jeudi 27 avril 2017

Les influences de M.Macron

Qui a été invité à La Rotonde, par M.Macron ? "Les invités étaient symboliques : le héros de la gauche verte, Daniel Cohn-Bendit, le mentor politique de M.Macron et l'ancien conseiller du président Mitterand, Jacques Attali, des acteurs et des personnalités du spectacle dont François Berléand et Stéphane Bern, l'écrivain Erik Orsenna, l'architecte Roland Castro and l'actrice Line Renaud."

Ces gens sont-ils admirés par les Français ? On dit que ce qui fait l'attrait de M.Macron est sa nouveauté. L'ancien est compromis. M.Macron l'a-t-il compris ? Refait-il le coup de M.Sarkozy, son yacht et le Fouquet's ? Le coup de l'homme qui croit qu'il a été élu parce qu'il porte les aspirations du pays ? 


In quiétude

M. Macron victime du syndrome Sarkozy / Hollande ? MM. Sarkozy et Hollande ont perdu leur pouvoir quasi instantanément : leur comportement a immédiatement montré qu'ils ne comprenaient pas ce que ressentait la population. 

Pour M.Macron, la situation pourrait être pire. Si cette faiblesse se révèle entre les deux tours, ses multiples oppositions vont se réveiller et le mettre, dès les législatives, en situation de canard boiteux. Président impotent. Mme Le Pen voudra-t-elle encore du pays après un tel gouvernement ? Tout peut se jouer en peu de temps. Il va falloir du génie pour ce tirer d'un tel piège.

(Ce qui explique peut-être pourquoi M.Macron a suspendu un jour sa campagne, lundi : pour réfléchir ?)

Première Macron

Ce qui m'a toujours surpris, c'est à quel point les Anglais nous haïssaient. Il suffit de lire The Economist, ou d'écouter les émissions amusantes de la BBC pour en être frappé. Il y a peu de pays qui nous aiment. A quoi cela est-il dû ? La France n'a jamais été qu'une grande puissance sans lendemain, mais elle a toujours manifesté un complexe de supériorité ridicule ? Si M.Macron devient président, la France sera dans une position inédite. Pour la première fois, peut-être depuis Louis XIV, elle ne manifestera pas bruyamment, au moins extérieurement, son exception.

Une situation durable ? Si c'est pour manipuler le système mondial de l'intérieur, peut-être. Si c'est une reddition sans conditions, probablement pas. 

mercredi 26 avril 2017

Sociologie de l'électorat

Etude de l'IPSOS, que je caricature... Qui a voté pour qui ?
  • Mme Le Pen : ceux qui perçoivent un "déclin". Les "perdants" du changement ? 
  • M.Macron : "les optimistes". Les gagnants du changement ? 
  • M.Mélenchon : l'électorat de gauche. 
  • M.Fillon : les vieux. 
Si l'on s'en tient à cette analyse expéditive, M.Macron doit prendre garde à l'erreur que beaucoup ont commise ces derniers temps, à commencer par Mme Clinton, et les oligarques russes : dire aux "perdants" qu'ils ont mérité leur sort, parce qu'ils refusent le "progrès". En effet, le "progrès" tendant à faire de plus en plus de victimes, ceux qui veulent l'arrêter sont de plus en plus nombreux. 

Vote et revenus

Mme Le Pen et M. Mélenchon reçoivent quasiment 55% des votes des électeurs gagnant moins de 2000€ par mois... (graphique ci-dessous vient d'ici, tiré d'une étude de l'IPSOS).


La situation n'est pas la même qu'aux USA où M.Trump a pu récupérer l'appui d'un des deux partis de gouvernement. (Ce qui, en même temps, ne permet pas de qualifier son gouvernement de "populiste".) Mais ce graphique montre probablement l'ampleur du malaise national. Et aussi que le triomphalisme que M.Macron a manifesté à l'annonce des résultats du premier tour est extraordinairement dangereux. Il va devoir très rapidement comprendre les problèmes perçus par la population, et comment y remédier autrement que par des mesures idéologiques. En attendant, il serait compréhensible que l'électorat manifeste son mécontentement par une très large abstention. 

Banlieusards

Dans une des galeries de la gare Saint Lazare, il y a de grandes photos en noir et blanc de voyageurs, souvent sortant d'un train. Ils ne sont pas gais, ces gens. Le noir et blanc n'arrange rien.

Il me semble qu'ils ont beau être de toutes les origines et de tous les âges, ils ont des choses en commun. Et ce ne sont plus les Français d'antan. La confiance en soi et en l'avenir est partie. Ils sont inquiets. Ils sont habillés "pratique", léger, ils portent souvent des sacs à dos et des chaussures de sport, par exemple, comme s'ils devaient courir, ou rencontrer des événements imprévus.

J'ai constaté que "l'in quiétude" était la condition qui fait réussir le changement. Serions-nous prêts à l'affronter ?

mardi 25 avril 2017

Banlieue

Je me suis installé en banlieue à la suite d'une série de hasards. A cette occasion j'ai découvert que, sans m'en rendre compte, je n'avais jamais été heureux à Paris. Je pensais donc être original. Pas du tout, il y a actuellement une migration vers la banlieue. D'où nouvelle spéculation immobilière. On y tronçonne le terrain, pour y faire entrer des maisons. Et on s'y endette ferme. 

L'élite intellectuelle s'est gaussée de l'amour de nos pères pour la maison. Ce qui avait fait qu'ils avaient passé des vies à rembourser des emprunts. Eh bien, les nouvelles générations leur ressemblent. Peut-être pensent-elles que le sain épanouissement d'une famille demande une maison, même modeste ?

Nuit électorale

Un vainqueur de la campagne aura été le bluff : que les sondages se trompent était devenu une quasi certitude.

La démonstration de la prévisibilité du vote était d'ailleurs dans les quartiers généraux des partis, tels qu'ils apparaissaient à la télévision. L'homogénéité des partisans de MM.Mélanchon et Macron, ou de Mme Le Pen, était confondante.

Ce qui semble se dessiner pour les prochaines années, à entendre les discours des uns et des autres, cela semble être un combat entre ceux qui veulent rassembler, et ceux qui vont utiliser leur pouvoir de nuisance pour faire triompher leurs idées, coûte que coûte.

lundi 24 avril 2017

Aborder un changement

Les Montréalais déménagent chaque année, nous quasiment pas. Le déménagement est compliqué pour nous, pas pour eux. L'homme croit être libre, et n'en faire qu'à sa tête, mais il répète toujours les mêmes gestes. Quand ce n'est pas le cas, on parle de "changement". C'est alors que les problèmes commencent.

Il y a un moyen auquel on ne pense jamais d'éviter ces désagréments. C'est la préparation du changement. Et elle se fait par une "analyse de risques" ou de "complexité". Un problème bien posé...

Pour en savoir un peu plus :


Conditionnement bagnole

Un ami me disait que ses enfants n'avaient pas le permis de conduire. La bagnole a été un bien culturel, c'est fini. 

Pour la génération de mon père la voiture a été beaucoup. C'était la merveille du progrès, d'abord. Surtout lorsque l'on était pauvre. (Mon père a appris à conduire avec un ami garagiste, et  n'a longtemps possédé que des occasions proches de l'épave. Dans mon enfance, on n'était jamais sûr de finir un voyage.) C'était aussi l'affirmation de son statut d'adulte. Comme l'adoubement du chevalier. L'homme de cette époque semblait né avec des roues. Je me souviens de collègues, plus âgés que moi, qui faisaient chaque jour le trajet Grenoble Lyon et retour, et qui parcouraient la France en tous sens, toujours dans leur voiture. Je me souviens, installé dans un café du 16ème, y avoir vu s'arrêter les voitures des gens du quartier, qui venaient chercher leurs cigarettes... 

Si la voiture devient autonome, le progrès aura tué les joies du progrès. 

Tous surhommes !

Les expériences sur l'animal révèlent des capacités immenses. Paul Watzlawick observe que c'est l'homme qui a permis à l'animal de révéler son potentiel. Or, il n'y a rien au dessus de l'homme, qui le force à se transformer, conclut-il. Dommage ?

Et si cet être existait ? Et si c'était la société ? La société nous fait connaître les crises, les guerres, l'innovation..., la "disruption" en un mot (ou, plus littérairement, la "destruction créatrice"). Elles nous forcent à nous surpasser. A devenir des surhommes. Voilà ce qui aurait surpris Nietzsche ?

(Et tout cas, c'est le contraire de ce qui fait le fondement de mon métier, et de mes livres : en jouant sur les règles sociales, on réussit le changement, sans "bouleverser" l'homme...)

dimanche 23 avril 2017

Anarchie

Qu'est-ce que l'anarchie ? Ni dieu, ni maître. En particulier, pas d'Etat. Ce qui pose un problème technique. Hobbes et Rousseau pensent que, sans Etat, il n'y a pas de paix. L'état de nature c'est la guerre. Et les anthropologues semblent confirmer cette vision des choses. Les tribus "primitives" semblent surtout chercher à s'éviter. Mais quand elles se rencontrent, elles en arrivent vite aux mains. 

