vendredi 31 mars 2017

Changement

L'histoire actuelle semble être un affrontement entre "populisme" / conservatisme et contre-culture / "progrès". On peut l'exprimer autrement. L'après guerre a été dominé par la technocratie scientiste. La contre-culture des années 60 réclame une liberté totale. Ni l'un ni l'autre ne sont viables. Mais, leur affrontement révèle qu'il faut trouver une solution intermédiaire. Il faut un minimum de lois et d'organisation pour que la société fonctionne, mais l'individu a besoin de plus de latitude que ne lui en laissait les bienveillants gouvernements des trente glorieuses. 

Question. Est-ce que le changement procède toujours ainsi ? Un système d'organisation d'une société suscite un mouvement de rejet ("contre culture", qui n'est pas forcément une "culture" i.e. un modèle social viable) ; l'affrontement révèle qu'un nouveau système d'organisation est apparu ; la mise en oeuvre du changement consiste à l'identifier et à le régler ? 

(Ce qui serait un mix entre les théories du changement de Hegel / Marx et de Proudhon.)

Abstention

Il est "très vraisemblable" que Marine Le Pen soit élue, dit un spécialiste de prévision. L'argument est toujours le même : abstention. Les partisans de Mme Le Pen vont voter, pas ceux de ses opposants. 

Pourquoi ? On reproche à M.Fillon d'être parti beaucoup trop à droite, et à M.Macron d'être une réincarnation de M.Hollande. 

Intéressante situation. Ceux qui ne voteront pas, voteront, en fait, FN. Y compris d'ailleurs, ceux qui ne voteront pas parce que l'élection se fait la veille d'un jour férié, et qu'ils ne veulent pas se priver de vacances. A quoi tient le changement... 

Intériorisation

Le compliment gène. Et souvent des personnes qui ont un caractère revendicatif. Type leader syndical qui braille sur une barricade. Double paradoxe. 

Explication ? La société nous convainc que nous sommes nuls. L'Education Nationale sélectionne par le ratage. Même le polytechnicien traîne son classement toute sa vie. Mais il y a aussi un bruit de fond, qui prétend que le Français est incompétent, paresseux, résistant au progrès, un veau... Et si nous "intériorisions" ces affirmations ? Et si nous nous étions convaincus qu'elles nous décrivent?

Alors, pourquoi notre comportement les justifie-t-il ? Parce que nous craignons que l'on découvre ce que nous pensons être notre "véritable" nature, dont nous avons honte ? Parce que nous croyant porteurs du mal, nous estimons que faire le mal est notre unique option ?...

jeudi 30 mars 2017

Egalité des sexes

On dit qu'en politique l'égalité des sexes est impossible. Il en est de même à la tête des entreprises.

Et si l'on élisait / nommait des "couples". Un homme et une femme, par fonction. Cela résoudrait le problème. Et cela aurait, de plus, beaucoup d'avantages. En particulier, cela doublerait la capacité de travail des fonctions importantes pour la nation.

Evidemment, la femme prendrait rapidement le dessus sur l'homme. C'est pour cela que ce dernier enterrera certainement mon idée. 

Effet pervers

On dit, maintenant, que plus l'on révèle les malversations d'un candidat, plus ça lui profite. Pourquoi ? Et si on élisait quelqu'un pour qu'il punisse les autres, quitte à ce que cela soit mauvais pour soi ? La haine est irrationnelle. 

Mais pourquoi cette haine ? Aux USA, les conditions de vie de certains se seraient détériorées. Par exemple l'espérance de vie d'une partie de la population a régressé. Mais il n'y a pas que les pauvres qui soient mécontents. Seconde hypothèse. Les "riches" mécontents sont ceux de la manif pour tous. Ils ont été heurtés dans leurs valeurs. (CF. le mouvement néoconservateur américain, présenté comme réaction à la "contre-culture" locale.)

D'où troisième hypothèse. Nos dernières décennies ont été moralistes. Nos gouvernements ont voulu faire "le bien". Et ils ont obtenu l'envers de ce qu'ils cherchaient. Enantiodromie.

Modes de management

Je discute avec un journaliste. Son sujet est le numérique. Il me dit que les dirigeants jeunes, au moins, semblent plus au fait de la question que leurs aînés. Oui, mais agissent-ils bien ? Je lui ai parlé de ce que les Américains appellent des "modes de management". (Management fad.)

Ce qui m'a donné l'idée d'une théorie. Jadis les dirigeants venaient "d'en bas". Y compris les polytechniciens. Ils avaient un parcours qui est équivalent à celui du saint-cyrien moderne. Ils commençaient dans des rôles d'opérationnels relativement humbles, et leur carrière était souvent lente. Ils n'atteignaient pas toujours les sommets. Même un grand patron demeurait compétent techniquement. De ce fait, ces gens savaient de quoi ils parlaient. Actuellement, nos dirigeants arrivent à la tête des entreprises dès leur plus jeune âge. D'où viennent leurs idées ? Comme le disait The Economist, citant un patron : pour concevoir une stratégie, il y a des consultants. 

(Curieusement cette question des "modes de management", qui fait l'objet de best sellers aux USA, ne semble pas avoir pénétré l'esprit du Français.)

mercredi 29 mars 2017

Populisme

Le néoconservatisme n'est  pas mort avec M.Bush. Aujourd'hui, il s'appelle "populisme". MM. Poutine et Trump en sont les champions.

Le "populisme" est le nom que ses ennemis donnent maintenant au (néo)conservatisme. Le néoconservatisme est une réaction à la "contre culture" anglo-saxonne des années 60. (Ce, qu'en France, on appelle la "pensée 68".) Cette "contre culture" est culture de "l'élite", puisque les contestataires étaient fils de famille et qu'ils n'ont pas changé d'avis lorsqu'ils sont arrivés aux affaires. D'où le sens de conservatisme : c'est une contre contre culture ! Tentative de retour aux sources. C'est aussi la raison pour laquelle c'est un "populisme". Le "peuple" porte les valeurs traditionnelles d'une nation. La contre culture affirme que ses valeurs sont mauvaises, donc qu'il porte le mal. Le conservatisme, lui, dit qu'il est le bien. 

(M.Poutine est le chef de file de la révolution conservatrice.
Croire que l'élite hait le peuple est faux. Elle se dit "force de progrès". Elle aimerait que le peuple l'imite. Il cesse d'être porteur du mal, s'il change. "L’Île-de-France monte des start-up, cultive les champs, fait du hip-hop, se tatoue les bras !" dit Claude Bartolone.
Et si, entre MM. Poutine et Bartolone, il y avait une troisième voie, acceptable par tous ?)

Pensée magique

Le numérique comme pensée magique ? me demande un journaliste. Mon point de vue sur le numérique est plus nuancé que le sien. 

Mais, intéressante, cette notion de "pensée magique". Et si la conception dominante du changement était une "pensée magique" ?

Guyane

J'entendais que la Guyane était en grève. Curieux, pour une région.
Apparemment, elle attend des subventions de l'Etat. 

La réponse du FN est surprenante, aussi. On peut s'imaginer que son électorat s'indigne de l'annonce d'une ponction des subsides publiques. Or, le FN vole au secours de la Guyane. Pour raison de grandeur de la France ? 

Peut-être d'ailleurs que les malheurs de la Guyane viennent de là. L'Etat trouve que ça lui coûte cher d'entretenir un empire ?

mardi 28 mars 2017

Instincts animaux

Les Anglo-saxons parlent "d'instincts animaux" au sujet du marché. Il obéit à "greed and fear", la cupidité et la peur. Il est représenté par "bull and bear". L'un fonce sans réfléchir, l'autre est un trouillard. On l'oublie souvent, mais la société, et nous donc, elle-aussi, a des instincts animaux. Elle n'obéit pas toujours à la raison. C'est ce que montrent les dernières élections mondiales. Et c'est ce que cherchent de plus en plus à exploiter les hommes politiques. 

C'est pour cela, probablement, que Montesquieu pensait que le principe de la démocratie était la vertu. La liberté suppose que l'on maîtrise des instincts animaux qui nous asservissent. Ce qui est fort difficile. Nous devons être d'autant plus vertueux que nos hommes politiques le sont moins. 

Contrainte créative

Jean-François Marcotorchino est à l'origine d'une branche des mathématiques : l'analyse relationnelle. Mais est-ce le plus important dans ses travaux ? Selon moi, ce qui les caractérise est d'avoir montré que beaucoup de problèmes mathématiques fondamentaux étaient mal posés : par construction, ils ne pouvaient pas donner de résultat correct !

Un exemple est celui de la mère de toutes les techniques statistiques et marketing : la segmentation. La représentation traditionnelle des données conduit à la segmentation triviale. Une classe égale un individu ! Donc pas de segmentation ! Alors on triche, en fixant le nombre de classes que l'on désire. Du coup, on est incapable de repérer les "anomalies", en particulier l'arrivée de changements. (Trump, par exemple.) Le problème se résout en ajoutant une contrainte : on veut une "vraie" segmentation. Ce qui conduit à s'interroger sur la façon de décrire les données. Or, il en existe une qui satisfait nos exigences. 

C'est curieux, mais toutes mes missions ressemblent à cela. Telle société prend des affaires à perte, de peur de ne pas "charger ses usines", telle autre ne veut pas évaluer ses employés par peur d'être accusée de "flicage"... Or, il suffit d'ajouter la contrainte omise pour faire que l'entreprise devienne innovante ou qu'elle découvre que sa perte de productivité vient du manque de formation, à leur métier, de ses employés. Et qu'ils en souffrent. 

Et si c'était le mal de notre société ? La contrainte rend intelligent. Mais elle nous demande un effort. Alors nous avons "interdit d'interdire", et l'humanité s'est mise à régresser ? 

lundi 27 mars 2017

Impossible n'est pas français

Certains mots déclenchent le changement... Ils disent que ce que pour rendre possible l'impossible, il faut faire ce que l'on ne veut pas faire... Mais il faut qu'ils laissent aussi entendre que vous êtes honnête et compétent.

Deux minutes trente sur le sujet, si ce que j'en ai dit ne vous suffit pas...

Hamon et trahison

Les candidats à la primaire de gauche s'étaient engagés à soutenir son vainqueur. Or, beaucoup ne le font pas. Langues fourchues ? 

M.Fillon, avant qu'il ne soit plaqué dos au mur par la justice, cherchait à rassembler son camp, en mettant de l'eau dans son vin. M.Hamon a fait l'envers. Fort de sa légitimité, il est parti chasser le Mélenchon. Se faisant, n'a-t-il pas rompu une loi implicite de toute démocratie ? L'élu ne reçoit pas une carte blanche pour faire ce qu'il veut. C'est un représentant du peuple. Dans son ensemble. 

