ne dépensent. Dans un système basé sur l’échange, c’est instable.
  • L’euro semble mieux adapté aux pirates qu’aux clientélistes, qui se sont fait piéger. En outre, la dernière décennie a probablement vu le sud s’engager dans une bulle spéculative, qui a alimenté la vertueuse économie du nord.
Où cela nous mène-t-il ? Pour le moment, la fourmi veut contraindre la cigale à lui ressembler. Mission impossible. Mais si le sud coule, il risque d’entraîner le nord avec lui. Par conséquent, il est probable qu’il va falloir que chacun fasse un pas vers l’autre. En outre, pour éviter que certains pays ne s’enfoncent dans le déficit alors que d’autres amassent des fortunes, il faut un système d’équilibrage entre nations européennes. C’est comme cela, d’ailleurs, que semble fonctionner la Fédération allemande

samedi 23 février 2013

Goodyear, Titan et l’image de la France

J’ai entendu cette semaine que le dirigeant de la société Titan, un fabricant de pneus de tracteurs estimait, en substance, que la main d’œuvre française est paresseuse.

Ce qui m'a frappé était  ses arguments. Il a repris une idée qui a trois quarts de siècle, au moins. C’est la dictature du prolétariat, à l’envers : c’est le riche qui crée la richesse, le pauvre est un parasite. S’il y a grève générale des riches, les pauvres crèvent. Il en fait même une application relativement détaillée : 1) le dirigeant a le savoir-faire de fabrication de pneus, les employés sont totalement dépendants de lui ; 2) les ouvriers (français) travaillent trois heures par jour.

Autrement dit, il y a de grandes chances qu’il n’ait pas eu besoin d’une longue observation scientifique pour en arriver à formuler son opinion sur nous.

Il faut avouer que nous faisons de notre mieux pour renforcer les idées reçues qui nous concernent. Et, avec une remarquable économie de moyens. Un Arnaud Montebourg et une poignée de syndicalistes, obligeamment relayés par nos partenaires économiques, et votre réputation internationale est faite. 

vendredi 22 février 2013

Sociologie contre philosophie ?

Il y a quelques temps j’ai entendu Bruno Karsenti dans La suite dans les idées de France Culture.

Première révolution. La philosophie traditionnelle Socrate / Platon serait une réaction à la corruption du langage opérée par les Sophistes. Seconde révolution. Avec la sociologie post révolutionnaire, la dimension sociale de l’existence surgit. La philosophie l’avait manquée, elle qui croyait à la totale liberté du sujet et à une politique uniquement faite par les puissants.

Comme souvent, il est difficile de savoir si j’ai compris quoi que ce soit à ce qu’il a dit. Mais quelque chose m'a rappelé mes réflexions du moment. Et si la philosophie traditionnelle représentait la façon dont notre élite, individualiste, se représente le monde ? Et si la sociologie avait émergé avec la découverte qu'elle n'était pas la seule à compter ?

Cela expliquerait-il pourquoi des gens comme Tocqueville et Hannah Arendt semblent avoir été effrayés par la prise du pouvoir par le peuple ? N'allait-il pas étouffer de ce qu'il y a de beau et de noble dans l'Homme ? Le peuple ne représente-t-il pas sa dimension bestiale ? Dictature du besoin physiologique sur l'intellect ?

jeudi 21 février 2013

De l'art du parachutage en entreprise

Dans l’entreprise, il arrive parfois des parachutages. Une personne prend un poste, alors qu’elle ne semble pas en avoir la qualification. Cas usuels : le haut fonctionnaire qui pantoufle, ou le « cousin » qui rejoint l’entreprise familiale. Soit une entreprise dans laquelle atterri un parachuté, que faire ?

Cas 1 : le dirigeant.
Risque : l’Ancien régime. Les employées croient que la règle du jeu est le privilège de la naissance. Résultat : démotivation, inefficacité et courtisanerie.
Solution : définir les règles du jeu. Montrer que la pièce rapportée répond à une logique d’efficacité et de justice.
Un exemple d’argumentation. L’économiste Frank Knight justifie les rémunérations ainsi. Le salaire dédommage l’employé des risques qu’il prend, idem pour le dividende et l’actionnaire. Quant au propriétaire, il reçoit le profit réalisé par l’entreprise parce qu’il assure les risques non assurables. (Autrement dit, il vendra sa maison s’il ne trouve pas de créditeur.) Dans cette logique un pouvoir familial est une assurance pour l’entreprise. Le parachuté se justifie parce qu’il prend des risques que ne prend pas le salarié. Ce modèle fonctionne encore mieux avec l’Etat français. Puisqu’il sauve les entreprises en cas de faillite, il est logique qu’il mette ses personnels à leur tête. Question de confiance, pas de compétence.

Dans les deux cas suivants, je fais l’hypothèse que le dirigeant n’a pas fait le travail précédent.
Cas 2 : le parachuté.
Risque : se croire illégitime. De ce fait vouloir démontrer sa légitimité en se montrant meilleur que les salariés de l’entreprise. Ce faisant, se ridiculisant, car il faut être un surhomme pour faire mieux que toute une organisation qui se confronte au marché depuis des décennies. En outre, une attitude agressive est une déclaration de guerre qui pousse à la vengeance.
Solution : le donneur d’aide. Affirmer la légitimité de ses collègues (leur compétence). Chercher ce qui leur pose problème, et profiter de sa situation de proximité avec le dirigeant pour améliorer les conditions de travail et de vie de ses collègues, donc l’efficacité de l’entreprise.
Cas 3 : l’employé.
Risque : démotivation. Trouvant la situation injuste, ne plus travailler qu’inefficacement. Ce qui compromet l’intérêt de son travail et ses perspectives d’avenir.
Solution : l’équipe. Il faut analyser les forces et les faiblesses de l’un et de l’autre, et chercher les complémentarités. Exemple caricatural. Le parachuté est proche du dirigeant, mais incompétent (relativement), donc impuissant ; je suis compétent, mais loin du dirigeant, donc impuissant. Mais, je veux faire mon travail, et ne pas perdre mon temps avec un patron capricieux. Pourquoi ne pas associer ma compétence avec le pouvoir relationnel du parachuté ? Et, en plus, ce sera bon pour l’entreprise. 

mercredi 20 février 2013

Du patron français ?