Cependant, il y a peut-être une solution. C'est le "communisme". Au sens ou ce qui est "au dessus de nous", nous appartient. C'est la logique de la "République", la chose publique. C'est aussi la logique de l'économie sociale. Beaucoup de communautés vivent ainsi. Dans notre cas, le dispositif n'est pas au point. Il suppose encore une division des tâches entre un gouvernant et des gouvernés. Et le premier tend à prendre les seconds pour des idiots. Ce qui leur donne des envies de bombe. 

Dieu

Bergson semble avoir voulu participer de la nature divine. Peut-on trouver dans ses travaux, un moyen pratique d'être Dieu, au moins un instant ? 

Bergson dit que c'est une question pour mystique, pas hommes de raison. C'est aussi une question "d'élan vital". Cela semble inaccessible. Mais il dit aussi que c'est une question de générosité et d'action. Celui qui est pénétré de l'élan vital agit naturellement bien. (En particulier, ce n'est pas un ascète qui vit de méditation.) Et si c'était tout simplement cela avoir un moment de félicité divine ? Confronté à l'entêtement stupide d'un morveux, avoir la générosité de ne pas lui donner de tournioles, mais percevoir la beauté que cache son irrationalité, et avoir l'inspiration de l'acte qui va faire de l'insupportable diablotin un ange ? Surhumain, effectivement. 

samedi 22 avril 2017

Désunion

L'enjeu des élections ? Le "syndrome chinois", comme dans le film du même nom. Une dislocation de la France, qui expédie l'Europe par le fond, et qui ébranle le monde. 

On pense souvent aux Trente glorieuses comme à une période d'expansion. Mais, cette période n'a pas été sans crises. Seulement, le souci des gouvernants était la cohésion sociale. En particulier, leur obsession était le plein emploi. C'est cela qui a changé. Avec l'oubli des raisons de la guerre, le principe de notre société est redevenu le conflit. Parfois du fait d'un simple intérêt égoïste, mais souvent par volonté d'éradication du "mal".

De Gaulle représentait "la France". Si elle avait dû procéder à un règlement de comptes, jamais elle n'aurait pu se relever de la guerre. Y a-t-il un de Gaulle dans la salle ? Emmanuel Macron ? Mais, de ses idées à sa profession (financier), en passant par son parcours (le grand commis de l'Etat devenu oligarque), il est une inconcevable combinaison des facteurs de dislocation. Qui aura le dessus : le ramage ou le plumage ?

Faut-il désespérer ? Il arrive que le peuple soit plus sage que son élite. Un miracle est possible.

(On me répondra que de Gaulle était un Macron. C'était un général = un professionnel du conflit. Et on l'a porté au pouvoir, en 58, pour éviter un coup d'Etat de l'armée... En effet, pour signer une paix, il faut être un militaire victorieux, pas un pacifiste. Décidément, voter est un acte de foi.)

Le savant et le politique

M.Trump illustre la thèse du Savant et du politique de Max Weber. L'homme politique, le vrai, ne pense pas, il est son message. Ainsi il est capable de réagir immédiatement à l'aléa. Et il est imprévisible. Donc non manipulable. 

Quant au savant, sa formation le rend incapable de prendre une décision. D'ailleurs, elle en a probablement fait un esclave du système. Mais, sa science lui permet de savoir si le politique se trompe, ou de l'aider dans son projet. 

Notre société est probablement mal montée. Le savant ne doit pas avoir le pouvoir. Il ne peut qu'être un "grand commis", ou une conscience. 

Vendeur

Beethoven, Chopin et quelques autres génies de la musique ont vécu des cours qu'ils donnaient, ou de postes qu'ils devaient à des gens qui étaient, infiniment, moins compétents qu'eux. C'est le paradoxe de la relation client / fournisseur ! C'est le client qui choisit, mais c'est le fournisseur qui sait. 

Cela explique peut-être quelque chose de surprenant. J'ai noté que beaucoup d'artisans semblent avoir été formés aux travaux des psychologues de l'influence. Erreur. C'est le contraire. Je me suis souvenu que ces travaux ont été tirés de l'observation des commerciaux. Morale : il est probable que le manipulateur est plus convaincant que la personne compétente !

(Si nos génies de la musique ont réussi à survivre, c'est, probablement, parce que leurs clients pouvaient reconnaître leur talent. Chez les nobles, la culture était enseignée tôt, en particulier au futur roi. Cela explique peut-être pourquoi les parvenus ne transmettaient pas leur métier à leurs enfants, mais voulaient qu'ils aient la meilleure éducation. Cela a été vrai aux USA. Le riche donnait un mari européen à sa fille. L'inculture n'y est une vertu que depuis peu.)

vendredi 21 avril 2017

Ecole

Un père me racontait les malheurs de sa fille. Un professeur lui avait dit qu'elle n'aurait pas le Bac, donc qu'elle devait prendre une voie de garage. Il soupçonnait que le professeur n'avait d'autre objectif que ses statistiques de réussite au Bac. D'ailleurs, s'il avait pu se montrer aussi cassant et méprisant avec le père n'était-ce pas parce que celui-ci n'était visiblement pas très éduqué ? Alors ce dernier avait fait appel à un étudiant pour aider sa fille. Et, les quelques méthodes qu'il lui a apportées, ont produit des améliorations notables. Il a jugé l'enseignement du lycée déplorable, par ailleurs. Mais le père était toujours inquiet pour sa fille. Ce qui m'a serré le coeur. Il ne fait pas bon être faible dans notre société, me suis-je dit. 

Mais, se demandait aussi le père, ma fille travaille-t-elle vraiment ? Fait-elle semblant ?

J'entendais France Culture parler d'inégalités. Le système éducatif dont nous étions si fiers s'est mis à produire une ségrégation vue nulle part ailleurs. Je me demande si mon histoire n'explique pas beaucoup de choses. D'une part, nous avons un corps enseignant débordant de nobles principes, mais qui ne sait qu'éliminer, et pas aider, et encore moins enseigner. Mais aussi nous avons des enfants qui ont été rendus rebelles à l'apprentissage par une combinaison d'éducation fautive et de distractions, numériques ou non. Tout est perdu, fors l'espoir en l'homme ?

Interdépendance

Une histoire vécue il y a longtemps. Un appel d'offres est emporté par un fournisseur. Mais avec une perte de 200m. Perte cumulée sur 7 ans de durée du contrat, ce qui fait tout de même beaucoup. Consternation. (Le client n'y est pas pour grand chose. Consulté, il avoue ne pas avoir compris pourquoi on lui avait proposé un prix aussi bas.)

Inquiétude. Comment combler le trou ? Le projet est divisé en dix sous projets. Chacun essaie de proposer ce qu'il peut. Des idées enfouies depuis dix ans surgissent. On s'entraide. Et on réussit. En quelques jours. Enorme satisfaction. 

Mais, surtout, les protagonistes de l’affaire ont découvert que chacun avait un savoir-faire, remarquable, que les autres ignoraient. Ils se sont mis à s'estimer. Ils sont devenus une équipe. Pourquoi n’était-ce pas arrivé plus tôt ? N’avaient-ils pas multiplié les réunions d'avancement ? Parce que notre société est fondée sur le chacun pour soi. Le responsable commercial voulait vendre à tout prix. Plus le prix était bas, plus il était sûr de réussir. Une multitude d'unités de la société, de sous-traitants... étaient impliqués. Chacun avait son propre compte de résultat. Son intérêt était de "faire porter les pertes" du projet aux autres. Il les soupçonnait d'ailleurs de tricher, de les exagérer. 

Les « limites à la croissance », le rapport du Club de Rome, ne dit pas autre chose. Notre développement n’est pas durable parce que nous ne comprenons pas que nous dépendons des autres hommes et de la nature. Prenons conscience de notre interdépendance et nous sommes sauvés ? Et nous y gagnerons des amis ?

jeudi 20 avril 2017

M.Trump et le système

Pourquoi M.Trump se dit-il anti-système, alors que c'est un riche qui a fait nos études ? se demande le média intellectuel américain. 

Probablement parce que le système n'est pas une question de diplômes et de fortune. Le système, c'est le complexe culturo-financiaro-numérique qui s'auto proclame "camp du progrès". M.Trump vient de l'immobilier, un secteur traditionnel. 

Il a pour lui ceux qui se sentent les dindons du "progrès", mais aussi ceux qui se disent, de plus en plus, que, par ses diplômes, sa fortune et leurs intérêts, il leur ressemble ?

Mille milliards de dollars

Film précurseur ! C'est la théorie des 0,1% avant les 0,1%. 30 entreprises contrôlent 10% de la richesse mondiale. C'est le thème de ce film d'Henri Verneuil. Il date de 1982. 

