dimanche 11 décembre 2016

Tactique Trump

M.Trump découvre que le programme Air force One, d'avion présidentiel, coûte 4md$. Il l'annule. On conteste. Il a raison. 

Et si M.Trump était l'image même de Sun Tzu ? Il a vu la faille de son adversaire : l'hypocrisie. Maintenant wu wei, non agir: tactique : Mr Smith au Sénat. L'homme du peuple qui arrive au pouvoir et qui y trouve partout la corruption. Il lui suffit de mettre au jour les petits arrangements de ses prédécesseurs démocrates, parti de la morale, pour les décridibiliser. Une fois qu'il aura réussi, il fera ce qu'il veut. Qui pourra lui jeter la première pierre ? Certainement pas la presse, démocrate.

samedi 10 décembre 2016

Wilbur Ross

Mes amis pensent parfois que je décerne le prix Nobel. En effet, quand je m'enthousiasme pour quelqu'un j'en parle sans cesse. Il se trouve parfois qu'il obtienne le prix Nobel. Eh bien, le phénomène prend de l'ampleur. Cette fois, c'est du cabinet de M.Trump qu'il s'agit. Voici ce que j'écrivais de Wilbur Ross, à qui il envisage de donner un ministère, celui du commerce. Cela date d'il y a un peu plus de dix ans :
le fonds d’investissement du financier Wilbur Ross, après avoir redressé des banques japonaises, multiplié par 10 en 2 ans sa mise dans l’acier, investi dans le textile et tout ce que la planète peut compter d’entreprises sinistrées, dispose maintenant de 15md$ pour construire un empire dans l’équipement automobile - secteur qui connaît une crise sans précédent…
M.Trump pense que les USA sont une entreprise sinistrée qu'il faut mettre en valeur pour en remonter la rentabilité ? (Il la revend dans 4 ans, exactement l'horizon d'un fonds ?)

Les microparticules de Mme Merkel

Depuis quelques temps, et depuis quelques années à cette période, je suis pris de quintes de toux, qui ne sont pas liées à un rhume. Et si c'était un coup des microparticules qui nous polluent depuis une semaine ? Et si ces microparticules venaient des centrales à charbon de Mme Merkel ? comme on l'entend depuis deux ans. 

La guerre des lobbys
Prev'air donne la carte ci-dessus. On voit, pour le 10, que la pollution est centrée sur l'Allemagne, mais aussi sur la Hongrie. Une enquête rapide sur Internet ne donne rien de concluant. Ou plutôt, une information très intéressante : on ne peut pas croire ce que l'on lit. Nous sommes soumis à de la désinformation. Il semblerait que deux lobbys s'affrontent. D'un côté, il y a ceux qui affirment que les particules viennent des voitures, de l'autre que la voiture n'est pas en cause, que c'est une question de centrales. 

Les arguments des uns et des autres ne sont pas très convaincants. Pour exonérer les centrales, on affirme que la pollution est essentiellement locale, et que les vents dominants ne viennent pas d'Allemagne. Certes, mais les pics de pollutions ne sont pas des questions de moyenne, mais d'exception. Et, oui, il semble bien que les centrales produisent beaucoup de microparticules. La carte ci-dessus est l'argument majeur des anti Allemands. Mais elle ne prouve rien non plus. Elle peut résulter de la situation climatique et des émissions locales. 

Et si tous ces gens comprenaient qu'il y a quelque chose de plus important que leur idéologie : la santé publique ? Et si l'on faisait, à nouveau, appel à une science désintéressée et non manipulée pour étudier la question ?  

(C'est ce type de comportement honteux qui fait dire à M.Trump que les travaux sur le réchauffement climatique ne prouvent rien. A force de vouloir défendre ce qu'il croit "bien", le scientifique a perdu toute légitimité, et a nui à sa cause.)

Le Watergate de Trump ?

La presse américaine a subi le phénomène Charlie Hebdo. La haine qu'elle avait pour M.Trump a fait, qu'habilement provoquée, elle n'a parlé que de lui ! Il est possible qu'autant d'acharnement l'ait rendu sympathique. Au moins il a fait savoir que quelqu'un irritait au plus haut point l'establishment. Ce type de presse est une presse d'opposition. Quand elle est associée au pouvoir, elle ne peut que s'opposer au peuple. Car il lui faut un ennemi.

Si M.Trump devient impopulaire, la presse américaine va retrouver son rôle naturel. Alors elle fera jouer son arme fatale : sa capacité d'enquête, sans équivalent. Elle produit des Watergate. (Mais elle aurait tort de sous-estimer M.Trump.)

