vendredi 20 octobre 2017

Egoïsme durable

Histoire. Une personne malade. Sa maison ne désemplit pas. A celui qui s'émerveille de tant de gentillesse, elle répond : j'ai beaucoup donné. Sénilité ? Non. Il faut en arriver à la réalité : il y avait bien rapport marchand.

L'égoïsme n'est pas ce que l'on voudrait nous faire croire ? Le mal. Plutôt un principe de vie, en quelque sorte durable ? L'égoïsme comme échange immédiat. Mais qu'achète-t-il ? N'achète-t-il pas de l'affection ? Dans notre cas, c'est peut-être de puissance qu'il est question. C'est faire ce que l'on veut des gens. Ils échangent leur liberté contre de l'argent.

Plus curieux. La malade avait peur des réelles manifestations d'affection.

Morale de l'histoire ? Quand la personne a cru qu'elle n'aurait pas les moyens d'acheter les services dont elle avait besoin, elle a mis fin à sa vie. Le risque de l'amour fut au dessus de ses forces ?

jeudi 19 octobre 2017

Colonel Rondon

Théodore Roosevelt explore le Brésil au côté du colonel Rondon. Qui était ce colonel ? Wikipedia répond qu'il est quasiment l'antithèse de Roosevelt. Alors que ce dernier appartient à une sorte de noblesse américaine, le colonel Rondon est issu d'un ascenseur social à la française. Son père est d'origine portugaise, et sa mère indienne. S'il y a discrimination au Brésil, elle n'est pas aussi systématique qu'aux USA. Il est très tôt orphelin, et élevé par son oncle. Il rejoint l'armée où il devient ingénieur de l'armement, et enseigne les mathématiques. Un polytechnicien brésilien ? On l'expédie installer le télégraphe dans la forêt amazonienne. Dans des conditions effroyables et au péril de sa vie, il va l'explorer. Et il va faire preuve d'un talent surprenant : il parvient à si bien s'entendre avec les Indiens qu'il les enrôle dans l'entretien des lignes télégraphiques. Il poursuit sa carrière après son périple avec Roosevelt. Il sera fait maréchal et un Etat brésilien porte son nom.

Rondon était positiviste. C'était un missionnaire du progrès et de la civilisation, tels qu'on les entendait en ces temps là.

ISF

Grand débat sur l'ISF. M.Macron est-il le président des riches ?

Question pertinente ? Le problème qui préoccupe la population est-il la richesse ou l'accès à une situation décente ? Si c'est le cas, le véritable enjeu politique, au moins en France, c'est l'éducation. Ou plutôt "l'ascenseur social", la possibilité d'avoir accès à certains emplois. C'est elle qui crée les privilèges. C'est elle qui explique le creusement des inégalités. C'est probablement la raison pour laquelle aucun de nos politiques, de gauche ou de droite, ou nouvellement renouvelés, n'ont intérêt à en parler ? Ce sont tous les hommes politiques des riches ? ISF : écran de fumée ?

mercredi 18 octobre 2017

Idées noires

En considérant la loi sur le travail (billets précédents), on peut se demander si M.Macron n'a pas voulu appliquer à la France ce qu'elle refusait : le tout à l'économie et l'économie toute libérale.

Lorsque M.Sarkozy a décidé de réformer l'enseignement supérieur, un professeur (qui avait voté pour lui) m'a dit : "il nous insulte". M.Sarkozy avait cru déceler que la faille du système français était le manque d'évaluation (alors que l'enseignant français est un des plus évalués au monde). Les enseignants étaient des parasites incapables. M.Macron croit il aussi qu'il doit apporter la lumière à des retardés ? Sommes nous condamnés à élire des gens qui nous méprisent ?

Travail

Il vaut mieux un mauvais travail que pas de travail du tout, dit-on. Ce qui justifie une libéralisation à outrance. Ce qui se passe alors, comme en Angleterre, en Allemagne ou aux USA, ce sont des gens qui travaillent, mais qui n'ont pas les moyens de vivre. On a fini par croire que notre valeur est l'argent que nous rapporte notre travail. Or, notre contribution à la société va très au delà de ce travail. D'ailleurs, lui-même peut être nuisible. Ne dit-on pas que notre développement n'est pas durable ? (Pourquoi tant de gens ont-ils gagné tant d'argent à gonfler la bulle des supprimes ?)

La politique, au sens originel, c'est concevoir un projet pour la cité. Et de dire, d'abord, sa perception de l'homme, et de la place que l'on juge digne de lui. Quel est le projet du libéralisme ?

Droit du travail

Que peut changer le nouveau droit du travail pour une PME ? D'un côté une avocate spécialisée, qui travaille pour la PME et suit la question depuis des années. De l'autre des patrons de PME. Résultat ?

On est bien en France, hyper technocratique. Le texte est effroyablement compliqué. L'esprit ? Simplifier ! L'idée est, en dehors d'un corps de principes intangibles, que l'entreprise puisse adapter ses lois aux conditions qui lui sont propres. D'après un participant, il y aurait aussi un souci de se conformer à la société actuelle : le jeune est un indépendant, qui ne se reconnaît plus dans les syndicats. En pratique ? Il en reste la possibilité donnée au dirigeant de court-circuiter ses délégués syndicaux, pour faire voter ses employés sur les mesures qu'il juge nécessaires.

Le patron de PME fait grise mine. Il n'y a rien qui l'enthousiasme. Sa peur : c'est le Comité d'entreprise, il fait émerger deux ou trois individualités qui vont vouloir briller auprès de leurs collègues, en rendant la vie difficile au dirigeant. Or, ce seuil n'a pas disparu. Il y en a même un nouveau, et qu'il découvre : à onze salariés il faut un comité économique et social. Découragement : la PME n'a pas les moyens de se payer un directeur juridique, il est clair qu'il lui en faudrait un. Décidément, les études ont raison : la PME française est très peu rentable, ce qui force le dirigeant à s'occuper, mal, de beaucoup de choses.

La grande innovation, c'est vider le CDI de son sens. Désormais le I ne protège plus de rien. En fait, le véritable esprit de la loi serait-il de faciliter le licenciement ? En espérant que ce qui bloque l'embauche est la difficulté de licencier ? Mais cela ne peut-il pas encourager à se débarrasser du collaborateur récalcitrant ? De même, l'accord collectif s'impose au contrat de travail, antérieur. Plus aucun engagement fait au salarié n'est sûr. Crée-t-on ainsi une saine ambiance ? Toujours est-il que ces mesures ne donnent franchement pas envie de recruter à notre échantillon.

mardi 17 octobre 2017

Roosevelts

La famille des Roosevelt a deux branches qui chacune a donné un président, l'un républicain, l'autre démocrate. Chacun d'ailleurs a marqué l'histoire de son pays.

Ce qui est surprenant est le nombre de pages wikipedia consacrées aux descendants de la famille. Les Roosevelt et alliés demeurent célèbres. Cela indique probablement une particularité culturelle des USA. La classe supérieure tend à le rester. On y entre par l'argent, bien ou mal acquis. Ensuite on s'y distingue généralement pas ses actions culturelles. On est politicien, écrivain, professeur. Le simple fait d'appartenir à cette classe permet de vivre confortablement, parce qu'elle se rémunère bien. En on se marie entre soi.

Justice

Il y a quelques temps France Culture lisait le livre d'un journaliste américain. Il a suivi pendant un an une équipe de policiers. Le peu que j'en ai entendu m'a fait penser qu'il était quasi impossible de trouver des preuves indubitables d'un crime. Cela peut donner raison à Clint Eastwood, dont les héros se font justice. C'est d'ailleurs, ce qui semble arriver avec les "fichés S" et Harvey Weinstein. L'inefficacité de la justice nous fait-elle perdre patience ? Le plus surprenant est que ses défenseurs naturels semblent désormais les plus prompts à adopter des solutions radicales. A la Clint Eastwood.

lundi 16 octobre 2017

The artist

Pourquoi ne pourrait-il pas y avoir d'affaire Weinstein en France ? Demandait France Info à un invité, hier matin. Parce qu'en France tout est permis à "l'artiste", lui fut-il répondu.

Cela explique peut-être pourquoi on admire tant Céline, Heidegger ou Nietzsche, et que M.Mitterrand manifestait son estime pour des écrivains collaborateurs. En France, la morale et la loi, c'est pour les inférieurs ?

Through the Brazilian wilderness

Un roman d'aventure digne de Jules Vernes. 1913, Théodore Roosevelt, qui a quitté quelques temps plus tôt la présidence des USA, s'engage, avec un de ses fils et pour la science, dans la découverte de territoires brésiliens inconnus. Il va notamment mettre sur la carte un affluent (de 1500km) du principal affluent de l'Amazone. L'expédition se fait dans des conditions effroyables, mais avec courage et dignité. Pluies incessantes, attaques de multitudes d'insectes vicieux, noyades dans des rapides, indiens menaçants, mutinerie, malaria... Si j'en crois wikipedia, le président mourra quelques années plus tard des maladies contractées lors de ce voyage.

Théodore Roosevelt est un amoureux fou de la nature et un remarquable écrivain. Rien ne lui échappe. Il décrit la faune et la flore de manière simple et précise. Il fait aussi de discrètes considérations sur la science et la vie. En particulier, il remarque que le comportement des espèces n'est pas génétiquement déterminé. Il semble différer selon les circonstances. Par exemple, dans certains endroits, les pumas sont mangeurs d'homme, mais pas ailleurs. Il montre, encore, que l'animal ne cherche pas toujours à se fondre dans son environnement. Souvent, il fait le contraire. Ce livre est aussi un regard sur la société brésilienne. C'est une société où les races se mélangent. Certes, le colonisateur portugais y a l'avantage, mais ce n'est pas l'Amérique. Surtout Roosevelt y parle du progrès et de la conquête par l'homme de la nature. Finalement, c'est une leçon de vie. Les actes de Roosevelt sont conformes à sa pensée. Pour l'humanité, la science et la gloire ?

dimanche 15 octobre 2017

Harvey Weinstein

 Harvey Weinstein, contre qui tout le monde s'acharne, a longtemps été un citoyen admiré : un démocrate militant, proche de Mme Clinton et de M.Obama. Voici ce qu'en dit wikipedia :
Weinstein has been active on issues such as poverty, AIDS, juvenile diabetes, and multiple sclerosis research. He serves on the Board of the Robin Hood Foundation, a New York City-based non-profit that targets poverty, and co-chaired one of its annual benefits. He is critical of the lack of gun control laws and universal health care in the United States. 
Weinstein is a longtime supporter and contributor to the Democratic Party including the campaigns of President Barack Obama and presidential candidates Hillary Clinton, and John Kerry. He supported Hillary Clinton's 2008 presidential campaign, and in 2012, he hosted an election fundraiser for President Obama at his home in Westport, Connecticut.
Si j'en crois wikipedia, M.Weinstein aurait même un enfant qui aurait changé de sexe.

M.Trump doit bien rire. La gauche bien pensante ne serait-elle pas au dessus de tous soupçons ? Y aurait-il des similarités avec l'affaire DSK ?  A l'époque on avait parlé de Dreyfus. Peut-être n'avait-on pas tort. Car, quelles que soient ses turpitudes, M.Weinstein est condamné sans procès. Même la France veut lui retirer sa légion d'honneur. Viol de la justice ?