Une multinationale, qui, par ailleurs, a collaboré activement avec le régime nazi, tente d'acquérir une entreprise française pour faire du commerce avec un pays fâché avec les USA, puis utilise les services secrets de ce pays pour liquider les gêneurs. (Dont Patrick Dewaere.) On la montre optimiser ses impôts, par le prix de transfert. On y voit un dirigeant, Mel Ferrer, demander que l'on écrive sur sa tombe la valeur de l'action de son entreprise. Pour inspirer ses successeurs. 

Tout s'explique
Caricatural ? Imaginons que le dirigeant ait un Dieu : la valeur boursière.  Alors ? Elémentaire... La collaboration avec les Nazis ?(cf. Opel et GM.) Comme l'explique le film, les dictatures sont prêtes à payer cher pour acheter la technologie dont se nourrissent leurs guerres. Deuxième exemple : respecter les lois nationales coûte cher. On les contourne en jouant les intérêts des uns contre les autres. C'est ainsi que l'on peut éliminer quelqu'un quasiment légalement. Il suffit de faire savoir à un pays que telle personne empêche un accord pour que celui-ci fasse ce qu'il faut pour s'en débarrasser. L'entreprise n'est pas responsable du résultat final. Dernière conséquence : ce que vaut un homme est sa fortune. Le riche compte infiniment plus que les autres. Alors, en perdre quelques-uns... 

Autre thème : le journaliste contre la multinationale. C'est très américain. Mais, ici, le journaliste en appelle aux Etats, pour qu'ils régulent les multinationales. Aux USA, le film aurait été à la gloire de l'individu, capable de tout. De construire des multinationales, ou de les faire tomber. Du mal, ou du bien. Il aurait été une leçon de morale. 

Smart data

Le smart data est une branche du big data et de l’intelligence artificielle. C’est un type d’algorithme qui traite des relativement petits volumes de données, mais de problèmes d’une grande "complexité". 

Les situations que nous rencontrons tous les jours, par exemple dans l’entreprise, combinent quelques dizaines à quelques centaines de paramètres. Or, au delà de deux ou trois paramètres l’homme est perdu. Le smart data, lui, identifie ceux qui comptent, et les valeurs qu’ils doivent prendre. Il permet à l’intuition humaine de se remettre en fonctionnement. 

Car cette intuition réussit ce qui est impossible à la machine : elle distingue le "système" derrière la complexité apparente de la réalité. C’est ce système qui est la cause de l’interdépendance des acteurs. Et donc de leurs conflits. Mais c’est aussi lui qui en est la solution.

(Ma définition de smart data est-elle universelle ?)

mercredi 19 avril 2017

Ambigüité Macron

Il y a quelque-chose de schizophrénique chez M.Macron. Il est "anti système" au sens où il ne dit pas : si vous êtes dans la mouise, c'est parce que vous refusez le progrès. Mais il est l'enfant de ce système. Sa carrière et ses costumes en sont une image caricaturale.

Est-il un second Tony Blair ? Pense-t-il que s'il est gouverné par une conscience de gauche, le marché peut profiter à tous ? Si c'est le cas, et s'il est élu, il devra vite trouver la raison pour laquelle M.Blair suscite une telle haine dans son pays.  

Pogonotomie

Il est curieux comme il faut du temps pour maîtriser les gestes les plus simples. Par exemple, faire un noeud de cravate, ou se raser (pogonotomie). J'ai perdu mon père jeune, et je me suis trouvé sans modèle. Si bien que j'ai dû tâtonner pour mettre au point ma technique. Il m'a fallu plus d'une décennie pour que j'atteigne une asymptote. Idem pour le repassage, auquel je me suis mis en autodidacte. 

D'où je déduis que l'on apprend principalement par l'imitation. Le rôle du milieu est fondamental. Et que l'Education nationale, qui croit à une forme de spontanéité du savoir, et à la capacité à sélectionner le talent, se trompe. D'ailleurs, elle n'est pas honnête. Ses concours les plus prestigieux sont réussis grâce à un "bachotage" féroce. Je me souviens par exemple d'une normalienne qui me parlait de l'agrégation, et de camarades qui faisaient des bruits laissant entendre qu'ils étaient tombés sur le sujet qu'ils attendaient, histoire de décourager leurs adversaires. 

Cela illustre aussi la nature du changement. Selon Paul Watzlawick, il y a deux types de changement. Le premier est un changement de système. On décide de passer du rasoir électrique au rasoir à lame. Cela se fait en un claquement de doigts. Le second est un changement au sein du système. Il prend une décennie, voire plus, et il avance par essais et erreurs. On se trompe beaucoup et soudain surgit une idée de la stratégie de repassage qui défait l'opposition du pli rebelle.

Interdépendance

J'anime un club. Deux membres se disputent. J'en écarte un. Mais je continue à le voir. Un jour, il me raconte ses projets. Je sais la personne dont il aurait besoin pour les faire réussir. Mais elle appartient au club... Dominique Delmas dit que le secret du développement durable est l'interdépendance. Nous devons comprendre que nous dépendons tous les uns des autres. Et de la nature. Or, grâce à Internet et à la globalisation, jamais nous n'avons été aussi liés les uns aux autres. Et de très, très loin.

Ce principe met en tort le droit français. C'est un droit individualiste. Il croit à la culpabilité, au mal absolu. Le droit du développement durable est un droit de l'équipe. Dans une équipe, on a besoin de tout le monde. C'est la pression sociale, ou plutôt de l'écosystème, qui force l'élément le plus faible à s'ajuster. Mais, tout le monde doit lui donner un coup de main, voire s'améliorer pour compenser les particularités du maillon faible. Si un membre refuse la part de changement qui lui revient, s'il juge qu'il est le bon dans un monde de mauvais, il sombrera avec le groupe. La question du développement durable n'est pas plus compliquée que cela.

(Le développement durable pose une autre question. Il semblerait que nous dépensions plus de 150% des ressources renouvelables de la terre. Comme cela dure depuis des années, nous avons dû largement entamer notre capital. Ce qui signifie qu'à force de faire des trous dans la coque pour alléger le bateau, la plus innocente vaguelette risque de l'envoyer par le fond. Le jour où ce sera le cas, il faudra se mettre à nager, sans avoir appris la natation...) 

mardi 18 avril 2017

On s'y père

Vichy et le Vel' d'hiv'. M.Macron répond à Mme Le Pen qu'elle est la fille de son père et que, lui,  il est du côté de M.Chirac, qui a reconnu la responsabilité de "La France". On s'y perd.

Car, M.Le Pen aimait plus les idées de Vichy que celles de Gaulle, non ? Or, Mme Le Pen se justifie par de Gaulle. Elle trahit son père, non ? Et M.Chirac ? Ne se disait-il pas gaulliste ? Sa reconnaissance de la culpabilité de la France n'est-elle pas une trahison de son père spirituel, le général de Gaulle ? Et M.Macron ? Il partage l'opinion de "l'élite", alors qu'il se dit "anti-sytème" ?

Et si le problème du pays était là ? Et si, au lieu de penser gagner les élections grâce à de grandes idées, nos politiques se préoccupaient de nos problèmes quotidiens ? Peut-être qu'on parviendrait à les résoudre. Et qu'un peu mieux dans notre peau, nous pourrions traiter ces questions complexes avec un peu plus de hauteur d'esprit ?  

France insensée

Pourquoi la France pourrait-elle commettre un acte insensé ? se demande l'économiste Paul Krugman. Tout y va bien. L'esprit public de France Culture reprend cette question. Deux camps s'affrontent. L'un croit qu'une partie de la France refuse le progrès, et se tapit dans l'ombre, hors d'atteinte des sondages, pour faire un mauvais coup ; pour l'autre, il y a une rébellion des "perdants" de la "globalisation", mais les sondages sont juste et un changement, pour le mieux, est en cours.

Auraient-ils vu juste ? L'homme politique dit : il y a des perdants ? C'est leur faute. Moi, je suis chez les gagnants. Mais à quoi sert-il, s'il laisse-faire ? Serait-ce ce que pense l'électeur ?

Inégalités

France culture parlait d'inégalités, samedi dernier. La France est un champion mondial dans ce domaine. L'inégalité est créée par l'école. Tout ce que l'on fait pour la combattre ne fait qu'empirer le mal. Les mesures gouvernementales désignent à la population ses zones de "non éducation", qui sont fuies par ceux qui le peuvent, d'où constitution de ghettos !

Ce qui est étrange, c'est que l'on ne parle pas d'un paradoxe. En effet, il y a un coupable évident : c'est l'enseignant. Cela semble évident, non ? D'ailleurs, Camus était un ultra pauvre, qui a été repéré par un instituteur d'élite. Notre histoire est faite de ces histoires. Pourquoi cela n'arrive-t-il plus ? Pourquoi, notre enseignement, qui est, de notoriété publique, de gauche et inspiré par l'esprit 68, n'a-t-il pas fait le bonheur du peuple, comme il le voulait ? Pourquoi, enfin, les enfants des enseignants réussissent-ils exceptionnellement bien ? 

