mardi 25 avril 2017

Nuit électorale

Un vainqueur de la campagne aura été le bluff : que les sondages se trompent était devenu une quasi certitude.

La démonstration de la prévisibilité du vote était d'ailleurs dans les quartiers généraux des partis, tels qu'ils apparaissaient à la télévision. L'homogénéité des partisans de MM.Mélanchon et Macron, ou de Mme Le Pen, était confondante.

Ce qui semble se dessiner pour les prochaines années, à entendre les discours des uns et des autres, cela semble être un combat entre ceux qui veulent rassembler, et ceux qui vont utiliser leur pouvoir de nuisance pour faire triompher leurs idées, coûte que coûte.

lundi 24 avril 2017

Aborder un changement

Les Montréalais déménagent chaque année, nous quasiment pas. Le déménagement est compliqué pour nous, pas pour eux. L'homme croit être libre, et n'en faire qu'à sa tête, mais il répète toujours les mêmes gestes. Quand ce n'est pas le cas, on parle de "changement". C'est alors que les problèmes commencent.

Il y a un moyen auquel on ne pense jamais d'éviter ces désagréments. C'est la préparation du changement. Et elle se fait par une "analyse de risques" ou de "complexité". Un problème bien posé...

Pour en savoir un peu plus :


Conditionnement bagnole

Un ami me disait que ses enfants n'avaient pas le permis de conduire. La bagnole a été un bien culturel, c'est fini. 

Pour la génération de mon père la voiture a été beaucoup. C'était la merveille du progrès, d'abord. Surtout lorsque l'on était pauvre. (Mon père a appris à conduire avec un ami garagiste, et  n'a longtemps possédé que des occasions proches de l'épave. Dans mon enfance, on n'était jamais sûr de finir un voyage.) C'était aussi l'affirmation de son statut d'adulte. Comme l'adoubement du chevalier. L'homme de cette époque semblait né avec des roues. Je me souviens de collègues, plus âgés que moi, qui faisaient chaque jour le trajet Grenoble Lyon et retour, et qui parcouraient la France en tous sens, toujours dans leur voiture. Je me souviens, installé dans un café du 16ème, y avoir vu s'arrêter les voitures des gens du quartier, qui venaient chercher leurs cigarettes... 

Si la voiture devient autonome, le progrès aura tué les joies du progrès. 

Tous surhommes !

Les expériences sur l'animal révèlent des capacités immenses. Paul Watzlawick observe que c'est l'homme qui a permis à l'animal de révéler son potentiel. Or, il n'y a rien au dessus de l'homme, qui le force à se transformer, conclut-il. Dommage ?

Et si cet être existait ? Et si c'était la société ? La société nous fait connaître les crises, les guerres, l'innovation..., la "disruption" en un mot (ou, plus littérairement, la "destruction créatrice"). Elles nous forcent à nous surpasser. A devenir des surhommes. Voilà ce qui aurait surpris Nietzsche ?

(Et tout cas, c'est le contraire de ce qui fait le fondement de mon métier, et de mes livres : en jouant sur les règles sociales, on réussit le changement, sans "bouleverser" l'homme...)

dimanche 23 avril 2017

Anarchie

Qu'est-ce que l'anarchie ? Ni dieu, ni maître. En particulier, pas d'Etat. Ce qui pose un problème technique. Hobbes et Rousseau pensent que, sans Etat, il n'y a pas de paix. L'état de nature c'est la guerre. Et les anthropologues semblent confirmer cette vision des choses. Les tribus "primitives" semblent surtout chercher à s'éviter. Mais quand elles se rencontrent, elles en arrivent vite aux mains. 

Cependant, il y a peut-être une solution. C'est le "communisme". Au sens ou ce qui est "au dessus de nous", nous appartient. C'est la logique de la "République", la chose publique. C'est aussi la logique de l'économie sociale. Beaucoup de communautés vivent ainsi. Dans notre cas, le dispositif n'est pas au point. Il suppose encore une division des tâches entre un gouvernant et des gouvernés. Et le premier tend à prendre les seconds pour des idiots. Ce qui leur donne des envies de bombe. 

Dieu

Bergson semble avoir voulu participer de la nature divine. Peut-on trouver dans ses travaux, un moyen pratique d'être Dieu, au moins un instant ? 

Bergson dit que c'est une question pour mystique, pas hommes de raison. C'est aussi une question "d'élan vital". Cela semble inaccessible. Mais il dit aussi que c'est une question de générosité et d'action. Celui qui est pénétré de l'élan vital agit naturellement bien. (En particulier, ce n'est pas un ascète qui vit de méditation.) Et si c'était tout simplement cela avoir un moment de félicité divine ? Confronté à l'entêtement stupide d'un morveux, avoir la générosité de ne pas lui donner de tournioles, mais percevoir la beauté que cache son irrationalité, et avoir l'inspiration de l'acte qui va faire de l'insupportable diablotin un ange ? Surhumain, effectivement. 

samedi 22 avril 2017

Désunion

L'enjeu des élections ? Le "syndrome chinois", comme dans le film du même nom. Une dislocation de la France, qui expédie l'Europe par le fond, et qui ébranle le monde. 