Développement

Brésil : corruption et obésité. Est-ce un mal brésilien ? Il semble plutôt que ce soit la caractéristique commune de notre modèle de développement depuis la guerre. Il a peut-être deux caractéristiques :
  • Le moteur de ce développement, ce n'est pas le progrès, mais le consumérisme. C'est ce qui crée l'obésité. C'est ce qui fait que l'iPhone nous fait oublier notre santé. 
  • Le moyen, c'est l'entreprise privée à laquelle l'Etat confie la fabrication des produits que le pays a été conditionné pour désirer. 
Ces deux aspects se retrouvent, me semble-t-il, partout, y compris dans l'Occident des Trente glorieuses. Si leurs conséquences ont été moins graves chez nous, c'est peut-être que, d'une part, le consumérisme de l'époque était moins dangereux que celui d'aujourd'hui, et, d'autre part, que l'Etat contrôlait mieux l'entreprise que ne le fait le Brésil.

samedi 14 octobre 2017

Harcèlement

Pourquoi parle-t-on de harcèlement à Hollywood et dans la Silicon Valley, se demande Le Monde. Et pourquoi de vieilles affaires émergent-elles maintenant ?

C'est une illustration du changement comme phénomène, selon Kurt Lewin. Il ne se fait pas instantanément. Il demande du temps, des circonstances favorables, et la mise en place de structures sociales. Dans ce cas, les harceleurs ont perdu en pouvoir de nuisance, ce qui les a rendus fragiles ; et les journaux ont mis sur pied des équipes et des techniques d'enquête efficaces. Le sujet rapportant beaucoup, elles sont en recherche systématique de nouveaux scandales à révéler.

La question qui se pose est : jusqu'où ira le balancier ?

Brazillionaires

Découvrir le Brésil grâce à ses milliardaires. Le Brésil, exemple même des dérives du capitalisme moderne ? Les Trente glorieuses qui auraient déraillé ? D'un côté, il y a une poignée de milliardaires, qui passent, en hélicoptère, de gigantesques propriétés protégées par des forces paramilitaires au sommet des buildings de leurs sociétés. De l'autre une masse de gens qui vivent sur des tas d'immondices. Et, au milieu, une des sociétés les plus dangereuses au monde.

Le Brésil est une colonie portugaise, puis un empire, longtemps esclavagiste. L'appétit du monde pour les ressources naturelles du pays a provoqué des bulles spéculatives, qui ont transformé son clientélisme constitutif en une hyper corruption. Privé et public vivent main dans la main. L'un et l'autre s'enrichissent mutuellement. Le peuple, à condition, qu'il y gagne un petit quelque-chose, n'y voit rien à redire. Dilma Rousseff et Lula n'ont rien changé. Ils ont simplement demandé à ce que l'on donne un peu d'argent aux pauvres. Argent que ceux-ci ont converti en iPhones et écrans plats, à crédit usuraire. Ainsi, l'on pouvait désormais vivre riche la conscience en paix ?

Quant aux milliardaires, ils n'ont rien de très original. Il y a les anciens, qui se sont enrichis de manière traditionnelle, par le détournement de bien public. Et les nouveaux, qui ressortissent au grand mouvement financier international de ces dernières décennies. L'un d'entre eux est un comparse de Warren Buffett. C'est un spécialiste de l'ingénierie financière et des plans sociaux. L'autre est un maître du powerpoint. Un grand bateleur qui a vendu aux investisseurs des coquilles vides. Il fut un temps la huitième fortune mondiale.

vendredi 13 octobre 2017

Modèle Sarkozy

M.Sarkozy aurait dit de M.Macron que c'était lui "en mieux". C'est aussi ce qui me frappe, depuis son élection. M.Macron me paraissait comme un intellectuel, un énarque de l'ombre. Mais, il me semble maintenant que ce qui lui plaît est d'être dans l'action. Un psychologue me disait "il ne sait pas fabriquer, mais il sait vendre. C'est un bon VRP." (Ce qui était un compliment.)

Le plus étrange est que MM.Sarkozy, Valls et Macron soient du même type. Et d'un type qui n'était pas fréquent jusque-là. Et que l'échec de M.Sarkozy non seulement ne l'ait pas condamné, mais l'ait amené à s'améliorer, façon sélection naturelle. Peut-être répond-il, justement, aux besoins de notre temps ?

Démocratie

J'ai été frappé, dans les années 90, d'entendre les Américains dire qu'ils apportaient la "démocratie" au monde. Or, ce qu'ils entendaient par là n'était pas à la définition que l'on a en France. Il s'agissait, essentiellement, d'une définition commerciale.

Aussi, cette définition ne correspond à rien d'historique. La séduction qu'a opérée l'Occident vient des trente glorieuses. Or, ce fut, partout dans le monde d'ailleurs, une époque technocratique. Mieux : même aux USA, les phases de "déréglementation" correspondent à des moments de chaos. En outre, les sociétés anglo-saxonnes sont notoirement inégalitaires. Les riches appartiennent à une autre race que les pauvres. Peut-on parler de démocratie dans ce cas ?

La particularité de l'Occident semble plutôt être une forme de dirigisme démocratique. C'est peut-être ce que Kurt Lewin a appelé le "changement planifié". La légitimité du "haut" est de mettre en oeuvre ce que veut la collectivité. Certains universitaires des années 60 parlaient de "servant leader". C'est ce qui fait que ce dirigisme ne peut devenir un totalitarisme.

(Le plus étonnant, pour moi, est que personne n'a protesté. C'est curieux comme la société a la capacité de gober des contre vérités.)

jeudi 12 octobre 2017

Barbara Hannigan

France Culture consacrait une journée à Barbara Hannigan, une artiste lyrique. Elle expliquait qu'elle avait refusé l'opéra traditionnel, pour la musique contemporaine. Non aux contraintes surannées, oui à la satisfaction personnelle. En cela, elle est peut-être représentative d'une époque.

Ce qu'il y a de curieux, c'est que cette génération, qui refusait la "tradition", a voulu en imposer une autre. Mais si l'art n'est que l'expression d'un individu, en quoi le groupe peut-il s'y retrouver ? Peut-être, comme beaucoup de révolutionnaires, ne voulait-elle pas changer le système, mais seulement y prendre les meilleures places ?

Reengineering

La fonction publique a besoin d'un reengineering, disait, hier matin, un invité de France Culture. Un reengineering est une re conception des processus collectifs de travail. C'est ce que font les entreprises lorsqu'elles veulent gagner en productivité. (C'est l'essence de mon travail depuis trois décennies.)

C'est juste, et c'est ce que dit ce blog. Seulement, ce qu'oublie cet invité, c'est que l'entreprise a des dirigeants, qui, quoi qu'on en pense, ont été formés pour transformer sans arrêt leurs entreprises. D'ailleurs, ils ont vécu dans ces transformations. Ce n'est pas le cas de l'administration. On y "administre", comme sous l'ancien régime. Et on y ignore la productivité.

On pourrait attendre l'exemple d'en haut. Mais je ne le vois pas venir. Probablement parce qu'il est fait de hauts fonctionnaires qui n'ont qu'un vernis entrepreneurial. Ce qui manque à la fonction publique, c'est un patron ?

mercredi 11 octobre 2017

Olivier Todd

Olivier Todd était invité d'A voix nue, de France Culture. Du peu que j'en ai entendu, j'en ai retenu "relations et provocations". Du fait de son père (Emmanuel) et de son grand père (Nizan), il a eu immédiatement d'énormes relations, on a parlé de lui. Et son oeuvre a la vertu de choquer. Voilà un bon cocktail pour être une vedette des médias.

Quant à la dite oeuvre, elle mériterait certainement d'être étudiée. Elle me semble basée sur le croisement entre des cartes représentant la structure familiale et un phénomène à expliquer. Alors, n'y a-t-il pas le risque de tout expliquer en termes de famille ? Et surtout de confondre cause et corrélation ?

Objectivité

Question posée par une émission de France Culture (il y a quelques temps) : pourquoi ceux qui défendent la mixité scolaire placent-ils leurs enfants dans des établissements qui ne la réalisent pas ? (Réponse évidente : parce qu'en France la réussite scolaire compte énormément, et que mixité et réussite ne sont pas corrélées.)

Changement ? Pendant longtemps ce type de question était taboue. De même qu'il n'était pas possible de parler d'immigration, sans être traité de raciste. Ce terrorisme intellectuel nous a rendus incapables de résoudre les problèmes qui se posaient, parce que nous ne pouvions les nommer. Du coup, il s'est révélé une prédiction auto réalisatrice.

(Une autre émission, qui réunissait des enseignants, expliquait qu'il y avait une sorte de ségrégation dans l'école de la République. Dans certaines zones, l'école est fréquentée à 90% par des enfants "musulmans". Ce qui fait, logiquement, que les lois de leur communauté ont plus de réalités que celles du pays... Je l'ai découvert.)

mardi 10 octobre 2017

Fonctionnaires

Les fonctionnaires sont en grève. Ils se plaignent d'être une "variable d'ajustement". Ils subissent restructuration après restructuration.

Ils ont raison. Je l'observe depuis longtemps. Il se passe dans l'administration quelque-chose de ridicule. Rien n'a changé avec M.Macron. C'est une sorte de caricature du privé. D'une part, on réduit les effectifs, car on ne remplace pas tous ceux qui partent en retraite, mais sans réorganiser les services. D'autre part, on investit dans des logiciels, qui n'ont fait leur preuve nulle part, seulement parce que c'est ce qu'emploie le privé, mais sans procéder à la modification des processus de travail que cela devrait entraîner. Je soupçonne qu'en croyant faire des économies, on perd de l'argent. Surtout, le problème majeur de l'administration est l'incapacité de ses managers à manager, et une structure en pyramide inversée. Cela produit un phénomène qui s'apparente aux supplices que les Romains faisaient subir à certains condamnés à mort : ils les jetaient à l'eau dans un sac, avec un chat et un coq.

Car, ce que savent aussi les fonctionnaires, c'est qu'ils sont dans un sac, dont ils ne peuvent pas sortir. Dans le privé, l'ajustement se fait pas le licenciement. Les salariés du public ont une retraite garantie, une assurance sociale solide, et peuvent donner à leurs enfants une scolarité décente.

Gnangnan

Une commentatrice de Flannery O'Connor disait que, dans ses nouvelles, le drame venait des personnes "gnangnan". Exemple, une dame qui prenait en amitié un tueur, qu'elle introduisait dans sa famille, qu'il massacrait. Idem pour un instituteur et un psychopathe. (Emission de France Culture.)

"Gnangnan" veut dire mou. Une autre forme de "banalité du mal" ? Je me suis demandé si le danger ne venait pas plutôt des bien pensants, qui, par idéologie (cf. les préceptes d'une certaine religion chrétienne), ne voient le mal nulle part. Ou, du moins, ne voient que des âmes à racheter. Du coup, ne faisant rien pour le corriger, ou l'éviter, il se déchaîne sur ceux qu'ils auraient dû protéger.

lundi 9 octobre 2017

Développement personnel

Mon ennemi de classe, c'est le psychologue, lorsqu'il parle de changement. Car, pour lui, changer la société, c'est nous changer, nous individus. Si le changement qu'il désire ne se passe pas, c'est parce que nous pensons mal. Il a créé la mode du "développement personnel" : si vous êtes au chômage, c'est parce que vous êtes un invalide de la volonté. Vous êtes coupable.

Pour moi, si le changement ne se fait pas, c'est qu'il est mal conçu. Il ne donnera rien. Et il sera injuste, parce qu'il sacrifiera certains aux intérêts d'autres.