Dans la tête de Vladimir Poutine

Qui sont les philosophes qui influencent Vladimir Poutine ? Ce livre est une occasion de découvrir quelques penseurs russes connus ou non. Mais M.Poutine ne semble guère influençable. Il cherche un fondement idéologique à une Russie qui n'a plus de repères. Et il pioche à droite et à gauche ce qui lui paraît utile. Apparemment, son idée est que tout ce qui est russe est bon. A condition d'éviter les excès idéologiques. Il tente donc une synthèse des grands thèmes qu'ont agités les penseurs russes, depuis toujours. En particulier, le rôle du peuple russe, et celui de l'Europe, tour a tour adorée et honnie. Il semble aussi faire preuve d'un certain pragmatisme. 
L'Europe est en déclin économique et en décadence morale (...) une petite bande d'ultra modernistes, inspirés par les théories du genre américaines, chercheraient subrepticement  à imposer à la population des changements anthropologiques majeurs.
L'URSS n'était pas un pays, mais un concept. Avec Validimir Poutine, la Russie est à nouveau le nom d'une idée.
En fait, M.Poutine aurait accepté l'économie de marché. Sa stratégie serait d'y réussir à la soviétique. C'est à dire par une forme d'impérialisme expansionniste qui s'appuie sur une doctrine, et des satellites. Cette doctrine, c'est le "conservatisme identitaire". C'est un retour aux valeurs fondatrices de la nation (des nations, en général). C'est le rejet du "libéralisme" au sens contre-culture américaine, maintenant dominante. C'est aussi le désir de régénérer l'Europe. Et les satellites ? Ce sont les partis populistes. Mme Le Pen a remplacé M. Thorez. 

(ELTCHANINOFF, Michel, Dans la tête de Vladimir Poutine, Babel, 2016.)

dimanche 26 mars 2017

Canabis

Mme Pécresse se plaint de ce que le gouvernement aurait fait savoir que son fils a été arrêté en possession de canabis. Non seulement on offre sans cesse des cadeaux aux politiques, mais leur famille se drogue ? était-ce le message de Mme Pécresse ?

Pauvre enfant, son infamie est étalée sur la place publique. L'homme politique n'hésite pas à sacrifier ce qu'il a de plus cher à ses intérêts ? (Qu'il croit généraux ?) Serait-ce pour cela que ses enfants se droguent ?

Bon numérique

Quelles sont les bonnes – et donc les mauvaises – raisons de se lancer dans une transformation numérique ? me demande-t-on. J'observe ceci :
  • Mauvaise raison : y aller parce que les autres le font. 
  • Bonne raison : il y a effectivement des choses passionnantes qui sont survenues dans le numérique. Cela s’appelle puissance, pas chère, et surtout démocratisation. Une start up ou une PME a désormais accès à des moyens équivalents à ceux d’une multinationale. Entre les mains d’un champion cela peut faire beaucoup de "dégâts". 
J'ai rencontré des gens qui avaient su exploiter une innovation, et, parfois, faire fortune. Je crois reconnaître une trame commune dans leurs succès. Il faut partir de l’homme, ou plutôt du groupe humain. Il faut se dire que le numérique nous permet de faire ce que nous ne pouvions pas faire avant. Donc se demander quelle est notre force unique, et ce que nous en ferions si nous avions infiniment plus de moyens que ce dont nous disposons. Et rechercher en quoi le numérique nous apporte ce qui nous manque. 

Je crois que s’il était correctement utilisé, pour mettre en valeur nos talents plutôt que pour supprimer des postes, le numérique pourrait donner un nouveau souffle au pays, et à son économie. En particulier, aux PME.

samedi 25 mars 2017

Laurence Parisot

La semaine dernière à voix nue interrogeait Laurence Parisot. Ifop et MEDEF, je n'en ai pas retiré plus. Pour l'Ifop elle a fait apparemment un gros redressement. Mais comment ? J'ai travaillé dans les études de marché en même temps qu'elle, avec les techniques dont elle parlait, j'ai trouvé ce monde poussiéreux.

Et le MEDEF ? Curieusement, alors qu'elle s'oppose à Mme Le Pen, elles se ressemblent. Ce sont des femmes de leur temps, dans un monde d'hommes du passé. Ce qui fait leur succès n'est pas tant leur vision, que d'avoir fait entrer un peu d'air frais, et d'humanité, dans l'organisation qu'elles dirigent ?

Gilles Kepel

J'assistais, mercredi dernier, à une conférence de Gilles Kepel. Il y parlait de son dernier livre (La Fracture, chez Gallimard). Etrangement, l'attentat de Londres, survenu le matin, en semblait l'illustration parfaite. Voici ce que j'ai retenu. Jadis, il y avait du travail pour tous. On se battait pour la réparation de ses fruits. La droite représentait le capital, la gauche le travailleur. C'était violent, mais il y avait un lien commun, et on arrivait à s'entendre. Dans notre société "postindustrielle", il y a ceux qui ont du travail et ceux qui n'en ont pas. Cela produit une fracture (ou des fractures). Car il n'y a plus aucune raison de se parler. 

Cercles vicieux
"L'éducation, qui faisait de quelqu'un quelqu'un d'autre, ne marche plus. On se crispe sur une identité rétrospective." Les perdants de "la société globalisée" sont attirés soit par le djihadisme, soit par le FN. D'un côté, les enfants de travailleurs immigrés, dotés de "connaissances qui ne leur servent à rien", de l'autre les victimes des délocalisations. Plus le djihadiste terrorise, plus l'on vote FN, plus le FN stigmatise le musulman, plus il devient djihadiste. Le djihadiste, lui-même, est le produit de YouTube. Il n'est plus d'obédience Ben Laden. Sa "troisième génération" "n'est plus une organisation mais un système". Il utilise "la jeunesse victime de la fracture identitaire". Il la pousse à "passer à l'acte". D'où des attentats de pauvres, avec emprunt d'un couteau à la cuisine d'une maman. Maladroits, mais imprévisibles par la police. Du moins tant qu'elle n'avait pas compris le changement. Mais, elle s'est mise à écouter les réseaux. Et c'est efficace. Autre caractéristique du nouveau terrorisme : il est le fait de petits criminels. Ils consomment de la drogue, de l'alcool. Alors, on leur dit que leur violence est une arme divine, et que le salut est dans la mort. Et les réformes pénitentiaires ont fait de la prison un "incubateur" du terroriste. 

La communauté musulmane déteste le djihadisme. Mais elle est incapable de se faire entendre. Elle est victime de "catégories plaquées de l'extérieur". La société française est considérée, en particulier, comme endémiquement islamophobe. Cela résulterait d'une convergence entre frères musulmans et mutation du gauchisme. Ce dernier croyait que "l'exploité va porter la rédemption de la société". Il l'a remplacé par le musulman. (Cette convergence s'arrête dès que l'on parle homosexualité.) Exemple du burkini. Les femmes au burkini avaient choisi la plage de l'attentat de Nice. C'était une sinistre provocation. Mais, au lieu de s'apitoyer sur le sort du pays, l'opinion mondiale l'a traité "d'islamophobe". 

Le Jacobin se rebiffe
Comme si ce n'était pas assez, "la machine jacobine" fait preuve d'une effroyable "cécité". Elle fonctionne en silos. Elle tend à être sourde (par exemple en méprisant la recherche universitaire). Cependant, quand elle se met à fonctionner, elle est d'une efficacité redoutable. C'est ce qui commence à arriver à la police. Espérons que le reste de l'Etat ne va pas trop tarder à l'imiter...

(Exactitude de la restitution pas garantie, je vais lire l'ouvrage de Gilles Kepel.)

vendredi 24 mars 2017

Premier avril

Ce matin, j'ai entendu M.Fillon dénoncer un "cabinet noir" et qu'une sénatrice centriste comptait faire condamner les diffuseurs d'informations fausses ("fake news" en français). Un an de prison et quinze mille euros d'amende. Mais cela ne porte que sur Internet. Et que sur les gens qui relaient les nouvelles. Une fois de plus, c'est le petit peuple qui trinque et les hommes politiques peuvent dormir sur leurs deux oreilles ?

Et le premier avril ? me suis-je demandé. Tous en tôle, sauf les pisse-vinaigres ? 

(J'espère que je n'ai pas diffusé une "fake news"...)

Miroir aux alouettes

Que ne faut-il pas demander à une transformation numérique... qui pourrait ou devrait être assumé par le management sous d’autres bannières ? me demande-t-on.

Je viens de rencontrer quelqu'un, de très compétent dans son métier et de très estimable, qui veut simplifier l'accès au droit français que nos députés compliquent à loisir. Il pensait que l'intelligence de l'ordinateur allait se repérer dans les textes confus et changeants. Pourquoi n'y avait-on pas pensé plus tôt ? Ses confrères étaient trop rétrogrades pour cela ? Etre "disrupteur" est une question d'état d'esprit, pas de compétence ?

Les vendeurs laissent croire que leur logiciel va gérer votre entreprise sans vous. Pour cela ils jouent sur des termes tels qu'intelligence artificielle ou machine learning. En fait, si le dirigeant ne définit pas bien le problème qu'il veut résoudre, et ne fait pas un travail sérieux pour comprendre un minimum du métier des informaticiens ou des mathématiciens dont il a besoin, il n'obtiendra rien. Voilà, en substance, ma réponse.

(L'anecdote ci-dessus explique peut-être beaucoup de choses. Notamment la façon dont nous sommes gouvernés. Le haut personnage, lorsqu'il rencontre un charlatan, se croit le seul à pouvoir le comprendre. C'est parce qu'il ne sait rien de la question, qu'il peut se laisser berner. Et c'est parce que nous nous y connaissons que nous nous indignons, ce qui le convainc que nous sommes des attardés. Mieux : et si beaucoup de gens pensaient que gouverner, c'était une question de miracles, pas de travail ?)

jeudi 23 mars 2017

Parasites

Le leader populiste a compris que plus vous mentez, vous-vous contredisez... plus vous êtes populaire. Aristote en a très bien parlé. C'est même la définition du populisme. Ce phénomène caractérise notre époque. L'Europe en fait, particulièrement, les frais. De la part de quelques-uns de ses membres, mais aussi de pays étrangers (Turquie, USA, Angleterre...), dont elle est devenue la cible. 

Comment réagir ? La tactique du populiste est le parasitisme. Il fait de l'interdépendance sociale une force. Il se nourrit de la destruction de l'édifice collectif. Si la Turquie est aussi forte c'est, si j'en crois ce que j'entends, parce qu'elle est un rempart contre l'immigration. Sans elle, l'Allemagne est submergée, et gagnée, en réaction, par le populisme. La Turquie est forte, parce que l'Europe dépend d'elle. Mais, à l'envers, elle dépend de nous. Et si nous en jouions ? 