Il y a quelques temps, j’ai rencontré un entrepreneur débutant issu de la banlieue (de la même que la mienne, mais ça n’a plus la même signification !). Une rencontre qui m’a plongé dans un abîme de perplexité.

Rencontrer des gens comme lui est une bouffée d’oxygène. Il montre à quel point moi et ceux qui m’entourent sont des paresseux privilégiés. Il est partout, il fait le travail de toute une équipe, et pour rien. Tout est système D. Tout est extraordinairement optimisé. Parce qu’il est sympathique, dynamique, qu’il rend beaucoup de services, on l’aide. Sa mère joue les commerciales, des stagiaires travaillent gratuitement, ses clients vendent ses produits. Il vit de petits boulots. Sa motivation. Surtout pas l’argent ! Il a eu une idée, il la met en œuvre. Elle lui assurera un modeste salaire, s’il réussit. C’est tout. A le voir, on comprend pourquoi la France n’a pas de grandes entreprises !

Son mode de pensée est totalement différent du mien. Il est une forme de rationalisation de décisions non réfléchies. D’où de curieuses contradictions. Contrairement à moi, qui pense tellement que cela me décourage d’agir, il ne calcule pas. Tout est intuition. Parfois géniale. Génie qui masque de grosses erreurs, inattendues par conséquent. J’ai cependant constaté, avec soulagement, que ma rationalité avait aussi ses avantages. Car il dépense une énergie colossale dans des tâches secondaires. D’où épuisement. Finalement son médecin est le meilleur des consultants. En le poussant à se ménager, il lui a fait faire l’équivalent de mes raisonnements abstraits. Il n’apprend pas par le concept mais par l’expérience.

mardi 19 février 2013

La Grande école est-elle intelligente ?

Apparemment les Anglo-saxons découvrent que ce qu’ils croyaient une élite intellectuelle est en fait stupide. En est-il de même de la nôtre ? Voici un texte issu de Centrale Paris :
Depuis quelques années, l'Ecole s’est engagée dans un processus de transformation majeur, afin de figurer, à l'avenir, parmi les établissements au monde les plus reconnus pour la formation de dirigeants de culture scientifique, et la recherche en sciences de l'ingénieur.
Notre Ecole a ouvert des projets stratégiques de toute première importance ; en effet, dans un contexte de globalisation, nous devons assurer la visibilité de l’Ecole au niveau international, afin de garantir sur la durée la valeur du diplôme de nos élèves. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’alliance avec Supélec, qui, dans le respect de l’identité de nos deux écoles, vise à constituer le premier pôle de formation d’ingénieurs en France par la notoriété et la taille. Le renforcement de notre alliance avec Supélec sera l’une de nos priorités en 2013, et devrait franchir plusieurs étapes décisives.
C’est aussi pour assurer la visibilité internationale de l’Ecole que nous avons pris la décision de construire, sur le plateau de Saclay, un nouveau campus. Celui-ci sera très moderne, et adapté aux modes et technologies d’enseignement de demain. Il nous rapprochera de nos allié Supélec, et se situera au cœur de la future Université de Paris Saclay, appelée à devenir le premier pôle scientifique de France.
Je m’interroge :
  • Et si le campus gigantesque appartenait au passé ? Nous semblons copier l’Amérique. Or, aux USA, le système éducatif supérieur traverse une mauvaise passe, et se remet en cause. De nouveaux modes d’enseignement sont essayés. Et, justement, ils sont « à la carte » (voir fin de ce billet.)
  • Mais où est la vision stratégique ? Quand une entreprise n’a pas d’autre vision que de devenir grosse, c’est la recette du désastre. Je le dis à tous mes clients, et jusque-là, j’ai toujours eu raison. Une entreprise doit être construite sur un projet, à elle. Ne devrait-il pas en être de même pour une université ?
  • Réfléchir au projet de l’entreprise demande de se pencher sur ce que l’universitaire du management appelle une « mission ». Quelle est la mission des grandes écoles ? Leur rôle était de produire des cadres. Ces cadres étaient, en France, des managers pluridisciplinaires (ou polytechniciens). Veut-on maintenant des spécialistes ? Veut-on que nos grandes écoles forment des chercheurs ? Est-ce à un directeur d’école de prendre ce type de décision ou doit-elle faire l’objet d’un débat démocratique. Syndrome Sciences po ?
  • Et la mise en œuvre du changement ? Si Centrale veut devenir MIT, il lui faudra d’énormes moyens financiers. MIT a une dotation de dix milliards de dollars ! La France peut-elle les générer ? Ce qui est presque plus une question culturelle que financière.