Victime relative

Notre société tend à penser que la victime n'est pas innocente et que le coupable a des circonstances atténuantes. Les travaux sur les pervers narcissiques montrent que cela peut conduire à des drames. Car, dans ces cas, il faut extraire immédiatement la victime des griffes du pervers. Or, on le fait rarement.

La morale de cette histoire est que notre société est hypocrite. En effet, prenons le cas du terrorisme. Ces mêmes personnes qui trouvent des circonstances atténuantes aux coupables n'en trouvent plus aux terroristes, qui, pourtant, en auraient sûrement. Il est probable que cela s'explique par le fait qu'un raisonnement se fait à l'envers. On part de ce qui est dans son intérêt, et on cherche des arguments qui le justifient. Les beaux principes ne sont là que pour piéger ceux qui les croient (comme disent les hommes politiques) ?

dimanche 8 octobre 2017

Méthode Petraeus

Voilà comment le général Petraeus a changé la doctrine militaire américaine. Du moins voilà l'histoire qu'un Américain m'a raconté, il y a 7 ou 8 ans.

Le général, donc, trouvait que la culture de l'armée américaine n'était plus adaptée aux nouvelles conditions de guerre. Probablement elle avait été forgée par la guerre froide, or, il était maintenant question de se battre contre des groupes terroristes. Voici comment il aurait procédé :
  1. Il a collecté les problèmes qui se posaient. 
  2. Il a cherché, problème par problème, si quelqu'un ne lui avait pas trouvé une solution.
  3. Il a regroupé le tout sous un titre (doctrine) qui lui a donné une cohérence
  4. Puis il a fait le tour des unités de l'armée pour leur dire : voilà les problèmes que vous avez, voici comment certains de vos collègues les ont traités. Et l'armée a changé d'approche de la guerre. 
Je ne sais pas si ma mémoire est fidèle. Mais, ce n'est pas grave, cette technique mériterait qu'on l'utilise plus souvent en France..

Vérité

La vérité existe-t-elle ? Peut-on affirmer, par exemple, que les Américains sont haineux, comme le fait Michael Moor ? Ou que telle ou telle personne est un "pervers narcissique" ?

Tout d'abord, vue notre capacité à changer, nous ne "sommes" pas. Au mieux, nous "fûmes". Ensuite, comment voulez vous démontrer ces affirmations ? Etre absolument sûr d'avoir raison ?
Ce que nous appelons la "vérité" n'est rien de plus qu'une modélisation qui n'a qu'un vague rapport avec ce qui nous entoure. On est incapable, par exemple, de définir précisément ce qu'est un arc en ciel, ou une marée. Plus on pense cerner le phénomène, plus il s'éloigne.

En fait, la vérité n'a pas de vérité, mais c'est un guide à l'action. C'est pourquoi il est intéressant de chercher à caractériser le comportements des Américains, des marées ou des arcs en ciel. A condition de se dire que ce n'est rien de plus qu'une modélisation. Et que ça peut changer. Et, parfois, même que cela doit changer.

samedi 7 octobre 2017

Voisins

Daech est chassé d'Irak, les communautés chrétiennes que Daech a chassées de chez elles, vont-elles y revenir ? Interrogation d'une émission de France Culture. Probablement non. Les chrétiens vivaient en bonne entente avec leurs voisins. Mais, maintenant, ceux-ci les haïssent. Cela m'a rappelé "La fin de l'homme rouge". La disparition de l'empire communiste a, elle aussi, provoqué des affrontements effroyables entre gens qui jusque-là demeuraient paisiblement côte à côte. Comme quoi les liens entre groupes humains tiennent peu. Il n'en faut pas beaucoup pour les casser, et transformer les gens en bêtes sanguinaires.

Alain dit, en 1913 : "la guerre est toujours à craindre et peut toujours être évitée. Toujours à craindre, par l'effervescence qui, si elle s'étend, réalisera la guerre, même pour de très faibles raisons. Toujours évitable, quelles que soient les raisons, si l'effervescence ne s'en mêle point." Grande est la culpabilité de ceux qui créent "l'effervescence" !

Argenteuil

Argenteuil est à deux pas de chez moi, et j'y ai vécu mon enfance. J'y suis revenu l'espace d'un examen médical. Et j'ai eu l'impression d'être dans un autre monde. D'un côté désoeuvrement et fast foods, de l'autre ordre et respect pour les femmes âgées.

Le féminisme nous a fait oublier que, dans les sociétés qu'il combat, la mère de famille a une place à part : c'est un surhomme.

vendredi 6 octobre 2017

Dr Mengele

Un écrivain a publié un livre sur le Dr Mengele. Il en était question chez France Culture dimanche dernier. Esprit du livre : Mengele est en Amérique du sud, et il est heureux ; n'est-il pas libre et riche ?

Je n'en suis pas sûr. Les nazis avaient un rêve de domination. Ils se croyaient des surhommes. Or, ils ont perdu. Ils ont été chassés de la patrie qu'ils plaçaient au dessus de tout. Et ce sont ceux qu'ils méprisaient qui ont dominé la planète. Surtout, eux qui rêvaient d'un destin glorieux, éventuellement d'une mort héroïque, ont pris a perpétuité le destin lâche des fuyards inquiets, de Juifs errants. La mort est-elle la pire des peines ?

Heidegger

Heidegger nous pose une curieuse question. Son oeuvre paraît la légitimation philosophique du nazisme. C'est en affrontant le néant que l'homme renaîtra. Heidegger lui-même a été plus que mouillé dans ce mouvement. Or, il fut, immédiatement après guerre, sans l'ombre d'un doute, un héros de l'intelligentsia française, Sartre en tête. Même Hannah Arendt, dont la vie a été un combat contre le nihilisme, lui a conservé son amour de jeune fille.

Ne pourrait-on pas tenir le même raisonnement au sujet de la finance internationale ? N'y a-t-il pas l'ombre d'un doute qu'elle crée des crises qui bouleversent des millions de vies ? Sans condamner a priori, n'y a-t-il pas matière à jugement ? Sans cela comment peut-on prétendre condamner qui que ce soit ? Ce qui remplit les prisons ou alimente les guillotines, ce ne sont pas les fautes, mais les classes sociales ?

jeudi 5 octobre 2017

Malade

J'ai beaucoup de "coachs" autour de moi. Depuis une quinzaine d'années, le coaching est à la mode. On s'y convertit en masse. En particulier les chômeurs surdiplômés.

Ce qui me frappe est qu'ils me prennent souvent pour un malade. Mais, même si je cherche ma voie (est-ce anormal ?), je suis raisonnablement bien dans ma peau. Surtout, je ne les trouve ni très utiles, ni très resplendissants de santé mentale. C'est un euphémisme.

Je pense qu'il n'y a qu'une sorte de malade : celui qui consulte. Laissons les autres tranquilles.

Mariage pour tous

"il y a toujours à craindre pour un ménage trop isolé et qui se nourrit d'amour seulement. (...) C'est l'institution qui sauve le sentiment." Alain, Propos sur le bonheur, 14 décembre 1912.
Autrement dit, ce sont les contraintes externes qui font la solidité du couple, pas l'attraction mutuelle.

Cette prévision semble avoir été validée par l'expérience. Depuis que l'on a imaginé que le mariage devait être d'amour, les ménages se sont mis à divorcer.

(Il y a de rares exceptions.)

mercredi 4 octobre 2017

IA et Big Data

J'animais la conférence IA et Big Data de Saretec. La formule de la série de conférences "un autre regard" est de faire se rencontrer un scientifique et un artiste.

Le scientifique était Jean-François Marcotorchino. Il a fait un point, d'une érudition bluffante, sur l'état de l'art de l'IA et de Big Data, et a expliqué ce qui se faisait actuellement dans le monde des assurances, en évoquant la question de la réalité de la menace que pourrait faire planer Google sur les sociétés du secteur. Point clé : non seulement, il n'y a rien de neuf (il a sorti de sa besace un livre de 92, où l'on retrouvait toutes les techniques modernes), mais l'Intelligence Artificielle est en train de fusionner avec l'analyse de données (Mathématique). Ce qui est nouveau : c'est la puissance. D'où l'espoir, mesuré, que l'on ne soit pas en face d'une bulle spéculative, comme à l'époque de la folie de la "5ème génération".

Jeanne Bordeau, qui a emporté l'auditoire par sa passion, a analysé l'impact de ces nouvelles technologies sur le langage d'entreprise. J'en retire une triste image. Car le rôle du langage n'a pas changé depuis Aristote. Il est de convaincre. La technologie semble l'avoir fait oublier. Du coup, les entreprises ont un discours singulièrement peu efficace. Comment redresser la barre ? Je retiens que la technologie présente des avantages. Mais que, pour les capter, il faut commencer par concevoir tout un plan (une charte) qui définisse le langage collectif, et qui garantisse son efficacité. Non seulement cela demande du talent, et peut-être beaucoup de temps, mais surtout il faut que le dirigeant comprenne que ce doit être sa première préoccupation. Désespéré ?

Avant de me lancer dans IA et Big Data, un conseil ? Bien poser le problème, et définir où l'on veut aller...

En résumé, il me semble qu'on est en face d'un progrès au sens progression. C'est un progrès qui est plus une question de puissance que d'intelligence. On ne parle plus de grande découvertes. Et, de ce fait, il avance lentement. Un progrès bourrin. En revanche ce qui ne l'est pas c'est le marketing. Il a une puissance de lavage de cerveau qui est confondante.

Valorisation

L'économiste Robert Schiller explique que la valeur d'une entreprise correspond à ce qu'elle doit rapporter. Si la bourse lui donne une valeur supérieure, c'est de la spéculation. Je lui ai écrit en lui demandant si l'on ne pouvait pas appliquer une autre idée : celle d'une valeur sociale. Un consensus se fait comme quoi telle société vaut tant. ce qui expliquerait pourquoi des sur valorisations comme celle d'Amazon se maintiennent. Depuis j'ai découvert que j'avais redécouvert la théorie de Thomas Schelling, un prix Nobel d'économie. (Théorie de l'ancrage.)

Schiller ne m'a pas répondu, et a obtenu le prix Nobel. Depuis j'en suis arrivé à une autre idée. Si la valorisation d'un certain nombre d'entreprises n'a aucun rapport avec ce qu'elles rapportent, c'est parce qu'elles sont porteuses du combat du microcosme financier. Elles plaisent à celui-ci parce qu'il aime le monde qu'elles lui promettent. S'il les finance assez longtemps, elles élimineront leurs concurrents. Et la prédiction aura été auto réalisatrice.

Dans cette histoire Schiller et Schelling ont raison. Les financiers ancrent dans l'esprit du marché qu'Amazon vaut très cher. Et, finalement, Amazon rapportera beaucoup quand il n'aura plus de concurrents.

Médecine

Ayant déménagé, je cherche un médecin référent. Personne ne veut de moi. "Le docteur untel ne prend plus de patients". Cela explique-t-il pourquoi on rencontre tant de médecins étrangers ? Par exemple dans les maisons de retraite ? Mais alors pourquoi les études de médecines sont-elles si sélectives, si l'on manque de médecins ? Pourquoi refuse-t-on à une population dominée par le chômage des emplois bien payés ? (Avec un effet pervers dont me parlait un médecin : 25% des diplômés ne pratiquent pas : ils étaient faits pour les études, pas pour la médecine.)