Longtemps, jouer sur l'interdépendance sociale s'est fait à la façon grève CGT à la SNCF : je frappe le petit peuple, pour qu'il se révolte contre ceux que je veux toucher. Efficace ? Les Américains se sont mis à la frappe ciblée. Pour toucher un leader islamique ou M.Poutine, il faut s'en prendre à ses intérêts directs. Pas encore très subtil, mais à creuser ? 

Djihadisme

Hier soir, j'écoutais Gilles Kepel. Il disait que, en débit de toute sa lenteur, la police jacobine avait fini par prendre la dimension du terrorisme djihadiste et le démanteler. Ce qui expliquerait qu'il doive se rabattre sur l'Angleterre et l'Allemagne, et ce qui ferait mentir ceux qui prédisaient une vague d'attentats, favorable au FN. 

Espérons, au moins pour la France, qu'il a vu juste. 

(Le djihadiste est un allié objectif du FN, puisque les réactions de ce dernier stigmatisent les immigrés, ce qui renforce les rangs des djihadistes.)

mercredi 22 mars 2017

Affaires

J'ai l'impression que les élections présidentielles ont déclenché une vague d'affaires, sans précédent. Y aura-t-il encore un candidat à la Présidentielle ou un membre du gouvernement en liberté le jour de l'élection ? 

Complot ? Si je comprends bien, cela viendrait du fameux parquet financier, résultat de l'affaire Cahuzac. Ses investigations commencent à déboucher. Il découvre que les pratiques ordinaires, à peine dissimulées, des politiques étaient répréhensibles. Nouvel exemple de conséquence imprévue du changement. 

En fait, les pêchés de nos politiques semblent s'apparenter à ceux de la population. Mais à une échelle plus grande, puisque, dans le système français, ils ont tous les pouvoirs. Ils jouent sur l'interprétation de la loi pour augmenter leurs revenus, ou organisent des mises en relation, payées indirectement. Seulement leurs responsabilités ne sont pas les nôtres. Et qui vole un oeuf vole un boeuf. Peut-on administrer impartialement la nation, quand on est aux prises avec de tels conflits d'intérêt ? 

Il est possible que tout ceci se traduise par un renouvellement du personnel politique. Les anciens vont être remplacés par des nouveaux, qui n'auront pas eu l'occasion d'adopter des pratiques condamnables. On y gagnera en probité, et on y perdra, un temps, en expérience. Reste à savoir les conséquences que vont avoir ces révélations sur le vote de la nation. 

Ca bouchonne à Saint Lazare

"Ca bouchonne à Saint Lazare", dit le conducteur de mon train, arrêté. De plus en plus la SNCF utilise un langage routier. Par exemple, sur mon quai de banlieue, une voix suave annonce que le "trafic est fluide". "Rien à vous signaler pour le moment" (légère surprise). Ou encore, "le train x a été supprimé, il est reparti en maintenance". 

Avant, il y a 30 ans, aux grèves près, le traffic des trains était réglé comme du papier à musique. Ils partaient et arrivaient à l'heure pile. Maintenant, plus rien n'est sûr. Et le conducteur a visiblement beaucoup d'autonomie. Il doit faire preuve d'initiative dans l'adversité, qui est son lot quotidien. Et si c'était cela une "entreprise libérée" ? 

mardi 21 mars 2017

Accord parfait

J'ai suivi le débat entre candidats à la présidentielle par ouï dire. Ce que je retiens des propos tenus sur France Info, vers 6h : on n'a pas parlé des candidats judiciairement poursuivis, M.Macron a concentré les attaques, et lui a tendu à être d'accord avec tout le monde. Ce que les commentateurs semblaient lui reprocher. 

Mais 1) n'est-ce pas bon d'être l'homme à abattre, cela montre que l'on est important ? 2) N'est-ce pas cohérent d'être d'accord avec tout le monde, lorsque l'on n'est "ni gauche ni droite" ? 

Et si la fadeur de M.Macron était son principal intérêt (mais pas forcément la meilleure façon de se faire élire) ? Car, à l'étranger la France est ridicule. Je me suis même entendu demander comment quelqu'un comme moi pouvait rester dans un pays tel que la France ! Combien cette image désastreuse lui coûte-t-elle en termes économiques et d'emploi, et même d'influence ? Et qu'est-ce que son image de grande gueule lui rapporte-t-elle ? De toute manière, elle finit toujours par plier l'échine. Si un président parvenait à installer chez nous un régime de coalition de type européen du nord, voilà qui serait un changement. Peut-être que le Français cesserait alors de diriger son énergie contre ses concitoyens, et lui donnerait des emplois utiles ?

Encombrants

Je vide un appartement. Je place ce pour quoi je n'ai plus d'usage à l'endroit désigné par la mairie de Paris. Et je constate qu'à quelques exceptions près, ce que je dépose part immédiatement. Dans certains cas, il faut que je dise d'attendre : il y a aussi le tuyau de l'aspirateur... 

Il y aurait de quoi faire une étude anthropologique. Il semble qu'il y ait des professionnels de la récupération, mais il y a aussi des gens ordinaires, quelques-uns semblent des spécialiste des vide-greniers, d'autres paraissent honteux, en difficulté. Pour les premiers : y a-t-il des systèmes de veille et d'alerte ? Serions-nous surveillés sans le savoir ? Pour les derniers : cela me semble bien triste. La génération de la guerre a fait le projet d'une société où il n'y aurait pas d'exclus. Ne serait-il pas temps que nous ayons aussi un projet pour l'humanité ? 

lundi 20 mars 2017

Qu'attendez-vous pour nous sauver ?

Et si la destinée de nos enfants était entre vos mains ? Et si vous aviez le pouvoir de transformer la société ?

3 minutes sur un sujet fascinant...  qui vous met en face de vos responsabilités !

 

Inégalités

Les inégalités se sont creusées le jour où l'on n'a plus eu peur que les pauvres vendent leur âme aux Soviétiques. Dès l'arrivée au pouvoir de M.Reagan ? Faux. Les inégalités sont liées à la croissance. Quand la croissance a fléchi, les très riches ont continué à s'enrichir comme si de rien n'était, encore plus vite qu'avant ?, mais pas les autres.

Problème de croissance ? Ou de solidarité ? Trois choses, au moins, semblent caractériser notre époque : 1) réduction de coût, pas innovation ; 2) la monnaie, jadis outil d'échange, a été détournée de sa fonction ; 3) ceux qui dirigent la société ne sont pas des créateurs, des entrepreneurs, mais des salariés, qui doivent leur carrière à leurs diplômes. La technocratie qui s'est installée après guerre se serait-elle mise à se servir de la société, plutôt que de la servir ? 

Heuliez

Inattendu. Un livre passionnant, clair et court. Les dernières années du groupe Heuliez. Une véritable étude anthropologique sur notre pays. On y voit l'évolution de notre tissu économique et de ses liens avec le politique. Le livre est écrit par le maire du village dans lequel est installé Heuliez. Maire socialiste, maintenant député, il n'a pas un profil usuel. C'est un autodidacte, dont la carrière doit beaucoup à la chance. Il a vécu une histoire d'amour avec le groupe Heuliez. D'ailleurs, il a mis tout en oeuvre pour le sauver, lui et ses emplois. Lorsque le livre se clôt, il pense avoir réussi. On sait aujourd'hui que ce n'a pas été le cas. 

On découvre à quel point le politique local est proche de l'entreprise. Pour elle, il fait construire des routes et détourne des rivières ! Apparemment, il ne compte jamais. Il a une vision qui s'exprime en termes de création d'emplois, et d'attractivité du territoire. Plus surprenant : Heuliez n'avait qu'un seul client ! Le groupe PSA. Et il se brouille avec lui ! Je ne le savais pas, mais Heuliez avait pour métier de fabriquer certains modèles de la gamme d'un grand constructeur. Une commande employait plusieurs milliers de personnes. Pourquoi un tel aveuglement ? Mystère. Il semble que la société ait vendu progressivement ses autres activités pour financer celle-ci. Or, apparemment, les constructeurs ont décidé de changer de fournisseurs. Leurs raisons ne semblent pas totalement rationnelles. Par exemple, un concurrent allemand est préféré par Renault à Heuliez, pour des raisons de solidité financière. Il fait immédiatement faillite. (Et la commande aurait pu sauver Heuliez.) En difficulté, Heuliez parie sur le véhicule électrique. Le conseil régional et Ségolène Royal vont tout faire pour l'aider. Cela semble bien tomber, puisqu'on parle de Grenelle de l'environnement. Seulement, Mme Royal est à gauche et le gouvernement à droite. Et, autant un homme politique aime utiliser les finances publiques pour donner de l'emploi à ses électeurs, autant il n'a aucune pitié pour les électeurs de son adversaire. Comble de malchance, le FSI, qui a alors pour mission de sauver les équipementiers français, est dirigé par un ancien de PSA. Heuliez est peut être une des rares entreprises de sa taille à laquelle il ne prêtera pas d'argent au bon moment (il le fera plus tard). Vont alors se succéder une invraisemblable série de repreneurs, le groupe Bernard Krief, des Turcs, des Indiens... Tous plus ou moins favorisés par le gouvernement d'alors, aux dépens d'offreurs sérieux, mais ternes. 

Y a-t-il eu des coupables ? L'auteur, laisse entendre qu'Heuliez a été victime des transformations de notre société. Notre pays paraît s'être retourné contre lui-même. Un consensus s'est fait selon lequel, comme l'expliquait le dirigeant de Bernard Krief, le Français était un parasite incompétent. On a donc cherché mieux ailleurs, et pas uniquement dans les pays à bas coûts. Et cette transformation a été menée par des dirigeants salariés, ou des politiques professionnels, qui ont mis en faillite des entrepreneurs ! Faut-il chercher plus loin les thèses nationalistes et anti élites du FN ? Mais Heuliez et le Français étaient-ils innocents ? N'ont-ils pas trop compté sur leur pouvoir de nuisance ? Heuliez semble avoir été particulièrement innovant, pourquoi n'a-t-il pas mieux défendu ses intérêts ? Pourquoi s'est-il placé dans un tel état de dépendance ? Apparemment, il fut à la fois désagréable, et invraisemblablement confiant. Tout le portrait du Français ?

dimanche 19 mars 2017

Costume

Lorsque j'ai entendu parler des costumes de M.Fillon, j'ai trouvé l'affaire plus grave que celle des emplois fictifs. En effet, que lui demande-t-on en échange de ces cadeaux ? Mais, je me demande si je ne me suis pas trompé. Ces cadeaux sont peut-être une forme de rémunération. M.Fillon a peut-être rendu service. 

