mercredi 30 novembre 2016

Ubérisation à visage humain ?

Il y a quelques temps, j'ai rencontré un secteur qui s'était transformé d'une nuée de cabinets libéraux à quelques grosses sociétés. Deux mécanismes sont entrés en jeu. Dans l'un, une entreprise a acheté les autres. Dans l'autre, une entreprise a proposé à une société après une autre de mettre des moyens en commun. Puis, si, après quelques années, il y avait entente, elle achetait la société, et les membres de celle-ci acquéraient des parts dans l'ensemble. Si bien qu'aujourd'hui elle ressemble à une coopérative. Et son dirigeant est élu tous les trois ans. (Et souvent renouvelé.)

C'est Uber à l'envers. Les infrastructures communes n'appartiennent pas à un fonds d'investissement, mais à ceux qui font marcher la société. C'est un Uber qui serait possédé par ses taxis. Et qui répartirait ses bénéfices entre eux.

Cela a-t-il des inconvénients ? Oui. Chacun étant préoccupé par son quotidien, l'entreprise est un rien myope. Cependant rien n'empêche ce type de dispositif de mettre en place des mécanismes coopératifs de prospective et d'action. C'est ce que les Grecs appelaient, pour les cités, "politique". 

Vive le doute

Un lecteur me dit qu'il approuve le diagnostic d'un de mes billets mais qu'il n'arrive pas à saisir ma recommandation. C'est normal : il n'y a pas de recommandation. 

Je ferais une recommandation, si j'avais du pouvoir sur les événements. Or, mon opinion a peu de chances de faire bouger les choses. Ce qui compte, pour moi, dans ce blog, c'est de voir la société telle qu'elle est, pour pouvoir m'y adapter. Il n'y a pas de bien et de mal. Ce qui me semble mal n'est qu'un moyen de faire émerger ce qu'il y a de "bien" en moi.

En fait, si chacun se mettait à douter, je suis sûr qu'il aurait quelques bonnes idées, et qu'il en sortirait le changement dont nous avons besoin. Je l'ai constaté dans mon travail. C'est pourquoi je n'écris pas ce blog que pour moi.

mardi 29 novembre 2016

Incohérent Google

Google donne un nombre de vues à chacun de mes billets. Or, lorsque je regarde les "statistiques" concernant mes billets, les chiffres ne sont pas les mêmes. Parfois de beaucoup. (En outre, Google me dit que mon blog a été créé en 2010, ce qui est faux.)

Cela tiendrait à la différence SQL / NoSQL, me dit-on. "Une même requête ne donne pas la même chose à Paris et à New-York". Les bases de données traditionnelles (SQL) sont cohérentes, mais rigides (on précise a priori ce que l'on va y mettre). Pour ne plus être soumis à cette contrainte, Google a dû renoncer à la cohérence. Résultat : on n'est jamais tout à fait sûr que ce que l'on y a vu un jour s'y retrouvera le lendemain.

Un logiciel "incohérent" est-il la menace que l'on a dite pour les industries traditionnelles ? 

(Il existerait un "Google Spanner" qui est SQL.)

Fournisseur d'espoir

J'entends les intellectuels américains et français se désespérer des réseaux sociaux. Hier, ils y voyaient le ferment du printemps des nations. Des révoltes qui feraient tomber les dictatures. Or ces réseaux ont été instrumentalisés par Trump et l'Etat Islamique. Et si l'intellectuel se trompait ? 

Pourquoi l'argent des fonds de pension remplit-il les fonds d'investissement ? se demandait The Economist. C'est un très mauvais investissement. Réponse : les fonds d'investissement sont les seuls organismes financiers qui promettent des rendements élevés. L'intellectuel est un homme de parole. Alors, il croit que le pouvoir est dans la parole. Il pense gagner par la parole. Et quand ce n'est pas le cas, c'est forcément une question de parole. Et si ce qui portait au pouvoir un homme était, simplement, le besoin d'espoir ? 

M.Obama a écrit "the audacity of hope" : tout un programme ? 

(Et si c'était l'atout de M.Fillon : 35 ans d'effacement lui permettent de paraître comme neuf ?)

lundi 28 novembre 2016

Fidel Castro

Débat passionné chez France Culture. On parle de Fidel Castro. Ce n'est plus un héros, mais il demeure un grand Satan. Curieux : la dictature paraît une caractéristique culturelle de l'Amérique latine. Qu'a-t-il eu de pire que les autres dictateurs du cru ?