lundi 18 février 2013

L'Europe patauge, l'Afrique se développe, le monde se transforme

Communauté européenne. L’Italie à nouveau en difficulté. Et donc l’Europe aussi. Prochaines élections incertaines, notamment parce que les électeurs n’ont plus confiance en leurs politiques. Le PIB de l’Italie serait en recul depuis son entrée en euro. L’euro aurait bloqué son fonctionnement ordinaire. C’était alors « l’une des économies qui se développaient le plus vite en Europe, fondant son dynamisme en partie sur une succession d’accès de forte inflation et de dévaluations de sa monnaie ». Lorsque sa croissance a baissé elle « s’est reposée sur une accroissement des dépenses publiques et de sa dette ». Il reste « un épais maquis de régulations et des intérêts spéciaux protégés » et une population divisée entre des « initiés protégés » en CDI et les autres, en CDD. C’est tout ceci qu’il faut réformer. On se croirait en France. Décidément, nos gouvernements n’avaient pas pris la mesure du changement que constituait l’adoption de l’euro… The Economist s’interroge aussi sur les plans de M.Hollande. Il semble plus modéré que prévu. Mais ne va-t-il pas s’arrêter au milieu du gué ? Ne faire que le juste nécessaire pour éviter un naufrage ?
Le budget européen suscite des chamailleries. Mais pourquoi les 40% qui vont à l’agriculture, 2% de son PIB, ne sont pas reroutés, vers la recherche, l’éducation et des infrastructures communes ?
Le marché du carbone européen, qui devait nous sauver de l’effet de serre, est en déroute. La crise a fait chuter les émissions de carbone. Si rien n’est fait l’Europe va s’équiper en centrales à charbon. En outre, le reste du monde avait décidé de suivre notre exemple, si nous échouons, il n’y aura plus de régulation des émissions… L’Amérique propose à l’Europe d’étendre leurs accords de libre échange. Ce serait le bon moment. « Quelques-uns des lobbies les plus bruyants ont cédé du terrain ». L’Europe, par exemple, laisse entrer les OGM.
Viande de cheval et Supply chain. Classique effet pervers de la réglementation : une réglementation européenne a amené les producteurs à remplacer une cochonnerie par une autre (la seconde à base de cheval).
Il n’y aurait pas de guerre du taux de change. Les Etats impriment des billets pour relancer leur économie, ce qui fait choir leur monnaie. Il n’y a qu’à faire comme eux.
Russie. M. Poutine ne veut plus entendre parler de l’Ouest. La Russie est un pays à part. (Ce qui me semble avoir été un thème récurrent dans l’histoire russe.)
Afrique. L’Afrique est le prochain eldorado. En grande partie pour les TIC, qui permettent d’éviter en partie les défauts d’infrastructure. On s’y bouscule. Mais apparemment on y est moins colonialistes qu’à l’ordinaire. On associe les locaux aux affaires, et on essaie de créer une offre adaptée aux spécificités locales. La dernière mode serait l’informatique cognitive : déverser des tonnes de données dans un ordinateur, en vrac, et il vous en sort des idées utiles.
Changement d’époque. The Economist se demande comment récupérer les impôts des fonds qui les évitent (de l’ordre de 20.000 milliards). Les plaques tournantes de l’évasion seraient aussi bien les Iles Cayman, que la Cité de Londres, le Delaware, Miami, Le Luxembourg, l’Ireland ou les Pays Bas. Solution : plus de transparence, meilleure réglementation des systèmes de prix de transfert et imposer ce qui est facile à contrôler (« possesseur de capital, employé ou consommateur »). Le nouveau dirigeant de Carrefour serait en passe de redresser l’entreprise. En faisant l’exact envers de ses prédécesseurs (systémique !). En particulier, il pense qu’il est important de comprendre les besoins du consommateur. Mais il doit toujours compter avec les fonds d’investissement qui ont cherché à dépecer la société. Le pape part. Il aurait été « épuisé par les conflits et les machinations qui ont affecté sont règne ». Le Vatican ressemblerait-il à une multinationale ?
Après une période où l’individu était roi, on redécouvre que c’est sa culture qui fait la fortune d’une entreprise. Et que l’armée à quelques trucs à lui enseigner. Par exemple que « un officier ne doit jamais donner un ordre qui ne sera pas obéi, donc il doit apprendre à évaluer l’humeur de ses hommes ». On découvre aussi le « microbiome ». L’homme est un écosystème de microbes. Dernière observation : des bactéries auraient la capacité d’agir sur notre pression sanguine. 

dimanche 17 février 2013

Réforme de la justice

Il y a quelques temps j’ai entendu un morceau d’interview de Mme Taubira. Apparemment, elle s’attaque à la question de la récidive. Elle ne pense pas que la prison soit un bon moyen de l’éviter.

La prison a deux rôles, prévenir le crime, et remettre le criminel dans le droit chemin. Curieusement, ces deux objectifs sont contradictoires. Pour prévenir le crime la prison doit être vue comme une punition, mais la punition ne corrige pas. Au contraire, la prison, surtout lorsqu’elle est surpeuplée, tend à être l’école du crime. C’est une question de socialisation : l’homme ressemble à ceux qui l’entourent. La prison est une société dont la règle est le crime. En outre, qui aimerait qu’on lui dise qu’il est porteur du mal ?

Le crime est l’incapacité à respecter les règles de la société. Par conséquent, on peut l’éviter soit en modifiant ces règles, soit en plaçant le criminel, non pathologique, dans un environnement qui l’aide à apprendre comment les suivre (ce qui sous-entend qu'il n'est pas une bonne idée de le lâcher seul dans la nature).

Mme Taubira organise une conférence du consensus qui semble une manipulation. Peut-on éliminer le crime dans une République à qui ses élus ne font pas confiance ?

samedi 16 février 2013

Le siècle des utopies ?

Je lis Thatcher and sons, les réformes thatchériennes en Angleterre, et relis l’étude sur le totalitarisme de Hannah Arendt. Parallèles imprévus. Et inquiétants.

Nazisme, communisme et libéralisme, même combat ?
La théorie d’Hannah Arendt est que nazisme et communisme ont voulu réaliser une utopie. Ils ont cru que tout était possible. Pour réaliser ce qui n’est pas possible, ils ont détruit les conditions qui rendent l’homme humain. Comment ? Par le changement pour le changement. (Ce qui ne peut me laisser indifférent !)
Le plus surprenant dans Thatcher and sons, est que l’on y découvre que ce n’est pas Thatcher qui a appliqué le Thatchérisme, mais ses opposants, et surtout le reste de l’Europe. Même nous : les réformes du précédent quinquennat semblent un décalque des réformes anglaises ! Inattendu. Mais surtout, le Thatchérisme était une utopie. Il voulait remplacer la culture du service publique et de la démocratie, corrompus par le socialisme, par celle de l’entreprise. Mais, par « entreprise » il n’entendait pas PME, mais cabinets de conseil ! En 10 ans le gouvernement britannique a dépensé 70md£ en conseil ! Et ces cabinets voulaient installer le marché dans tout ce qu’ils touchaient. Pour cela, ils prônaient le changement pour le changement…

Tocqueville avait-il raison ?
Cela m’a rappelé Tocqueville, qui voyait la révolution française comme la tentative de réalisation d’une utopie. L’illusion d’un monde construit sur la raison. Sommes-nous victimes des illusions de la raison ?

Ou Polanyi ?
Mais il y a un autre livre qui modélise encore mieux à notre situation. C’est La grande transformation de Polanyi. Selon lui, l’histoire récente du monde s’explique par sa réaction à une utopie. Celle du marché. L’utopie du marché veut que tout soit échangeable, comme un produit, de l’homme (marché du travail), à la terre (marché de l’immobilier). Ce qui demande standardisation (tout homme doit être comparable), et mobilité totale (pas de lien social, pas de famille en particulier) : le produit doit aller au plus offrant. D’après Polanyi, les totalitarismes, le colonialisme… seraient des tentatives de rejeter cette utopie de chez-soi, parce qu’elle est invivable, vers les faibles.