Le plus surprenant est le prix des costumes. M.Fillon semble avoir des goûts de grand luxe. Ces goûts sont-ils compatibles avec ses revenus ? 

Programme

Quel est le programme de M.Macron ? Mes amis aimeraient que je leur fasse un résumé de son livre, mais je temporise. J'ai regardé ce que dit wikipedia : je n'en tire rien. Ce que je cherche, c'est un principe, qui pourrait produire une transformation. 

Indirectement, j'aperçois plusieurs scénarios possibles :
  • Le scénario Rocard. M.Macron résulte de la troisième voie, le radicalisme. Mais le radicalisme n'a plus de programme depuis pas loin d'un siècle. 
  • Le scénario étranger. A l'étranger, M.Macron semble être perçu comme la "normalisation" de la France. Enfin, un Français à la page. Seulement, n'est-ce pas une page de retard ? Clinton, Blair, Schröder sont peu aimés dans leurs pays. Leur monde est sans chômage, mais inamical. 
  • Le scénario bus et lois El Khomri. M.Macron poursuit ce qu'il a fait au gouvernement. 
Morale ? Ce que l'on appelle libéralisme. Faire comme les autres, mais en cherchant à en atténuer les excès. La France doit regarder la vérité en face. Comme disait M.Valls : "il faut être pragmatique". Nous n'aimons pas ce que nous avons, mais nous n'avons rien d'autre. C'est à trop vouloir le nier que nous avons autant perdu. Voila mon interprétation du moment.

samedi 18 mars 2017

Le système et moi

On a appelé la crise de 2007 « systémique ». Qu’est-ce que cela signifiait ? Jusqu’à 2007, on croyait que les banques étaient indépendantes. En 2007, on a vu qu'une seule faillite pouvait entraîner celle du système financier et de l’économie mondiale. Et comment tout ceci avait commencé ? Quelques millions d'Américains avaient du mal à payer leurs dettes. Cette crise a révélé notre interdépendance. Elle est due à la mondialisation et Internet, me direz-vous.

Je n'en disconviens pas. Mais avons-nous pris conscience de ce que signifie pour nous, pour notre vie quotidienne, cette interdépendance ? Quand nous avons une difficulté, nous constatons que tel ou tel autre nous « gêne ». Nous sommes agressifs. Il nous le rend. Et ainsi de suite. Prédiction auto-réalisatrice. Or, la gêne que nous ressentons vient de ce que nous sommes dépendants de lui. Il est la solution au problème, pas le problème !

(Plus exactement, nous avons besoin de lui pour résoudre le problème. Et il est probable que cette interdépendance fait que lui a aussi besoin de nous. Exemple : un président de la République peut faire beaucoup pour nous, et inversement.)

Punk FT

Curieuse Angleterre. Le Financial Times peut être punk. Les classes élevées récupèrent la culture du peuple. C'est peut-être ce que l'on appelle "s'encanailler" ?

Les enjeux du Brexit, expliqués façon punk :

 

vendredi 17 mars 2017

Entraide entre ennemis

J'entendais dire que M.Poutine mettait ses moyens d'influence au service de Mme Le Pen. Mais Mme Le Pen, comme M.Trump, est nationaliste. Elle rejette la globalisation qui masquerait les dissensions entre peuples, qui ont conduit à bien des guerres. 

Il en est de même avec le gouvernement turc. Il est bon pour lui, apparemment, de susciter l'hostilité européenne. En conséquence, il menace d'agiter ses ressortissants immigrés, de façon à ce que les nationalistes européens s'en émeuvent et que les gouvernements européens soient contraints de préserver l'ordre publique par quelque mesure que l'on puisse interpréter comme hostile...

Il y a alliance entre opposés. Probablement pour défendre une valeur commune : la guerre. Montesquieu disait que le principe de la démocratie était "la vertu". Tant que l'on n'a pas un peu observé la société, cela peut sembler bien théorique...

Lobby

Ce doit être désagréable d'être candidat à la présidentielle. On est interpellé sans cesse par des individus ayant des idées fixes. Cela va de l'énergie propre, à la défense des testicules du porcelet. Mais que se passe-t-il lorsque l'on n'est défendu par aucun lobby ? Le populisme, lobby du sans lobby ? 

Et si le candidat posait aux lobbys les questions qu'on lui pose, et leur demandait des solutions ? Cela nous rendrait peut-être plus responsables et solidaires. Moins de tentation de vendre son âme au diable ? 

jeudi 16 mars 2017

Alep

Avant la prise d'Alep par les troupes de Bachar el Assad, la radio répétait avec force qu'il y aurait un carnage. On n'en entend plus parler. Internet ne dit rien de particulier sur le sujet. Wikipedia s'arrête à la fin du siège. J'ai interrogé des amis libanais, qui vivent à proximité de la frontière syrienne : rien, non plus. 

Soit il y a un drame et la presse ne nous en informe pas. Soit elle a essayé de nous manipuler. Mais, elle croyait peut-être ce qu'elle disait. Cependant que va-t-il se passer si des gens peu recommandables se mettaient à procéder de la sorte ?  A l'heure du "fact checking" un balayage de seuil de porte serait-il nécessaire ? L'erreur est humaine...

Les paradoxes du marxisme

Ce qui est bizarre avec le marxisme est qu'il n'a pas réussi là où il aurait dû. On cite souvent la Russie, qui avait très peu d'ouvriers. Mais, pour moi, le plus curieux est la fonction publique française. Comment la lutte des classes a-t-elle pu s'y implanter au point que beaucoup de présidents de notre secteur public ou para public ont été nommés pour leurs vertus de pacificateur ? Or, dans le secteur public où est le "capital" ? (Et pourquoi ne se pose-t-on pas cette question plus souvent ?)

Deux idées. 
  1. La France a conservé un modèle social d'Ancien Régime. Il n'y a plus de nobles, mais il y a deux classes : une "élite" et des exécutants. La légitimité vient du diplôme, plus de la naissance. Mais, les mêmes causes produisent les mêmes effets ?
  2. Pour coordonner un groupe d'hommes, il faut une doctrine qu'ils partagent. C'est l'enseignement que je tire du rôle de l'Islam dans la création de l'Arabie Saoudite. Dans ces conditions, l'importance de la crédibilité de la doctrine doit être secondaire. Les voies du seigneur, surtout s'il est vengeur, sont impénétrables... 

mercredi 15 mars 2017

Wikipedia

Je compare ce que dit wikipedia en français et en anglais. Souvent, ce n'est pas la même chose. (Sauf lorsqu'un article est tiré d'un autre.) Y compris pour des dates de naissance ! Wikipedia dépend des sources qui sont citées. Et toutes les références ne s'accordent pas. 

On peut reprocher aux rédacteurs de wikipedia de ne pas avoir suffisamment vérifié leurs sources, ou d'avoir voulu influencer le lecteur par le choix de celles-ci. Car wikipedia pêche souvent par omission. On n'y trouve rien, par exemple, sur les déboires récents d'Opel. Plus subtilement, on aura des opinions pour ou contre un homme politique, comme si l'on ne pouvait être que pour ou contre quelque-chose. Wikipedia donne une fausse impression d'impartialité.

Wikipedia est une leçon de relativité du savoir. Quelque chose qui ressemble d'ailleurs plus au principe d'incertitude d'Heisenberg qu'à la très déterministe relativité. Tout peut être faux, rien n'est sûr. Y compris une date de naissance. Mais on n'a pas besoin de certitude absolue pour vivre. Et la vie c'est, peut-être, justement, ce brin de folie. Une folie qui n'est viable que si elle s'accompagne d'un brin d'esprit critique. Notamment à l'endroit de wikipedia. 

Pascal

Que peut nous apporter Pascal ? L'autre jour, Alain Finkielkraut parlait de Pascal. Les Pensées ? Selon moi : C'est loin d'être une succession de traits de lumière. Il y a beaucoup de choses sur l'interprétation de la religion. Cela semble sans grand intérêt aujourd'hui. N'est-ce pas vrai pour tous nos penseurs ? à côté de coups de génie, sans lendemain, il y a beaucoup de contradictions et d'affirmations hasardeuses. Et que dire de leur vie ? Pascal craignait comme la peste les plaisirs, disait l'émission. Cela vous inspire un respect aveugle ?

Et si leur "autorité" venait de leurs failles ? Car s'ils ont échoué, c'est parce qu'ils ont osé penser.  Dans une société fondée sur la raison, ce sont nos troupes avancées ? Comme pour les saints, moins fameux pour leurs miracles que pour leur martyre, leur vie est un exemple ? Un exemple à méditer, mais pas à singer ?

mardi 14 mars 2017

Bergson

Ce qu'il y a de surprenant chez Bergson, c'est la puissance de son raisonnement. Sur l'insaisissable
il bâtit des démonstrations quasi mathématiques. (S'il n'avait pas choisi la philosophie, il aurait probablement été un des grands mathématiciens de son temps.)

Il voit l'évolution comme une lutte entre la matière et l'esprit. Le "progrès" (au sens progression) se fait lorsque l'esprit parvient à 
s'échapper. Ne pas confondre esprit et intelligence. L'intelligence n'est qu'un outil de manipulation de la matière. Bergson cherche donc à aller là où se trouve le rayonnement "divin" (faute d'un meilleur terme), en plus ou moins affaibli. Donc au delà de la raison. Il y a des gens qui y ont accès. Ce sont, par définition, les mystiques. Et comme c'est ce rayonnement, "l'élan vital", qui est aussi amour, qui est à l'origine du "progrès", ce sont ces mystiques qui sont les agents du changement. Ce sont des gens d'action. (Jeanne d'Arc.) Mais, comme ils ne sont peut-être pas assez mystiques, ou assez nombreux, le progrès ne fait que des sauts de puce, et ne parvient pas à être continu. Cependant, chaque mystique laisse une trace de ce qu'il a fait (textes religieux, etc.). Le commun des mortels ne le comprend pas. Mais un nouveau mystique fera renaître cette pensée à partir de sa trace. La religion chrétienne aurait le potentiel d'être une religion "dynamique", c'est-à-dire adaptée au "progrès". (La religion classique, "statique", est le contre-poids à une intelligence fabricatrice, qui, sans cela, fabriquerait un désert.)

