mercredi 28 septembre 2016

La science dit que mon chef est un nul

Harvard Business Review y va fort. "30 à 60% des dirigeants ont un comportement destructeur, ce qui coûte de l'ordre de 1 à 2,7m$ par dirigeant raté" ; "82% des gens ne font pas confiance à leur chef" ; "le dirigeant devrait motiver leurs équipes, or, seulement 30% des employés le sont, ce qui coûte à l'économie américaine 350md$ par an". Solution ? Appliquer ce que dit la science du management depuis toujours. (Article.)

L'analyse est-elle correcte ? Et si la faiblesse du management venait d'un principe d'organisation sociale ? Réussir résulte d'une lutte : comme en politique, c'est la capacité à intriguer qui est sélectionnée.Il n'est pas certain qu'elle soit corrélée avec la capacité à motiver.

Le gouvernement fait preuve de créativité comptable ?

Le gouvernement annonce son budget. Il a fait un "travail sérieux". En fait, il semblerait qu'il augmente ses dépenses structurelles. Ce qu'il compense par des économies à court terme, et une croissance forte. (Article du Monde.)

Cela ressemble à de la créativité comptable à la ENRON. Le danger ? Et si c'était l'esprit du service publique qui était atteint ? Et s'il s'accomodait maintenant de ce type d'arrangement ? Et si nous découvrions que les finances publiques sont pourries de l'intérieur ? Le "scénario grec" ?

Mademoiselle O

Des nouvelles de Vladimir Nabokov. 

C'est très hétérogène. C'est un mélange de genres, peut être d'influences, ou de modes du moment. Par exemple, certaines nouvelles rappellent un type de sujet, misérabiliste, qui était en vogue aux USA, à l'époque ; ce qui surprend venant d'un Russe. Cela va de souvenirs de la très riche jeunesse de Nabokov, au fantastique. Les nouvelles se terminent en queue de poisson, ce qui est, aussi, un genre. J'ai surtout trouvé qu'elles suscitaient le malaise. Peut-être était-ce la marque de fabrique de Nabokov ?

Il a écrit Lolita à cette époque. C'est un roman dont je garde un bon souvenir. A la réflexion, il obéit peut-être au même principe : l'humanité émerge de l'abjection. Question plus qu'affirmation. 

mardi 27 septembre 2016

Bienheureux salariés d'Alstom ?

Alstom veut déplacer une de ses usines, le président de la République et le premier ministre s'occupent eux-mêmes du dossier. 
On annonce une augmentation du chômage de cinquante mille personnes. Tout va bien, dit la ministre concernée.

Et si M.Hollande avait dépensé autant d'énergie pour les chômeurs anonymes que pour les quatre cents personnes de Belfort, aurait-il aujourd'hui à s'inquiéter de sa réélection ?

Efficacité de l'ISF

Apparemment les candidats de droite à la présidentielle voudraient supprimer l'ISF. La raison : éviter que les gens riches ne fuient la France et apportent aux autres des capitaux dont aurait besoin notre emploi. Mesure efficace ? se demandait France Culture, il y a quelques-temps. 

Question bien posée ? L'ISF c'est la vraie exception française. C'est dire au monde que nous refusons sa loi. Et ce quel qu'en soit le prix. On ne vend pas son âme pour éviter la misère à son peuple. La liberté ou la mort ! écrivait Kazenzaki. Tout est perdu, for l'honneur. C'est ce qu'a fait le glorieux Villepin au moment de l'invasion de l'Irak par les USA. 

En finir avec l'ISF, c'est avouer que la France est un pays comme les autres. Un pays "normal" dirait notre président. Mais demander à nos élites  de renoncer à leur complexe de supériorité n'est-ce pas exiger leur suicide ?