Crises de folie de la raison ?
Peut-on construire une théorie du phénomène ? Et si nos crises étaient des sortes de crises d’adolescence de la raison ? Depuis les Lumières l’individu a pris le dessus sur la société. En conséquence, il peut être logique qu’il veuille reconstruire le monde selon ce que lui dicte son cerveau. Celui-ci étant extraordinairement limité, cela le conduit à des désastres.
Surtout, le Surindividu étant le boutiquier anglo-saxon, il est peut-être normal que le degré zéro de l’intelligence, la fiction du tout produit, se soit imposée. Et qu’elle cherche à nous contraindre par sa poigne de fer invisible.
Comment permettre la dimension individuelle de l’existence et éviter ses crises de folie sans aliénation sociale de l’individu ? La raison, qui nous a rendu de bien mauvais services, peut-elle nous indiquer le chemin ? 

vendredi 15 février 2013

Le Cameron pour les nuls

Négociation du budget européen, David Cameron ridiculise François Hollande. Je ne sais pas si l’enjeu était important, mais il me semble que c’est le procédé qui compte. Comment M.Cameron, qui veut partir de l’Europe et dirige un pays en virtuelle faillite, peut-il ainsi rouler la France dans la farine ? Grande leçon de négociation. Des siècles de pratique.

The Economist explique qu’il n’a rien à perdre, ce qui est la meilleure situation de négociation. D’ailleurs, il ne faut pas beaucoup pousser l’Allemagne pour qu’elle tape sur la France. Ce qui est une très vieille recette anglaise (entre les deux guerres, l’Angleterre jouait déjà l’Allemagne contre la France).

Il y a peut être encore plus fin. En lisant Thatcher and sons, j’ai découvert pourquoi la France avait accepté l’élargissement de l’Europe en 2004. En échange de la politique agricole commune ! Il suffit que l’Angleterre menace nos agriculteurs pour que le gouvernement français cède sans conditions.

La force de l’Angleterre, c’est diviser pour régner. Il lui suffit d’utiliser les haines internes à l’Europe et à la France pour obtenir ce qu’elle désire. 

jeudi 14 février 2013

Viande de cheval et supply chain

On découvre dans des plats congelés de la viande qui ne devrait pas y être. En même temps, on s’étonne de la complexité des circuits d’approvisionnement. Et surtout, on constate que nos systèmes de contrôle européens ne fonctionnent pas.

Pourtant tout ceci est connu depuis longtemps, et décrit. Il est surprenant que l’on s’en étonne. Le principe même de la « globalisation » de ces 30 dernières années est de trouver des pays qui ne respectent pas nos droits de l’homme ou nos normes sanitaires, afin de réduire les coûts de fabrication des produits que nous consommons. Il en est d’ailleurs de même des normes environnementales (voir : Les conséquences imprévues du protocole de Kyoto ?). 

mercredi 13 février 2013

Quand le gouvernement joue à l’entreprise : l’audiovisuel extérieur

Il me semble que nous avons vécu une grande illusion. Le gouvernement précédent a pensé que s’il installait la culture de l’entreprise dans le service public, celui-ci deviendrait fatalement efficace. Le plus amusant est que ce gouvernement a voulu appliquer une culture qu’il ne connaît pas. A-t-il jamais mis les pieds dans une entreprise ? La réforme de l’audiovisuel extérieur montre ce qui arrive dans ces conditions : une caricature.

On a fusionné. Fusion = synergie, non ? Et on a viré. Licenciement = économie + performance, non ?

Résultat : « Au final, AEF, dont la création devait permettre de faire des économies, a coûté plus cher que prévu, le financement de l’Etat n’ayant cessé de croître pour passer de 292 millions en 2008 à 372 millions en 2011 » (+27%, pas mal pour une économie !) et les licenciements ont coûté 200.000€ par personne !

Epigénétique et conséquences imprévues de la vie en société

Je me demande si l’épigénétique, qui connaît actuellement un printemps, ne vérifie pas une de mes théories.

La plupart des épidémies viennent du rapprochement homme / animal. Plus généralement, la vie en société produit des résultats « contre nature », qui ont des conséquences imprévues. Un des principaux fonds de commerce de la science est de corriger ces effets.

L’épigénétique revit la même histoire. Par exemple, la cigarette produit des effets « épigénétiques » qui se propagent de génération en génération. La science tente maintenant de les inverser. 

mardi 12 février 2013

La politique détournée par l’homme politique ?

L’autre jour, un ami sortait épuisé d’un échange de tweets avec un homme politique. Il en a conclu qu’en France, la politique c’est l’inefficacité. Il faut absolument l’éviter. Cela m’a rappelé Hannah Arendt.

Sa pensée vient de la Grèce présocratique. A cette époque, ce qui faisait d’un homme un homme (par opposition à animal soumis à la nécessité physiologique), c’est la participation à la « politique » (au sens polis – cité). La politique c’est « l’action » par excellence. Son but : l’immortalité. Comment ? Elle produit une œuvre (durable) dont l’histoire est celle de ceux qui l’ont faite (d’où immortalité du groupe, et des individus). Qu’est-ce qui meut le politique ? Le désir de « gloire ». (Par opposition à la morale.)

Or, aujourd’hui, la politique est une excuse pour l’inaction ! Et même pour paralyser l’action nécessaire à la survie du groupe. La politique aurait-elle été parasitée par l’intérêt individuel ? Les politiques ont-ils utilisé la politique pour lui faire dire le contraire de son esprit ? Est-ce ce qui est arrivé à la Grèce présocratique ? Qui était aussi celle des sophistes ?