Salon de musique

Dans Le salon de musique, Satyajit Ray montre la chute d'un noble indien. Le noble avait un rôle social. Il était l'assurance du peuple contre les catastrophes naturelles, la crise. Surtout ?, c'était un esthète. Sa vie était une œuvre d'art.

Partout dans le monde, le noble semble ferment de la culture. Partout, la société qu'il représentait est détruite par l'inculture, celle du bourgeois et du colonisateur, chez S.Ray. L'inculture, c'est l'individualisme, négation de la dimension collective de l'existence. L'individualiste utilise sa position sociale à son profit. Il devient un oligarque. Ce qui détruit la société, qui ne peut plus fonctionner, et produit la crise. Or, sans société, rien ne marche.

Le développement durable sous-entendrait-il le communisme ? Communisme au sens originel du terme : auto-contrôle de l'individu, de façon à pouvoir maintenir en fonctionnement le "bien commun" qu'est la société. 

(L'individualisme, agent du changement ? En "détruisant" la société, il la force à se "recréer" autrement. Destruction créatrice. Peut-on changer sans crise ?)

vendredi 9 décembre 2016

Le nihilisme existe-il ?

Nihilisme. C'est le reproche que font des Camus, Proudhon, Arendt ou Dostoïevski à ce que, faute de mieux, on pourrait nommer "gauche bourgeoise", Marx, Sartre, la pensée 68, les intellectuels qui ne sont pas venus du peuple, ou qui n'ont pas été fidèles à leurs racines. Le nihilisme est l'antinomie d'autorité. C'est penser que la fin, l'atteinte d'un utopique idéal, justifie tous les moyens. La Terreur en particulier. Cette fin peut être le néant. Détruisons la société, le mal, elle se renouvellera miraculeusement. C'est ce que dit Heidegger, qu'ont beaucoup aimé nos intellectuels.

Mais les nihilistes sont-ils vraiment nihilistes ? Les casseurs de 68 sont à l'Académie française, dans les palais de la République, ou à la tête de nos grandes entreprises. Le nihiliste ne veut pas détruire la société. Il la trouve très bien. A condition d'en profiter. Ce qu'il nie ce n'est pas l'Autorité, mais celle de ses parents. Cependant, il n'a pas compris qu'en attaquant la seconde, il faisait tomber la première. Et il se trouve bien dépourvu quand il constate qu'en créant l'anarchie, il a sapé sa propre autorité. 

L'intellectuel a été le vecteur du néant. C'est maintenant à la société de reconstruire une histoire qui ait du sens pour elle. Logiquement, l'intellectuel devrait trouver sa justification dans ce travail. Sera-t-il capable de faire sa révolution culturelle ?

Injonction paradoxale

Un dirigeant approche l’âge de la retraite, est fort stressé par un travail de tous les instants, a besoin d’argent, et aimerait bien vendre son entreprise. Mais il veut aussi imposer à son acquéreur sa façon, difficile à comprendre, de faire les choses. Façon qui rend son affaire très, très, peu rentable, par ailleurs. Car son affaire, c'est sa vie. Que dis-je ? une œuvre d'art.

J’ai l’impression que beaucoup d’entre-nous, dirigeants ou non, sommes dans ce cas. Nous sommes mus par une « volonté de puissance ». Nous voulons plier le monde à notre volonté. Car nous avons raison. Nos parents ne nous ont-ils pas encouragés à n'en faire qu'à notre tête ? Interdit d'interdire. Mais nous sommes rappelés à l’ordre par la réalité matérielle...

Et si nous avions mis tout à l'envers ? Et si nous devions chercher le bonheur dans notre vie privée, et pas dans nos affaires ? Et si, du coup, cela nous permettait de comprendre que l'autre n'est pas un ennemi ? Qu'il est, au contraire, celui dont nous avons besoin pour nous soulager de tout ce qui nous fait souffrir ? Et, si, de manière imprévue, c'était ainsi que l'on finissait par réaliser nos rêves de puissance ?

jeudi 8 décembre 2016

La croissance est-elle un mal ?

On a franchement l'impression que la croissance, c'est fini. Mais si cela tenait à la forme que prend la croissance ? C'est une croissance matérielle. Une croissance "spirituelle" ne rencontrerait pas les mêmes obstacles. 