Vivre comme un dieu
"L’humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu’elle a faits. Elle ne sait pas assez que son avenir dépend d’elle. A elle de voir d’abord si elle veut continuer à vivre. A elle de se demander ensuite si elle veut vivre seulement, ou fournir en outre l’effort nécessaire pour que s’accomplisse, jusque sur notre planète réfractaire, la fonction essentielle de l’univers, qui est une machine à faire des dieux."
La machine a la capacité de nous asservir, comme aujourd'hui le smartphone, mais aussi de nous libérer. L'humanité, dégagée de préoccupations matérielles, pourrait disposer d'une puissance mystique telle, qu'elle saisirait l'élan vital, et se confondrait avec lui ? (Elle serait amour, donc.) En attendant, Bergson s'est intéressé à tout ce qui était en dehors de la raison, en espérant y trouver "la lueur de l'au-delà". Ce que sa raison avait prouvé à Bergson, c'est qu'être Dieu était possible ? Et il a voulu en faire l'expérience ?

(Il y a un piège dans son oeuvre. Les termes qu'il emploie n'ont pas le sens qu'on leur donne ordinairement. Il les utilise parce qu'il n'a pas mieux pour nommer ce qu'il cherche à modéliser.)

Les deux sources de la morale et de la religion

Voici ce que j'ai compris. Ce qui explique le "progrès", l'histoire de l'univers, ce sont deux forces. Nécessaires, et en conflit. Il y a celle qui pousse le monde à se transformer, à "s'ouvrir", l'élan vital. Et il y a celle qui "ferme", qui maintient la cohérence du monde. Elle s'oppose donc au changement. Si bien que le progrès avance par "big bangs". Soudainement apparaît un tout cohérent. Un écosystème, dirait-on. Il semblerait que l'élan vital se divise, à chaque fois, en des soeurs ennemies. Ce faisant, il s'arrête. Il y a par exemple l'instinct de l'animal d'un côté, et l'intelligence de l'homme de l'autre (Pour Bergson, l'intelligence est un outil, pratique relativement vil). Mais, aussi, pour l'homme, "l'intelligence fabricatrice", et "la religion statique" ou "fabulatrice". La religion est là pour éviter que l'intelligence fabricatrice ne se prenne comme une fin en soi et ne détruise le monde. Mais cet équilibre n'est-il pas dynamique ? Chaque force semble avoir une volonté de connaissance. Si elle rencontre un obstacle, et est mise en déroute, la seconde voie sera empruntée. Elles peuvent, aussi, se rejoindre. Actuellement, il n'y en a que pour le corps. Par le prolongement des machines, il est devenu gigantesque. L'esprit est son parent pauvre, de plus en plus négligé. 

Bergson aimerait éviter cette séparation. Il veut garder l'élan vital en une pièce. Mais, au préalable, il faut en retrouver la trace. Heureusement, comme pour le Big Bang, il en demeure une sorte de "rayonnement fossile". C'est ce qui est au delà de l'intelligence. Il est capté, en partie, par quelques mystiques. Ils sont, au moins parfois, inspirés par lui. En fait, cet élan vital, c'est Dieu (quelle que soit la définition du mot), et l'amour. Il ne produit pas la contemplation mais l'action. Une action qui fait triompher, donc, l'amour. Et, en particulier, abolit les conflits entre hommes. Si nous parvenions un instant à coïncider avec l'élan vital, nous saurions ce que signifie être dieu. Peut-être les machines vont-elles nous le permettre ? Si elles étaient correctement utilisées, elles nous dégageraient des contingences matérielles, et rendraient possible une nouvelle avancée du progrès. 

lundi 13 mars 2017

Le changement rend fou : pourquoi ?

Certaines réformes produisent des mouvements violents, voire suicidaires, d'autres rien. Pourquoi ? Pourquoi la même réforme dans deux pays différents ne suscite pas les mêmes réactions ? Pourquoi cela est-il vrai pour tous les petits changements de notre vie quotidienne : un même changement (déménagement...) peut provoquer des réactions très différentes ? Pourquoi, en un mot, tant d'irrationalité ? 


L'ère de la nuisance

M.Erdogan prépare une élection, un peu incertaine. Alors, il traite les Allemands de Nazis. Voilà qui est bon pour sa côte de popularité. Plus M.Trump multiplie les contre-vérités, plus il confond ses intérêts et ceux de la nation, plus il est populaire, et plus il s'enrichit. Est-ce la nuisance qui donne le succès ? 

Comme la "post truth" n'est que le comportement de la "post modernité", MM.Erdogan et Trump ne résultent pas d'une génération spontanée. Chaque gouvernement européen a trouvé intelligent, jusqu'au Brexit, d'accuser l'Europe de tous les maux. Alors que l'Europe ne faisait que ce que voulaient nos gouvernants, en particulier les Anglais. L'Europe est devenue synonyme de "bouc émissaire". A tel point que MM.Trump et Erdogan tapent sur elle, pour se faire aimer des leurs. Et ce n'est qu'un exemple. Banalité du mal d'Hannah Arendt ? L'enfer est pavé des petites lâchetés des gens bien ?

Mystères du succès

Pourquoi tel produit se vend, alors qu'un meilleur est un flop ? Une étude de cas. Des sociétés vendent des services à un marché de "grands comptes". La décision se joue sur le prix. Aujourd'hui, pour emporter de nouveaux appels d'offres, leurs commerciaux doivent démontrer des "gains de productivité". Un fournisseur, ancien de ce métier, leur présente un logiciel (intelligence artificielle, analyse sémantique, etc.) ayant un prix faible. Il a du succès. Que voit-on ici ?
  • Un décideur, un commercial, qui n'est pas un connaisseur en termes de logiciel.
  • Un décideur qui cherche exclusivement un argumentaire de vente, des mots qui vont plaire au client, et qui n'est pas intéressé par les capacités réelles du produit. (Le client ne semble pas, non plus, être un connaisseur en termes de logiciel.) Pourquoi ? Le décideur est jugé sur sa capacité à vendre. Pas à faire faire une bonne affaire à son employeur. Que le logiciel soit inefficace, à long terme, n'entre pas en considération. 
  • L'importance de la mode ("intelligence artificielle"). En influençant le marché, elle facilite la vente.
  • Le fait que le fournisseur appartient au réseau des décideurs réels, les connaît et sait leur parler. Ce n'est pas le cas du mathématicien sérieux, qui connaît peut-être la vraiment bonne solution.
  • Les bons escrocs croient à ce qu'ils disent, observent les psychologues. C'est probablement le cas ici. (L'escroc n'est pas un escroc.)
On est très loin des théories économiques qui affirment la rationalité parfaite du marché. Le marché a des raisons que la raison ne comprend pas. 

dimanche 12 mars 2017

Vive les autodidactes

Un ami me disait que le directeur du lycée parisien dans lequel avait étudié sa fille, avait accueilli sa classe en lui disant qu'elle était "l'élite de la France républicaine". Et tous ces jeunes ont fait les meilleures études. (Et leurs parents étaient du meilleur monde.) Mais est-ce bon pour votre développement que l'on vous décrète si tôt un génie ? 

Les gens qui m'ont le plus impressionné ont été les autodidactes. Ils m'ont apporté, de très loin, les plus brillantes illustrations pour mes cours, en particulier ceux de stratégie et de marketing. L'autodidacte est complexé. Si bien que quelle que soit la hauteur de la barre que vous lui demandez de sauter, il estime qu'elle doit être basse pour quelqu'un d'autre que lui. Et il croit que rien de ce qu'il fait ne peut avoir de valeur. 

Hegel

La "dialectique" de Hegel, qu'est-ce ? La Révolution a opposé à un Ancien régime obéissant à la coutume, l'utopie d'une société d'individus. Du chaos a surgi une nouvelle société. Apparemment, Hegel pensait qu'il n'y aurait pas de répliques. Vraiment ? Et la crise de 29, aux USA ? Liberté sans contrainte ? Et ses conséquences, en Allemagne, puis pour le monde ? L'après guerre a été un retour à une société encadrée. Mais nous avons déréglementé... En fait, cela ne nous est pas propre : le Yin et le Yang chinois obéissent à la même logique, en atténué.

En fait, on interprète généralement la dite dialectique comme étant un affrontement entre antithèses. Mais n'est-ce pas plutôt une confrontation entre la société et le néant ? Il semble que la société soit prise de crises de folies périodiques.

Mais est-ce aussi simple ? La société d'après guerre n'était peut-être pas folle, mais elle s'est lancée dans un développement non durable. En groupe ou seuls, nous avons perdu le sens de la mesure. Le principe de notre société est la bulle spéculative, dit Dennis Meadows, un des rédacteurs des Limites à la croissance. Mais, spéculer avec la nature, cela ne pardonne pas. Hegel n'avait pas tout vu. 

samedi 11 mars 2017

6ème République

M.Delanoë vote M.Macron. Cela signifie qu'une grosse partie du PS va le suivre. La gauche bobo. Et si M.Macron était bien l'héritier de M.Hollande ? Et si celui-ci avait voulu, effectivement, transformer le PS en un parti centriste ? Donc, le torpiller de l'intérieur. Et à droite ? J'ai eu un curieux sentiment en écoutant M.Fillon. A tort ou à raison, il me semblait parler comme M.Sarkozy. Et si M.Sarkozy avait repris le pouvoir sur les Républicains ? Et s'il les entraînait dans la tombe ? 

Chant du cygne de l'équilibre gauche / droite, construit sur deux partis, à l'américaine ? Que v-a-t-il en résulter ? L'apparition de micro partis ? Le retour à l'instabilité ? Ou, enfin, la France devient responsable, et apprend à faire vivre des coalitions ? 

(Je note que l'Allemagne, pays de coalitions, a des leaders forts : Merkel, Kohl, etc. Etrangement, elle a réalisé le rêve de De Gaulle, sans régime présidentiel.)

L'instrument fait l'homme

Les artistes lyriques classiques chantent parfois de la pop. Cela me semble un peu ridicule. De même, l'oeuvre de Bach est faite pour les instruments qui lui étaient contemporains. Pas pour les nôtres. Idem pour Mozart. Cela signifiait une certaine façon de jouer. Bien sûr, la combinaison de notre technologie et de leurs oeuvres peut donner du nouveau et de l'intéressant. Mais faiblement. Ce sera une curiosité. 

Il ne faut pas les mêmes capacités pour être Calas ou Beatles. Lorsque l'on est un on ne peut pas devenir l'autre. La technologie musicale sélectionne probablement le musicien ou le compositeur. Le génie est fruit du temps et du hasard ?

vendredi 10 mars 2017

Martin Seligman

Martin Seligman est un des plus grands psychologues contemporains. Il a inventé un test qui mesure l'optimisme. Son résultat est corrélé au succès. Les travaux qui l'ont fait connaître portent sur la vente d'assurances. Mais il a aussi étudié le sport et l'école. Ce que sélectionne la compétition, ce n'est pas le talent, mais la capacité à aimer l'adversité. On pourrait en dire de même de la politique.