Si j'ai bien compris, dans les années 50, Cuba était l'arrière cour de ce que les USA avaient de plus infect. Castro a été le nom de la révolte contre cette situation. Il n'était pas franchement communiste. Seulement, quand les USA ont décidé de votre perte, et que vous dirigez une île misérable des Caraïbes,  il vous faut un allié. Et il n'y avait que l'URSS qui ait la force nécessaire. Imaginez-vous que vous fassiez face à la nation la plus puissante au monde, et qu'elle multiplie les tentatives d'assassinat sur votre personne... pensez-vous que vous garderiez le sens de la mesure ? En tout cas, d'après l'émission, si les Cubains lui sont attachés, c'est parce que, comme Poutine ou de Gaulle, il a fait de son pays une nation avec laquelle les plus grands ont dû compter. La fierté, voilà une dimension de la politique que l'intellectuel tend à sous-estimer.

Le paradoxe du paradoxe

Principe de ce blog : le paradoxe. En voici un. Un ami est un éminent chercheur. Du type de ceux qui comprennent des choses extraordinairement complexes. Il a même au moins un nobélisé à son tableau de chasse. Eh bien, il m'a dit qu'il ne comprenait pas tout ce que l'on trouvait sur ce blog.

Or, le principe de ce blog est la technique de base des sciences sociales, ou le principe de la philosophie : "s'étonner que ce qui existe, existe". C'est aussi vieux que le monde. Originalité = 0. D'ailleurs ce qui m'intéresse dans un billet n'est pas ma réponse, mais la question qu'il pose.

En fait, je crois que cet ami est dans un univers qui ne lui est pas familier. Il se trouve mal à l'aise pour juger ce que je dis. Et si nous nous étions déshabitués du doute ?

Et si l'on faisait la paix

Telle que les élections s'annoncent, la manif pour tous va prendre sa revanche sur la mariage pour tous.

Et si l'on comprenait enfin qu'il y a des sujets plus importants que ceux-ci, et que le seul moyen de les résoudre est de les examiner sans a priori ? Et de commencer par faire la paix ?

dimanche 27 novembre 2016

Juger

Je me souviens de R.Badinter racontant ses plaidoiries contre la peine de mort. "Prendre un homme vivant et le couper en deux morceaux" avait été un argument efficace.

Selon que l'on vous présente un fait selon tel ou tel angle, cela vous donnera telle ou telle idée. Des idées contraires, généralement. C'est pourquoi l'on juge "à charge" et "à décharge". Pour avoir une idée sur une question il faut la regarder sous de multiples angles. Et espérer qu'il en sortira une intuition !

L'Islamisme contre l'angoisse existentielle

Un islamiste devenu musulman. Intéressant invité de Question d'Islam, ce matin. Son mal était le vide de son existence. Il l'a comblé en se donnant un ennemi. Ses héros étaient l'Al Pacino de Scarface ("The world is yours") et Malcolm X. Il a instrumentalisé la religion pour servir ses intérêts. Aujourd'hui il a compris qu'il fallait faire l'inverse. 

Et si de 68 à l'Etat Islamique, on avait là le mécanisme de bien des révoltes ?

Entreprise libérée et Hyacinthe Dubreuil

L'ESCP organisait, le 24 novembre dernier, un hommage à Hyacinthe Dubreuil, précurseur de l'entreprise libérée. Les intervenants étaient divisés en deux équipes. D'une part des universitaires, qui ont parlé de l'oeuvre de Dubreuil ; d'autre part des hommes d'entreprise qui ont expliqué ce qu'elle évoquait pour eux. Cela m'a permis de rencontrer Isaac Getz, champion de l'entreprise libérée, et gloire des sciences du management internationales. (Ce qui n'est pas fréquent chez nous.) Mon intervention est ici.

Parmi ce que j'ai retenu. Une définition de l'entreprise libérée : vous y faites ce que vous avez envie de faire, et c'est bien. Comment faire passer l'individu de l'état de dépendance à celui de liberté ? Lui laisser des responsabilités. (Une leçon pour les dirigeants ou pour les parents ?) "le but ultime, c'est le bien être, pas le gain de productivité." Sachant tout de même que les entreprises heureuses battent les autres !