Comment passer de l'une à l'autre ? Il faut parvenir à faire entrer la création de connaissances dans le circuit financier et marchand. Aujourd'hui, les bonnes idées, comme l'eau, l'air ou la terre, sont gratuites. Il faut aussi trouver un moyen pour les échanger. La connaissance ne doit plus être enjeu de pouvoir, elle doit être vulgarisée. Économie du partage ?

La liberté, ça marche

La libération de l'entreprise, une nouvelle mode de management ? J'en ai déjà vu tellement en trente ans, qu'elles me révulsent instantanément. Pire. Ce livre semble une résurgence de ceux, à la gloire des dirigeants qui réussissent, que l'Amérique a produits, après guerre, à la cadence des liberty ships. Il cite d'ailleurs des textes anciens, qui m'étaient familiers. N'est-ce pas ridicule de réutiliser de vieux témoignages pour appuyer une nouvelle théorie ?

Une idée dont l'heure est venue
Mais, si cette théorie ressurgit, c'est peut-être que son heure est venue. Il y a une aspiration générale à la responsabilité. Et ce n'est pas un hasard si la nouvelle théorie du leader libérateur s'applique à n'importe quel dirigeant qui transforme son entreprise. En effet, si vous voulez faire plus avec ce que vous avez, il faut que vos équipes sortent de leur routine, donc qu'elles prennent des responsabilités. La liberté est un facilitateur de changement ! Surtout lorsque l'on manque de moyens. Autre point surprenant : les leaders qui parlent dans ce livre, semblent être extérieurs à leur entreprise. Souvent, d'ailleurs, ils lui consacrent relativement peu de temps. Leçon : la libération de l'entreprise commence par celle de son dirigeant ! C'est parce qu'il découvre qu'il y a mieux à faire qu'une gestion tatillonne, qu'il la confie à ses collaborateurs, qu'il leur laisse le champ libre pour l'initiative. 

Leader libérateur ou créateur ?
Qu'ai-je retenu ? Des théories que je n'avais pas prises au sérieux. Par exemple théories X et Y. Le libérateur est Y : il croit que les hommes sont de la même espèce. Le non libérateur est X. Il se sait différent des autres, des paresseux qui ne marchent qu'à la schlague. On peut passer de X à Y. Il y a aussi le "servant leader". Subtil. Il veut le bien de son organisation. Il la connaît intimement. Il ressent sa souffrance, en particulier. S'il en prend la tête, c'est parce qu'il perçoit en elle le besoin d'une transformation, et qu'il est le seul à pouvoir la porter. Surtout, et c'est plus surprenant, ce type de leader fait émerger les valeurs du groupe, pas les siennes. Ce n'est qu'une fois que l'organisation est consciente de ses valeurs, que le changement peut commencer. Et il se fera par rapport à elles. Ce qui semble signifier que le principal projet que porte ce type de leader est l'efficacité du groupe. Pas tel ou tel objectif rationnel. Ce n'est pas tant un leader libérateur qu'un leader créateur. Il donne vie à une créature, l'entreprise, dotée de son libre arbitre. Elle fera des choses dont il n'a aucune idée. Une sorte de Dieu qui disparaîtrait au septième jour. 

Un livre que je conseille aux dirigeants que je rencontre. Qu'est-ce que cela vous inspire ? leur dis-je.

(GETZ, Isaac, La liberté, ça marche, Flammarion, 2016.)

mercredi 7 décembre 2016

Connaissance en conserve

Dans ma jeunesse, on disait que le service allait se substituer à l'industrie. Mais on n'en donnait aucune justification claire. Je me demande maintenant, si la raison n'en était pas "les limites à la croissance". Si l'on transforme le matériel en immatériel, alors, il n'y a plus de limite ! Aujourd'hui, on a beaucoup de service, mais plus de croissance. Pourtant, on dit que la connaissance croit en s'échangeant. A moins que, pour que l'immatériel se transmette à un volume compatible avec l'économie de marché, il faut qu'il soit inclus dans du matériel ? 

Le produit industriel contient déjà de la connaissance. Mais, peu. L'avenir serait-il à une enveloppe matérielle de plus en plus fine qui contiendrait de plus en plus de connaissance ? On pourrait mettre aussi la nature à contribution : la biomimétique dit qu'il y a une énorme quantité de connaissance dans le moindre être vivant. Et on pourrait inventer des objets qui créent de la connaissance par échange. C'est le principe de la société, certes. Mais on sait mal l'exploiter. 

Morale. Et si notre croissance s'était faite par destruction ? Et s'il nous restait à apprendre à utiliser le potentiel créateur de la nature ?