Répétition de l’histoire des charlatans de Molière et de la médecine ? Ce sont les parasites qui s’emparent en premier de l’innovation. Le spectacle ridicule qu’ils donnent suscite une réaction qui conduit, finalement, à utiliser l’innovation correctement. Dans un sens, c’est la résistance au changement de tartuffes, qui défendent leurs avantages acquis, qui pousse ceux qui veulent bien faire leur travail à se surpasser (cf. Pasteur et la génération spontanée, et peut-être Obama et les républicains). Espérons qu’il en sera ainsi en politique ?

lundi 11 février 2013

Nouvelle semaine de dépression

La Corée du Nord pourrait être une nouvelle victime du capitalisme. Une classe commerçante s’est constituée, à laquelle ne devrait pas résister sa dictature. La monnaie chinoise prend une place grandissante dans les échanges. Particulièrement chez les pays émergents, habitués à utiliser la monnaie des autres.

Europe. La crise révèle que les deux principaux partis politique espagnols ont un considérable pouvoir discrétionnaire (notamment concernant la justice et l’administration), et leur financement ne paraît pas totalement sans rapport avec les causes de la dite crise. A la surprise générale, Hollande a fait preuve de décision au Mali (ou d’ailleurs l’armée semble démontrer une sorte de génie tactique ?), mais le véritable combat est à la maison, et économique. L’Angleterre n’exporte plus, sinon ses capitaux et ses services. « Entre 1997 et 2007, la Grande Bretagne a connu un boom, en grande partie dans le secteur public et la construction. Des nouveaux emplois ont été créés par l’Etat, et des cabinets de conseil sont apparus pour répondre aux appels d’offres publics. Le capital et l’emploi ont été aspirés par le boom de la construction. Une grosse partie du boom britannique était lié à l’économie domestique ». (Le renouveau thatchérien aurait-il été une bulle spéculative ?)  Quant aux pays de l’UE, particulièrement la Grande Bretagne, ils tremblent. Car ils doivent « ouvrir leurs marchés du travail aux Bulgares et aux Roumains, qui sont entrés dans l’Union en 2007. » La zone euro, d’ailleurs, ne va pas bien. Banques qui ne prêtent pas, et euro surévalué. Si ses pays ne relèvent pas la tête, il sera impossible de leur demander un peu plus de rigueur. Les recettes de la BCE sont épuisées. (Sur l'Europe et ses divergences, voir aussi le billet suivant.)

L’ascenseur social ne fonctionne plus aux USA. Ce sont les revenus des parents qui déterminent ceux des enfants. Raisons ? Les conditions d’éducation des pauvres. Un environnement familial dysfonctionnel et un système éducatif qui s’intéresse au riche.

En Tunisie comme en Egypte, l’incapacité des gouvernements musulmans à résoudre les problèmes économiques compromet leur survie. Contrairement à ce qu’ils croyaient, le peuple n’attendait pas de belles paroles ? Et ensuite ? Pouvoir fort ou surenchère fondamentaliste ? « Cauchemar arabe » ?

Entreprise. Les fusions acquisitions devraient repartir. Leur moteur serait la réalisation de synergies, et l’emploi des réserves énormes accumulées par les entreprises, peut-être pour acheter, comme le font les Japonais, des sociétés de pays en croissance. Dell acquiert ses actions. Il veut sortir de son état de has been, apparemment en imitant IBM et HP. Pour ce changement, il ne juge plus que le marché est un bon stimulant. L’accident de sa plate-forme pétrolière du Golf du Mexique pourrait coûter à BP entre 39 et 90md$. (De l’intérêt de polluer un pays pauvre ?) Dans le dernier scandale bancaire (Libor), les amendes commencent à tomber, et on découvre la stupidité de ceux que l’on croyait des surhommes : ils n’ont même pas eu la présence de dissimuler leurs malversations ! L’incapacité des banques à s’autocontrôler est-elle une nouvelle raison de penser qu’elles sont trop complexes à diriger, et doivent être mises en pièces ?

Miracles de la technologie. Il serait possible de mesurer l’intensité de la pluie à l’atténuation des signaux que s’envoient les stations de téléphonie mobile. Pour ne pas être en reste avec Facebook, les boutiques espionnent leurs clients. Les mannequins sont équipés de caméras et les téléphones mobiles sont suivis à la trace.

Infidélité pour tous ? Le Sida aurait été contracté « entre 27 et 62% pour les homme et entre 21% et 53% pour les femmes » du fait d’infidélités conjugales, dit une étude africaine. Le réchauffement climatique fait fondre la glace du pôle nord (le réchauffement y est déjà de  2°), mais n’y fera pas venir le poisson.

Trois visions de l’Europe

The Economist contraste les visions françaises (axe du mal), allemande et anglaise (le bien) de l’avenir de l’Europe.
  • Allemagne : « membres de l’eurozone ayant la responsabilité de leur politique économique, à l’intérieur de règles rigides imposées par le centre. »
  • Angleterre : « un marché commun peu contraignant et hautement libéralisé, dans lequel chaque membre décide à sa guise des termes de son appartenance. »
  • France : « l’intégration doit inclure des projets communs, portant sur, par exemple, les infrastructures et l’énergie renouvelable, payés par de « nouveaux instruments financiers ». Et l’intégration doit être accompagnée par une plus grande solidarité, dont la garantie de l’emploi et de la formation pour les jeunes, et, oui, des obligations européennes. »
Bref, chacun veut imposer aux autres le modèle de son pays. Et The Economist rappelle à M.Hollande que lorsqu’on dirige une république bananière, on ne peut que se taire. 

dimanche 10 février 2013

Comment traduire changer en français ?

J’ai mis bien des années à me rendre compte que l’on me regardait de travers lorsque je parlais de changement. Pourquoi ? Parce que le monde ne comprend pas le changement comme moi. C’est ce que j’ai appris de mes élèves, et de quelques autres.
  • Le changement est vu comme fatalement conflictuel. La raison du conflit est due à l’obscurantisme. Le changement c'est « éduquer », façon soviétique. Ou coacher (asile psychiatrique ?). Chez nous, il n’y a pas de place pour l’apprentissage collectif. Le Français sait. On est soit dans son camp, soit du petit bois dont on fait les bûchers.
  • Le changement faisant nécessairement des perdants, ou cassant des usages obsolètes, il ne peut que produire un deuil, et des souffrances psychologiques.
  • La libéralisation de la société européenne a été menée à la mode thatchérienne, c'est-à-dire en visant à liquider un « ennemi » (collectivités locales, universités, etc.).
  • Certains dirigeants ont prôné « le changement pour le changement ». S’il produit un bénéfice à court terme, parce qu’il prend par surprise un groupe social (employés ou sous-traitants), ce procédé semble aussi détruire l’individu. Du moins c’est pour cela que les régimes totalitaires l’auraient utilisé, selon Hannah Arendt.  

samedi 9 février 2013

Le journalisme en France : arrêté il y a deux siècles

Le journalisme me consterne. J’écoutais Le secret des sources de France Culture. Il y était question des difficultés de faire un métier de journaliste économique chez nous.L’illustration sonore finale a tout dit. On y entendait des ouvriers grévistes de PSA.

