jeudi 6 avril 2017

Berthe Garlan

Fin du dix-neuvième. Une jeune et jolie veuve, partie de Vienne pour suivre un mari accepté par défaut, découvre ses appétits charnels. Elle a une liaison avec celui qu'elle croit l'amour de sa vie. Elle découvre qu'il n'a aucune estime pour elle. Pourquoi une telle dissymétrie entre ce que la société tolère de l'homme et de la femme ? se demande-t-elle.

En fait, ce que le livre dit, surtout, c'est que, dans la société autrichienne, tout est toléré, à condition de ne pas être vu. Pour la femme, ce qui compte, avant tout, est de ne pas avoir d'enfant d'une aventure extramaritale. L'héroïne, d'ailleurs, est un peu malhonnête. Car, elle reproche à son amant de ne pas l'aimer, alors qu'elle même découvre qu'elle recherche le plaisir des sens. 

Grosses ficelles. Pas le meilleur Schnitzler, me semble-t-il. Mais peut-être un portrait des traumatismes sociaux qui ont produit Freud, qui admirait les analyses de Schnitzler.

(L'habileté de Schnitzler, peut-être ce qui a fait son succès, est de placer son lecteur dans la peau d'une femme poussée par des sens qu'elle ne parvient plus à contrôler à commettre un interdit. J'imagine qu'à l'époque cela devait sembler le plus délicieux des voyeurismes.)