Ce qui est intéressant dans cette question, n'est pas de désigner un bouc émissaire (quoi que, il serait bien que le dit bouc balaie devant sa porte avant de nous donner des leçons de morale). Mais d'en tirer un plan d'action. Et si les enseignants appliquaient à leurs élèves les recettes qui font réussir leurs enfants ? Certes, mais leurs enfants n'auraient plus d'avantage concurrentiel. Alors pourquoi ne pas inventer un enseignement dans lequel il n'y aurait plus de gagnant et de perdant ? Nous avons des talents différents. Nous sommes interdépendants. La sélection d'un prétendu "mérite" n'a aucun sens. Après tout, c'est cela l'égalité.

lundi 17 avril 2017

Kurt Lewin

Qui n'est pas expert du changement ? Qui connaît Kurt Lewin ? 

Kurt Lewin a été un psycho sociologue fameux. On l'a comparé à Freud. Mais il est mort prématurément. Voilà peut-être pourquoi on a oublié ce qu'il disait. Et ce qu'il disait c'est que le changement dirigé, celui que l'on pratique aujourd'hui, avait conduit au Nazisme. Si l'on voulait éviter le totalitarisme, il fallait adopter la technique du changement planifié. 

Ce n'est les très difficile de faire un "changement planifié". Juste une question d'état d'esprit. 


Course à l'armement

On en parle peu, curieusement. Une des promesses de campagne de M.Trump est d'investir dans l'armement. Or, les USA ont l'armée la plus puissante au monde. Cet homme est fou ? 

Dans son analyse de la prospérité d'après guerre, l'économiste John Galbraith explique qu'elle résulte d'un édifice social dont le moteur est l'investissement militaire. Dans les années 70 et 80, l'Amérique connaît un passage à vide. On estime généralement qu'elle relève la tête avec M.Reagan. Or, M.Reagan, c'est la guerre des étoiles. Et c'est une "course à l'armement" qui semble avoir été fatale à l'URSS. 

L'armement fournit à l'économie un marché protégé. En outre, il semble créer à la fois de l'innovation et des emplois traditionnels. Et, il assoit la puissance américaine, puisque personne ne peut se mesurer aux USA dans ce domaine. Finalement, cela n'est pas contradictoire avec la politique de M.Obama. Ce que M.Obama semble avoir compris, c'est la leçon du Vietnam et de l'Irak, les USA sont faibles lorsqu'ils interviennent au sol. C'est leur technologie qui fait leur force. Il a utilisé le drone, M.Trump envoie des missiles.

Ce que semble montrer l'histoire, aussi, c'est que le shérif est riche, pas le maître du monde... 

Start up

Deux exemples de start up. Toutes les deux peuvent profiter de l'effet "feed back positif" des réseaux sociaux. Mais ça ne démarre pas. Question de fonds ? En y regardant de près, on constate :
  1. que l'application du premier est mal finie, donc difficile à faire fonctionner. Pas étonnant qu'elle ne soit pas utilisée ? 
  2. que le second pourrait immédiatement gagner beaucoup d'abonnés en faisant la promotion de son produit auprès de réseaux humains, ce qui déclencherait, probablement, l'effet positif attendu. 
Morale. Démarrer ce type d'entreprise demande beaucoup de professionnalisme et d'énergie. C'est un travail de terrain conventionnel, façon "plombier". Il est possible que l'entrepreneur américain le sache. Ce n'est pas le cas en France. On y attend un miracle instantané. Le second paradoxe est que le Français se plaint du manque de financement, alors qu'il en trouve facilement : indemnité chômage, crédit impôt recherche, fonds ISF. 

Au fur et à mesure de mes rencontres j'en suis arrivé à me demander si l'entrepreneur français n'est pas un spécialiste de la levée de fonds. Pour le reste, il cherche à se faire payer un salaire, sans avoir le désagrément d'avoir à subir de contrainte sociale.

dimanche 16 avril 2017

Journalisme

Un des ministres les plus brillants du gouvernement Cameron devient éditeur d'un quotidien. Tradition anglo-saxonne. La presse joue son rôle de presse : elle informe et elle fait réfléchir. Elle informe, c'est le journalisme d'enquête ; elle fait réfléchir, les intellectuels les plus brillants y écrivent. 

Pourquoi n'en est-il pas ainsi en France ? Peut-être parce que les journalistes se prennent pour des intellectuels, qu'ils nous assomment de leurs pensées communes, et qu'ils n'enquêtent pas. Mais aussi parce que les intellectuels ne savent pas écrire pour la presse. D'ailleurs, nous restent-ils des intellectuels ? Proudhon, c'est fini. 

Adieu poulet

Qu'est-ce qu'un film dit de notre société ? 

Que le flic est un héros, ici. Evident ? Pas pour nos médias : ils ne parlent que de "violences policières". Pour eux, la police, c'est le mal. Et si, pour le peuple, elle était le bien ? Plus curieux : pourquoi les deux héros du film sont-ils entrés dans la police ? Parce qu'ils étaient des incapables ! Elite de la police, mais échec de la société (de l'Education nationale ?) ! Un portrait dans lequel le Français se reconnaît ?

Qui sont les mauvais ? Le juge. Un avatar de l'inquisition qui sait, d'instinct, que le flic est pourri. Et qui met en oeuvre tout son pouvoir de nuisance pour l'empêcher de travailler. Et, surtout, l'homme politique. Le flic, d'instinct, sait qu'il est pourri. Et il a raison. 

Et s'il ne fallait pas chercher plus loin les conflits qui agitent notre société ? 

(Film de Pierre Granier-Deferre de 1975.)

Incompréhension

J'ai remarqué qu'il m'arrivait de ne pas être compris. Mais, lorsque je cherche à comprendre ce qui n'est pas compris, je découvre que mon interlocuteur pense comme moi ! Que se passe-t-il ? 
  1. Je parle de mon expérience. Je pense donc être en position "d'autorité". Ce que je ne vois pas est que certains termes que j'emploie ne sont pas compris. Et que cela fait que mon audience peut se sentir, faute de meilleur mot, agressée. Mon erreur vient de ce que ces termes étaient dans le vocabulaire (technique) commun, il y a quelques années. J'aurais trouvé insultant pour mes interlocuteurs de les expliquer.
  2. Il y a une forte volatilité du sens des mots. Je l'avais noté lorsque je faisais des études de marché. Le phénomène n'a fait que s'amplifier. La question du "fact checking" pourrait être liée à ce problème.
Morale 1 ? Il est important de partir, avec son auditoire, de bases communes de langage. Par exemple, en démarrant sur une anecdote de la vie quotidienne. Morale 2 ? On ne peut pas avoir raison contre son temps. 

(Exercice difficile pour un blog, qui doit écrire court, et éviter les répétions, qui lasseraient les lecteurs assidus...)

samedi 15 avril 2017

Charlie

Charlie Hebdo n'est-il pas une résurgence d'une forme d'esprit des Lumières ? A cette époque ceux qui s'appelaient des "philosophes" croyaient que ce que montrait la science de leur temps était la vérité.

Depuis, cette même science a découvert que le monde était "complexe". En particulier, derrière les religions et les coutumes difficiles à saisir, il y a des mécanismes de régulation subtiles et bénéfiques. La science des Lumières, elle-même, n'y échappe pas. Poussée à l'absurde elle suscite le "nihilisme" : à l'endroit de l'amour elle voit des hormones. Mais le néant a du bon ! L'homme réagit, découvre. Destruction créatrice. Changement. C'est la thèse de Hegel.

(Le nihilisme peut aussi produire le terrorisme, ou le chaos. Bien sûr.)

Huguenot

Les Huguenots furent mieux traités par l'Europe que les Syriens. Cela me semble avoir été le thème d'une émission de France Culture. J'ai surtout découvert que je croyais beaucoup de bêtises. 

Tout d'abord, Louis XIV n'aurait pas été seul dans son intolérance, contrairement à ce que l'on m'a enseigné. En ces temps là les royaumes cherchaient l'unanimité dans leurs rangs. Ensuite, le départ des Huguenots n'a pas été la ruine de la France, et la fortune des nations qui les ont accueillis, que l'on m'avait dîtes. Simplement, parce qu'ils n'étaient pas très nombreux, et que leur savoir-faire n'était pas miraculeux. Et les nations européennes les ont accueillis parce qu'ils servaient leurs intérêts. La Prusse, par exemple, cherchait à se repeupler à la suite de la guerre de trente ans, avec des personnes qui partageaient la croyance de son dirigeant. La Hollande pensait que les artisans français feraient sa fortune. Mais ils ne sont pas parvenus à donner un second souffle à l'âge d'or du pays. D'ailleurs, c'est peut-être en Suisse que ce jeu de l'intérêt se voit le mieux : les pasteurs français n'y trouvaient pas de travail, les pasteurs locaux ne voulant pas leur céder la place. 

