jeudi 19 janvier 2017

Europe forte

De Trump à Putin, en passant par Xi Jinping ou May, partout le mot d'ordre est malheur au vaincu (et xénophobie). Et tout ce monde ne rêve et ne parle que de disloquer l'Europe. (A l'exception de Xi Jinping, qui a reçu une éducation chinoise.)

Et l'Europe, avec sa détestation de soi et sa bureaucratie velléitaire, si facile à manipuler, mais aussi avec ses ressources à piller, est la victime idéale. Si elle éclate, il ne fera pas bon appartenir à l'un de ses anciens constituants. Le plus amusant est que, contrairement à ses concurrents, chez elle le nationalisme n'est pas synonyme de solidarité, de sursaut orgueilleux, mais de débâcle et de sauve-qui-peut.

L'anxiété de survie sera-t-elle assez forte pour la rendre intelligente ?

mercredi 18 janvier 2017

Diesel et changement

Comme souvent la France a une guerre de retard. Cette fois-ci il s'agit du Diesel. Le Japon aurait entamé un plan d'élimination dès 2000, alors que la France ne fait toujours rien. La radio citait aussi le cas de l'amiante, que l'on a mis des années à interdire, alors qu'on savait qu'elle tuait. D'où vient cette curieuse inertie ? Cela m'a rappelé M.Chirac, qui a dit à son ministre des finances, qui lui parlait de déficit : après moi le déluge. (Ou à peu près.)

En fait, j'ai rencontré ce phénomène dans la vie courante. La situation : un problème local de santé, avec des conséquences possibles très graves, une loi qui n'est pas appliquée, et le groupe qui fait bloc, pour ne rien faire, alors que la question n'était probablement pas coûteuse à régler. J'ai constaté un égoïsme invraisemblable : la simple perspective d'avoir quelque chose à payer (on ne savait pas quoi !) avait rendu certaines personnes hystériques, et ce toutes tendances politiques confondues. Curieusement, cette résistance sous-entendait aussi que l'on estimait que la loi ne pourrait être appliquée. Cet égoïsme et ce sentiment d'impuissance congénitale de l’État expliquent peut-être le blocage du changement, en France. En effet, ensemble, il est relativement facile de résoudre n'importe quel problème. Dans une société aussi fracturée par l'intérêt à court terme que la société française, c'est surhumain ?

Messie Macron

Macron séduit, apparemment. A droite et à gauche. Mais que peut faire un président si complètement inexpérimenté ?

Seule hypothèse positive visible : aide-toi, Macron t'aidera. Il ne fait rien. Mais son arrivée désinhibe les initiatives qui ne demandaient qu'à s'exprimer. Comme dans cette histoire, vraie, d'escroc qui construit une autoroute. Définition de "messie" ?

mardi 17 janvier 2017

Foules sentimentales

Une directrice de la communication me disait que l'entreprise vivait à l'heure de l'intimidation. Elle ne savait dire à ses salariés que ce qu'ils faisaient était mal. A l'envers, mon interlocutrice a cherché à mettre en valeur les réussites individuelles et collectives. Avec des résultats épatants. J'avais noté ce phénomène, insupportable, chez mon premier employeur. (C'est pour cela que je l'ai fuit.) Mais je croyais que c'était exceptionnel. Honte à moi ! ai-je pensé. 

N'y a-t-il pas, aussi, une explication de la déprime ambiante ? nous sommes-nous demandé. Mais aussi du rejet des "élites" ? Ne sont-elles pas les vecteurs de cette atmosphère délétère ?

Le paradoxe du patron

Curieusement, l'Américain semble préférer les "robber barrons" de type Trump que les gentils patrons de la silicon valley. Première explication : comme on l'a vu avec Mme Clinton, y aurait-il une forme d'incompatibilité à se dire de gauche et à nager dans l'argent ? Seconde explication : les dirigeants de la silicon valley doivent leurs idées nobles à leurs études. Mais, ces études font aussi qu'ils ont créé un business qui a besoin d'employés qui les ont faites. Peu de gens auraient un travail si toutes les entreprises ressemblaient aux leurs. 

Les robber barrons, pour leur part, on bâti leur fortune sur l'exploitation d'une masse d'hommes peu qualifiés par l'homme sans foi ni loi. Mieux vaut être exploité que mort ? 

lundi 16 janvier 2017

Paraboles incompréhensibles

L'émission Chrétiens d'Orient parlait de paraboles de la Bible difficiles à comprendre. Kierkegaard dit que le sens du message religieux est dans ses contradictions. 

Et s'il n'avait aucun sens ? me suis-je interrogé. N'est-il pas un assemblage disparate de textes venus de partout ? Et si c'était, comme dans la fable du Laboureur, ou avec les oracles, chinois ou autres, ce qui faisait sa puissance évocatrice ? C'est en cherchant à expliquer l'insensé que naissent des idées géniales. Le pouvoir de la religion, c'est de débloquer notre créativité. Sans cela elle est paralysée par la peur de l'univers blanc. Mais, bien sûr, pour que ça marche, il faut croire. 