On pense souvent aux Trente glorieuses comme à une période d'expansion. Mais, cette période n'a pas été sans crises. Seulement, le souci des gouvernants était la cohésion sociale. En particulier, leur obsession était le plein emploi. C'est cela qui a changé. Avec l'oubli des raisons de la guerre, le principe de notre société est redevenu le conflit. Parfois du fait d'un simple intérêt égoïste, mais souvent par volonté d'éradication du "mal".

De Gaulle représentait "la France". Si elle avait dû procéder à un règlement de comptes, jamais elle n'aurait pu se relever de la guerre. Y a-t-il un de Gaulle dans la salle ? Emmanuel Macron ? Mais, de ses idées à sa profession (financier), en passant par son parcours (le grand commis de l'Etat devenu oligarque), il est une inconcevable combinaison des facteurs de dislocation. Qui aura le dessus : le ramage ou le plumage ?

Faut-il désespérer ? Il arrive que le peuple soit plus sage que son élite. Un miracle est possible.

(On me répondra que de Gaulle était un Macron. C'était un général = un professionnel du conflit. Et on l'a porté au pouvoir, en 58, pour éviter un coup d'Etat de l'armée... En effet, pour signer une paix, il faut être un militaire victorieux, pas un pacifiste. Décidément, voter est un acte de foi.)

Le savant et le politique

M.Trump illustre la thèse du Savant et du politique de Max Weber. L'homme politique, le vrai, ne pense pas, il est son message. Ainsi il est capable de réagir immédiatement à l'aléa. Et il est imprévisible. Donc non manipulable. 

Quant au savant, sa formation le rend incapable de prendre une décision. D'ailleurs, elle en a probablement fait un esclave du système. Mais, sa science lui permet de savoir si le politique se trompe, ou de l'aider dans son projet. 

Notre société est probablement mal montée. Le savant ne doit pas avoir le pouvoir. Il ne peut qu'être un "grand commis", ou une conscience. 

Vendeur

Beethoven, Chopin et quelques autres génies de la musique ont vécu des cours qu'ils donnaient, ou de postes qu'ils devaient à des gens qui étaient, infiniment, moins compétents qu'eux. C'est le paradoxe de la relation client / fournisseur ! C'est le client qui choisit, mais c'est le fournisseur qui sait. 

Cela explique peut-être quelque chose de surprenant. J'ai noté que beaucoup d'artisans semblent avoir été formés aux travaux des psychologues de l'influence. Erreur. C'est le contraire. Je me suis souvenu que ces travaux ont été tirés de l'observation des commerciaux. Morale : il est probable que le manipulateur est plus convaincant que la personne compétente !

(Si nos génies de la musique ont réussi à survivre, c'est, probablement, parce que leurs clients pouvaient reconnaître leur talent. Chez les nobles, la culture était enseignée tôt, en particulier au futur roi. Cela explique peut-être pourquoi les parvenus ne transmettaient pas leur métier à leurs enfants, mais voulaient qu'ils aient la meilleure éducation. Cela a été vrai aux USA. Le riche donnait un mari européen à sa fille. L'inculture n'y est une vertu que depuis peu.)

vendredi 21 avril 2017

Ecole

Un père me racontait les malheurs de sa fille. Un professeur lui avait dit qu'elle n'aurait pas le Bac, donc qu'elle devait prendre une voie de garage. Il soupçonnait que le professeur n'avait d'autre objectif que ses statistiques de réussite au Bac. D'ailleurs, s'il avait pu se montrer aussi cassant et méprisant avec le père n'était-ce pas parce que celui-ci n'était visiblement pas très éduqué ? Alors ce dernier avait fait appel à un étudiant pour aider sa fille. Et, les quelques méthodes qu'il lui a apportées, ont produit des améliorations notables. Il a jugé l'enseignement du lycée déplorable, par ailleurs. Mais le père était toujours inquiet pour sa fille. Ce qui m'a serré le coeur. Il ne fait pas bon être faible dans notre société, me suis-je dit. 

Mais, se demandait aussi le père, ma fille travaille-t-elle vraiment ? Fait-elle semblant ?

J'entendais France Culture parler d'inégalités. Le système éducatif dont nous étions si fiers s'est mis à produire une ségrégation vue nulle part ailleurs. Je me demande si mon histoire n'explique pas beaucoup de choses. D'une part, nous avons un corps enseignant débordant de nobles principes, mais qui ne sait qu'éliminer, et pas aider, et encore moins enseigner. Mais aussi nous avons des enfants qui ont été rendus rebelles à l'apprentissage par une combinaison d'éducation fautive et de distractions, numériques ou non. Tout est perdu, fors l'espoir en l'homme ?