Bref tout ceci semble très anglo-saxon : l'intérêt individuel pousse le monde. Il y a des circonstances favorables à l'immigration, comme les reconstructions d'après-guerre, et d'autres qui ne le sont pas. En revanche, ce qui est très français c'est notre auto détestation. Je me demande si ce n'est pas elle qui est la source d'une intolérance qui a fait couler tant de sang

vendredi 14 avril 2017

Charlot

Pourquoi Charlot, Charlie Chaplin, me laisse-t-il indifférent ? Pourtant, quand j'avais cinq ou six ans, il me faisait m'étrangler de rire. 

Les vidéos modernes sont trop propres, peut-être. Les films anciens avaient des noirs et blancs beaucoup plus contrastés qu'aujourd'hui (maintenant on est dans la nuance de gris). Les images défilaient trop vite, on avait l'impression que la pellicule pouvait prendre feu à tout moment. On voyait mal le décor, seulement ce qui était important pour l'intrigue. Et les acteurs et le montage jouaient avec cela. Les films étaient sautillants, incertains, pleins de surprises. Et ça leur donnait un rythme fou.  

Ce qui est le plus surprenant, peut-être, dans ces films mais aussi dans les dessins animés de l'époque, c'est que leur thème est la rébellion. Le petit est en lutte permanente avec le fort et l'ordre public. Comment les puissances d'argent ont-elles pu produire de telles hérésies ? Je ne sais pas si c'est toujours le cas, mais, il y a quelques décennies, l'impertinence était un plaisir d'enfant, délicieux, ou du petit peuple. Le jeu du gendarme et du voleur, dans le rôle du voleur. Peut-être, donc, que ce thème provoquait chez le spectateur d'agréables frissons. Et qu'il n'en résultait aucun trouble. Le bonheur que procure l'irresponsabilité ?

(Réflexions suscitées par quelques vidéos de YouTube.)

Terrorisme

La suite dans les idées, samedi dernier (France Culture). Une universitaire expliquait que l'augmentation du nombre de femmes dans la vie publique avait eu une conséquence imprévue. Cela avait renforcé nos stéréotypes. Par exemple ? La candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007 aurait été motivée par un désir de vengeance. Elle aurait découvert que François Hollande la trompait. Ceci était la thèse de journalistes, qui avait été reprise, selon elle, par toute la presse. Ce qui montrait bien que la presse avait des préjugés sexistes, poursuivait-elle. Car la vengeance de la femme trompée est un stéréotype absurde. 

Certes. Mais je n'étais pas au courant de cette affaire. Ce qui prouve que la société, dans son ensemble, n'avait pas repris cette histoire. Je pensais que c'était l'ambition qui avait poussé Mme Royal. Ambition justifiée : Stéphane Rozès disait, en 2004, que les Français voulaient du changement, et qu'il n'y avait qu'elle et M.Sarkozy qui l'incarnaient. (Il se trouve, par ailleurs, que je connais plusieurs personnes qui ont travaillé avec Mme Royal. Toutes, hommes et femmes, donnent la même description de son comportement.)

Sans facteurs favorables, il n'est pas possible de réussir. Mais il faut aussi un mobile. Et la vengeance en est un. Et cela est vrai autant pour la femme que pour l'homme. Et si, à force de voir du sexisme partout, on finissait par tuer la liberté de parole et laisser le champ libre aux extrémistes, qui ne s'embarrassent pas de la raison et de la démocratie ?

jeudi 13 avril 2017

Chaos

The Economist envisage un second tour Le Pen, Mélenchon. M.Mélenchon gagnerait. Or, son programme économique est ruineux. Mais même l'élection de M.Macron n'élimine pas l'incertitude. S'il échoue, si le chaos s'installe, le pays, l'Europe et peut-être une partie du monde, seront dans une situation délicate. C'est ce qui inquiète The Economist.

L'exercice est compliqué. Il est possible qu'il faille faire une réforme à la Schröder. On n'a pas mieux en magasin. C'est à dire reconnaître que le changement de ces dernières décennies a été à somme négative. Or, c'est ce que la France refuse d'admettre. Et que pour que certains perdants ne perdent pas trop, il faut récompenser des gagnants, dont le succès n'est pas totalement vertueux. Mais il faut aussi éviter Brexit / Trump : des perdants qui perdent de manière trop manifeste, et qui se vengent. Le succès peut dépendre d'un homme. Mais l'échec sera probablement de la responsabilité de tous.

Empires et cités dans la Méditerranée antique

30 articles, brefs et clairs, sur quelques événements qui ont modifié le cours de l'histoire, et de nos vies. Transformations culturelles au Moyen orient, la Grèce, Rome, et pas mal de choses sur les Juifs anciens. 

C'est ce sujet que je connaissais le moins bien. Je ne pensais pas que "l'antijudéisme" était présent à cette époque. Après tout le monde romain était pragmatique. Un peu comme les USA modernes, il absorbait aisément les cultures conquises. En particulier leurs dieux et leurs religions. Il ne leur demandait pas de changement, sinon d'accepter des règles de bon voisinage. D'ailleurs, les élites romaines semblaient favorables aux Juifs, et  les élites juives semblaient séduites par la culture dominante (qui était grecque !). Mais c'est le peuple qui en a décidé autrement.  Peut-être parce que le petit peuple tenait fermement à ses traditions, et cohabitait mal avec ceux qui l'entouraient, ces derniers ne l'aimaient pas. Aussi, il était prêt au martyr pour conserver les dîtes traditions. Ce n'était peut-être pas le cas de tout le peuple, mais d'une minorité suffisamment efficace pour qu'elle entraîne avec elle le reste du groupe. Elle semble même avoir inventé le terrorisme, voire le djihadistes moderne. Les "sicaires" assassinaient au couteau leurs coreligionnaires. Les réactions qui en résultaient étaient si violentes qu'elles forçaient des autorités romaines, dépassées, à utiliser des moyens extrêmes (raser, quasiment, Jerusalem, et en chasser les Juifs), pour mettre un terme au trouble à l'ordre public. 

Un livre de Maurice Sartre, Texto, 2017

mercredi 12 avril 2017

La transformation numérique de la SNCF

Deuxième volet de l'interview de Valérie Guérin. La transformation numérique de la SNCF. Une occasion de découvrir cette question mystérieuse dont on nous parle tant : la « transformation numérique »… Un entretien : 

Transformation numérique : de quoi s’agit-il ? 
« En 2015, SNCF a lancé sa transformation digitale à grande vitesse, dans le cadre du programme « DIGITAL POUR TOUS ». Ce plan a pour ambition d’accélérer la digitalisation, au service de la production industrielle bien sûr mais aussi de la vie des agents. Le souhait de notre président était de « rendre le sourire aux agents » ! Car nous avons de nombreux agents qui travaillent en mobilité et qui se sentent isolés et mal informés et, du côté des managers, la tâche n’est pas simple pour maintenir un dialogue permanent avec les agents en mobilité. Le lancement programme «DIGITAL POUR TOUS» vise ainsi à améliorer la performance par la transformation des modes de fonctionnement, du management et des gestes métiers. 
C’est dans ce cadre que j’ai été approchée pour rejoindre la Fab transformation digitale interne de la direction Digital. Le poste de responsable du déploiement des outils collaboratifs m’a été proposé. » 

Quelle était la difficulté du projet ? 
« Le challenge était de trouver comment déployer un réseau social d’entreprise et les outils collaboratifs à grande échelle… » 

Comment s’y prend on pour mener à bien une telle affaire ? 
« Tout d’abord j’ai cherché à apprendre des autres. J’ai écouté, audité, fait un benchmark auprès d’autres entreprises qui se sont lancées avant nous. Mon conseil ? Ne pas parler outil mais usage, avancer petit pas par petit pas ! Nous avons testé notre réseau social d’entreprise, d’abord en petit comité avec les membres de la DSI et de la communauté digitale et très vite le réseau des membres s’est étendu. Avec nos premiers porteurs d’initiatives, nous avons travaillé les cas d’usages que nous avions trouvé, nous avons créé des petits guides et tutos de prise en main pour les outils, nous avons filmé les témoignages des collaborateurs qu’ils soient agents, managers ou chef d’équipe pour montrer ce que le digital avait facilité dans leur quotidien. Avec ces témoignages nous avons montré qu’il y avait des solutions pour manager plus facilement les équipes en mobilité, pour partager plus simplement l’information, éviter la paperasse, les trop nombreuses saisies et pertes de temps et surtout nous leur avons montré qu’ils pouvaient interagir dans des discussions entre collègues quel que soit l’endroit où ils se trouvent et gagner en efficacité et en confort de vie au quotidien. » 

Y a-t-il une recette pour faire adopter un « outil collaboratif » ? 
« Il faut que les collaborateurs soient acteurs du changement et qu’ils y trouvent un bénéfice personnel » 