André Leroi-Gourhan

Samedi soir j'entendais parler d'André Leroi-Gourhan. Préhistorien et anthropologue illustre. Illustre, certes, mais que reste-t-il de ses travaux ? Il a déconstruit les théories sur les religions préhistoriques, qui ne s'en sont pas relevées. Et ses théories, par exemple sur l'art préhistorique, ont elles-mêmes été déconstruites. Son héritage se limite peut-être à des techniques de fouille. Elles nous permettent d'accumuler des masses de données que nous ne savons pas expliquer. Et qui finiront par nous encombrer. 

En lisant une encyclopédie des années 50, je me suis demandé si nous n'avions pas été victimes d'une illusion. Nous avons cru pouvoir connaître le passé. En fait, nous ne faisions qu'y projeter nos idées reçues. De même, nous pensions distinguer un chemin vers l'avenir. Un chemin tracé par la "science". Mais la science n'a abouti, en quelque sorte, qu'au "big data", un chaos de données informe. Même la physique s'est enlisée. 

Et si c'était la fin de l'Histoire ? Et si, comme le dit Hannah Arendt, nous devions redécouvrir le présent ? Mais pas un présent d'après moi le déluge, façon 68, mais un présent de responsabilité, façon existentialistes "mystiques" (Camus et pas Sartre). Car une absence d'avenir ne veut pas dire le néant et l'absurde, mais, au contraire, la richesse à la fois inquiétante et merveilleuse de la vie. 

dimanche 15 janvier 2017

Le rêve de nos pères

Ce matin j'entendais une "Française issue de l'immigration" raconter son parcours initiatique. Une famille nombreuse dont tous les enfants font des études brillantes. Un besoin d'affirmation de soi, dans le melting pot de la banlieue française, qui prend des aspects divers selon les personnalités et les circonstances. Pour elle ce sera le port du voile dès 1986. Il y a aussi la découverte que ses parents ne sont pas ceux qu'elle pense. Ils sont porteurs d'une richesse culturelle (soufisme) subtile et qui vient de loin. Et peut-être aussi d'un rêve. Que leurs enfants aient accès à une sorte de paradis terrestre, dont la clé est l'éducation. 

J'aurais pu reconnaître l'histoire de ma famille. Le monde d'après guerre a fait un rêve. Celui d'une société pacifiée, qui garantirait à tous des conditions de vie qui leur permettraient de s'épanouir. Ce n'était pas le cours de l'Histoire qui ferait ce paradis terrestre, mais la volonté des hommes. Le paradis est un équilibre dynamique, comme la Hollande, gagnée sur la mer, à coups de digues ! Une volonté, en particulier, qui assurerait le "plein emploi", par une lutte de tous les instants. Mais, à partir de 68 ?, une nouvelle narration est apparue. Celle de la lutte des classes. Nos parents ne furent plus des héros qui préparaient une société nouvelle, mais des "ouvriers", des pauvres. Ce qui voulait dire, selon les besoins de la cause, des marginaux losers ou des beaufs colonialistes. D'où, aussi, "déréglementation" : nos élites, en premier, ne se sentaient plus aucune contrainte vis à vis des obligations que sous-entendait le maintien en fonctionnement de notre paradis terrestre. (A l'étage mondial, ses digues étaient les accords de Bretton Woods.) Elles pouvaient profiter de la position que leur avait donnée la société, sans assurer le rôle qui allait avec. Elles affirmaient qu'elle était due à leur mérite exclusif (nous sommes "l'élite"). On a laissé le chômage s'installer (en expliquant que la performance de l'économie le demandait !), les trains arriver en retard, ou ne plus arriver du tout... Le rêve du paradis terrestre a été remplacé par celui de la paresse, du "laisser faire". Et à son cortège de bons sentiments, dont l'objet est de justifier un statu quo confortable pour certains.

Et nous, quel rêve aurons-nous pour nos enfants ? 

Pas de limites à la croissance ?

Je suis dans ma cuisine. Aussi loin que porte mon regard, je ne vois que toxicité. Sacs en plastic, produits de nettoyage, peintures, microparticules aériennes, électroménager non recyclable, nourriture artificielle, poissons chargés de métaux lourds et d'antibiotiques, médicaments douteux, eau aux pesticides et aux antibiotiques... Que peut-on y faire, en dépit de toute notre bonne volonté, individuelle ? me demandè-je.

D'ailleurs, cela devrait susciter une vague d'innovations, donc un renouveau de la croissance ! Pourquoi rien ne se passe-t-il ? Parce qu'il faudrait une action collective, un effort de "guerre", comme aiment à dire les Américains, et que l'esprit du temps est à la "concurrence", à la "compétitivité", au chacun pour soi ?

samedi 14 janvier 2017

M.Sarkozy précurseur de M.Trump

M.Sarkozy, bien avant M.Trump, fut un président postmoderne. C'est ce qu'explique "Les nouveaux bien pensants". M.Sarkozy ne disait-il pas, lui-aussi, tout et son contraire dans le même souffle ? 

Alors M.Trump serait-il aussi fragile que M.Sarkozy ? Lorsque l'instinct animal remplace la raison, il faut à la fois être fort et avoir la peau épaisse. M.Sarkozy, probablement, était un animal de compagnie.