Le débat sur l'immigration, et peut-être le chômage, semble rater le vrai problème. C'est le combat entre "grand blanc", qui organise la pénurie, et "petit blanc" qui la subit. L'un et l'autre ont probablement la même nature. Comme l'aurait dit Tocqueville, cela nous ramène à la responsabilité du législateur, qui doit comprendre les caractéristiques d'une culture pour aller dans le sens de ses vertus plutôt que de ses vices. Malheureusement le législateur, lui aussi, a probablement était victime d'une sélection exagérée.

mardi 3 octobre 2017

Immigration

Les médecins et les infirmiers des pays européens pauvres (est et sud) ont émigré en masse vers les pays riches (nord et ouest). Impressionnant. D'un côté on peut perdre plus d'une personne par 1000 habitants, de l'autre (Angleterre et Belgique notamment) gagner près d'une personne par 1000 habitants. L'effet est moins marqué en France et en Allemagne : contrôle des entrées ? En tout cas, c'est une question d'argent.

D'où la pertinence de chercher à uniformiser le niveau de vie européen ?

Chanson

J'écoutais les célébrités de la chanson des années 50. Les Brel, Brassens, Barbara... Ce qui me frappe c'est une forme de génie. Chacun écrivait nombre de ses textes. Et ils ont un talent que l'on ne rencontre plus. Leur caractéristique : la simplicité du vocabulaire employé. C'était simple, mais juste. D'ailleurs, même les poèmes de Victor Hugo qu'ils utilisaient parfois ("le vent du nord me rendra fou") étaient eux aussi simples. En particulier si on les compare au langage compliqué de nos normaliens et autres docteurs en sciences humaines. Or, ce monde et ses poètes n'avaient pas le bac.

De quoi je déduis que l'école d'alors, ou l'influence sociale, enseignait la formulation précise de la pensée. Et que cela ne demande pas un grand vocabulaire.


lundi 2 octobre 2017

Discours

Discours de M.Macron à la Sorbonne. Remarques en vrac :

  • Qu'il "passe" bien à la télé ! C'est une bête de scène. Dans les moments importants, il s'adresse à son auditoire les yeux dans les yeux. Il ne lit pas son discours. Pas surprenant qu'il ait manifesté des dons pour le théâtre dans sa jeunesse. Autant je le trouve peu convaincant lorsqu'il parle de la France, autant, là, il a fait passé un souffle d'air frais. (Mais, vu le peu d'écho qu'il a eu, pour le moment, l'air frais doit passer au dessus de la tête des Français...)
  • Même type de discours que son livre. C'est une analyse systémique et exhaustive de la question. C'est pourquoi il est si long. Rien n'y échappe. Il met ainsi ses opposants dans une situation difficile. Les tactiques politiciennes usuelles paraissent mesquines. La seule contre proposition possible est un autre modèle de société. Pour contrer Macron il faut un nouveau Marx. Même M.Mélenchon est encore un peu jeune pour cet exercice. 
  • Comme dans son livre, il met les pieds dans le plat. Oui, nous Français, nous avons nos défauts, nos obsessions, que tout le monde nous reproche. Mais c'est aussi vrai de vous, Allemands. Eh bien, on va s'en débarrasser. Et c'est ainsi que l'on va résoudre nos problèmes. 
  • Point remarquable (compte tenu des obsessions de ce blog), il parle des conséquences des changements qu'il propose. Le changement n'est plus une lutte du bien contre le mal, comme chez les politiciens usuels, mais une évolution pour laquelle on se donne les moyens (de "mise en oeuvre du changement") nécessaires pour qu'elle puisse profiter à tous.
  • On comprend pourquoi il a délégué la France à son premier ministre. Il est évidemment plus heureux dans les hauteurs européennes et mondiales, qu'au niveau du sol français. Effectivement, il a un côté Napoléon. Il joue sur les forces en présence pour obtenir ce qu'il veut. C'est à dire une Europe puissance, débarrassée de ses incohérences. Dans ce combat, il a un avantage sur les nationalistes : il est libre, amusant et heureux alors qu'ils sont enlisés dans leurs médiocres intérêts égoïstes. 

Catalogne

La Catalogne vote. 90% de 2m de votants veulent partir d'Espagne. Qu'est-ce que cela signifie ?

A l'époque ou je faisais des études de marché, on parlait du biais du sondage "auto administré" : ceux qui répondent sont particulièrement motivés par la question. (Ils ne sont donc pas représentatifs de la population globale.) Ici, 1,8m des 5m de votants potentiels ont choisi le départ, soit 38% de la population. Ce n'est probablement pas moins que la proportion des votants pour le Brexit en Angleterre. Cependant, il n'est pas certain qu'ils auraient eu la majorité si les élections s'étaient déroulées normalement.

Chaos ou remise en cause ? Peut-être est-ce ce que nous annonce la Catalogne ?

MM. Macron et Mélenchon

La radio a trouvé une variante de ma "ruse des systèmes" : MM. Macron et Mélenchon seraient-ils les deux faces d'une même pièce ? Les participants à une émission de France Info semblaient dire que chacun ferait le jeu de l'autre. (Ce sont aussi les seuls survivants : les Républicains, les Socialistes et le FN sont la proie du chaos et donc inaudibles, et j'oubliais les écologistes.) Tous les deux représentent des modèles de société incompatibles. Ce qui fait que l'on ne peut être que pour l'un ou pour l'autre. On en est revenu au temps où le Gaullisme était face au Communisme.

Avec une différence. C'étaient des mouvements de masse. Aujourd'hui, on s'adresse à l'individu.

dimanche 1 octobre 2017

Catalogne

La Catalogne veut s'extraire de l'Espagne. Personne en Europe n'y semble très favorable. Et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? D'ailleurs, la France, pourtant ultra colonialiste selon certains, n'a-t-elle pas appliqué ce principe en Nouvelle Calédonie ? D'ailleurs, les Etats-nations ne se disloquent-ils pas, depuis quelques temps, sans que cela nous émeuve ? (Yougoslavie...)

Le phénomène était acceptable quand il ne nous touchait pas ? Ce n'est plus le cas maintenant. Et si non seulement l'Ecosse, la Bretagne, la Corse ou le pays basque, mais des communautés ethniques localement majoritaires, demandaient leur indépendance ? Peut-être va-t-il falloir s'inquiéter de ses causes ?

Autorité

68 a eu un effet bizarre. Ce fut un rejet total de l'autorité. Et pourtant, il a produit la création de figures d'absolue autorité. Des sortes de saints laïcs. Nelson Mandela en est un exemple. Il ne peut plus avoir aucun défaut. Des défauts, parfois, qu'il aurait peut être considérés comme des qualités. Après tout il était certainement fier des valeurs de sa culture d'origine, qui n'a rien à voir avec la nôtre. Il en est de même de Serge Gainsbourg et de toutes les femmes que l'on peut, de près ou loin, rattacher au combat du féminisme, dont beaucoup sont des reines ou des aristocrates.

68 n'a pas été le rejet de L'autorité, mais d'une autorité, pour en imposer une autre, celle du bon plaisir de tout ou partie de la jeunesse de l'époque.

samedi 30 septembre 2017

Nature de l'homme

La nature de l'homme est-ce le bien ou le mal ? s'est on demandé. C'est un exemple de "framing", une technique de manipulation. C'est un problème dont la formulation induit la conclusion. Car qu'est ce que le "bien" et le "mal" ? Et l'homme peut-il avoir une nature unique et stable ?

J'expliquais que les médecins semblent avoir limité le nombre de leurs nouveaux collègues de manière à maximiser leurs bénéfices. C'est un exemple d'influence culturelle (au sens anthropologique). Nous tendons à être individualistes. Ce qui fait que nous exploitons tous les goulots d'étranglement que nous pouvons trouver. Les routiers paralysent les routes lorsque leurs intérêts sont en jeu. Mais ils ne sont pas les seuls. Tout ceux qui le peuvent procèdent comme eux. C'est moins spectaculaire, mais c'est généralement beaucoup plus efficace. C'est d'ailleurs ce que disait l'étude de la bureaucratie de Michel Crozier. En effet, la bureaucratie est en monopole, et le bureaucrate individualiste va exploiter sa position de force. Mais tous les peuples ne sont pas comme nous. D'ailleurs, un Français en Allemagne se comportera comme un Allemand. Car il y sera contraint par la pression collective. Les sociétés produisent des contre pouvoirs. C'est la fameuse théorie d'Adam Smith : le mal (l'individualisme) peut produire le bien (un enrichissement général).

Cependant, le laisser faire n'est pas de rigueur. Comme le disaient Aristote et Tocqueville, parmi d'autres certainement, pour éviter les cercles vicieux destructeurs, il faut adapter les lois à la nature (provisoire) de la société, à sa culture.

Joffre et Foch

Hasards de Wikipedia, je lis les fiches de Joffre et Foch. C'est très loin de ce que l'on m'a enseigné.

En dehors des erreurs propres à tout homme, ils semblaient l'un et l'autre avoir quarante ans de retard sur la réalité militaire de leur époque. Que la France ait résisté signifie peut-être que, en ces temps, le talent de l'état major comptait peu dans le résultat des opérations. Ce fut une sorte de guerre de siège.

Il se peut aussi que cet état major dépassé ait été renforcé dans ses certitudes par la victoire. Ce qui l'a mal préparé à la guerre suivante.

(Mon propre service militaire, en Allemagne, m'a montré une armée ridiculement dysfonctionnelle. Qu'en est-il de l'armée moderne ?)

vendredi 29 septembre 2017

Intelligence artificielle

Une spécialiste du langage me disait que les robots étaient préférables aux hommes. Car de moins en moins de gens savent s'exprimer correctement. Le robot, pour sa part, a un langage programmé pour respecter la syntaxe, mais aussi nos conventions, en particulier la politesse. Et il ne se fatigue jamais, et il ne fait pas d'erreurs. Mais, contrairement à l'homme, il peut s'enrayer et partir dans une sorte de délire, a-t-elle aussi constaté. Il faut prendre la question au sérieux. Selon ce que vous dîtes au marché il fait votre fortune ou il vous laisse en faillite.

Paradoxe : voilà qui condamne l'intelligence artificielle ? En effet, je constate qu'elle peut donner de bons résultats, mais cela demande un travail préliminaire important. En fait, beaucoup d'intelligence. Or, aujourd'hui on fait usage de l'intelligence artificielle justement dans l'espoir d'éviter d'avoir recours à sa propre intelligence...

(Une histoire que je raconte souvent est que, peut-être pour la première fois dans l'histoire, la productivité anglaise a régressé. La raison en est que les salaires y ont tant baissé que les entreprises préfèrent utiliser des hommes que des machines... Cela explique peut-être que l'on ait tant fait appel à l'immigration.)

Barbara

Hasard de YouTube, je découvre une Barbara que j'ignorais. L'histoire officielle m'en avait laissé l'idée d'une destinée tragique. Ce n'est pas ce que je vois. D'abord, le style planant très particulier qu'on lui connaît n'est pas d'origine. (Initialement elle était chanteuse populaire.) Il s'est construit. Ensuite, loin d'être une victime de la fatalité, elle semble au contraire extrêmement sure de son talent, et ce dès le début. Loin d'être victime, elle est présentée comme une croqueuse d'hommes. Et elle en est fière.

Mais cette apparence masque l'inquiétude. Elle se droguait. Elle rencontre assez tôt des problèmes de voix, et tente une reconversion dans le cinéma et le théâtre, où elle se ridiculise. Cet épisode aussi semble avoir été éliminé de la conscience collective. Elle m'a fait penser à Amy Winehouse. Un mélange de génie sûr de soi, d'inquiétude et de drogue. Aurait elle été, finalement, une victime ? Mais une victime d'une sorte de pacte faustien ? L'acquisition d'un talent quasi surhumain contre un destin tragique ?

jeudi 28 septembre 2017

Zone humide

France Culture parlait de "zones humides". Enjeu écologique majeur, semble-t-il. C'est là que vivent une faune et une flore particulières. Mais cela m'a paru ridicule. Car, il n'y en a quasiment pas ou plus ! Et cela semble en partie une création humaine. D'après ce que j'ai entendu, par exemple, les étangs auraient été créés par la noblesse du 12ème siècle.