Qu’a-t-on gagné ? 
 « Une enquête sur la qualité de vie au travail est en cours. Ce qui est certain, d’ores et déjà, est que les gens qui travaillent en mobilité dans les trains ou à l’entretien des voies sont devenus très vite des membres actifs sur notre réseau social. En fait, l’effet « boule de neige » a très bien fonctionné. Par exemple, les managers, qui ont pu établir un meilleur contact avec leurs agents qui travaillent en mobilité. Les points 5mn sont postés dans les groupes d’équipe sur notre réseau social sous forme de post ou de bande son, afin que les agents sur le terrain puissent être informés des dernières actualités. Ils interagissent dans les discussions, expriment leurs avis, réflexions ou partagent leurs idées… tout simplement !... L’information est décloisonnée et les échanges sont riches ! Nous avons fait émerger des pratiques créatrices de valeur, qu’il s’agisse de sécurité, de qualité de service, d’efficacité, de robustesse de la production, d’innovation ou d’engagement des collaborateurs. » 

La prochaine étape ? 
« Mettre en place des relais sur toute la France, et des sponsors afin de nous aider à porter les nouveaux usages collaboratifs : l’équipe digitale mobilise les moyens pour acquérir l’équipement, aligne le projet avec la stratégie de transformation et acculture les collaborations, mais, pour moi, ce sont les acteurs de terrain, des opérationnels qui vont porter des initiatives collaboratives et faire bouger les lignes. Il est important également je pense de développer la mise en relation notamment pour les managers qui se sont lancés dans la transformation de leur entité afin qu’ils puissent raconter auprès de leur pairs ce qu’ils ont gagné : la transformation digitale dépassera le stade de l’idée, du concept, si les managers et leurs équipes sont acteurs de cette transformation. Nous avons besoin de continuer à faire évoluer les modes managériaux pour développer la confiance, l’expérimentation, la coopération… et de nous appuyer sur nos points forts la solidarité, notre capacité de mobilisation face aux aléas. » 

Alors, bientôt, grâce à Valérie Guérin et ses collègues, tout le monde aura le sourire à la SNCF ? Y compris les clients ?

Hannah Arendt

Pour Mme Le Pen, le régime de Vichy est responsable du Vel' d'hiv', pas la France. Si elle fait une telle déclaration c'est parce que c'est efficace. En effet, le thème qui la porte est que "l'élite" est la cause de nos problèmes. N'a-t-elle pas le pouvoir ? Et Vichy ? C'est l'élite qui a mal dirigé le pays. En conséquence, ce que l'on attend de l'élite, ce sont des excuses, pas des leçons de morale.

Hannah Arendt s'est penchée sur la question du crime contre l'humanité lors du procès Eichmann. Quelle en est la cause, selon elle ? La "banalité du mal". Il résulte d'actions banales, y compris de la communauté juive. C'est même en voulant faire une sorte de bien, médiocre, que l'on a fait le mal, absolu. Et, à l'envers, c'est, presque, le mal qui a fait un peu de bien. Par exemple, lorsque les forces nazies ont compris que leur cause était perdue, elles ont désobéi et cherché à sauver les Juifs. A cela, on pourrait ajouter que Vichy était loin de n'être composé que de fascistes. Et que, au contraire, comme l'explique "L'armée des ombres", la poignée de résistants de la première heure était un groupe hétéroclite qui allait des communistes aux royalistes. 

C'est aussi ce que dit Hannah Arendt : la caractéristique de la poignée ci-dessus, c'est la capacité de "jugement". Juger c'est parvenir à une conviction qui nous est propre. Sans nous faire influencer par les idées reçues. C'était aussi l'idée de Socrate. Elle lui a été fatale. 

(Quant à Hannah Arendt, elle est morte le jour où elle a tapé la première page du livre qu'elle consacrait à la question du jugement. Vivons comme des légumes ?) 

mardi 11 avril 2017

8003

Le blog a été une mode vers 2004. Elle était spéculative, comme d'habitude. Elle a permis de faire quelques fortunes. J'imagine donc qu'il y a peu de gens qui écrivent des blogs, aujourd'hui. Sinon en en ayant détourné l'usage, que l'on imaginait être raconter sa vie. Ou en étant revenu à des usages anciens : par exemple la chronique de livres. Car, ce que l'on a découvert, c'est qu'une plate-forme de blog est un support pratique pour faire beaucoup de choses : un site web, de la publicité pour ses tableaux, etc.

D'ailleurs, Montaigne et Pascal, dont les essais et les pensées semblaient des précurseurs, n'auraient pas écrit de blog. Car ils savaient qu'ils n'avaient pas le droit de penser ce qu'ils écrivaient. Et c'est probablement ce qui a bloqué le blog. Nous sommes supposés savoir ce qui est bien et mal, instantanément. Or, penser - l'exercice de la science, de la philosophie et de la justice - c'est explorer, c'est tenter, puis modifier son cap, c'est changer d'avis, et cela, ce n'est pas toléré. 

Spirale Mélenchon

Qu'est-ce qui fait que M.Mélenchon a le vent en poupe ? J'entends dire : vote utile. M.Hamon n'a plus aucune chance. M.Mélenchon est le dernier candidat de gauche. Je pense aussi qu'il illustre deux théories de ce blog :

  • L'élection se joue sur un retour aux valeurs de la République et de la Révolution. Tout le monde y sacrifie, à commencer par Mme Le Pen. Ce qui est inattendu. Mais, seul, M.Mélenchon les incarne, y compris dans sa façon d'être, de tribun. 
  • De ce fait, il est le seul à ne pas être contraint à des contorsions. Or, une communication est d'autant plus efficace qu'elle est perçue comme honnête. Et elle est d'autant plus facile qu'elle l'est, puisque l'on sent son audience en accord avec soi. Cercle vertueux. 

Folie Trump

M.Trump est-il fou ? Il y a quelque chose d'étrange dans sa décision de tirer sur la Syrie. C'est le nombre de coups qu'il a pu faire d'une seule pierre. Il a fait oublier tous ses échecs domestiques, il a aligné son parti derrière lui, il a envoyé un avertissement à la Chine et à la Russie, et il a fait passer l'ultra-intelligent Obama pour un imbécile... 

M.Trump semble avoir un esprit systémique. Il fait le contraire de ce que l'on attend de lui. Est-ce une bonne idée ? Oui, si le système auquel il s'oppose était mauvais, et si celui qu'il représente est viable. 

Ce qui prouve d'ailleurs qu'il ne peut qu'être fou. Car comment, sans cela, avoir le courage, seul, d'affronter un monde qui ne pense pas comme vous ? Mais, "entre le génie et la folie, la ligne est étroite", m'a écrit un jour James March à qui je demandais si une de mes idées était idiote. 

lundi 10 avril 2017

8000

Ce blog achève sa 9ème année. 8000 billets. Il est né avec la crise. Ce qui tombe bien. Car il parle de changement. Et la crise est le symptôme du changement.

Mais ce n'est pas ce qui intéresse le lecteur. Si j'en crois les statistiques de Google, le lecteur de ce blog aime les billets "people". Ces billets trouvent quelque-chose de curieux dans la vie d'une personne illustre, et souvent inconnue. Le lecteur aime aussi des billets qui parlent de riens de la vie. Les encombrants ou mes passages à la gare Saint Lazare. Des riens qui ont peut-être du sens.

L'intérêt du lecteur me révèle quelque-chose de moi. Je suis fasciné par ce qu'un journal appelait jadis "le spectacle du monde".

(Ce qui est heureux, puisque un objet de ce blog et de me permettre de me comprendre.) 

Vote caché

Le camp de M.Fillon a conçu un "storytelling" techniquement remarquable. 1) Certes M.Fillon est un être peu recommandable (merci, doit-il dire), mais 2) ce n'est pas grave, ce qui compte est son programme (qui en a entendu parler, au fait ? qui a déjà cru au programme d'un présidentiable ?...), 3) il existe des électeurs qui se manifesteront en dernière minute et lui apporteront les voix que lui dénient les sondages. Est-ce vraisemblable ?
  • Les sondages se trompent systématiquement depuis quelques années. Cela fut le cas en ce qui concerne les primaires de droite. Seulement, alors, on ne connaissait pas la population qui allait voter. Elle a été beaucoup plus nombreuse que prévu. Et, surtout, la gauche y a été fortement représentée. (Il n'est pas impossible qu'elle ait voté Fillon, candidat de droite le moins dangereux.) Quant au Brexit et à l'élection américaine, l'erreur a été relativement minime, mais elle a eu un impact massif car les camps opposés étaient à peu près de même taille. D'ailleurs, au suffrage universel à la française, M.Trump n'aurait pas été élu. Et d'assez loin. 
  • Lors des primaires de la droite, il y avait un frémissement. Il semblerait que le "vote visible" lui soit de moins en moins favorable. S'il y a frémissement aujourd'hui, M.Mélenchon l'a en poupe...
Bref, la théorie du "vote caché" semble ressortir au bluff. En revanche, l'inverse, une "abstention cachée", pourrait se manifester au second tour. En effet, il semblerait qu'il y ait, à gauche et à droite, une sorte de réservoir de haine. Il pourrait amener une partie significative de l'électorat à s'abstenir.