Voilà ce que les journalistes comprennent de l’entreprise. Des ouvriers de l’industrie, en lutte contre leur patron.

Ont-ils compris que des tels ouvriers constituent une minorité des Français ? Qu’il existe une économie du service, des intérimaires, des chômeurs, des SDF… ?
Ont-ils aussi compris que PSA est en quasi faillite, et que cela ne rentre pas dans le chapitre lutte des classes, mais dans celui de la (mauvaise) gestion de l’entreprise ?
Ont-ils compris que, s’ils étaient simplement capables de lire ce qui s’écrit à l’étranger, dans les journaux ou dans les universités, ils verraient arriver ce qui survient en France avec dix ans d’avance ?
Ont-ils compris qu’ils sont une pendule arrêtée il y a deux siècles ?

Le seul journaliste intelligent est celui qui me parle de son travail. Alors, il comprend ce qu’est une entreprise. Il comprend ce qu’est la souffrance au travail. Il comprend que pour réussir, l’entreprise doit bien faire son métier, en professionnelle, avec humilité ; qu’elle doit ne pas céder aux modes gestionnaires à courte vue, ou aux tentations du carriérisme. Il comprend même ce que signifie changement. 

RH et parole d'experts


Voici un livre auquel une des mes tribunes a participé. 
J'ai commencé à le lire dans le métro. Cela parle de problématiques de ressources humaines. C'est plein de tuyaux pratiques, d'expérience et de bon sens. 
Et c'est cela qui me frappe. La France a une image effroyable en termes d'entreprise. Nous semblons refuser tout ce qui se fait dans le domaine (forcément à l'étranger, puisque nous sommes inexistants). Mais, lorsque nous choisissons d'appliquer des techniques, nous prenons celles qui ont fait la preuve de leur nocivité ! Or, voilà que je découvre des gens qui me semblent de grands professionnels, au meilleur niveau international. 
Un espoir, après tout, pour l'entreprise française ? Qu'attendons-nous donc pour les écouter ? 

vendredi 8 février 2013

Le monde d'après la crise

Depuis ses origines, ce blog se demande sur quoi peut déboucher la crise. Cela fait quelques temps que The Economist penche pour le modèle scandinave. Son argument : c’est un modèle non idéologique. Il y en a pour tout le monde : Etat protecteur d’un côté, entreprise libre de l’autre. Toujours méfiant, je me demande si The Economist n’a pas peur qu’une réaction au tout libéral des dernières décennies ne renvoie le monde vers le socialisme. Tente-t-il d’arrêter le balancier en milieu de course ?

Mais il y a peut-être quelque chose de juste dans son analyse. Petit à petit, je découvre une sorte de consensus d'après guerre. Il a demandé à l’Etat de protéger l’homme du capitalisme. Les trente glorieuses furent technocratiques. Pour une raison qui n’est pas claire, ce modèle a fléchi. Peut-être était-il étouffant ? Instable ? Les régimes communistes se sont effondrés, ou ont dû libérer leurs entreprises (Chine), l’Ouest s'est libéralisé, sous les coups de boutoir de 68, de Madame Thatcher et de quelques autres.

Si l'analyse est juste, que faire ? Peut-être se demander ce qui compte vraiment pour nous, Français, ce qui est secondaire, et comment arriver à reconstruire un pays dans lequel l’essentiel est respecté, eu égard aux contraintes, notamment économiques, que nous subissons. Mais, pour réussir cet exercice, il faut oublier les idéologies. Comme le dit The Economist. 

jeudi 7 février 2013

Mariage pour tous et limites de la démocratie française

Mariage pour tous. Un chroniqueur de France Culture s’en prenait ce matin à la droite parlementaire. Il lui reproche de passer beaucoup de temps à parler de ce que signifie père et mère, et de ne pas suivre l’exemple de l’Angleterre, qui a voté le texte en 6h. En outre, il y aurait un débat sur twitter entre députés, une participation du grand public, 5m de comptes twitter en France, bref, une vraie démocratie.

L’inanité de l’argumentation m’a sorti de ma torpeur. Car, oui, il est important de discuter de mots. Si ce nouveau texte est en passe de redéfinir les fondements du droit français, autant en mesurer les conséquences et passer du temps à en contrôler les effets. L'histoire de la pensée humaine, d’ailleurs, n’est qu’une discussion sur le sens des mots. Confucius, par exemple : 
Zilu : « à supposer que le prince de Wei compte sur vous pour l’aider à gouverner, que feriez-vous ? Le maître : « une rectification des noms, sans doute (…) si les noms sont incorrects, on ne peut pas tenir de discours cohérent. Si le langage est incohérent (…) le peuple ne sait plus sur quel pied danser (…) l’homme de bien n’use des noms que s’ils impliquent un discours cohérent, et ne tient de discours que s’il débouche sur la pratique. » (Cheng, Anne, Histoire de la pensée chinoise, Seuil, 2002.)
Cette loi qui semblait un non événement me paraît maintenant soulever des questions critiques. La première étant les vices du système démocratique français. Pour éviter l’instabilité de la France, de Gaulle nous a donné une constitution monarchique. A moins d’une révolution de rue, une telle constitution laisse passer n’importe quelle loi, si elle est portée par la majorité de l’assemblée (qui, d’ailleurs, représente une minorité). Ne faudrait-il pas, pour certaines lois, exiger une « super majorité » à l’américaine, pour forcer les partis politiques à s’écouter ?

Dans ces conditions, d’un succès assuré, l’attitude de la gauche est paradoxale. Elle recourt au sophisme. Elle refuse le débat et veut contraindre, par l’intimidation, l’opposition à se taire. Cette précipitation pose une question inquiétante : et si la raison d’être de ce texte, apparemment innocent, était de procéder à une transformation bien plus fondamentale de nos lois ?