L'optimisme ? C'est être stimulé par la difficulté. Le pessimisme, c'est l'inverse.  

Initialement, j'ai retrouvé chez Martin Seligman une observation que j'avais faite. Une entreprise qui réussit un changement devient optimiste. C'est spectaculaire. Je donne, maintenant, l'optimisme comme objectif au changement. Mais ce n'est que lorsque j'ai appliqué ses idées à mon cas, que j'en ai compris la portée.

La pratique du pessimisme
Je veux me laver la tête. La bouteille de shampoing que j'ai à portée de main est vide. J'ai jeté la bonne ! C'est Alzheimer. Je m'ébroue, je regarde autour de moi : rien. Plan B : la savonnette ? C'est alors que je me rappelle que, la semaine dernière, j'ai utilisé mon autre salle de bain. La bouteille y est.
Histoire que me racontent des ingénieurs de Dassault. Bug dans la programmation du système de pilotage d'un prototype. Lors d'un essai en vol, l'avion entre en résonance. Mais le pilote ne perd pas son calme. Tout son esprit est concentré sur la recherche d'une solution. Il la trouve.
Le pessimiste invente des explications invraisemblables. Résultat : il se donne des limites qui n'existent pas. Il croit qu'être président de la République, champion olympique, ou, simplement, heureux ce n'est pas pour lui. Mais, surtout, cela touche les  petits riens de la vie : une machine que l'on ne répare pas, ou sa santé qu'on laisse s'étioler. Le pessimiste se racornit. "Cela marchera, ou ça dira pourquoi", répétait ma mère.  L'optimiste, lui, sait qu'il suffit de vouloir pour pouvoir. Et, si l'on en croit Martin Seligman, notre pilote d'essais ne se sent jamais aussi heureux qu'en danger !

Subir le test
Je suis hors des limites du test de Martin Seligman. De très loin. Juste : lorsque je rencontre la moindre difficulté, je perds mes moyens. Avant de lire Martin Seligman, le phénomène était inconscient. Pourquoi ai-je survécu ? Parce que certaines choses semblent évidentes. Mais aussi parce que, lorsque j'oublie que j'ai peur, mon cerveau repart. (Cf. anecdote du shampoing.) Par exemple, il suffisait que je sorte d'une salle d'examen pour qu'il fasse des miracles. Il travaille, d'ailleurs, très bien la nuit. Le matin je déborde d'idées. Et, à chaque fois que j'ai vu de prêt la mort, j'ai retrouvé une parfaite lucidité. Je me souviens même avoir pensé que mes soucis étaient finis. Ouf. Autre curiosité ? Parfois, croire que quelque chose est facile, à tort, me permet de le résoudre aisément. Mais, parfois, si ça résiste un rien, je décide que, vraiment, je suis nul. Bloqué. Encore plus étrange : je suis incapable de lire ce qui m'inquiète. Jadis c'était les énoncés de math, maintenant ce sont les feuilles d'impôts.

Le pessimisme a donc des effets contre-intuitifs et quelques-fois bénéfiques.  Mais il y a plus important : il y a l'espoir. Encore une contradiction. Je doute de moi, absolument, et pourtant je suis confiant en l'avenir. L'espoir est ce qui vous maintient en vie. C'est cela aussi le test de Martin Seligman. 

Soigner la dépression
Bien que timide, j'étais à l'aise à l'oral. Jusqu'à ce que je me mette, pourquoi ?, à douter. Mes peurs m'ont envahi. Le pessimisme est un mal qui ronge l'espoir. S'il réussit : "learned helplessness". Quand vous soumettez un être à des chocs aléatoires, il se convainc que le monde n'a aucun sens. Il se couche, et se laisse périr. Mais, le mal a son traitement. Martin Seligman a montré que l'on pouvait "apprendre" à être optimiste.  Lorsqu'un événement survient, nous l'interprétons inconsciemment, un acte en résulte. S'il est incorrect, échec et dépression. Donc, retraçons la cause de l'action qui a mal tourné, et demandons-nous si nous n'aurions pas pu penser autre-chose, et ce qui en aurait résulté. La réussite provoque une satisfaction. Persévérer permet de se recoder. 

Me suis-je recodé ? Cet exercice est compliqué. Ou je suis trop nul pour le réussir. Mais, ce qui compte n'est pas la méthode, ce sont les leçons qu'elle sous-entend. La première est que les limites du possible sont fixées par notre inconscient. Le possible est à inventer ! La seconde est que, pour le créer, il faut se considérer de l'extérieur. Les psychologues parlent de position "meta". On devient son objet d'observation. Voilà qui change le sens de la vie ! Merci Martin.

Testez votre optimisme : ici.

PSG Monaco

Monaco, Manchester City, 3-2 puis, 3-5. Commentaires France Info : pas de chance. PSG perd 6-1. Commentaire France Info : probabilité nulle de remonter un 4-0. France Info parle à tort et à travers. 

Les matchs se font maintenant avec des scores d'années 50. On marque sans arrêt. On a changé la technique pour améliorer le spectacle. Donc, les statistiques ne veulent rien dire : elles ne correspondent pas aux circonstances actuelles. 

Surtout, ce que ceci illustre est le prochain billet. Les équipes françaises ne sont pas des championnes. Elles ne résistent pas à l'adversité. Monaco rate un penalty, son gardien laisse échapper un ballon. Manchester et Barcelone, pour leur part, sortent le grand jeu lorsqu'elles sont dominées. C'est ça l'optimisme. C'est ça être un champion.

(Depuis que j'écoute France Info, le foot est entré dans ma vie !
PS. Monaco m'a fait mentir : et si, après tout, c'était une équipe optimiste ?) 

La fabrique du génie

Les affrontements entre nations ressemblent au Break dance. Chacune met en avant des champions dont les exploits doivent stupéfier l'adversaire, et le décourager. C'est comme cela qu'ont procédé les Soviétiques et les Américains. C'était à qui aurait le meilleur pianiste, le plus grand joueur d'échec... 

Et c'est l'Occident qui a gagné. Il n'a pas produit en quantité comme les usines à génie russes. Mais il a créé des êtres exceptionnels, comme Glenn Gould ou Bobby Fischer, qui ont stupéfié le monde. Rien de mieux qu'une société individualiste pour produire des exceptions ? Parce que l'exception est une forme d'autisme ?

jeudi 9 mars 2017

Daniel Costantini

Daniel Costantini est un entraîneur qui parle de changement. La domination mondiale de l'équipe de France de Handball, c'est aussi lui. Nous avons fait une conférence ensemble il y a des années. Curieusement les participants ont cru que nous étions des comparses, alors que nous nous étions rencontrés dans le TGV. Car, nos expériences ont beaucoup en commun. Une en particulier. Voici ce dont je me souviens. Il a gagné ses premiers titres en étant un dictateur. A un moment, il se rend compte qu'il doit modifier équipe et tactique. Mais ça ne marche pas. A la suite d'une défaite ridicule. Il montre une vidéo d'une succession d'erreurs grossières à son équipe et lui demande, menaçant : expliquez-vous. Réponse : "je me suis demandé ce que le coach ferait"... Il part furieux. Et revient : qu'est-ce qui ne va pas ? La star de l'équipe se tourne vers les joueurs : je sais ce que vous me reprochez... Tout le monde a déballé ses faiblesses, puis le groupe s'est demandé comment y remédier. Cette expérience a transformé Daniel Costantini. Au lieu d'assaillir son équipe d'ordres, il lui a laissé libre cours, n'intervenant qu'à quelques moments critiques. Et la France s'est remise à gagner. 

Morale ? D'ordinaire, on change d'entraîneur, parce que l'entraîneur est incapable de changer. Car, comme on le voit ici, le changement est un phénomène complexe. Il emprunte un chemin mystérieux pour se faire brutalement ! La raison est, aussi, impuissante dans le changement. Les conseils dont chaque téléspectateur bombarde nos équipes ne servent à rien. Mais, entre le changement par la casse, et la changement par la raison, il y a une troisième voie. C'est jouer sur les mécanismes humains qui font que le groupe se transforme comme un seul homme. C'est en cela, à mon avis, que Daniel Costantini est un champion.

France Culture

Les nouvelles de France Culture me déprimant, j'écoute celles de France Info. J'ai l'impression de changer de monde. On y parle du dernier crime sordide, de sport, de politique, minute par minute. La nature de l'information n'est plus la même. Ce qui m'a fait penser aux USA. Là bas, chaque camp ne consulte que les médias qui pensent comme lui. A quoi cela sert-il de faire du "fact checking" dans ces conditions ?

On se méprend sur la puissance de l'information. Ce qui fait changer l'opinion des gens, ce sont les faits. En particulier leurs conditions de vie. Zweig l'explique bien : lorsque Hitler a essayé de prendre le pouvoir une première fois, il a été chassé par la prospérité. C'est la crise qui l'a élu chancelier. Il est demeuré en place parce qu'il a remis l'économie en ordre, en lançant son pays dans la préparation de la guerre. Idem pour l'Union Soviétique : ce n'est pas la propagande qui l'a abattue, mais l'économie. 

Anthropologie

J'ai longtemps demandé à des étudiants, durant leur stage, de décrypter les règles qui guident le comportement collectif de leur entreprise. Ils comprenaient rarement la question que je leur posais, mais ils réussissaient remarquablement l'exercice ! Vraiment surprenant.

J'ai fait des études supérieures. Mais pas du type de celles qui visent à ce que vous vous exprimiez correctement. Du coup, ce blog peine à extraire quelque chose de compréhensible d'idées confuses. Et je ne suis pas seul. Tout notre système scolaire cherche à réserver la capacité de raisonner à un petit groupe. Dans ces conditions, faute de raison exercée, nous sommes guidés par notre cœur. Et notre cœur a des raisons que la raison ne comprend pas. C'est là qu'intervient l'anthropologie. Son rôle est de comprendre les raisons du cœur. Voilà pourquoi je voulais que mes étudiants découvrent cette science. 

(Les journaux sont d'accord avec moi : ils procèdent dorénavant par interviews, moins par sondages. 


mercredi 8 mars 2017

Droits de la femme

Grande campagne pour les droits de la femme, à la radio. La femme subit une discrimination, est-il dit. Mais comment la radio envisage-t-elle de conduire le changement ? Pour rétablir l'équilibre, va-t-elle décider que désormais l'homme, parce qu'il est homme, ne doit plus être embauché ? Et que faire, là où la femme surclasse l'homme (études supérieures) ? Et que faire, là où il n'y a pas suffisamment de femmes, par exemple, dans les écoles d'ingénieurs ? Recoder la société, avoir recours au génie génétique, pour que les hommes et les femmes aient les mêmes goûts et capacités physiques ? Hermaphrodisme ?

