mercredi 23 mai 2018

Obama homme de télé

M.Obama homme de la culture des séries télé, disait un article datant de la fin de sa présidence. Cela se confirme. Avec son épouse, il signe un contrat avec Netflix, pour produire du contenu pour cette société.

Je lisais que le seul héritage de M.Obama serait M.Trump. Toutes ses réformes ont été démontées. Son génie a été d'imposer, seul contre tous, ses idées. Mais, me semble-t-il, cela a aussi été sa perte. Pour ancrer des réformes, il faut que des gens aient intérêt à les défendre une fois que l'on est parti. Il faut se faire des alliés, se coltiner à la réalité, se salir les mains. M.Obama était probablement trop homme de lois et de décrets et pas assez homme d'action. Produire des films lui permettra peut être, en faisant passer ses idées, de produire des actions. A-t-il trouvé la place qui lui revient ?

Cézanne

Cézanne était un "raté aigri", selon ses amis, dont Zola. Comme Monet ou Delacroix, il vient d'une famille riche. Il fait des études, à une époque où c'était rare, et choisit l'art comme d'autres le droit. Mais son succès est très tardif. Peut-être parce qu'il ne fait pas grand chose pour réussir. Il poursuit un idéal. Et, souvent, il ne parvient pas à terminer une toile, ou l'achève en dix ans. Il a dû vivre longtemps de la fortune héritée de son père.

Des tromperies de l'histoire que l'on nous raconte, des mystères de la création, et du temps qu'il faut pour changer, aux goûts de la société ?

(Références : Cézanne, Hypérion, 1948, apparemment.)

mardi 22 mai 2018

Cannes

Le Festival de Cannes aurait récompensé le contenu politique des films, plus que leur valeur artistique, ai-je entendu dire.

On a toujours opposé art et raison. L'art a des raisons qui sont au delà de la raison. L'art exprime l'inexprimable. Et, lorsque la raison veut s'emparer de l'art, il n'y a plus d'art. Que de la manipulation.

Guerre d'Iran

Les USA, Israël et l'Arabie Saoudite s'unissent pour combattre l'Iran. La seule issue que l'on puisse voir à ce conflit est la guerre. Voilà ce que disait un universitaire interrogé par Soft Power de France Culture.

On oublie souvent que les USA sont un Etat religieux. Est-on parti pour une nouvelle guerre d'Irak, contre l'axe du mal ? Mais, leurs intérêts économiques ne sont jamais loin de leurs préoccupations. Quels sont-ils, dans ce cas ?

lundi 21 mai 2018

SPAM

J'ai fait une campagne de désinscription. J'étais bombardé de mails que je ne lisais pas. Je n'en pouvais plus.

Le phénomène du spam est curieux. Par exemple, je n'ai rien contre le fait que certains magasins m'envoient leurs offres, mais pas à cette cadence. Pire : non seulement Les Galeries Lafayette me bombardent, mais le Printemps aussi. Il suffit qu'il y en ait un qui s'y mette pour que tout le monde le fasse : Picard, les Echos, les anciens élèves de différentes écoles... On ne dit pas non à un, mais à tous. Paradoxalement, de ce fait, je n'ai plus l'information que j'aurais eue en d'autres temps.

Certaines innovations seraient-elles destructrices de "valeur" ? Et cela parce qu'elles ne tiennent pas compte de la nature moutonnière de la société ?

L'ère des anti systèmes

Anti systèmes : M.Berlusconi et le mouvement cinq étoiles. Mais les anti systèmes, c'est aussi MM.Trump et Macron, le Brexit, et l'Autriche.

Cela signifie peut-être que partout le peuple n'est pas content du "système". Il aimerait qu'il change. Comme Mao, il envoie ses intellectuels aux champs. Mais rien n'y fait. Le système est incapable de se remettre en cause, d'entendre. Il fait ce qu'il a toujours fait, des grèves, des manifestations, du discours indigné sur quelque noble cause qui n'a d'intérêt que pour lui... C'est ce que disait France Culture récemment, me semble-t-il : le Français n'est ni content de son gouvernement, ni de son opposition.