Jeremy Corbyn premier ministre

Une partie de l'Angleterre pourrait s'enfoncer dans la misère, selon le billet précédent. Si c'est le cas, le fait que le parti travailliste soit maintenant à l'extrême gauche n'est peut-être pas le suicide que l'on dit. En effet, ses thèses pourraient coller aux aspirations d'une population qui se paupérise. Et ce d'autant plus que les Eurosceptiques pourraient sombrer, maintenant qu'il n'y a plus d'Europe, et que les Écossais sont anti conservateurs. Et que les conservateurs sont entre les mains du sud riche, et n'ont donc que peu de latitude de manœuvre pour changer de politique.

Angleterre homme malade de l'Europe ?

"En termes de croissance économique par tête, la Grande Bretagne est en ligne avec la France, une nation qui est maintenant synonyme au Royaume uni d'échec économique. Les Britanniques ne sont pas plus riches par rapport à la moyenne de l'Europe des 15 qu'ils ne l'étaient il y a 15 ans, et le Britannique moyen doit travailler plus que la moyenne des quinze pour obtenir ce revenu", dit un rapport sur l'état de la Grande Bretagne. 

Pourquoi, alors, nous la donne-t-on comme un modèle de dynamisme ? Parce que l'on ne comprend pas la nature de ce qui s'y passe. Le pays est extraordinairement déséquilibré, entre le sud (27% de la population), très riche, et le reste, misérable. La croissance économique s'est faite du fait d'un influx massif d'immigrants (la population a cru de 10% en 15 ans), qui a masqué une détérioration toute aussi spectaculaire de la productivité du travail, et un désinvestissement dans les facteurs de croissance à long terme (éducation, infrastructures, équipement...). Pour sauver le pays, il faudrait sortir d'une politique dont la caractéristique exclusive est l'obsession du court terme. Seulement, il est hypercentralisé, et le pouvoir est entre les mains du sud. 

Le Brexit résulte de cette situation. Le pauvre s'est révolté. Le rapport conclut que sa situation ne peut qu'empirer.

Sport et discrimination

 Discussions sur la composition de l'équipe de France de football. Le sport de haut niveau est-il un terrain de discrimination ?

Quand on regarde les boxeurs américains, il y a eu des boxeurs juifs, des boxeurs italiens, des boxeurs noirs. Pourquoi ? Parce que ces gens étaient pauvres et que c'est un sport dangereux, et que l'on peut devenir riche. Et, peut-être  aussi que, quand on est pauvre, il n'y a pas beaucoup de choses intéressantes à faire. Celui qui a la possibilité de gagner correctement sa vie, sans prendre de risques, n'a pas la motivation nécessaire pour s'imposer les sacrifices d'une vie de sportif.

lundi 26 septembre 2016

D'où vient notre peur du changement ?

Le mot "changement" fait peur, parce qu'il est associé à de mauvaises expériences. 

Mais ce que nous appelons aujourd'hui "changement" n'est pas n'importe quel changement. C'est un changement qui a, explicitement, pour but de casser le lien social, de manière à amener l'avènement d'un nouveau type de société. Une société supposée être bien plus efficace et créative que la nôtre. 

Seulement, les choses n'ont pas tourné comme on l'espérait...

La France est-elle capable de penser ?

Le fils d'un ami, qui fait un doctorat au MIT, se retrouve avec 5 polytechniciens et un major de l'agrégation de maths... Le MIT est devenu la Mecque de l'élite scientifique française. L'option Mathématiques appliquées de Centrale aurait été renommée data science ! Mais les mathématiques ça n'a rien à voir avec la donnée numérique. Les mathématiques c'est la volonté démente de comprendre le monde. La donnée numérique c'est de l'anecdote, un infâme bricolage. Cela mérite autant le titre de science que le socialisme scientifique de Marx. C'est du marketing.

Mais il y a pire. Au moment où la France s'engage dans la data science comme un seul mouton, Big Data est en plein reflux. Qui va paraître stupide, bientôt ? 

Mais qu'est devenue la France ? Hier elle explorait en pionnière le progrès. Maintenant, elle absorbe les idées des autres sans les comprendre.