mardi 22 août 2017

Bien et mal

Ce ne serait pas tant le traité de Versailles que la façon dont les négociateurs allemands de la paix de 1918 ont été reçus, qui aurait été coupablement maladroit, dit Peter Gay, dans son ouvrage sur la République de Weimar. On a voulu leur faire mesurer la gravité de leurs fautes. Notamment en faisant circuler très lentement leur train au milieu du champ de bataille. 

Cela se comprend. Imaginez que vous ayez subi 4 ans de dévastation et de peur et ayez vu crever dans des conditions horribles vos enfants, n'auriez-vous pas envie de dire à l'ennemi le mal que vous pensez de lui ? Mais, d'un autre côté, c'est ce type de raisonnement, en 70, qui est à l'origine de la volonté de revanche de la France. 

Il est étrange que cette idée de "bien et de mal" se soit maintenue jusqu'à nous. Que personne ne comprenne que traiter quelqu'un comme porteur du mal a plus de chances de l'amener à se révolter qu'à se réformer. Le plus surprenant, peut-être, est que la religion chrétienne ait convaincu tout un peuple de sa faute originelle. Mais, au moins, il n'y avait pas d'inégalité de traitement.