Hannah Arendt a-t-elle tort de dire que croire possible l'impossible s'appelle le totalitarisme ? En fait, le totalitarisme n'est pas tant dans l'objectif, que dans la façon de faire. Regardons, par exemple, ce qui se passe avec la sécurité. Il y a "discrimination" vis-à-vis des lieux les moins sûrs. On leur accorde des surcroîts de policiers. C'est cela mener le changement. C'est d'abord s'assurer que l'on veut bien tous atteindre le même but. Puis, ensuite, c'est se donner les moyens de réussir. 

Valéry Giscard d'Estaing

J'entendais dire que le collège unique a produit l'opposé de ce qui en était attendu. Cela m'a fait penser à "la misère de la petite bourgeoisie" de Bourdieu : le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing avait pour objet de faire du Français un petit propriétaire. Du coup nos concitoyens s'étaient trouvés dans des cages à lapin, et couverts de dettes. Il les avait transformés en forçats !

Valéry Giscard d'Estaing avait-il un plan machiavélique ? Ce que j'ai trouvé sur lui ne semble pas le prouver. Il paraît avoir voulu mettre la France à la page. Ce qui est surprenant, lorsque l'on considère l'image de grand seigneur d'un autre siècle que l'on a souvent de lui. Il a été probablement le plus grand réformateur de la 5ème République. Quant au collège unique, il dit avoir voulu donner au Français quelque chose qu'il désirait ardemment. Seulement, il a été trahi par la mise en oeuvre de la mesure. Car il voulait un enseignement de haut niveau.

Il oublie surtout que si le Français désirait que ses enfants fassent des études, ce n'était pas pour elles-mêmes, mais pour leurs débouchés. Or, le collège unique, puis l'enseignement supérieur pour tous, ne pouvaient que produire un excès d'offre pour certains postes et une insuffisance pour d'autres. C'était la certitude du chômage, et du déclassement.

Aucun changement n'est définitivement raté. Cependant, il serait tout de même bien que nos gouvernants envisagent de temps à autres les conséquences de leurs actes. Et mettent en place un processus de "mise en oeuvre du changement", du type de celui utilisé pour l'euro.

Pourquoi émigrer ?

Un ami libanais ne comprend pas pourquoi le Français est aussi frileux et défensif. C'est vrai, pendant longtemps personne n'a hésité à émigrer pour trouver mieux ailleurs. Pourquoi n'est-ce plus le cas ? 

Pourquoi cet ami est-il venu en France ? Parce que, pour lui, la France était un éden d'ordre et de progrès. Parce que son pays était un chaos. Parce qu'il avait la possibilité d'être diplômé de nos grandes écoles, et qu'il pensait qu'elles sélectionnaient l'élite mondiale. Pourquoi mes voisins sont-ils venus d'Espagne ? Parce qu'en 1960, quelques années d'un salaire d'ouvrier achetaient un appartement chez eux. J'ai rencontré à Cambridge un Sud Africain de seconde génération, pourquoi ses parents avaient-ils émigré ? Parce qu'ils avaient le choix entre le chômage en Angleterre et la prospérité en Afrique du Sud. Et ils avaient réussi : ils payaient des études à leurs enfants dans les universités d'élite de leur pays d'origine. 

Comme l'avait prévu Elisée Reclus, il y a uniformisation du monde. Ce qui change les raisons que nous avons d'émigrer.

mardi 7 mars 2017

Opel

Que PSA acquiert Opel est un pied de nez à l'histoire. A la fin des années 20, GM aurait pu acheter Citroën. Mais la cigale française faisait très pâle figure en comparaison de la fourmi germanique, Opel. Et l'achat d'Opel a été probablement une très bonne opération. Opel a été fort rentable. D'ailleurs, fidèle à la stratégie d'Alfred Sloan, Opel a gardé une grande liberté, et a été une entreprise allemande. 

Pourquoi, Opel, longtemps le plus gros constructeur allemand, a-t-il sombré ? Conséquence imprévue de la politique de GM : la marque occupait une niche (l'Europe) et n'a pas pu suivre les autres constructeurs allemands dans leur expansion mondiale ? Opel a été dirigé par des patrons américains : pas bon pour une entreprise allemande, surtout automobile ? Effectivement, il semble qu'Opel ait été victime de ce que le management a fait de pire, ces dernières décennies.

Et maintenant ? 
A l'époque où je lisais The Economist, il y était dit qu'il y avait un constructeur de trop. Opel serait en forte surcapacité. Les synergies avec PSA devraient aider. Mais le danger est qu'Opel ait perdu tout son savoir-faire. C'est ce que produit un management financier. Et cela peut être fatal à un acquéreur, surtout s'il a la fragilité de PSA. Après tout, Opel est en pertes depuis 16 ans ! Peut-être que PSA a quelques atouts, cependant. Des collaborations qu'il a établies avec Opel pourraient réussir. En tout cas, cela semble un pari. Mais cela valait peut-être mieux que de ne rien faire. Et si Opel peut effectivement se transformer, c'était le bon moment de l'acheter : elle ne vaut pas grand chose. 

Si PSA passe la tempête, il me semble que sa stratégie doit être de faire d'Opel une marque allemande. On ne construit pas les voitures de la même façon en Allemagne qu'en France. Et cela se voit. (Une impression, forte, que j'ai tirée de mes missions dans l'automobile, et, surtout !, de mes rencontres avec des ingénieurs allemands.) Comment souvent, l'idéal serait un mélange de cultures. De la rigueur allemande dans la conception et la production française, et de l'astuce française pour réduire les coûts de la rigueur allemande. (Une Allemande pas trop chère, ou une Française rigoureuse, cela ferait mal !) Difficile à réussir. Renault a échoué, me semble-t-il...

Le bateau coule avec le capitaine

Je le croyais président d'une multinationale. Mais il paraît que M.Sarkozy tire les ficelles du parti républicain. Cela m'a rappelé un acte manqué que tout consultant rencontre souvent. Celui de l'entrepreneur qui ne peut supporter que son entreprise passe entre d'autres mains. Et qui l'emporte dans la tombe. (On dit qu'il en a été de même de Louis XIV.)

En écoutant M.Fillon, dimanche, je me suis demandé s'il n'implorait pas son parti de l'achever. Il est croyant, il ne peut pas se suicider ? Maintenant, que va-t-être son avenir ? Un calvaire ? Il se disait homme d'honneur, il ne tient pas parole. Triste retraite que la sienne, s'il perd et qu'il doive vivre longtemps avec le souvenir du spectacle qu'il nous a donné. Ses partisans le lâchent. D'ailleurs qui sont-ils ? J'ai découvert (mais est-ce significatif ?) que des déçus du FN étaient de chauds supporters. Surtout, il a assassiné M.Sarkozy. Or, il en est maintenant la marionnette. D'où mon introduction. Car, si ce que l'on dit est juste, les Républicains risquent de connaître une Bérézina. Le parti peut-il y survivre ? 

Héritage

Je lis la bibliothèque de mes parents. Et j'y découvre que le monde d'après guerre n'était pas celui que l'on nous raconte. Et si le roman valait mieux que l'étude sociologique pour connaître une époque ?

Laisser une bibliothèque, aussi modeste soit elle, serait-il le plus beau des héritages ? C'est laisser une trace de son temps, et des questions que l'on s'est posées. 

lundi 6 mars 2017

Maître de l'univers

Pourquoi s'intéresser à l'anthropologie ? Pour être maître de l'univers ! Les comportements collectifs sont guidés par des règles inconscientes. L'objet de l'anthropologie est de les étudier. Comprendre ces règles permet donc de faire bouger une population comme un seul homme. C'est ce qu'a fait Parmentier. Car, l'anthropologie c'est facile.

Trois minutes pour s'en convaincre :


Le Pen grince

Mme Le Pen aurait une faille, ai-je entendu dire. Elle parait sympathique et pacifique. Mais lorsqu'on l'attaque, elle perd le sens de la mesure. Elle peut alors inquiéter son électorat. 

Du scandale comme pierre de touche ?

Contrainte parentale

Une amie est inquiète que sa fille ne trouve pas de stage. Cette dernière répond à sa mère qu'il lui reste encore du temps, d'arrêter de la harceler. 

Cela m'a rappelé mon propre cas. J'avais rempli un dossier pour être scientifique du contingent. Mais ma mère avait voulu que je sois "pistonné". Comme beaucoup de mères, elle était un as du changement. Elle avait remarqué qu'un de ses collègues, hiérarchiquement modeste par ailleurs, avait une épouse au ministère de la défense. Et la dite épouse m'a mis en contact avec les personnes qui attribuaient les places de scientifiques. Pas besoin d'être un ponte pour avoir du piston. Entre petites gens, on s'entraide. Je me suis rendu au rendez-vous, parce qu'avec ma mère toute résistance était vaine. On m'a proposé un grand nombre d'offres. Cela allait, si mes souvenirs sont bons, d'un travail sur la résolution par ordinateur d'équations de mécanique quantique, à Normale Sup, au poste de chauffeur du général Audran. (Il fut victime d'un attentat, quelques temps après.) J'ai expliqué, en toute bonne foi, qu'il fallait un normalien à Normale Sup et qu'avec moi au volant, le général risquait sa vie. Et je suis parti sans rien. Mon dossier a abouti. J'ai fait un service à Bourges, dans un bureau d'études de l'armement. On ne m'y attendait pas. Si bien que j'ai passé un an à écrire un programme que j'aurais pu achever en une semaine. Quant à sortir... A dix-huit heures le couvre-feu s'abat sur Bourges. Aurais-je moins perdu mon temps avec la mécanique quantique ? J'ai joué les anthropologues dans un monde que l'on a peu l'occasion de côtoyer. Et je me suis fait des amis.

Bref, on ne fait pas le bonheur de ses enfants contre leur volonté. 

dimanche 5 mars 2017

Guillaume Libri

Au détour d'un article sur Prosper Mérimée, je découvre Guillaume Libri

C'était un comte italien, installé en France, et qui s'est fait remarquer par ses talents en mathématiques. Mais qui, surtout, a volé beaucoup de livres précieux à des bibliothèques françaises. Il devait avoir un pouvoir de séduction colossal. En effet, il s'est arrêté tôt de travailler les mathématiques, mais il a été élu au Collège de France contre Cauchy ! Et lorsque l'on a découvert son escroquerie, Mérimée s'est si violemment indigné que son ami puisse être soupçonné, qu'il a été condamné à la prison, alors que Libri partait vendre son butin, pour une somme fantastique, à la perfide Albion. Notre pays y a perdu quelques trésors. 

