dimanche 24 septembre 2017

Journalisme

La technique est toujours la même. Les informations de France Culture parlent d'une décision du gouvernement, elles font ensuite parler un opposant appartenant à une ONG ou un parti d'opposition. Résultat : les deux opinions ont le même poids. La seconde en a plus que la première, même. Or, elle a un poids démocratique beaucoup plus faible.

Un universitaire me disait la même chose. Un journal mettait en regard l'opinion du meilleur expert mondial d'un sujet, et celle d'un inconnu qui avait émis une théorie fumeuse. Même poids pour le lecteur.

Aux USA, le journaliste fait une enquête. Il creuse. Et il s'efforce d'entendre tout le monde. Et si l'on envoyait nos jeunes journalistes se former aux USA ? Ils nous ramèneraient peut-être des techniques que nous avons oubliées. (Les techniques d'Albert Londres ?)

M.Macron et l'Allemagne

Elections en Allemagne. Mme Merkel va gagner. En quoi cela nous concerne-t-il ?

On peut être dubitatif sur les réformes de M.Macron lorsqu'elles concernent le pays. En revanche, le changement systémique qui pourrait transformer notre vie, serait un changement de cap de l'Allemagne. Si elle cesse d'infliger l'austérité à l'Europe, on passerait de l'obsession de la réduction des coûts, qui crée déflation et chômage, à une logique de marché européen über alles, et donc de travailleurs riches.

Tout dépendra de qui entre dans le gouvernement de Mme Merkel. Si elle ne gouverne pas seule, ou avec le SPD, M.Macron aura des difficultés à faire passer ses idées. (Pour le moment, cela semble mal parti.)

Start up

Jeanne Bordeau écrit un article amusant sur le langage des Start up. Mais que cache ce discours séduisant ? On s'apitoie sur le sort des cyclistes de Deliveroo, et si "nous étions tous des livreurs de Deliveroo"? Et si la réalité du modèle économique de la Start up était non telle ou telle innovation mais notre crédulité ?

Après tout, cela a déjà été le cas durant la bulle Internet. Alors aussi ont promettait beaucoup, et surtout des conditions de travail idylliques. Mais tout a mal tourné. Et encore, cela aurait pu être bien pire, sans l'intervention des Etats. C'était un grand moment de spéculation.

samedi 23 septembre 2017

Cybersécurité

On parle beaucoup de cybersécurité. Mais il y a plusieurs choses que peu de gens savent à ce sujet. Tout d'abord, les assureurs assurent ce type de risque. Ce qui est étrange, puisque je ne pense pas qu'il y ait un modèle probabiliste associé à ce risque. Peut-être cela entre-t-il dans une forme de "perte d'exploitation" ? Ou un modèle de type Lloyds d'assurance de bateaux. (Qui fait faillite de temps à autres.) Et si cela devient trop grave, on parlera de catastrophe naturelle, assurée par l'Etat ?

Car, c'est un problème systémique. Le monde est hyperconnecté, il y a une multitude de réseaux, tous reliés à Internet. S'ils s'effondrent, quelles en seront les conséquences ?

Enfin, se protéger du risque est du ressort des mathématiques. Défense et offensive sont une question d'algorithmes. Problème clé : qu'est ce qui est normal, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Mais sont-elles à la hauteur du danger ?

Il se trouve que les assureurs et les mathématiciens se rencontrent pour discuter de la question à l'Université Jussieu. C'est gratuit, et cela aura lieu les 6 et 7 novembre prochains. Le programme.

Marketing

"Un philosophe est semblable à un alpiniste qui, gravissant une montagne avec difficulté pour y jouir du lever du soleil, n'y trouverait que du brouillard... Il faudrait qu'il soit bien honnête pour ne pas prétendre que le spectacle était prodigieux." William Somerset Maugham​, traduit par Jean-Jacques Auffret.

Je me demande si ce n'est pas un problème auquel nous sommes tous confrontés. En particulier, nous pensons que notre emploi demande que nous affirmions que ce que fait notre entreprise est évidemment merveilleux, alors que nous n'en savons rien. C'est ainsi que l'on nous dit que l'avenir est à tout un tas de choses (objet connecté, big data, intelligence artificielle, OGM...) douteuses, qui, d'ailleurs, se renouvellent régulièrement.

(Il y a au moins deux moyens d'éviter cette erreur :
  • Parler d'expérimentation.
  • Ne pas promettre le Pérou, mais ce que peut faire, de manière quasi certaine, la nouveauté que l'on promeut.)

vendredi 22 septembre 2017

Marché

M.Macron et la crise du logement. Il semble vouloir utiliser le mécanisme du marché pour la régler. Il l'avait déjà fait pour la question du transport, avec ses bus.