(Au passage, l’histoire de twitter est un nouveau sophisme : moins de 50% des comptes twitters sont actifs, et encore, « actif » signifie utilisé au moins une fois en 3 mois… décidément, la définition des mots est importante. La gauche se sentirait-elle menacée parce que son pouvoir vient de leur manipulation ??)

Du licenciement boursier

Hier, j’entendais un avocat communiste parler (France Culture). Apparemment, il combat les licenciements pour raison économique. Faire respecter le droit me semble une bonne idée. Mais je doute que ce soit efficace pour éviter les licenciements. Leur cause est généralement la mauvaise gestion de l’entreprise combinée à un environnement difficile. Et, lorsqu’ils surviennent, il est trop tard.

Dans une entreprise, l'employé joue beaucoup plus gros que l’actionnaire. Il risque sa vie, au moins qu'une partie soit bousillée. Le meilleur service que pourraient lui rendre les syndicats serait probablement d’aider le dirigeant d’entreprise à ne pas faire d’erreurs. A mon avis.

Un livre sur ce que sont devenus les syndicats.

A qui appartient l’entreprise ?

Une théorie qui a eu beaucoup de succès dit que l’entreprise appartient à quelqu’un. Les communistes pensaient qu’elle appartenait aux travailleurs, les néoconservateurs aux propriétaires. Même démonstration dans les deux cas : si je pars, la société coule.

Ce qui ne prouve rien, sinon que tout le monde est utile.

Mais, si l’on veut à tout prix un critère de propriété, pourquoi ne pas adopter celui de Salomon, dans le jugement du même nom : l’entreprise appartient à celui qui se sacrifie pour elle ? Pas à celui qui menace de la quitter.

mercredi 6 février 2013

Le problème avec les droits de l’homme

J’entends dire que dans l'affaire du mariage pour tous, la gauche n’avait pas prévu que la droite soulèverait la question du droit des enfants.

Quelque chose m’ennuie dans ce débat. C’est l’utilisation de la force. On obtient des « droits » après un « combat ». Et non en échange de « devoirs ». Ce combat est d’ailleurs un affrontement, et, pire, une manipulation de notre inconscient. Tout artiste un rien engagé se croit obligé de faire dire, subliminalement, à son œuvre qu’il est bien d’être homosexuel, par exemple. Et maintenant je ne sais plus quel politique veut faire passer les députés qui ne pensent pas comme elle pour des « réacs ». Décidément la politique est une insulte à l’intelligence. A quand un droit d'être considéré comme un être humain ?

Mais le pire là dedans est que la notion de droit, comprise comme promotion d’un intérêt, me semble fondamentalement viciée. Même en imaginant que tout le monde soit équipé de droits, de la nature à l’ovule, n’y aurait-il pas la place pour des effets pervers ? La société ne serait-elle pas comme une équipe de foot qui laisse passer le ballon entre ses joueurs ? Où est la dimension sociale du concept de « droit » tel qu’on l’entend aujourd’hui ?

Quelles autres solutions avons-nous ?
La démocratie
Le débat démocratique amène les parties prenantes à obtenir ce qui est réellement important pour elles, et surtout à se comprendre. Donc à se respecter. Mais ce mécanisme s’arrête à ceux qui ont une voix.
La république
La logique de la République est celle de l’intérêt général. Le législateur a pour mission de comprendre ce qui est important pour le groupe qu’il représente. (Groupe qui peut avoir des sensibilités distinctes.)
Comment choisir un régime ?
Les sociétés changent en bloc. Il n’est pas possible de les « faire changer ». En revanche, une fois qu’elles ont choisi un nouveau système, elles le réalisent, et il devient stable. Elles réalisent un auto-contrôle d’elles-mêmes.

mardi 5 février 2013

Terne semaine

En dehors des Nordiques du billet précédent, que donne le tour du monde de The Economist, cette semaine ?

Barack Obama veut légaliser 11m d’immigrés illégaux, mais bien intégrés. Ce n’est pas du goût des Républicains, qui n’y voient pas beaucoup d’électeurs. En Egypte, les frères musulmans semblent avoir cru qu’on les avait élus pour leurs valeurs, alors qu’on voulait qu’ils règlent les problèmes, croissants, de la nation. L’Egypte évitera-t-elle une nouvelle révolution, ou un coup d’Etat militaire ? L’Europe essaie de négocier un accord de libre échange avec les USA. Elle espère ainsi intéresser l’Amérique et l’Angleterre à son cas. John Kerry, nouveau ministre des affaires étrangères américain va-t-il parvenir à sortir Barack Obama de ses tentations casanières ? L’Angleterre tente petit à petit d'extraire ses collectivités locales de la centralisation Thatchérienne. Quant au gaz de schiste, peu de chances d’en voir le bout du nez en Europe. D’ailleurs, il ne semble pas aussi évident que cela que ses gisements soient économiquement exploitables. Thyssen Krupp se réinvente, de même que RIM / Blackberry, dont le meilleur atout serait ses 80m d’utilisateurs. Les entrepreneurs donnent des leçons à l’Etat. Certains forment des groupes de conseillers. McKinsey lui propose de partager de meilleures pratiques. D’autres, enfin, l’enjoignent d’utiliser les technologies de l’information. Mais tout ces gens ont-ils vraiment quelque chose à apporter ? Ou quelque chose leur échapperait-il dans la complexité du monde politique ? La justice a donné raison à l’Islande de ne pas avoir dédommagé les clients étrangers de ses banques en faillite. Leçon : confiez vos économies à une banque nationale. On aurait trouvé une manière de réduire le coût des retraites : les faire ressembler à un système par capitalisation. Le montant de la retraite est découvert à sa liquidation. La seule chose sûre serait la contribution versée. Dormir permettrait d’éliminer les mauvais souvenirs et de se rappeler des bons. Le sommeil court et le cerveau rétréci du vieux iraient avec un moindre besoin d’apprendre. La malnutrition serait liée à la flore intestinale, autant qu’à la diète. Les pigeons se repéreraient aux infrasons émis par la mer. Les pays émergents représentent 83% de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serres. Apparemment, la question commence à les préoccuper. Sans qu’une solution soit en vue. Finalement, Nixon a fait le sale boulot d’Eisenhower. 