Surtout, j'ai pensé à Genevoix, et aussi à Barrès. En leur temps, on pouvait être amoureux d'un bout de Loire ou d'une colline. La nature était si riche qu'une vie pouvait se passer sur quelques kilomètres carrés. Aujourd'hui, de grand mouvement, on ne voit plus rien de la nature. D'ailleurs, elle est bétonnée. On n'y trouve plus de quoi s'émerveiller. Et notre existence est encadrée, cadencée, fichée. C'est peut-être ce que Max Weber entendait par "rationalisation". Et si l'écologiste était un idiot utile de cette rationalisation ? Et si son rôle était de nous faire croire qu'il nous reste encore un peu de nature ? Un peu de liberté ?

Ruse des systèmes

Les partis politiques recrutent généralement leurs dirigeants dans les mêmes milieux. Ainsi ils partagent les mêmes valeurs. C'est peut-être une ruse des systèmes. Car, que l'on choisisse l'un ou l'autre, on a toujours la même chose. Mais on a l'impression d'être libre... Il semblerait que les opposés aient parties liées.

Est-ce vrai pour MM.Mélenchon et Macron ? Déjà, ils portent quasiment le même nom. Ensuite, ils aiment tous les deux les bus. M.Mélenchon fait transporter ses partisans en bus, et M.Macron préfère le bus au train. Mais surtout, M.Mélenchon est un trotskiste, c'est à dire un individualiste de gauche (un ennemi juré du communisme). Les rangs des trotskistes ont fourni beaucoup de néoconservateurs.  Et surtout, beaucoup de loups solitaires. Car, il n'y a pas de place pour deux individualistes dans un parti. MM.Macron et Mélenchon : les deux pôles d'un même système libertaire ?

mercredi 27 septembre 2017

Gouverner

Les mesures fiscales du gouvernement favoriseraient les salariés du privé au détriment des retraités. Et la réforme de l'ISF favoriserait les plus riches. Est-ce juste ? se demandaient les interviewés de la radio.

Ce qui me frappe est que le système d'avant semble maintenant idéal. Or, il a créé, de l'aveu général, beaucoup d'injustices, en particulier d'inégalités, et peut-être du terrorisme. A croire que c'est la recherche de la justice qui crée l'injustice.

Pragmatisme
Faut-il vouloir le mal pour faire le bien ? En tout cas, le grand changement serait de passer de l'idéologie au pragmatisme (au sens de la philosophie américaine du même nom). C'est à dire ?

Envisager les conséquences de ses décisions plutôt que d'en rester à des considérations abstraites. Notamment prendre en compte le court et le long terme. Certains peuvent perdre un peu aujourd'hui, pour gagner plus demain. Surtout, il y a la capacité de flottaison de chacun. Une hausse d'impôts est dramatique pour quelques-uns, moins pour d'autres... Finalement, il est impossible de faire bien du premier coup. Il faut prévoir un dispositif qui permette l'apprentissage.

(Par ailleurs, comme dans tout changement, il faut faire la part des choses dans la réaction de la population. Il est tactiquement habile de protester.)

Cinéma

J'entendais le réalisateur du Jeune Marx dire, en substance, que le cinéma Hollywoodien nous manipulait pour nous faire aimer le capitalisme (France Culture, vendredi dernier). Son film combattait le mal par le mal : il nous manipulait pour nous faire haïr le capitalisme.

C'est ennuyeux toute cette manipulation. Cela montre assez peu de considération pour l'homme. Et cela ne donne pas envie d'aller au cinéma. Socrate, pour sa part, cherchait à créer les conditions qui feraient que l'homme pense par lui même. Il ne prétendait pas lui dire ce qu'il devait penser. Car, il croyait que la diversité était une richesse. Seulement, il fallait mettre en marche son cerveau...

C'est une idée qui mériterait d'être creusée.

mardi 26 septembre 2017

M.Macron et l'Europe

On n'en parle pas en France, mais M.Macron mènerait une offensive en Europe. Il s'agirait de bâtir une coalition de bonnes volontés pour soutenir ses projets. Il semble penser que, comme en France, il y a un fossé entre ce que veulent l'élite et le peuple. Or, ce que veut l'élite ne correspond pas aux projets de M.Macron. A savoir "Europe first", à la Trump ou May.

Le rôle des députés français de la République en Marche serait d'établir des liens avec d'autres élus européens favorables à leurs thèses, de façon à créer un "En marche" européen. En premier lieu au sein du parlement européen, pour faire contre-poids aux Etats. La commission européenne lui serait favorable.

Cela va-t-il réussir ? Au moins avons nous élu quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux...

(Le programme européen de M.Macron, selon Le Monde.)

Opposition

France Info disait ce matin que le projet de loi antiterroriste du gouvernement faisait contre lui l'unanimité de l'opposition. Or, la droite dit qu'il est laxiste, et la gauche qu'il est liberticide. Curieuse unanimité.

De même, j'entendais M.Trump faire une déclaration à une foule enthousiaste (au sujet de "Little Rocket Man"). Beaucoup d'hommes politiques français l'auraient envié. Le journaliste parlait d'un public "acquis" à sa cause. On le décrit généralement en France comme peu aimé des Américains. Est-ce réellement le cas ?

Nos journalistes ne feraient-ils pas bien de se pencher sur leur façon d'analyser l'information ?

Feu

Idriss Aberkane dit que la nature est une bibliothèque. Mais que l'homme n'a rien trouvé de mieux que de se chauffer en la faisant brûler. Il entend par là que si l'on parvenait à comprendre les procédés que la nature a inventés, on aurait accès à des merveilles. (Biomimétisme.)

En particulier, j'entendais ailleurs, que la nature réalise quasiment sans énergie, ce qui nous en demande une grande quantité. Ce qui laisse penser que, si l'on suivait son exemple, non seulement on n'aurait plus de risque de réchauffement climatique, mais que l'on pourrait mieux vivre qu'aujourd'hui.

Ce qui pose la question : la découverte du feu a-t-elle été aussi favorable qu'on le dit ? Et si cela nous avait rendu paresseux, et nous amenait à une auto-destruction accélérée ? Serait-il temps d'envisager un avenir à faible énergie (entropie) ?
Allez prendre vos leçons dans la nature, c'est là qu'est notre futur. (Léonard de Vinci)

lundi 25 septembre 2017

Le temps de M.Macron

M.Macron fait souvent l'envers de ce que disent mes cours. Mais n'a-t-il pas un plan que je n'ai pas vu ?

Ce matin, j'entendais France Culture se réjouir de ce qu'il ait perdu les élections sénatoriales. Mais, je doute qu'il ait eu la moindre illusion à leur sujet. Cependant, sa communication semble malheureuse. Alors qu'il dit le plus grand bien des élus locaux dans son livre, il a coupé leurs crédits sans discussion. Pas étonnant qu'ils ne lui aient pas donné leur voix aux sénatoriales. De même, il s'est fâché avec la Pologne, il a parlé de "paresseux" au sujet d'une partie de la population française, il attaque les régimes spéciaux en pleine période de contestation de la loi sur le travail... Est-il suprêmement intelligent, ou suicidaire ?

Perdez du temps, M.Macron ?
Et maintenant, voici ce que je dis dans mes cours. Cela vient en partie de mon expérience personnelle. D'ailleurs, cette expérience est peut-être ce qu'il y a de mieux pour comprendre mon cours.

Tout jeune, je prends un emploi qui se révèle vite un piège. Mais je ne me laisse pas décourager. Je travaille nuit et jour, et je prends même des initiatives pour faciliter le travail de mes nouveaux collègues, qui ne me demandaient rien. Vie infernale. Heureusement, je n'en étais pas totalement conscient. Et j'avais l'énergie de la jeunesse. Or, je finis par comprendre qu'ils ne m'aiment pas. Pourquoi ? Parce qu'ils sont en face d'une sorte de robot qui les inquiète. Alors, j'ai changé de tactique. (Ce qui n'a pas été sans douleur.) Je suis devenu le meilleur ami de l'entreprise. Et j'ai repoussé mon travail de robot hors des heures ouvrables. Et il s'est passé quelque chose d'inattendu. Non seulement, on m'a trouvé sympathique, mais spontanément mes collègues m'ont apporté une aide que je ne leur demandais pas. Eux aussi ont fait preuve de "sympathie". Ils étaient conscients que je ne pouvais pas m'en sortir. Probablement, sans eux, je n'aurais pas réussi.

C'est une leçon que j'ai retenue. "Aime et fais ce que tu veux." Mais, pour aimer, il faut "perdre du temps". C'est à dire sacrifier aux rites sociaux. Ce sont eux qui permettent d'apprendre à aimer. Surtout s'ils paraissent une perte de temps. M.Macron me semble perdre bien peu de temps...

(Mais, ce qui m'inquiète plus, pour lui et pour nous, c'est la faiblesse de Mme Merkel. Son futur gouvernement pourrait bien ne pas être dans notre intérêt.)

Sueurs froides

Vieux roman noir. On y parle d'un homme qui a le vertige. J'ai immédiatement pensé à Vertigo, de Hitchcock. Et, effectivement, c'est une de ses inspirations. Heureux temps où la littérature française était lue par les cinéastes étrangers !

Comme souvent avec les films d'Hitchcock, je ne  me souvenais de rien. (Curieux que les trublions de la nouvelle vague lui aient voué un tel culte.) Heureusement. Cela m'a permis de lire sans m'attendre au dénouement. Je n'en ai pas tiré grand chose, sinon l'idée que le roman noir est ou était le contraire du roman tout court. C'est le spectacle de la chute d'un personnage condamné dès l'origine. Le lecteur se délecte au spectacle de la fatalité. Satisfaction de celui qui assiste à l'enterrement d'une connaissance, en se disant qu'il lui a survécu ?

Ce type de livre ne pourrait probablement pas être écrit aujourd'hui, aussi. Les romans sont invraisemblables. Mais chaque génération a son invraisemblable. Ce qui doit en dire long sur ses fantasmes.

dimanche 24 septembre 2017

Journalisme

La technique est toujours la même. Les informations de France Culture parlent d'une décision du gouvernement, elles font ensuite parler un opposant appartenant à une ONG ou un parti d'opposition. Résultat : les deux opinions ont le même poids. La seconde en a plus que la première, même. Or, elle a un poids démocratique beaucoup plus faible.

Un universitaire me disait la même chose. Un journal mettait en regard l'opinion du meilleur expert mondial d'un sujet, et celle d'un inconnu qui avait émis une théorie fumeuse. Même poids pour le lecteur.

Aux USA, le journaliste fait une enquête. Il creuse. Et il s'efforce d'entendre tout le monde. Et si l'on envoyait nos jeunes journalistes se former aux USA ? Ils nous ramèneraient peut-être des techniques que nous avons oubliées. (Les techniques d'Albert Londres ?)

M.Macron et l'Allemagne

Elections en Allemagne. Mme Merkel va gagner. En quoi cela nous concerne-t-il ?