Fraternité

Qu'est-ce qui est le plus important ? Liberté, égalité ou fraternité ? Les Lumières répondent : liberté. Rousseau explique que si l'un peut écrabouiller l'autre, il n'y a pas de liberté. Donc il faut une "égalité de puissance". (Ce qui n'a rien à voir avec l'égalitarisme que nos perfides amis anglo-saxons disent être notre idéal.) 

Quand à la fraternité ? C'est le principe de toute société. Ou, plus exactement, ce principe est la confiance. L'économie dit que le "coût de transaction" détermine l'efficacité du marché. Eh bien, si vous avez confiance, il n'y a pas de coût de transaction. D'où la Bourse de Londres et son "my word is my bond", je n'ai qu'une parole. Et voilà pourquoi le protestantisme est le terreau du capitalisme pour Max Weber : l'éthique du protestant fait que l'on peut avoir confiance en lui, du moins si l'on appartient à sa chapelle. Et voilà pourquoi les économistes "libéraux" sont convaincus que l'on n'a pas besoin d'Etat. 

Cela a produit une innovation, au sens du sociologue Merton. Le propre d'une société qui fonctionne est la confiance, donc. Nous sommes des oies blanches. Donc faciles à exploiter. Et le fait que le peuple se laisse exploiter montre bien qu'il est de nature inférieure, et que nous méritons ce que nous tirons de lui, pense l'exploiteur. Doctrine des "ultrariches" ?

dimanche 9 avril 2017

Science

M.Trump, sauveur de la science ? 

Après la crise de 2007, les économistes se sont demandé : pourquoi avons-nous pu utiliser des théories erronées, et plonger le monde dans le chaos ? Une réponse fut : parce que la science est financée par ceux qui ont de l'argent, pour répondre à leurs besoins. 

Mais il y a eu M.Trump et ses "fake news". Il a réussi là où même le djihadiste des réseaux sociaux a échoué : on se met à vérifier ce qui se dit. Or, c'est le principe même de la science, selon Karl Popper. Une société de nouveau rigoureuse va-t-elle être innovante ? Louons M.Trump ?

Syrie

J'entendais M.Mélenchon dire qu'il était une erreur de frapper la Syrie. Regardez ce qui s'est passé en Libye. Faisons la paix, la paix, la paix. 

Juste ? L'Occident a fait une erreur en voulant faire tomber les dictatures du Moyen-Orient. Et ce au nom de la démocratie et de la paix. Il en a résulté le chaos. Certes. Mais ce qui se joue aujourd'hui n'a pas de lien avec cela. Nous sommes face à deux puissances expansionnistes : la Russie et la Chine. Comme l'a montré l'avant guerre, le pacifisme n'est pas une bonne façon de traiter ce type de comportement. Si tu veux la paix, prépare la guerre ?

ETA

L'ETA rend ses armes. Il semblerait qu'il faille aller les chercher comme des oeufs de Pâques. Curieusement ces armes sont en France. Pourquoi était-il plus facile de les cacher en France qu'en Espagne ? La France a-t-elle pensé un temps que les terroristes de l'ETA étaient d'un intérêt secondaire ? 

samedi 8 avril 2017

Macron et Hamon

M.Hamon n'a-t-il pas fait le jeu de M.Macron ? Imaginons qu'il ait choisi l'éthique de la responsabilité, plutôt que l'éthique de la conviction. C'est-à-dire qu'il ait essayé de rassembler son camp, en mettant de l'eau dans son vin. Eh bien, M.Macron n'aurait probablement eu aucune chance d'être élu. Quant à M.Fillon, c'était le contraire. M.Hamon aurait alors été à a tête d'un puissant parti d'opposition. Alors que le PS ne sera peut-être plus rien demain. Même pas le Labour de M.Corbyn.

Des conséquences imprévisibles du changement ?

Subvention

Il y a sept ou huit ans, j'ai rencontré une entreprise en difficulté. Depuis qu'elle n'était plus éligible au JEI (avantages accordés aux "Jeunes Entreprises Innovantes"). En essayant de comprendre ce qui n'allait pas, j'ai eu une surprise. Elle avait de très beaux clients, qui l'adoraient. Mais elle ne répondait pas aux appels d'offres ! Son dirigeant n'en avait pas le temps. Pourquoi n'avait-il pas délégué ce travail à ses responsables d'unité ?  Tout était en place pour. On n'était pas passé à l'action. Il suffisait d'une décision, rien de plus. Aujourd'hui la valeur de l'entreprise est multipliée par 5, eau moins. 

Je constate que le crédit impôt apporte beaucoup d'argent à beaucoup d'entreprises. Souvent, il n'alimente pas la recherche, mais la trésorerie. Je soupçonne que le gouvernement le sait. Cet argent sert à payer des salaires, et réduit le nombre de chômeurs. Mais n'est-ce pas contreproductif ? L'entreprise n'embaucherait-elle pas plus, si elle n'était pas subventionnée ?

L'efficacité de la subvention est une question d'esprit national, me semble-t-il. Aux USA, où chacun rêve de son instant de gloire et de fortune, la subvention est un accélérateur. En France, où l'on n'est bon que dans l'adversité, la subvention est un anesthésiant ?

Jeanne d'Arc

Si j'en crois le wikipedia anglais, Jeanne d'Arc serait intervenue à un point de bascule de l'histoire. D'abord, le trône de France est promis à un Anglais. Ensuite, Orléans était une des dernières villes importantes du parti français, si elle était tombée, le reste aurait peut-être suivi. Enfin, la guerre de cent ans, jusque-là, avait été un affrontement entre grands seigneurs, pour des intérêts territoriaux privés. Jeanne d'Arc a amené le peuple avec elle. L'invention du nationalisme ?

Mais est-ce tout ce que Jeanne d'Arc a changé ? Peut-être que, sans elle, l'Angleterre serait restée une possession secondaire du roi de France, une arrière cours arriérée et boueuse peuplée de ploucs incultes. Et qu'elle n'aurait pas été à l'origine de la révolution industrielle, d'un empire, et des USA, et de la puissance de l'Occident, et du diviser pour régner qui partout a semé la zizanie et cause encore bien des conflits... Méfiez-vous des femmes ?

vendredi 7 avril 2017

M.Trump et la guerre

M.Trump veut régler le compte des Coréens du Nord, et menace de représailles la Syrie. Fou dangereux ? 

Pour la Syrie, c'est curieux. En effet, il semblait ami de l'ami de M.Assad, M.Poutine. Or, ceux qui se sont dits favorables à la destitution de M.Assad ne sont pas très agressifs contre lui... 

En fait, les Coréens, et les Syriens ne l'intéressent probablement pas beaucoup. Ce qu'il cherche, plus sûrement, c'est de gêner les Russes et les Chinois. Il affaiblit leur position de négociation. Et il fait pièce à leur expansionnisme. En volant à l'Europe bien pensante ce qui aurait dû être son pouvoir de nuisance, et un moyen de rétablir un équilibre avec deux puissances dangereuses, il lui donne une leçon ?

(PS. Note écrite hier, avant le bombardement d'une base syrienne. Autres interprétations : redonner du lustre à la présidence Trump, aligner les Républicains, impressionner Xi Jinping... Même vis-à-vis de M.Poutine, cette manoeuvre n'a rien de surprenant : tous les deux veulent la même chose, redonner à leur pays sa grandeur passée, ce qui les conduit naturellement à s'affronter...)

Maltraitance

J'entendais parler d'une campagne de défense de l'enfance maltraitée. Dénonçons les mauvais parents. 

J'ai failli le faire. Il y a quelques temps. J'ai entendu à plusieurs reprises mon voisin s'en prendre violemment à ses enfants. Il hurlait. J'ai demandé à un avocat ce que l'on faisait dans cette situation. Sa réponse fut elle même si violente, que j'ai hésité à la mettre en oeuvre. J'ai tendu un peu plus l'oreille. Et j'ai entendu les enfants hurler. Il n'y avait pas maltraitance, mais tradition familiale. Quelques temps plus tard, tout s'est calmé. Apparemment, il y avait eu divorce. 

La morale de cette histoire est que la délation, comme on s'en est rendu compte en 40, est un art difficile à pratiquer. Certes, a posteriori, on s'indigne du sort de Causette. On rêve de se porter à son secours. Mais comment reconnaître Causette ? Comment éviter que la prévention ne soit pas plus nuisible que le mal lui-même ?

(Et à quoi ressemble le dispositif qui va prendre en main l'enfant, une fois qu'on l'a retiré à ses parents ?)

jeudi 6 avril 2017

Madame Clinton

Pourquoi Madame Clinton a-t-elle suscité une telle haine ? J'ai multiplié les explications issues de la presse américaine. Elles ne sont pas convaincantes. 