Peut-on imiter les pays du nord ?


The Economist donne en exemple l’Europe du Nord.
Dans les années 80/90 elle aurait eu sa crise. Son Etat était devenu trop gros. Elle l’a réformé. Comme la Chine ?, elle a libéré un peu son entreprise. Maintenant ses pays sont au sommet de tous les classements.
Peut-on imiter l’Europe du Nord ? Difficile à dire. Ce sont de petits pays (26m en tout). Avec le cas particulier de la Norvège, membre de l’Opep. Beaucoup dépend de sa culture, de la confiance et du consensus. Son modèle d’entreprise est proche de l’allemand : niche, innovation, long terme (fondation et famille), culture et forte automatisation. Peut-être aussi internationalisation. Et capacité à « s’ajuster aux règles dictées par les grands pays ».
En tout cas, le système éducatif finlandais semble mériter un examen. Ce serait le meilleur au monde. Et pourtant, il serait économe. On y encouragerait la créativité et l’apprentissage de groupe. Il se caractériserait par des enseignants compétents et modestement payés, et à qui on laisse la possibilité « d’expérimenter de nombreuses techniques d’enseignement ». Ils sont attirés par les caractéristiques du système finlandais : « confiance et stabilité ». Et surtout, le « respect » que l’on a pour eux.

Leçon ? Peut-être qu’un pays en difficulté doit se demander quelle est, au fond, sa mission (« la capacité d’investir dans le capital humain et de protéger le peuple des perturbations qui font partie du système capitaliste » pour les pays du nord). Et, ensuite, comment la mener à bien avec les moyens du bord. Et ce, avec pragmatisme. Et en évitant avec soin les idéologies. 

lundi 4 février 2013

L’école : pantins et crétins ?

Discussion avec une élève de terminale d’un apparemment « bon lycée ». Que le monde a changé depuis mon époque, et ses algecos de banlieue communiste ! La vie de l’élève semble maintenant une combinaison d’une obsession pavlovienne de la note et de voyages luxueux à l’étranger.

C’est curieux, mais cela me fait penser à la vie d’un cadre de multinationale : la semaine au travail, le week-end en voyage d’agrément au bout du monde.

Retour au behaviorisme ? La vie est sous l’emprise totale de la société, qui donne des carottes pour bonne conduite. Plus de place pour la réflexion, le comportement de l’individu est codé ?

Étrange évolution. L’école fabrique des crétins pauvres et des pantins riches ?

(Faut-il faire un parallèle avec la mode de l’équipement de l’enfant en capteurs, ce qui le prépare à être un mouton – voir le bas de ce billet ?) 

dimanche 3 février 2013

Pourquoi nos gouvernants aiment-ils l’Angleterre ?

La littérature managériale anglo-saxonne présente l’Europe comme une proie bonne à dépecer. Pourquoi, dans ces conditions, les dirigeants européens se laissent-ils plumer ?

Une première explication est qu’ils y trouvent un profit. Il est vrai que ce ne sont pas eux qui se font plumer, mais nous. Et que toute collaboration a ses bénéfices.

Une autre explication est donnée par Libération. Laisser filer l’Angleterre ou la Hongrie serait mauvais pour l’Europe. Cela ferait douter le monde de sa solidité. Il faut donc tout donner à l’Angleterre (et à la Hongrie).

Extraordinaire façon de négocier ! L’Angleterre aurait tort de ne pas nous exploiter, dans ces conditions. Et argument bien faible : construire une équipe c’est savoir en éliminer ceux qui ne partagent pas ses valeurs. D’ailleurs, être capable de le faire peut les amener à modifier leur comportement pour ne pas être exclus.

(Je note au passage que Libération est fâchée avec le monde des affaires. Elle pense que la city perdra 40% de son chiffre d’affaires si elle sort de l’Europe. Au motif que c’est ce que représente ses transactions en euros. Or, la force de la City est justement les transactions en devises étrangères. D’ailleurs l’euro n’est pas la devise anglaise, pas plus que le dollar, qui est à l'origine de sa fortune.) 

samedi 2 février 2013

Libéralisme policier

Pourquoi n’y a-t-il pas de conduite du changement dans les grandes écoles de commerce ?
Le mystère s’éclaircit. Il semblerait qu’elles veuillent recruter des enseignants chercheurs qui publient. Or, les revues d’économétrie sont en grand nombre. Résultat : on recrute des enseignants qui parlent de résultats quantifiables. Les sciences humaines sont disqualifiées.

Je lis actuellement un ouvrage sur les réformes de Thatcher et fils. L’Angleterre a vécu, vingt ans avant nous, ces phénomènes ridicules.

C’est un résultat du libéralisme. Puisqu’il pense que l’homme est responsable de tout, donc de la « performance ». Il veut mettre des mesures partout. Il veut tous nous évaluer. Ultime paradoxe. Un mouvement qui veut la liberté de l’homme débouche sur son fichage !

vendredi 1 février 2013

Le blog est fatal au cinéma

Je ne vais plus au cinéma. Pourtant, il n’y a pas encore longtemps, la chronique cinéma était la plus fournie de ce blog. C'est une question d’arbitrage, selon l’expression des financiers anglo-saxons : mon temps est rare. Mais ce n’est pas tout. Ce blog a enlevé au cinéma son mystère.

En recherchant les règles de nos comportements, il m’a montré que ce qui me plaisait dans les films était des sentiments bêtes, des questions immémoriales telles que les mystères de l’amitié ou du respect de ses convictions en environnement hostile. Mais, et c'est là où tout le beau du spectacle s'est évanoui, j'ai aussi compris qu'il est un moyen de manipulation de masse. Le réalisateur veut influencer nos comportements, nous dire ce qui est bien. 

L’artiste serait-il complexé ? Son art ne lui suffit plus ? En France, il n'y en a que pour l'intello, et il trouve son intellect un peu court ? C'est pourquoi, il a cherché à l’agrandir en empruntant des idées à d’autres ? Il n’a pas aimé ce qu’a dit de lui Oscar Wilde ? me suis-je demandé. En tout cas, l’artiste n’est pas un penseur de haute volée. C'est pourquoi je ne vais plus au cinéma.