On peut être dubitatif sur les réformes de M.Macron lorsqu'elles concernent le pays. En revanche, le changement systémique qui pourrait transformer notre vie, serait un changement de cap de l'Allemagne. Si elle cesse d'infliger l'austérité à l'Europe, on passerait de l'obsession de la réduction des coûts, qui crée déflation et chômage, à une logique de marché européen über alles, et donc de travailleurs riches.

Tout dépendra de qui entre dans le gouvernement de Mme Merkel. Si elle ne gouverne pas seule, ou avec le SPD, M.Macron aura des difficultés à faire passer ses idées. (Pour le moment, cela semble mal parti.)

Start up

Jeanne Bordeau écrit un article amusant sur le langage des Start up. Mais que cache ce discours séduisant ? On s'apitoie sur le sort des cyclistes de Deliveroo, et si "nous étions tous des livreurs de Deliveroo"? Et si la réalité du modèle économique de la Start up était non telle ou telle innovation mais notre crédulité ?

Après tout, cela a déjà été le cas durant la bulle Internet. Alors aussi ont promettait beaucoup, et surtout des conditions de travail idylliques. Mais tout a mal tourné. Et encore, cela aurait pu être bien pire, sans l'intervention des Etats. C'était un grand moment de spéculation.

samedi 23 septembre 2017

Cybersécurité

On parle beaucoup de cybersécurité. Mais il y a plusieurs choses que peu de gens savent à ce sujet. Tout d'abord, les assureurs assurent ce type de risque. Ce qui est étrange, puisque je ne pense pas qu'il y ait un modèle probabiliste associé à ce risque. Peut-être cela entre-t-il dans une forme de "perte d'exploitation" ? Ou un modèle de type Lloyds d'assurance de bateaux. (Qui fait faillite de temps à autres.) Et si cela devient trop grave, on parlera de catastrophe naturelle, assurée par l'Etat ?

Car, c'est un problème systémique. Le monde est hyperconnecté, il y a une multitude de réseaux, tous reliés à Internet. S'ils s'effondrent, quelles en seront les conséquences ?

Enfin, se protéger du risque est du ressort des mathématiques. Défense et offensive sont une question d'algorithmes. Problème clé : qu'est ce qui est normal, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Mais sont-elles à la hauteur du danger ?

Il se trouve que les assureurs et les mathématiciens se rencontrent pour discuter de la question à l'Université Jussieu. C'est gratuit, et cela aura lieu les 6 et 7 novembre prochains. Le programme.

Marketing

"Un philosophe est semblable à un alpiniste qui, gravissant une montagne avec difficulté pour y jouir du lever du soleil, n'y trouverait que du brouillard... Il faudrait qu'il soit bien honnête pour ne pas prétendre que le spectacle était prodigieux." William Somerset Maugham​, traduit par Jean-Jacques Auffret.

Je me demande si ce n'est pas un problème auquel nous sommes tous confrontés. En particulier, nous pensons que notre emploi demande que nous affirmions que ce que fait notre entreprise est évidemment merveilleux, alors que nous n'en savons rien. C'est ainsi que l'on nous dit que l'avenir est à tout un tas de choses (objet connecté, big data, intelligence artificielle, OGM...) douteuses, qui, d'ailleurs, se renouvellent régulièrement.

(Il y a au moins deux moyens d'éviter cette erreur :
  • Parler d'expérimentation.
  • Ne pas promettre le Pérou, mais ce que peut faire, de manière quasi certaine, la nouveauté que l'on promeut.)

vendredi 22 septembre 2017

Marché

M.Macron et la crise du logement. Il semble vouloir utiliser le mécanisme du marché pour la régler. Il l'avait déjà fait pour la question du transport, avec ses bus.

C'est ennuyeux. L'idée que le marché est une panacée a émergé récemment. Des travaux "scientifiques" ont essayé de prouver son efficacité parfaite. Rien dans l'histoire ne le laissait penser. Et l'application de cette idée a conduit à une succession de désastres, à commencer par ENRON, qui fut le champion de ce combat. Comme le montre les problèmes que suscite AirBnB, le marché provoque un trouble à l'ordre public, qu'il faut guérir par l'intervention de l'Etat.

Les USA sont pragmatiques et se sont rendus compte de leur erreur. Malheureusement la France, surtout ses hauts fonctionnaires, a généralement une guerre de retard. Elle s'enthousiasme pour des idées dont on sait qu'elles ne marchent pas. Espérons que les dégâts seront limités ?

Idées noires

Humeur du matin, de Guillaume Erner (France Culture). Toujours (du moins à chaque fois que je l'écoute), des idées noires. De quoi vous mettre en train pour la journée. Comment un ultra privilégié, qui ne connaîtra jamais le chômage et le déclassement, et à qui la radio donne un capital de marque  et des relations d'une valeur considérable, peut-il être aussi déprimé ?

Peut-être parce qu'il ne le sait pas. Il est isolé. S'il était au contact du reste de la population, il devrait ajuster ses propos aux inquiétudes de son auditoire. Ce faisant, il lui apporterait un peu de joie. Et, lui-même, en serait heureux. Nous sommes malades d'un lien social distendu ?

jeudi 21 septembre 2017

Jacques Livage

Jacques Livage, professeur au Collège de France, travaille sur une des disciplines qui a peut-être le plus gros potentiel économique : la chimie douce. C'est faire, quasiment sans énergie, ce qui demande ordinairement de grandes destructions. (Notamment le verre.)

Son succès est aussi celui des écoles de Chimie. En particulier de l'ESPCI. En dépit du fait que ce fut l'école de Pierre et Marie Curie, elle a toujours été considérée avec un certain mépris. Elle n'était pas assez mathématique et théorique. Or, au moment où les grandes écoles se trouvent à la fois au ban du classement de Shanghai, et dans un état financier précaire, elle leur fait un pied de nez. Car, non seulement ses chercheurs et diplômés ont décroché des prix Nobel (Charpack, de Gennes), mais surtout, ils ont déposé des brevets qui lui rapportent une montagne d'argent (Lewiner). Mieux, alors que l'on nous dit que, dans un monde régenté par Shanghai, il n'y a de salut que dans la taille, cette école est minuscule.

Et s'il y avait là une recette que notre super élite intellectuelle n'a pas comprise : faites de l'utile, Shanghai vous aimera, et vous serez riches ?

Egoïsme

Est-ce bon pour la santé d'être égoïste ? Mon observation me montre que l'égoïste tend à se replier sur lui-même. Il finit par n'être plus qu'un appareil digestif. C'est ainsi qu'il meurt. De son vivant, l'égoïste s'entoure, au fur et à mesure qu'il vieillit, de haineux et de médiocres. (Et peut-être aussi de quelques bonnes poires, qui prennent son état de plus en plus déplorable en pitié, et qu'il exploite.)

Je relie ces observations à un phénomène qui a gagné les USA il y a quelques temps. Soudainement, il est devenu honteux de dormir, et de prendre des vacances. Il fallait travailler le plus possible. Ces gens haïssaient les "paresseux", mais, en fait, ils se haïssaient encore plus eux-mêmes.

Peut-on trouver une logique derrière tout ceci ? Au moins, il semble qu'il y ait là un nouvel exemple d'énantiodromie. L'égoïste pense faire son bien, alors qu'il se détruit. La générosité est un égoïsme bien compris ?

mercredi 20 septembre 2017

Obésité

J'observais des jeunes filles. J'ai noté qu'elles se nourrissaient mal. Mais non parce qu'elles n'avaient pas de moyens. Mais parce qu'elles consacraient ceux-ci aux voyages. Crevant de faim, elles mangent des cochonneries. En revanche, si on leur propose un repas conventionnel gratuit, elles l'acceptent comme un dû. (Du parasitisme comme esprit du temps ?)

Et si toute la question de l'obésité était là ? Ce ne serait pas une histoire de moyens. La plupart des gens pourraient s'alimenter correctement. Mais, la manipulation ambiante (ou toute autre cause du même type) pousse le consommateur à économiser sur la nourriture, pour consacrer son argent à d'autres emplois. Du coup, il doit absorber du malsain. Cela mériterait une enquête.

Socialisme

Comment refonder le socialisme ? se demandait France Culture. On débattait du texte d'un penseur allemand (Axel Honneth).

Bizarrement, ce qui n'a pas été dit dans ce débat, c'est que quand le socialisme gouverne, cela ne donne rien d'enthousiasmant (je ne parle pas du communisme). Il produit même des effets inattendus. En particulier, il y a une sorte de paralysie du pouvoir (Munich) et une instabilité chronique. Plus étrangement, il coïncide avec des phases de corruption (Panama, etc.). Curieusement, le socialiste qui arrive au pouvoir tend à être un hypocrite : ses propos ne correspondent pas à son comportement, notamment vis-à-vis de l'argent. La SFIO, par exemple, était vue comme un (infect) parti de droite par beaucoup. La grande déréglementation actuelle, c'est Clinton, Blair et Schröder, elle est de gauche. Si elle a produit un Trump, c'est parce que le petit peuple constate que la gauche n'est pas bonne pour sa santé.

Un des invités de l'émission a exécuté sommairement le "pragmatisme" de M.Macron. Il avait peut-être raison. Mais le problème du socialisme est que c'est une idéologie inopérante. C'est peut-être cela son vrai problème : il cherche une formule mathématique pour la bonne marche de l'univers. Stresemann, qui a failli sauver la République de Weimar, et nous éviter Hitler, était un pragmatique. Dans les situations difficiles, il n'y a pas de bonne solution préécrite : il faut l'inventer, en se gardant au mieux des idées reçues. C'est cela le pragmatisme.

(Ce qui ne signifie pas que M.Macron est dans le vrai. Ce que lui reprochait l'invité était, justement, d'avoir une idée préconçue, d'être un faux pragmatique.)

mardi 19 septembre 2017

Aménagement du territoire

Un chapitre du livre de M.Macron m'a surpris. Celui qui parle d'aménagement du territoire. En effet, c'est un sujet sur lequel je n'ai aucune idée. M.Macron a un programme, étonnamment précis, et pas du tout dans la ligne de ce que j'ai l'habitude d'entendre. Voici ce que j'en retiens.
  • La fracture française, c'est le manque de mixité. Il faut ramener les déclassés à proximité de l'emploi, en faisant baisser le prix de l'immobilier par des constructions massives de logements, quitte à s'assoir sur la réglementation. (Avec le bénéfice de mettre un terme aux subventions qui ont produit une bulle spéculative.)
  • Stopper la désertification des campagnes par expérimentation, notamment en tirant parti des nouveaux télé métiers. Cependant, il faut quelques moyens qui favorisent ces éclosions (notamment de "communication rapide").
  • Constituer, de manière pragmatique et sans prendre en compte les subdivisions administratives, des zones géographiques économiquement cohérentes. Il leur faut un moteur. Soit métropole puissante, qui rend obsolète les départements. Soit, au contraire, département, faute de métropole. 
C'est la fin de la centralisation uniformisatrice.

Comme pour le reste du livre, la question qui se pose est : comment fait-on ? Il est possible que M.Macron ait une idée en tête. En tout cas, il se garde bien de la dire.

Obésité

Reportage effrayant. Obésité au Brésil. Le pauvre est quadrillé. Les multinationales de l'agro alimentaire lui font apporter à domicile leurs produits. Aucun n'y échappe. Cela donne des effets effroyables. Mais ce n'est pas plus mal qu'avant : ces gens crevaient de faim. Maintenant, ils crèvent de diabète. Et ces industries les emploient. L'Etat, de gauche ou de droite, est d'ailleurs en leur pouvoir.