Eternel charme de l'escroc italien ? 

Linkedin ou le changement

Mais où est mon groupe ? Je suis animateur d'un groupe de linkedin. L'autre jour, je voulais vérifier quelque-chose. Panique : l'interface de linkedin a changé ! Plus de groupe. Je regarde toutes les icônes : rien. Et c'était juste avant de partir à un rendez-vous... C'est à devenir fou !

Je consulte Internet à la recherche d'un article qui parle de mon problème. Je trouve, il me dit que je n'avais pas bien regardé. Ouf. Même chose pour les articles. Pour une fois que je voulais en écrire un, je ne vois plus la fonction. Un ami me dit : persévère. Cela a suffit pour que je réussisse. J'avais l'indication sous les yeux. Et maintenant, je juge la nouvelle version de linkedin très bien. Elle a été débarrassée de tout un tas de statistiques auxquelles je ne comprenais rien. Et qui me déprimaient quand j'y comprenais quelque-chose : quand je n'étais pas de moins en moins vu, c'est parce que mon audience passait de zéro à un. 

Grand enseignement sur le changement, en fait ! Quand on n'est pas préparé, il fait peur. Tellement, que l'on perd ses moyens : on ne voit pas l'information que l'on a sous les yeux. Probablement parce que nous ne sommes que réflexes. Notre intellect fonctionne à l'économie. Mais il suffit d'une présence amicale pour que cesse le cauchemar. Alors, il est étonnant à quelle vitesse on s'habitue à ce qui est neuf. 

samedi 4 mars 2017

6ème République

On disait M.Macron élu. Mais M.Juppé pourrait revenir. Nouveau scénario imprévu : deux candidats du centre ! Deux fois M.Bayrou. Tout semble possible : Mme Le Pen pourrait ne plus être au second tour. Peut-elle gagner la présidentielle ? Comme l'ont montré le Brexit et l'élection américaine, qui peut dire qu'il connaît ses concitoyens ? Certainement pas les sondeurs. 

Il y a mieux. La droite pourrait faire reporter l'élection présidentielle. Alors, les députés seraient élus avant le président. Cela ne pèserait-il pas sur l'élection présidentielle, ensuite ? Non seulement l'électeur tendrait à faire un choix cohérent, mais les députés, s'ils parviennent à s'organiser en groupes unis, pourraient combiner leurs forces. Ne rentrerions-nous pas dans une forme de régime parlementaire

M.Fillon organise un plébiscite

Le comportement de M.FIllon expliqué ? Il copierait celui du général de Gaulle. Dimanche, il en appelle au peuple, comme l'a fait de Gaulle, en mai 68. (France Info)

Si la manifestation est gigantesque, il aura démontré qu'il avait un soutien fort, et qu'il pouvait se passer des hommes politiques. Ce qui paraît très rationnel, finalement. En effet, qui connaît vraiment ce que pensent les Français ? Aujourd'hui on l'estime par sondage. Mais qui peut se fier aux sondages ? Si M.Fillon rassemble du monde, il aura prouvé la justesse de sa cause. Si ce n'est pas le cas, il pourra démissionner le coeur léger, en laissant à son camp la possibilité de gagner. 

Si j'ai vu juste, il aura prouvé qu'il était capable de faire relativement vite, dans des circonstances confuses, des choix intelligents. 

François Mauriac

François Mauriac et Pierre-Henri Simon. Vus de maintenant, ce sont des champions de la France catholique d'avant et après guerre. Or, leur oeuvre cherche à concilier les aspirations au bonheur terrestre et leur foi.

Je me demande si c'est possible. Et si l'hypocrisie dont parle l'oeuvre de Mauriac n'avait pas été un moindre mal ? L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu, disait La Rochefoucauld. Hypocrite ou saint, un système ne laisse pas d'autres choix ? Mauriac a fait entrer le ver dans le fruit ?

vendredi 3 mars 2017

Qui a trahi François Fillon ?

Qui est derrière les tracas de M.Fillon ? La presse ne le sait pas. La réponse dépend du type de documents qui incriminent M.Fillon : dans certains cas, seul le ministère des finances pouvait y avoir accès. (Mais il y a beaucoup de monde au ministère.) A défaut, elle se demande : à qui profite le crime ? 

Bonne question ? Mais que pèse l'intérêt par rapport au désir de vengeance ? Dans une négociation conflictuelle, celui qui gagne est celui qui est prêt à mourrir. Pour vivre, un comportement suicidaire est un atout. La vengeance, c'est le bras de la justice. Et, justement, j'entendais que si M.Fillon n'avait pas été abandonné par les sarkozystes, c'est par indécision : M.Sarkozy ne veut pas de M.Juppé. Mais il n'a pas d'autre solution. 

Cela prouve-t-il l'innocence de M.Sarkozy dans l'affaire ? La vengeance est irrationnelle. 

Socrate

Résumé d'une introduction à l'existentialisme. Il y est dit, notamment, que Socrate est le premier existentialiste. Ce qui me frappe, depuis toujours, chez lui c'est la différence entre ses élèves. Je ne pense pas que Socrate ait été tel que Platon le décrit. Pour moi, son but était de faire que chaque homme qu'il croisait trouve ce en quoi il croyait, et soit honnête avec lui-même. Eh bien c'est cela l'existentialisme. Découvrir ce en quoi l'on croit, et y être fidèle. 

Hannah Arendt explique que Socrate pensait que la santé d'une société était d'autant meilleure que des points de vus différents s'y affrontaient. Rien de plus important, donc, que ses citoyens trouvent leur originalité, leur être. Mais comment une société peut-elle résister au conflit ? Par le lien supérieur de l'amitié.

Là, il a connu un raté. Il lui a coûté la vie. Le résumé précise, effectivement, que les existentialistes ne sont pas à l'aise avec la notion de société.

Aide des parents

Tous les conseils de mes parents ont été mauvais, me disait un ami. Surprenant. Les parents ne veulent-ils pas le bien de leurs enfants ?

Cela m'a fait penser à Boris Cyrulnik. Pour devenir homme, il faut explorer le monde pour apprendre à y vivre. Pour cela on a besoin d'une "base de sécurité". Comme dans la théorie de "la relation d'aide" d'Edgar Schein, cette base de sécurité nous apporte les conditions nécessaires à la résolution des problèmes que nous rencontrons. Ce qui ne peut marcher que si elle cherche à nous donner les moyens de s'affranchir d'elle. Or, les parents ont généralement le projet inverse. C'est peut-être ce qui fait qu'on les quitte. 

jeudi 2 mars 2017

Pourquoi l'intelligence artificielle ?

"J'ai monté le département Intelligence Artificielle d'une des principales SSII, dans les années 80. On m'a dit que si j'étais capable de vendre ce que personne n'arrivait à comprendre, je devais être un sacré vendeur. C'est comme cela qu'a démarré ma carrière commerciale." Voilà, en substance, ce que me disait, la semaine dernière, un universitaire devenu dirigeant puis business angel. 

Comment se fait-il que l'intelligence artificielle, qui fut une désillusion monstre des années 80, revienne aujourd'hui ? 

Le fonds d'investissement permet à des entreprises qui ne sont pas viables de durer très longtemps. Car le fonds revend au fonds. De ce fait, de vente en vente, la valeur de l'entreprise augmente. A la fin, soit le fonds trouve un repreneur crédule, soit il fait faillite. Mais, même dans ce cas, les associés du fonds auront fait une belle affaire. En effet, un fonds dure de l'ordre de 5 ans, généralement un peu plus. Il touche 3% des fonds levés et 20% des plus-values réalisées. Certains valent plusieurs milliards d'euros. Il y a au moins trois reventes. Donc, pendant 15 à 20 ans, les associés du fonds vont très bien gagner leur vie. De quoi envisager avec sérénité une longue retraite. Pourquoi les fonds de pension leur donnent-ils de l'argent ? Parce que, pour pouvoir verser les retraites promises, ceux-ci doivent investir dans des placements qui rapportent énormément (typiquement de l'ordre de 8 à 10%). Or, en dehors des fonds d'investissement, il n'y a rien.

Et l'intelligence artificielle ? Ces fonds ont besoin, évidemment, de repartir de temps en temps de zéro, d'acheter des entreprises peu valorisées : d''où création de nouvelles modes. Il faut alors une histoire que tout le monde, la presse en particulier, soit prêt à embrasser. Le retour régulier des mêmes idées montre que le public a une mémoire courte. Une idée peut revenir tous les dix ou quinze ans. 

Faut-il en rire ? Premier problème : destruction de valeur. L'économie réelle est privée d'argent. Second problème : que se passera-t-il, pour le monde, quand les fonds de pension feront faillite ? Alors, il ne nous reste que l'humour, politesse du désespoir ? Non, car on peut agir. Il est encore temps de détourner l'argent des retraites vers des investissements utiles et rentables

Dignité

Le signal de l'hallali pour M.Fillon ? Un de ses soutiens partant chez M.Macron. Je lisais ceci ce matin. 

Le cas de M.Fillon est désespéré. Sentiment général. Mais, qu'il s'accroche se comprend. Il semble que l'attaque ait été préméditée. C'est injuste. Mais la vie est injuste. J'entendais parler d'une campagne de défense de l'enfant, par exemple. Il semblerait qu'il soit victime de violences. Est-ce juste ? N'est-il pas innocent, par définition ? En comparaison, les malheurs de M.Fillon sont-ils si grands ? D'ailleurs, qu'est-ce qui apporte la plus grande satisfaction : être président, ou être à la hauteur des événements ? Au moins, s'il avait promptement démissionné, on aurait pu s'apitoyer sur son cas. Mais maintenant ? N'aurait-il pas été bien qu'il puisse dire, comme un autre François, "tout est perdu fors l'honneur" ? 

La science

Marx et Proudhon pensaient avoir fait oeuvre scientifique. Ils avaient trouvé la solution aux maux du monde et il n'y avait plus qu'à la mettre en ouvre. Leur vie fut un combat contre l'obscurantisme.

Kant aurait probablement dit qu'ils étaient victimes des illusions de la "raison pure". Croire qu'il existe des lois naturelles que l'homme peut percer par son entendement. La science n'est pas déterministe. Elle ne peut pas dire ce qu'il faut faire, mais donner des indications, généralement de ce qu'il ne faut pas faire. Et, surtout, la science est un travail collectif. Une idée centrale, d'ailleurs, dans les travaux de Marx et Proudhon, est le pouvoir du collectif. Ce qui confirme bien l'irrationalité de l'individu.