Et aussi un étonnant témoignage d'un des dirigeants de la CGT. La rencontre d'Isaac Getz et de Hyacinthe Dubreuil ont été des révélateurs. Ils avaient raison, la CGT avait tort ! Elle se trompait de combat. Si elle ne se remet pas en cause, "la CGT peut disparaître très vite".  Elle croyait changer le "je" grâce au "nous" (par le collectif). Il faut faire le contraire, partir de l'individu, de la question du travail. Et de la souffrance qu'il inflige. "Il faut revenir à penser travail, dialogue, connaissance, reconnaissance." Et la position de la CGT rejoint celle du patronat. Car le "mal travail" coûte cher, 80md€ par an. "Ce qui m'inquiète c'est le politique." (Qui vit dans le monde des utopies.)

samedi 26 novembre 2016

Ubériser n'est pas transformer

Proudhon observe que lorsque les hommes se rassemblent, ils créent une valeur collective (la société). L'ubérisation remplace l'organisation collective par un strict minimum logiciel. Et ramène ses composants à leur fonction "mécanique". (A tel point qu'Uber investit dans la voiture autonome !) Les nouveaux prolétaires n'ont même plus un semblant de sécurité, un salaire. Ils sont "aux pièces". L'ubérisateur n'a aucun engagement vis-à-vis d'eux. Marx est dépassé.

Mais la transformation numérique c'est aussi lean start up : la démocratisation des technologies les plus avancées. Je constate que beaucoup de PME ont un avantage dont elles ne sont pas conscientes. Le concept de Lean start up permet de développer une offre à partir de cet avantage et de la distribuer largement. Ainsi, l'entreprise sort de la concurrence stérile qui la détruit, elle et son personnel. 

De quel côté la transformation numérique va-t-elle basculer ?

M.Fillon intime (ou presque)

Rencontre de quelqu'un qui a travaillé avec M.Fillon. Qui est-il ? Quelqu'un de droit, avec qui il est facile de collaborer. Il aurait eu, par ailleurs, une influence apaisante sur M.Sarkozy.

Seule inquiétude de mon interlocuteur : quand M.Fillon croit quelque-chose il le fait. Il va jusqu'au bout. Dans ces conditions il vaudrait mieux qu'il ne se trompe pas de politique...

Supprimer les 35h

Le changement s'annonce. Les candidats de droite parlent de "négocier la durée de travail", pour l'allonger. Ce qui signifie usage de la loi El Komri. 

L'idée me surprend. Tout d'abord, il me semble que même les pays "à plein emploi" ne le doivent pas à un allongement du temps de travail. (Globalement le nombre d'heures travaillées n'a pas bougé en Allemagne, aux USA et en GB, d'après ce que je lis.) Mais à une "flexibilisation" déflationniste. (On a réduit les salaires.) En outre, la loi est compliquée à mettre en oeuvre. L'amendement en a fait une usine à gaz. Je ne vois pas un dirigeant de PME se pencher sur le texte ou appeler des juristes spécialisés pour cela. Quant à la négociation, l'organisation n'a pas les moyens pour. En revanche la grande entreprise, elle, est équipée. Et son obsession est la réduction de coûts. De toute manière M.Sarkozy a déjà rallongé le temps de travail par le biais des heures supplémentaires, et ni l'économie ni le chômage ne semblent en avoir profité.

On parle aussi de baisser la fiscalité des entreprises. Et de financer la mesure par une augmentation de la TVA. On pense qu'elle ne relancera pas l'inflation. Si c'est le cas, c'est qu'il y aura eu réduction de coûts. Licenciements, baisse de salaires et réduction du poste fournisseur. 

Peut-être que la crise est le prix à payer pour l'éducation de nos politiques ?


vendredi 25 novembre 2016

Trump ou le coup de théâtre permanent

"This could become Washington’s new normal, as a billionaire who thrives on impulse, defies protocol and lives to entertain prepares to move into the White House." (Whashington Post

"L'Amérique a élu Trump pour le changement". Elle va en avoir pour son argent. Mieux que M.Sarkozy. Un coup de théâtre par jour. Au moins. 

De qui Fillon est-il le nom ?