Lorsque l'on parle de "crime contre l'humanité" est-ce de cela qu'il est question ?

lundi 18 septembre 2017

21ème siècle

Dans son livre, M.Macron dit que sa mission (au sens messianique du terme ?) est de faire entrer la France dans le 21ème siècle. Désobligeant ? Comme si la pays avait une tradition d'arriération mentale. D'ailleurs, il dit que nous avons manqué la révolution numérique.

Mais quel est ce 21ème siècle ? Où sont ses bienfaits ? Après guerre, l'Amérique nous émerveillait pas ses succès techniques et la richesse insolente de ses citoyens. Mais aujourd'hui ? La fameuse "révolution numérique" n'a produit que GAFA and co. Il a apporté peu de choses au monde. Sa principale caractéristique est une valeur de l'action qui ne s'explique que par une spéculation type 29. Quant au reste, la pensée scientifique qui tentait de guider la société a disparu, vaincue par le combat entre lobbys de toutes sortes, qui ne font que défendre intérêts et lubies par les techniques du lavage de cerveau. Nous vivons à l'heure du sophisme. Dans ce monde, tout est frelaté : l'éducation, la médecine, la science, la nourriture, la qualité de l'air, l'art, la religion... Même le riche n'a accès qu'à du médiocre. Mais il en est heureux, car il asservit l'humanité, et son talent.

Homme révolté
Ce qui a fait bouger la France, depuis peut-être qu'elle se constitue en nation, c'est une "certaine vision" du progrès, un enthousiasme pour l'avenir de l'humanité. C'est l'épuisement de cette vision, à mon avis, qui produit le blues du pays. Lui dire que s'il ne veut pas entrer dans le 21ème, c'est parce qu'il est trop bête pour en voir les beautés, me semble un hors sujet magistral.

Alors, nous ne pouvons que crever ? Je crois qu'il y a une vision qui serait digne de nous. M.Macron n'a pas totalement tort. Parce qu'elle est horrifiée par le spectacle du monde, la France, a construit une ligne Maginot. Du coup, elle a pris tous les coups, sans être capable d'en rendre aucun. A une époque où la règle du jeu est l'égoïsme et le parasitisme qui en est la conséquence, elle s'est laissée dépecer. La première révolution à faire, selon l'expression de M.Macron, c'est de se libérer de ces chaînes. Alors, il ne s'agira pas d'accepter le monde, mais de le faire changer. Pour quoi ? Comme le dit Camus, c'est en se colletant à la réalité que naîtra le projet de changement. Et cette fois-ci il y aura un changement, digne de nous : car il s'agit de faire sortir cette vision sans de Gaulle, Macron ou autre messie. Notre vocation nationale de descendants culturels de Gaulois, c'est le refus des chefs, c'est de penser par nous mêmes, en libertaires parvenant à une vision commune par confrontation de points de vue opposés. Nous ne sommes pas des révolutionnaires, mais des révoltés.

Gig economy

Le Financial Times s'intéresse à la "Gig economy", c'est à dire à l'économie créée par Uber et les autres, et qui est à base de petits boulots.


Je retiens une double astuce (mais il y a plus) : ce sont des entreprises qui n'ont pas à être rentables, parce qu'elles sont financées par le capital risque, dont la stratégie est de faire sauter les entreprises installées, puis d'appliquer une politique de prix monopoliste ; c'est une transformation (douteuse) de contrats de salariés en contrats de sous-traitance, donc pas de charges sociales (mais aussi pas d'achat de matériel).

Mais ce n'est pas la vidéo que j'ai trouvée le plus intéressant, mais un commentaire. Il disait, en substance : sales gauchistes, si l'on supprime la gig economy, il y aura des chômeurs.

Est-ce aussi évident qu'il y paraît ? Car un tel argument peut justifier n'importe quel emploi. En particulier l'effort de guerre d'Hitler. Je me demande si l'économie ne fonctionne pas comme le sang. Si l'argent ne va pas au bon endroit, la société dépérit. Une société de petits boulots est malade.

dimanche 17 septembre 2017

Aung San Suu Kyi

Depuis quelques temps la presse anglo-saxonne est critique vis-à-vis de Aung San Suu Kyi. Longtemps, elle fut considérée comme une sainte. De plus en plus, depuis qu'elle est parvenue au pouvoir, on lui reproche d'être un dictateur. En particulier de laisser massacrer une minorité religieuse.

Le phénomène n'est pas neuf. Il en a été de même avec Alexandre Soljenitsyne. On l'a beaucoup encensé lorsqu'il était un opposant à l'URSS. Jusqu'à ce que l'on découvre qu'il était beaucoup plus éloigné des valeurs de l'Occident que ne l'était l'Union soviétique. Mais, au moins, lui n'a pas eu le pouvoir.

Enseignements ? Peut-être que l'Occident croit un peu trop que ses valeurs sont universelles. Alors que ce qui compte pour l'homme, c'est probablement les valeurs de ses parents. Mais, surtout, les valeurs de l'Occident ne sont pas d'un grand secours dans les périodes de crise. C'est peut-être une leçon des printemps arabes. En Malaisie, si je comprends bien, la minorité s'est radicalisée. Il y a un conflit interne. Dans ces conditions, la solution la moins risquée pour un gouvernement est la force.

(D'ailleurs, c'est celle que nous employons avec notre propre terrorisme, alors que l'on pourrait argumenter qu'il est le fait d'une minorité maltraitée.)

Vol

Histoire. Une personne hérite de ses parents. Ses proches trouvent normal de profiter de cette fortune qu'il n'a pas méritée. Curieusement, il ne leur viendrait pas à l'esprit de contester le prix d'une chambre d'un hôtel appartenant à un multimilliardaire français ou américain. En outre, ils sont beaucoup plus riches que lui. Il n'a pu que très peu cotiser pour sa retraite, alors qu'eux sont des fonctionnaires. (Il faut de l'ordre de 3m de capital pour toucher 5000€ de retraite par mois.)

Morale de cette histoire ? Probablement, personne ne fait de raisonnements aussi compliqués que ceux-ci. Ce qui nous pilote est "greed and fear", comme disent les Anglo-saxons. Pour le reste tous nos arguments ne sont que des sophismes qui visent à justifier nos intérêts. Pour éviter les méfaits de cet égoïsme, la société nous lave le cerveau et nous y fait entrer des principes du type : c'est une loi de la nature de payer une chambre d'hôtel.

samedi 16 septembre 2017

Obus

"Les obus et les décorations tombent au hasard sur le juste et l'injuste." dit André Maurois cité par Jean-Jacques Auffret.

André Maurois avait une haute opinion du hasard. Car les obus et les décorations sont inversement corrélés. En 14, on aurait dit que c'était les planqués qui récoltaient les décorations, et le petit peuple des poilus, les obus. Il y a peu de chances que les choses aient beaucoup changé.

La Rochelle

A La Rochelle, les commerces sont beaux (bien que les enseignes soient les mêmes qu'à Paris), et les commerçants serviables. J'ai parfois l'impression que la vieille ville est un "shopping mall".

Et si cela venait de la culture protestante de la ville ?

vendredi 15 septembre 2017

Conférence

CONFERENCE UN AUTRE REGARD #2

Intelligence Artificielle & Big Data - Mardi 3 octobre 2017
CONTACT - INSCRIPTION

unautreregard@saretec.fr

Paresse innée ?

"Lorsqu'un petit enfant crie et ne veut pas être consolé, la nourrice fait souvent les plus ingénieuses suppositions concernant ce jeune caractère et ce qui lui plaît et déplaît ; appelant même l'hérédité au secours, elle reconnaît déjà le père dans le fils ; ces essais de psychologie se prolongent jusqu'à ce que la nourrice ait découvert l'épingle, cause réelle de tout." (Alain, Propos sur le bonheur.)

Voilà un des principaux enseignements que j'ai tirés de mon travail en entreprise et, plus généralement, des épisodes de ma vie. Les causes que nous attribuons à nos malheurs sont quasi systématiquement fausses. Pour trouver les réelles, il faut faire une enquête véritablement scientifique. Ce qui est compliqué, car, il faut se battre tout du long contre les a priori. (Du moins en ce qui me concerne.)

(En fait, nos explications spontanées ont peut-être une logique : elles nous brossent dans le sens de la facilité. Comme l'alcool, elles flattent nos faiblesses.)

IA, Big Data : mythes et réalités

J'ai placé chez Slideshare le livre blanc de Jean-François Marcotorchino. C'est le regard d’un mathématicien sur ce que l’on appelle aujourd’hui « Intelligence artificielle et Big Data ». Ce mathématicien a une double légitimité : celle d’avoir été longtemps acteur dans l’univers industriel (IBM et Thales) et chercheur académique et enseignant universitaire en France et en Europe.

Que dit-il ? Que, pour le moment, nous sommes en train de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Même si l’ours est gravement blessé, il est loin d’être mort. Nous ne sommes pas capables de réaliser toutes les promesses que l’on nous a faites et que l’on est en train de nous faire. Plus précisément, utiliser les techniques d’I.A. et de Big Data demande de se confronter à cinq « antinomies », qui en limitent singulièrement la portée : « pour l’avenir, l’évolution réelle se trouve obérée par cinq problématiques structurelles. Toute réflexion devra d’une manière ou d’une autre en tenir compte et essayer de les résoudre au moins celles qui sont les moins ambigües si l’on souhaite réellement déboucher sur des ruptures. » Faire un pas vers cette innovation de rupture demandera des mathématiciens de très bon niveau. Or, beaucoup des nôtres, qui étaient et sont encore parmi les meilleurs au monde, nous quittent petit à petit appelés par les sirènes dollars ou yuans.

Cependant, les techniques dont parlent les journaux ne sont pas les seules qui puissent nous concerner. En effet, il y a eu « démocratisation ». Des outils extrêmement puissants sont maintenant accessibles par quasiment n’importe qui. C’est là que se trouve, pour la grande majorité des entreprises, donc pour l’économie, le levier d’un changement potentiellement radical.

jeudi 14 septembre 2017

Esprit des lois

Les lois sont elles justes ? C'est une question que l'on se pose souvent, et qui ne me semble pas avoir de solution. En effet, qu'est-ce que la justice ? Et surtout une justice absolue ?

Il me semble que le billet précédent (John Rawls et Paul Ricoeur) apporte une solution intéressante à la question. Une société est basée sur des principes. Globalement ces principes sont perçus comme "justes" au sens où chaque individu arrive à mener sa vie sans difficulté insurmontable. En revanche, ces principes peuvent se contredire. Et alors la société ne fonctionne plus.

C'est peut-être bien là que se joue la réelle conduite du changement. Elle consiste à observer les fondations de la société, et à chercher les évolutions qui les menacent, afin de les réorienter correctement.

(Ces "évolutions menaçantes" viennent en partie de groupes d'influence qui cherchent à pousser leur avantage. Le rôle de la société, suivant la formule d'Aristote, est probablement de contenir ses forces pour maintenir "l'intérêt commun".)