Il y a mieux. Plus théorique, mais peut-être plus proche de la réalité. Mme Clinton est l'anti Poutine. M.Poutine a pris la tête d'une croisade conservatrice. Elle veut restaurer des valeurs traditionnelles contre une contre culture venue des USA, qui veut les liquider. Et le champion de cette contre culture, c'est Mme Clinton. Pas M.Obama. D'ailleurs, elle était vue comme un "faucon", lorsqu'elle était ministre des affaires étrangères. Pour imposer ses idées, elle était partisan de la hard power. 

Ce courant de pensée, et peut-être ses conséquences, pourrait avoir suscité une émotion vive chez beaucoup de gens (elle n'a pas hésité à qualifier une partie de ses concitoyens de "deplorables", en anglais), un peu partout dans le monde.

(Quelle est cette contre culture ? Voici ce que disait The Economist de ce que pensent les jeunes Anglais : "Pour eux les causes sociales et morales telles que le droit des homosexuels et l'égalité des sexes sont plus importantes que des choses comme l'assistance sociale ou la santé. En ce qui les concerne, les gens ont le droit de s'exprimer par ce qu'ils consomment et par leurs choix de vie.")

Berthe Garlan

Fin du dix-neuvième. Une jeune et jolie veuve, partie de Vienne pour suivre un mari accepté par défaut, découvre ses appétits charnels. Elle a une liaison avec celui qu'elle croit l'amour de sa vie. Elle découvre qu'il n'a aucune estime pour elle. Pourquoi une telle dissymétrie entre ce que la société tolère de l'homme et de la femme ? se demande-t-elle.

En fait, ce que le livre dit, surtout, c'est que, dans la société autrichienne, tout est toléré, à condition de ne pas être vu. Pour la femme, ce qui compte, avant tout, est de ne pas avoir d'enfant d'une aventure extramaritale. L'héroïne, d'ailleurs, est un peu malhonnête. Car, elle reproche à son amant de ne pas l'aimer, alors qu'elle même découvre qu'elle recherche le plaisir des sens. 

Grosses ficelles. Pas le meilleur Schnitzler, me semble-t-il. Mais peut-être un portrait des traumatismes sociaux qui ont produit Freud, qui admirait les analyses de Schnitzler.

(L'habileté de Schnitzler, peut-être ce qui a fait son succès, est de placer son lecteur dans la peau d'une femme poussée par des sens qu'elle ne parvient plus à contrôler à commettre un interdit. J'imagine qu'à l'époque cela devait sembler le plus délicieux des voyeurismes.)

mercredi 5 avril 2017

Valérie Guérin

Valérie Guérin. SNCF, Direction digital, Fab transformation digitale interne, en charge du déploiement des outils collaboratifs.  Je vais lui consacrer deux billets. Celui-ci s’intéresse à sa carrière, le prochain est consacré à la transformation numérique de la SNCF.


En vingt cinq ans de carrière dans le groupe SNCF, Valérie Guérin « a eu la chance dans son parcours de rencontrer des managers, collègues ou gestionnaires de carrières qui ont su la sortir de sa bulle de confort ».  « Ces personnes m'ont fait confiance pour créer et impulser le changement. » Elle a quelque chose qui fait que « les projets d'un abord complexe arrivent à se concrétiser »... 
Quelque chose ? Peut-être une compréhension des ressorts intimes de la SNCF. Pour vous ou moi, la SNCF est une grosse machine. Pour elle aussi, mais elle en voit le potentiel. « J’aime travailler dans le groupe SNCF (c’est une) très belle entreprise (…) pleine de ressources (il y a un fort) sentiment d’appartenance… » 
Mais son atout majeur est probablement « une attitude très positive ». « Il faut avoir le courage de dire les choses pour trouver des solutions, j’exprime ce que les autres pensent tout bas. »  « J’aime  le mouvement, le collectif, l'innovation. » « On ose, on se trompe, on rectifie, on bataille » : « l’agilité est un art de glisser naturellement d'une situation à l’autre. »

25 ans de SNCF

La carrière de Valérie Guérin commence en 1991. Elle est « attachée commerciale à la direction Internationale du SERNAM, une société du groupe SNCF, spécialisée dans le transport de marchandises par camion, avion et bateau dans le monde entier : gestion de clients grands comptes, organisation logistique pour le village olympique aux JO d'Albertville, développement de partenariat avec des apporteurs de fret ».

« En intégrant  la direction logistique de SERNAM », elle « développe la relation de partenaire à partenaire avec les grandes entreprises européennes » ; elle « organise pour ses clients la prise en charge door to door : le transport multimodal (pour acheminer les marchandises importées sur le territoire français), le stockage, la gestion de stock, la préparation de commandes pour satisfaire la demande des clients destinataires essentiellement constitués de grandes surfaces, magasins et dépôts ». 

Puis ce sont les grands comptes du fret, elle devient responsable des clients pétroliers. Elle doit « gérer les  flux d'activité entre les raffineries et les dépôts pétroliers, répondre aux appels d’offres, gérer les problèmes d'approvisionnement en cas de situations perturbées. Ce sont des contrats qui portent sur de très gros volumes ». « J’ai appris à découvrir le monde de l'industrie  et le langage du ferroviaire ! »

Alors démarre « un vaste projet ». « Les processus fret pour la production, la gestion et la commercialisation fonctionnent en silos, sont coûteux et les organisations cloisonnées. Le fret lance un projet d'envergure pour refondre l'organisation  en utilisant l’état de l’art des technologies de l’information. » C’est une « digitalisation » complète des processus. Valérie Guérin œuvre sur le domaine commercial. « Après avoir travaillé sur la modélisation des  contrats clients, pour intégrer les nouveaux modes de contractualisation (avec l'arrivée de la concurrence) et des nouvelles offres clients, il a fallu réfléchir à la façon d’intégrer les informations dans une interface informatique. L'objectif est d'éviter la ressaisie, de partager avec les acteurs concernés les informations sur les flux contractualisés pour mieux suivre la qualité de la prestation vendue, et automatiser la mise en facturation. » « Nous avons travaillé sous forme d'ateliers avec tous les acteurs de la chaine : production, conception, systèmes d'information et  administration des ventes.  Cela nous a permis de découvrir toute la chaine de production et de travailler le questionnement et la réflexion sur les étapes primordiales de la chaine de service. » Certes, il y a eu des « points de souffrance, des discussions complexes », mais « la démarche était très structurée », et « l’enjeu était très important pour tout le monde, si bien que les réticences se sont levées peu à peu ». « Le résultat a été positif. « 

Ensuite, elle est « responsable du portail e services pour les clients de fret : 1000 connexions jours, 5 langues, une activité 24h/24. Ce portail permet au client de créer ses commandes et ses documents de transport en totale dématérialisation, de « suivre la vie de ses commandes », consulter ses factures en ligne et ses émissions de CO2 ».  Ce projet aura « un impact énorme sur le service clients mais aussi sur la remise en question de nos fonctionnements internes : il a fallu partager et construire des référentiels et bases de données unifiées, intégrer des données clients, intégrer les directives de la réglementation fixées par Bruxelles ».

Et l’adhésion des clients ?  « Nous avons conçu un système qui ne demande pas de formation, je voulais la même chose que les sites grands publics que nous utilisons tous facilement. » Elle avance « petit à petit », en partant d'ateliers avec les clients volontaires « Nous avons travaillé avec eux pour créer des interfaces simples et intuitives où le client est guidé à chaque étape. » « Nous avons formé les commerciaux aux e-services, nous les avons accompagnés pour qu'ils soient nos premiers ambassadeurs auprès de nos nombreux clients. » Et le changement s’est fait, pour les clients, « très vite pour certains, avec un réel appui au démarrage pour certains autres, dû essentiellement à la peur du changement. »

Après dix ans au fret, Valérie Guérin souhaite « partir à la découverte de nouveaux horizons à l'intérieur du groupe SNCF » « pour découvrir de nouveaux métiers et de nouvelles activités ». Sur les conseils de sa gestionnaire de carrière « persuadée que je serai à ma place dans cet environnement », elle rencontre la responsable de la ligne métier communication du groupe. « La rencontre est très riche », son profil plaît « car de nombreux projets pointent leur nez à la direction de la communication et du digital ! »

« Le langage des communicants et celui des informaticiens sont très différents. Je savais que je pouvais faire un super job de facilitateur pour réunir ces 2 mondes ! »  Et voilà… L'université de la communication SNCF lui offre  une mission de 6 mois « avec comme objectif de créer leur site  pour tous les communicants du groupe ! » « Cette étape a été très enrichissante pour moi : j'ai rencontré des gens formidables, très ouverts, appris sur les techniques d'écriture, et découvert la sémantique des mots ! »  C’est alors que la « direction du digital prend son envol ». Et que le « digital est à la recherche de différents talents». Mais cela, c’est pour le prochain billet.  (Semaine prochaine, même jour, même heure.)