Il y a quelques années, lorsque j'ai regardé une analyse de l'électorat de M.Sarkozy, j'ai trouvé qu'il était très différent de la masse des Français. C'est un électorat conservateur. Peut-être dirait-on "néo conservateur" aujourd'hui. Les ennemis jurés de la gauche de gouvernement, bien plus que le FN. Ceux qu'elle ne manque pas une occasion de canarder. Possible incarnation moderne des Versaillais (qui ont affronté la commune en 1871). Et si c'était l'électorat de M.Fillon ? Voilà ce que l'on gagne à se présenter en "Thatcher de la Sarthe" ?

Si c'est le cas, cela signifie que cet électorat, apparemment très féminin, a été déçu par M.Sarkozy, ou qu'il n'a pas cru en ses chances, et qu'il a porté ses voix sur M.Fillon. Cela signifie aussi que l'on s'est trompé en croyant que les votes de la gauche et des non alignés feraient la loi lors de la primaire des Républicains. M.Fillon serait porté par la vraie droite. Lorsque l'on regarde le taux de participation des électeurs de gauche, on peut se demander si M.Juppé, quant à lui, a reçu beaucoup de voix de droite. 

jeudi 24 novembre 2016

Les 500.000 fonctionnaires de M.Fillon

Peut-on supprimer 500.000 fonctionnaires ? Ce que j'ai entendu (hier, Europe 1) :
  • On est obligé de le faire. Pour cause de réduction de déficit. Nécessité fait loi !
  • On ne supprime pas des postes de fonctionnaires, mais de contractuels. Si on n'en renouvelle pas un sur deux, ça devrait faire le compte sur 5 ans. 
Si l'on y regarde de plus près :
  • "Dans la filière animation, 1  emploi permanent sur 3 est occupé par un non-titulaire, suivent les filières culturelle (26 %), sportive (21 %), médico-sociale (18 %) et sociale (17 %). Concernant l’animation, les évaluations de l’Observatoire du CNFPT incluant les emplois permanents et non permanents font état de plus de 60 % de non-titulaires  (source : Bilans sociaux 2007)." (La gazette des communes.)
  • Il y a de l'ordre de 15% de contrats aidés (Le Monde). Il est douteux qu'on les jette à la rue.
  • Il y a des remplaçants. De l'ordre de 2 sur 5 dans la Fonction Publique Territoriale (La gazette, ci-dessus.)
J'ai vu une administration faire ce type de transformation. Je la cite ici. Elle a procédé 1) par élimination des remplaçants, par une amélioration du partage de tâche interne, lors des absences ; 2) par formation de ses personnels, de façon à supprimer la sous-traitance. En ajoutant à cela une augmentation du temps travaillé (mais cela a un coût), et la suppression des contractuels de filières non stratégiques, on s'approche peut-être du compte. Mais si j'ai fait une étude de l'administration dont il est question ci-dessus, c'est qu'elle est exceptionnelle... Et si ça avait été facile, on l'aurait déjà fait !

(Question : que va-t-on faire des 500.000 chômeurs ? D'ailleurs, il faudra un jour s'interroger s'il est juste de faire perdre leur travail à des gens compétents, parce que le statut d'autres personnes est protégé...)

Combien coûte un Brexit ?

Réponse : 122mds£ (144mds€).
"£122,000,000,000 — that’s the Brexit price tag for the U.K. in the form of extra government borrowing that Chancellor of the Exchequer Philip Hammond (also known as “Spreadsheet Phil”) announced in his budget forecast Wednesday."
Politico

Paul Duan

Connais-tu Paul Duan ? me demande un éminent chercheur qui s'indigne qu'il "prétende faire baisser le chômage de 10% avec une méthode de Big Analytics". Je réponds non. Et j'ai tort. Une amie m'avait déjà envoyé un article sur lui, en début d'année. J'avais enterré. Pas sérieux. 

Qui est-il ? Présenté comme un "petit génie de la Silicon Valley". Il semble diriger une sorte d'ONG qui donne dans un sujet à la mode : faire du nudge avec Big Data. Ou comment transformer les sociétés en utilisant des règles sociales inconscientes, détectées grâce à l'analyse de données. 

J'ai regardé sa fiche linkedin. Pour un génie de l'informatique, il a un profil atypique : sciences po Paris. (Il possède aussi une licence de mathématiques.)