Discrimination positive

Paul Ricoeur juge ainsi la discrimination positive, qu'il a vue à l'oeuvre aux USA (affirmative action) :
On ne peut pas ne pas évoquer ici la thèse de John Rawls selon laquelle le premier principe de justice, qui pose l'égalité de des individus devant la loi, est lexicalement prioritaire par rapport au second principe, qui demande que dans les partages inégaux prévale la loi de maximisation de la part minimale, autrement dit la protection des plus faibles.
Pour ma part, je crois que le problème de la discrimination positive vient de ce qu'elle ne s'applique pas à tout le monde de la même façon. Aux USA, par exemple, un enfant de riche sera riche quoi qu'il arrive. Il n'a pas besoin pour cela d'être éduqué. Néanmoins, il le sera, parce que les études sont payantes et qu'il peut se les payer. En revanche, perdre une bourse pour l'université peut être un drame pour un "petit blanc". Ceux qui font les lois sont aussi ceux à qui elles ne s'appliquent pas, du fait de leur position sociale et des avantages qu'elle apporte. Et si le second principe de Rawls était la conséquence du premier ? 

mercredi 13 septembre 2017

Sélection

Entre l'écrit et l'oral d'un concours, une de mes connaissances a été déclarée handicapée. Du coup, elle a gagné plus de 1000 places dans le classement du dit concours. Ce qui lui a permis de travailler dans une entreprise prestigieuse et, je crois, de devenir un des premiers spécialistes des options financières. Probablement un homme riche.

La sélection est une prédiction auto-réalisatrice : on ne peut pas savoir si ceux qui ont été sélectionnés étaient compétents, puisque ce sont les seuls à avoir accès à certaines formations et certains postes.

mardi 12 septembre 2017

Adagio d'Albinoni

L'adagio d'Albinoni ne serait pas d'Albinoni ! Il serait d'un certain Gaziotto, dit wikipedia. Il aurait été composé en 1945, à partir de quelques éléments harmoniques venus d'Albinoni (que l'on n'a pas retrouvés).

Ce qui explique peut-être son succès. Gaziotto l'a écrit dans le goût de son temps. Et le nom d'Albinoni lui a donné le mystère d'un génie qui traverse les âges, qui fait les marketing victorieux.

Mais n'en est-il pas de même de toute la musique italienne baroque qui nous a submergés dans les années 60 ? Relecture moderne d'oeuvres qui parlaient à une autre culture, d'un autre temps ? Idem pour toute musique ? Elle pourrait nous apporter quelque-chose si nous avions l'humilité de chercher à nous transporter à son époque, alors que nous la trahissons pour la rendre accessible à notre paresse intellectuelle ? L'interprétation moderne de la musique est à l'ancienne, ce que le fast food est à la nourriture ?

Révolution nationale

Le paradoxe de Vichy est que c'est une régime honni, mais qu'il semble avoir fait la France moderne. J'avais déjà vu cette idée chez Pierre Rosanvallon, je la retrouve chez Marc Olivier Baruch. C'est l'amorce de la France technocratique. En même temps, il aurait fait passer nombre de mesures que la démocratie était incapable d'adopter. 

En fait, il semble qu'un grand virage technocratique, mondial, se soit amorcé dans les années 20, et que la France l'ait pris pendant la guerre. Curieusement, alors que l'on a l'impression qu'il n'y avait que deux fronts en présence, les partis "démocratiques" et l'extrême droite, et que le premier aurait gagné, c'est une troisième force qui aurait tiré les marrons du feu : la technocratie ?

(Il y a des gens qui parlent, et qui remplissent les livres d'histoire, et d'autres qui agissent ?)

lundi 11 septembre 2017

Autant en emporte le vent

J'entendais dire qu'un débat fait rage sur Internet : faut-il interdire Autant en emporte le vent ? N'est-ce pas l'apologie de l'esclavage ?

Mais toute l'antiquité fut esclavagiste. A commencer par les inventeurs de la démocratie. Faut-il effacer notre histoire ?

Et si les intellectuels qui font l'opinion étaient pris dans ce que Paul Watzlawick appelle un "jeu sans fin"?

Immigration

Faut-il avoir peur de l'extrême droite allemande ? Un reportage du FT sur cette question.

On y apprend que cette extrême ne l'est pas tant que ça. Il y a un rejet quasi épidermique de l'extrême droite en Allemagne. Y compris des gens qui appartiennent au parti extrémiste... Ce qui ne ressort pas de l'information que nous recevons en France.

Par ailleurs, l'élément déclencheur de la montée de l'extrémisme n'est pas l'immigration, comme je l'entends à la radio, mais (comme en Angleterre ?) un excès d'immigration. Dès que le niveau d'immigration baisse, ce type de parti recule significativement.

Comme quoi, pour éviter les conflits, il faut se méfier des jugements à l'emporte pièce ?

dimanche 10 septembre 2017

Changement et souffrance

La réforme du droit du travail est évidemment inefficace disait-on chez France Culture (du grain à moudre, vendredi il y a deux semaines). En effet, pour que ce soit efficace, il faut que ça fasse hurler. Or les syndicats n'émettent pas plus qu'une protestation de principe.

Voilà qui me semble mal pensé. En effet, il y a des changements qui ne font pas hurler, pensons à l'euro, mais qui ont des conséquences massives. La plupart des grands changements qui ont fait notre temps sont de cette nature. Il existe aussi des bons changements indolores. Je me demande en particulier si les USA n'ont pas éliminé l'endettement public par le laisser-faire. (C'est-à-dire en évitant de suivre les conseils de rigueur de Mme Merkel et des économistes.) Et il y a la création de l'Europe, par Schumann et Adenauer, qui a mis un terme à des siècles de guerre.

Quant à M.Macron, ses réformes promettent la flexibilité que demande le patronat et donnent un pouvoir accru aux syndicats. Tout le monde est content. Pour le reste, il fait le pari que, ce faisant, il va créer les conditions de la transformation de l'entreprise.

Service public

France Info et France Culture étaient bloqués par une grève. D'après Le Figaro, elle était due à quatre techniciens victimes d'une "injustice" (dont je n'ai pas compris la nature).

Je me suis demandé ce qu'auraient fait ces quatre techniciens s'ils avaient travaillé dans une centrale atomique. Le Français pense généralement que le service public vaut mieux que l'économie de marché, pour beaucoup de services. Mais notre culture se prête-t-elle au service public ?

(à suivre.)

samedi 9 septembre 2017

Avenir de l'Angleterre

Et si l'Angleterre reprenait son déclin d'après guerre ? Ce déclin qu'a ébranlé Mme Thatcher ? Voilà le scénario qu'envisage le Financial Times. Ce serait une évolution sans crise, qui éroderait progressivement les moyens des Anglais, à l'image de ce qui s'était passé lors des trente glorieuses. L'avenir de l'Anglais, c'est d'être pauvre.

Il y a une autre tendance, qui me frappe. Avant l'entrée des Européens de l'est dans l'UE, la France considérait comme immigrés uniquement les ressortissants de ses anciennes colonies. J'ai l'impression qu'en Angleterre, c'est exactement le contraire. L'Angleterre veut arrêter le flux européen, mais pas celui de son empire. Et il me semble que l'Angleterre a aussi une place à part dans le coeur de cet empire. Et si, finalement, elle se faisait phagocyter par lui ? Et s'il en faisait une sorte de dépendance un peu poussiéreuse, mais aimée, un genre de momie ?

Discrimination positive ?

Nouvelle animatrice de France Culture, le matin. Accent étranger, et maîtrise du français qui ne semble pas parfaite. Etait-ce le meilleur candidat pour occuper ce poste ? France Culture ferait-il de la discrimination positive ? Ou ai-je un mauvais esprit ?

vendredi 8 septembre 2017

Technique Macron ?

SNCF : vos dettes en échange de vos régimes spéciaux, sachant que l'ouverture à la concurrence va vous mettre dos au mur ? Est-ce ce que M.Macron dit aux syndicats de la SNCF ? Comme dans Le parrain, il leur fait "une proposition qu'ils ne peuvent refuser" ? Est-ce ainsi que M.Macron négocie ?

Et si la déréglementation des transports, qui vient de l'Europe, n'avait eu pour seul objectif que de tordre le bras des "régimes spéciaux" ?

(Régimes qu'un management de technocrates lâches avait concédés en échange d'une paix sociale que leur incompétence managériale les rendait incapables d'obtenir par des moyens traditionnels ?)

SNCF

La SNCF doit se préparer à l'ouverture de son monopole à la concurrence. Le gouvernement va reprendre sa dette. (Article du Point.) Questions : 
  • L'ouverture à la concurrence est-elle une bonne idée ? En Angleterre elle a produit un désastre. 
  • Si l'Etat reprend la dette des entreprises publiques, ne risque-t-on pas de s'enfoncer dans des siècles de rigueur budgétaire ? 

Régimes spéciaux

M.Macron veut s'en prendre aux régimes spéciaux. Etrange, il semble chercher la provocation. Sa loi sur le droit du travail ne lui fait-elle pas déjà courir assez de risques d'un mouvement social ? Penserait-il que les gouvernements précédents ont eu peur de leur ombre ?... 

Les régimes spéciaux créent certainement des inégalités criantes. Cependant, il ne faudrait pas que leur suppression aligne l'ensemble des non riches sur les conditions les plus mauvaises. Il va aussi falloir trouver un moyen de recréer une prospérité qui donne un peu d'ascension sociale à l'ensemble de la population. 

jeudi 7 septembre 2017

Démocratie

Aristote ne semblait pas penser le plus grand bien de la démocratie. 
Les déviations des constitutions qu'on a indiquées sont : la tyrannie pour la royauté, l'oligarchie pour l'aristocratie, la démocratie pour le gouvernement constitutionnel. Car la tyrannie est une monarchie qui vise l'avantage du monarque, l'oligarchie celui des gens aisés, la démocratie vise l'avantage des gens modestes. Aucune de ces formes ne vise l'avantage commun.
Mais vivons-nous vraiment à l'ère de la démocratie ? 

J'en suis arrivé à penser que ce qui semble marcher en France est un régime relativement dirigiste. Un peu à l'image de ce qui se passe dans l'entreprise. Les phases démocratiques sombrent rapidement dans le chaos. On y nage dans l'idéologie et on y perd le sens de "l'avantage commun", effectivement. 

Et ailleurs ? Le monde anglo-saxon, nous dit-on, est une vieille démocratie. Je crois plutôt, avec Marc Bloch, que c'est une oligarchie. Les pouvoirs politiques représentent une poignée de riches. Les parents étant du côté des biens, et les enfants de celui des idées.

"Démocratie" : slogan publicitaire ? 


Démocratie française

Un ami libanais était surpris. Il croyait la France une vieille démocratie. (C'est pourquoi elle s'était toujours permise de donner des leçons au monde, n'est-ce pas ?) Or, la République n'a véritablement commencé qu'après la guerre de 1870. Elle a été interrompue par la guerre de 14 puis par celle de 40. Et 58 a été un tournant dirigiste. 

Les périodes réellement "démocratiques" ont été chaotiques, avec des successions accélérées de gouvernements, des multiplications de scandales et des affrontements entre extrémistes. Les dernières décennies en ont été une illustration atténuée. La France est-elle une démocratie ?

mercredi 6 septembre 2017

Robespierre

M.Mélenchon se réclame de Robespierre. J'entendais M.Onfray lui faire remarquer que Robespierre avait été un boucher. En fait, il ne disait pas que le propre de Robespierre était la vertu. Pour lui la vertu était sa capacité à distinguer le bien du mal, et donc de pouvoir décider de qui massacrer. 

Etrangement, Montesquieu fait aussi de la vertu le principe de la démocratie. Mais, je pense qu'il entend par là qu'en démocratie l'homme n'a aucune contrainte physique, il en est laissé à son jugement. Il doit faire le bien, alors que rien ne l'empêche de faire le mal. 

Ce qui est un fait que j'ai souvent observé. Dans une situation, nous trouvons souvent le mot qui caractérise ce qu'il faut faire. Seulement, nous l'interprétons à l'envers de son sens.