Et si nous devions en conclure que le système ne peut pas changer ? Et que la seule chose que nous puissions obtenir en jouant sur l'anti système, c'est le chaos. N'attendons rien d'en haut ? Le changement commence par nous ? Voilà qui est une mauvaise nouvelle.

dimanche 20 mai 2018

SNCF et Harvard Business Review

Je suis épaté par l'efficacité de la SNCF. Même aux heures creuses, les banquettes et les couloirs des wagons sont occupés. Elle doit parvenir à véhiculer autant de monde qu'avant avec trois fois moins de moyens. Même les fous furieux américains de la Harvard Business Review et du Prix de l'excellence n'ont jamais rêvé de tels gains de productivité.

Et il y a mieux. Je me suis réinstallé à l'endroit où j'ai passé mon enfance. Il y a maintenant deux fois plus de gens dans ma ville qu'alors. Or, les trains mettent 20 minutes au lieu de 15 pour arriver à Paris. Et il y en a moins. Il est donc probable que l'on ait atteint un gain de productivité de l'ordre de 6, en une trentaine d'années.

Pourquoi la SNCF est-elle en faillite ? C'est un phénomène qu'explique la systémique. Il y a certains indicateurs qu'un "système" (être vivant, groupe humain...) maintient constant. Par exemple, un entreprise est contente lorsqu'elle fait x% de marge. Elle est inquiète au dessous, mais relâche son effort au dessus. Du coup, tout ce qui est gagné quelque part, nourrit ailleurs un gaspillage.

Innovation, qualité et automobile

Vingt pour cent des voitures américaines ont été rappelées ces trois dernières années. Dans certains cas, les problèmes sont effrayants : le volant de certaines Ford pouvaient se détacher (rappel de 1,4 million de véhicules !).

Electronique d'abord. Un bug touche, immédiatement, des millions de voitures partout dans le monde. Mais aussi réduction de coûts ! Les équipes qualités auraient diminué de 1/3 à 50%. Par raison d'économie, mais aussi pour dégager des fonds nécessaires à l'innovation...

"Car recalls rise as industry becomes more high-tech", article du Financial Times.

Quel est le sens du progrès, s'il nous met, gratuitement, en danger ?

samedi 19 mai 2018

Privatiser la SNCF

"Flagship UK east coast rail line renationalised" Les Anglais parlent de nationaliser leurs transports ferroviaires. Nous voulons les privatiser.

On pourrait penser que la démonstration a été faite que la concurrence n'était pas bonne pour le train. Mais, d'un autre côté, nos réseaux ferrés publics n'ont fait que se dégrader, alors qu'ils ont très bien fonctionné, pendant longtemps. Comment expliquer ce paradoxe ?

Par l'esprit du temps ? Nos parents avaient peut-être un esprit "service public". Ce n'est plus notre cas. On ne peut pas vouloir "interdire d'interdire" et des trains qui roulent ?

Pensée critique

Lorsque Camus a traité Sartre et ses amis de "possédés", au sens de Dostoïevsky, ils l'ont mal pris. En fait, ce n'était peut-être pas une critique personnelle, mais l'exemple d'une pensée "critique" au sens des Lumières. Camus faisait une analyse d'un "fait social", au sens de Durkheim, et de son étude du suicide. Lorsque les intellectuels deviennent des possédés, cela révèle une pathologie sociale.

Le rôle du sociologue est d'identifier le système de régulation qui dysfonctionne, et d'expliquer comment le régler. C'est aussi ce qu'a tenté de faire Proudhon.

Camus a-t-il été un sociologue efficace ? Il semble avoir envisagé une transformation de la société par le bas. Critique opérante ? Ou principalement désobligeante ?