En tout cas, il a un don pour la promotion. Il a levé beaucoup d'argent notamment auprès d'un accélérateur de start up, et  de la fondation Gates, il  se dit venu de la misère, alors qu'il a étudié dans un lycée que fréquente le haut du pavé versaillais, et son idée de réduire le chômage français de 10% a frappé la presse.

(PS. D'après ce que l'on m'a dit, l'hostilité de la communauté scientifique à l'endroit de Paul Duan, viendrait de ce qu'il a coûté 1m€ à Pôle Emploi, somme qui aurait pu aller à une entreprise française...)

mercredi 23 novembre 2016

ASN contre EDF

L'Autorité de Sûreté Nucléaire a l'air de faire des difficultés à EDF. Manœuvres politiques ? 

Apparemment non. Le dirigeant de l'ASN est un ingénieur du corps des mines. Il appartient non seulement à l'élite de polytechnique, mais aussi au corps qui gère la filière nucléaire. Il affronte donc les siens. Et il n'a aucun moyen, ce qui semble éliminer un appui politique. Ce serait donc une question de conscience. Conscience, qui utilise l'équivalent de la bombe nucléaire, dans le domaine politique, pour se faire entendre.

L'OVNI Fillon

On dit que BING signifie "because it's not Google". M.Juppé est un peu BING : ni M.Hollande, ni M.Sarkozy. On n'en attendait pas plus. Juste un honnête homme. Or, voilà qu'apparaît M.Fillon. Et lui a un programme. Et il n'est pas consensuel. De ce qu'on en dit, il est conservateur en termes de valeurs, et libéral en termes économiques. C'est une double surprise : qui eut attendu autant d'audace du collaborateur effacé de M.Sarkozy ? Un coming out ?

Les Trente glorieuses : bulle spéculative ?

J'ai fait la recension d'un ouvrage qui expliquait comment beaucoup d'Américains se retrouvaient sans retraite. Pour attirer du personnel, les entreprises leur ont promis des retraites dont elles n'avaient pas les moyens. Lorsque cela a commencé à se faire sentir, des financiers se sont saisis de ces entreprises, les ont mis en faillite, ont liquidé leurs obligations de retraites, qu'ils ont considéré comme une dette junior. De ce fait, ils ont fait de gros bénéfices.

Les spécialistes de droit social qui m'entourent me disent un peu la même chose. Pour avoir la paix, les entreprises françaises ont trop donné, très au delà de ce qui était demandé. Aujourd'hui on est tenté de tout retirer. Et si les Trente Glorieuses nous avaient, aussi, fait des promesses qu'elles ne pouvaient pas tenir ?

(Qu'est-ce qui va se passer quand cela va péter ? Le cas des retraites montre le risque : aller d'un extrême à l'autre, alors qu'il y avait une solution intermédiaire. Au moment de l'explosion, aurons-nous le réflexe du "juste milieu" ? Sa condition nécessaire est probablement la solidarité.)

mardi 22 novembre 2016

Juppé la gaffe ?

M.Juppé s'est adressé au mauvais électorat. Est-ce la première foi qu'il fait se type d'erreur stratégique ? Je me souviens d'une dissolution malencontreuse de l'assemblée, qui s'est retournée contre son camp...

Je me demande s'il n'est pas victime d'une maladie de notre élite : la platonite. C'est croire qu'il existe des "idées" absolues que seul l'esprit supérieur peut distinguer. D'où une ligne stratégique simpliste, à laquelle il s'accroche sans jamais en démordre. Il n'y a pas d'autre solution. Quoi qu'en disent les événements. 

(Le contraire de la platonite, c'est le pragmatisme. Le pragmatisme, au sens du mouvement philosophique qui porte ce nom, veut améliorer les choses, sans idée préconçue de la façon de procéder.)

Impératif : apprendre à penser

Peut-on croire France Culture ? On peut se poser la même question de tous les médias. Ne reflètent-ils pas les présupposés de ceux qu'ils représentent ? Certes, mais quoi de neuf ? Brexit, Trump, Fillon. Nos médias nous donnent des idées fausses. Et Cameron, Clinton, Sarkozy, nous font agir mal. 

Plus terrible. Pourquoi croyons-nous ce que l'on nous dit ? Parce que l'on nous dit ce que nous avons envie d'entendre, répond la psychologie. Cela va dans un sens qui flatte nos vices ? Paresse intellectuelle, notamment, selon R.Cialdini.

