mercredi 15 février 2017

La confession d'un enfant du siècle

La liaison de Musset avec George Sand est l'inspiration de ce livre. Il  lui a d'ailleurs demandé de lui retourner les lettres qu'il lui avait envoyées, pour s'en servir de matériau. Mais en changeant l'intrigue. Il n'est plus l'enfant immature que George Sand materne. Mais un être supérieur et révolté que l'histoire a privé de la gloire qu'il méritait. (La fin des guerres napoléoniennes a fait des gens de son âge une génération perdue, dit le premier chapitre.) A la recherche de l'amour absolu, il côtoie des "créatures", et  sombre dans la débauche. Jusqu'à ce qu'il trouve la pure "Brigitte la Rose" (la rosière), qui, accompagnée d'un chevreau, soigne le pauvre, au cœur d'une campagne idyllique. C'est Rousseau. Il la soumet aux pires tourments (ils ne sont rien à côtés de ceux que subit le lecteur), avant de comprendre qu'il est l'incarnation du mal, et de s'éloigner sur le soleil couchant. 

Le héros n'arrête pas de verser des "torrents de larmes". C'est insupportable et interminable. Mais c'est un acte de bravoure. C'est la description des états d'âme, quasiment à la minute, d'un malade de jalousie. Que l'on ait pu se délecter d'un tel livre indique à quel point nos mœurs ont changé.