C'est ennuyeux. L'idée que le marché est une panacée a émergé récemment. Des travaux "scientifiques" ont essayé de prouver son efficacité parfaite. Rien dans l'histoire ne le laissait penser. Et l'application de cette idée a conduit à une succession de désastres, à commencer par ENRON, qui fut le champion de ce combat. Comme le montre les problèmes que suscite AirBnB, le marché provoque un trouble à l'ordre public, qu'il faut guérir par l'intervention de l'Etat.

Les USA sont pragmatiques et se sont rendus compte de leur erreur. Malheureusement la France, surtout ses hauts fonctionnaires, a généralement une guerre de retard. Elle s'enthousiasme pour des idées dont on sait qu'elles ne marchent pas. Espérons que les dégâts seront limités ?

Idées noires

Humeur du matin, de Guillaume Erner (France Culture). Toujours (du moins à chaque fois que je l'écoute), des idées noires. De quoi vous mettre en train pour la journée. Comment un ultra privilégié, qui ne connaîtra jamais le chômage et le déclassement, et à qui la radio donne un capital de marque  et des relations d'une valeur considérable, peut-il être aussi déprimé ?

Peut-être parce qu'il ne le sait pas. Il est isolé. S'il était au contact du reste de la population, il devrait ajuster ses propos aux inquiétudes de son auditoire. Ce faisant, il lui apporterait un peu de joie. Et, lui-même, en serait heureux. Nous sommes malades d'un lien social distendu ?

jeudi 21 septembre 2017

Jacques Livage

Jacques Livage, professeur au Collège de France, travaille sur une des disciplines qui a peut-être le plus gros potentiel économique : la chimie douce. C'est faire, quasiment sans énergie, ce qui demande ordinairement de grandes destructions. (Notamment le verre.)

Son succès est aussi celui des écoles de Chimie. En particulier de l'ESPCI. En dépit du fait que ce fut l'école de Pierre et Marie Curie, elle a toujours été considérée avec un certain mépris. Elle n'était pas assez mathématique et théorique. Or, au moment où les grandes écoles se trouvent à la fois au ban du classement de Shanghai, et dans un état financier précaire, elle leur fait un pied de nez. Car, non seulement ses chercheurs et diplômés ont décroché des prix Nobel (Charpack, de Gennes), mais surtout, ils ont déposé des brevets qui lui rapportent une montagne d'argent (Lewiner). Mieux, alors que l'on nous dit que, dans un monde régenté par Shanghai, il n'y a de salut que dans la taille, cette école est minuscule.

Et s'il y avait là une recette que notre super élite intellectuelle n'a pas comprise : faites de l'utile, Shanghai vous aimera, et vous serez riches ?

Egoïsme

Est-ce bon pour la santé d'être égoïste ? Mon observation me montre que l'égoïste tend à se replier sur lui-même. Il finit par n'être plus qu'un appareil digestif. C'est ainsi qu'il meurt. De son vivant, l'égoïste s'entoure, au fur et à mesure qu'il vieillit, de haineux et de médiocres. (Et peut-être aussi de quelques bonnes poires, qui prennent son état de plus en plus déplorable en pitié, et qu'il exploite.)

Je relie ces observations à un phénomène qui a gagné les USA il y a quelques temps. Soudainement, il est devenu honteux de dormir, et de prendre des vacances. Il fallait travailler le plus possible. Ces gens haïssaient les "paresseux", mais, en fait, ils se haïssaient encore plus eux-mêmes.

Peut-on trouver une logique derrière tout ceci ? Au moins, il semble qu'il y ait là un nouvel exemple d'énantiodromie. L'égoïste pense faire son bien, alors qu'il se détruit. La générosité est un égoïsme bien compris ?

mercredi 20 septembre 2017

Obésité

J'observais des jeunes filles. J'ai noté qu'elles se nourrissaient mal. Mais non parce qu'elles n'avaient pas de moyens. Mais parce qu'elles consacraient ceux-ci aux voyages. Crevant de faim, elles mangent des cochonneries. En revanche, si on leur propose un repas conventionnel gratuit, elles l'acceptent comme un dû. (Du parasitisme comme esprit du temps ?)

Et si toute la question de l'obésité était là ? Ce ne serait pas une histoire de moyens. La plupart des gens pourraient s'alimenter correctement. Mais, la manipulation ambiante (ou toute autre cause du même type) pousse le consommateur à économiser sur la nourriture, pour consacrer son argent à d'autres emplois. Du coup, il doit absorber du malsain. Cela mériterait une enquête.