dimanche 16 juillet 2017

Ordre public

Dzvetan Todorov était universaliste. Anne Tcheng (France Culture) lui faisait remarquer que l'universalisme est relatif. Les Chinois pensaient, et pensent encore, que l'humanité c'est eux. 

D'ailleurs, pourrait-on ajouter, notre universalisme n'est pas celui des Américains. Pour eux, les lois du marché, le libéralisme, est universel. Pour nous, le banquier d'affaires est passible de la peine capitale. 

L'Ancien régime parlait "d'ordre public". Tout ce qui le troublait méritait les pires condamnations. Chaque nation a peut-être son "ordre public". Ce n'est pas pour autant qu'il est immuable. La Chine l'a montré. Quand son peuple est mécontent, il est prêt au sacrifice. De même, si l'Occident a eu une telle influence sur le monde, c'est certainement qu'on a trouvé désirable ce qu'il avait accompli. Ce type de changement est probablement ce que Mme Clinton a appelé "soft power". Seulement, elle entendait pas là une manipulation qui ferait adhérer l'homme aux valeurs américaines. Mais la manipulation n'a qu'un temps. L'ordre public a probablement besoin de fondations solides pour changer.