Et si, désormais, nous ne pouvions plus faire confiance à personne ? A commencer par nous-mêmes ? Et si c'était cela, penser ?

Angela la terrible

La nouvelle du week-end, ce n'est pas M.Fillon. C'est Mme Merkel. Elle reste à la tête de l'Allemagne.

Xexit. L'Angleterre et les USA refusent la concurrence internationale et parlent de relance. L'Europe continentale va demeurer sous l'emprise de la rigueur. Et l'immigration de l'Europe de l'Est, refusée par l'Angleterre, va devoir se rabattre ailleurs. Au même moment, les taux d'intérêt montent et la dette de la France s'alourdit. M.Fillon a choisi de plonger, pour prendre de la vitesse. 

Ce qui ne tue pas renforce. Il va falloir du talent pour éviter que la recherche de compétitivité ne produise beaucoup de perdants, qui réclament une fermeture des frontières. Le Frexit de Mme Le Pen. L'avenir de l'Europe, c'est maintenant ?

lundi 21 novembre 2016

Trump condamne Clinton

Comme je l'avais prévu, Donald Trump ne fait pas ce qu'il a dit. Ce qu'il disait n'avait qu'un objectif : le faire élire. Mais pourquoi a-t-il parlé de condamner Mme Clinton ? Énorme bobard. Parce ce que c'est ce que rêvait de faire la population ! Si cela a surpris le monde, c'est parce que nous ne savons pas ce qui se passe. Et cela, parce que la presse ne laisse passer que ce qui lui semble bien. L'atout maître de Trump et des "populistes" est d'être au contact du peuple.

Bipartisme

J'entends beaucoup de gens dire leur hostilité à la notion de primaire. Mais cela nous évite de nous retrouver, à l'élection, face à des candidats rejetés par l'électorat. Le plus curieux est à quel point nous devenons similaires aux USA. Le bipartisme s'est installé progressivement. Et maintenant nous avons des primaires. Quelles peuvent en être les conséquences ? 

En 2005. M.Bayrou l'aurait emporté face à M.Sarkozy et Mme Royal. Mais il ne pouvait pas passer le premier tour des élections. Peut-être parce qu'il n'a pas vu arriver M.Fillon, M.Juppé a oublié ce précédent. Il est possible que la France préférerait être gouvernée au centre, mais le bipartisme l'amène soit à droite (on parle d'un électorat de "notables" en ce qui concerne M.Fillon) soit à gauche. 

En est-il de même aux USA ? Une différence entre eux et nous est l'indépendance de leurs élus (sénateurs notamment). Ils se déterminent en grande partie en fonction de leur intérêt propre. Il n'y a pas réellement de parti (au sens parti communiste du terme). Allons-nous bouger dans cette direction ? Le bipartisme n'existe pas ?

Vive les sondages

François Fillon vainqueur des primaires, nous dit-on. Et si c'était faux ? Et si les sondages étaient les réels vainqueurs ?  Personne n'ayant vu arriver M.Fillon, M.Juppé a parlé à l'électorat du second tour, et M.Sarkozy a voulu discréditer M.Juppé. 

Et de trois, après le Brexit et M.Trump ? Et si nous entrions dans une époque où il est impossible de croire personne ?

Programmation linéaire

Curieux terme : "programmation linéaire". C'est une méthode d'optimisation d'une fonction linéaire avec contraintes linéaires. Linéaire, c'est clair, mais programmation ? En fait, le sens de programmation, écriture d'un programme pour un ordinateur, est récent. "Programmer" signifie initialement "définir un programme", donc organiser ses ressources, si possible de manière optimale, pour atteindre un objectif. (Cf. faire un programme pour ses vacances.)

Nouvelle illustration d'un phénomène évident a posteriori, mais pas a priori : le sens originel d'un terme, l'étymologie, est bien souvent perdu ; celui que nous retenons est celui que nous déduisons de l'usage courant que l'on fait du mot.

dimanche 20 novembre 2016

Les paradoxes de l'ISF

Il est possible d'éviter de payer une partie de l'ISF en investissant dans une jeune entreprise. J'ai découvert ce qui semble être un curieux effet pervers de cette mesure. 

L'investisseur gagne ainsi de l'argent relativement facilement. Du coup, il es passif. Or, il se trouve que l'entreprise a souvent un potentiel de développement très intéressant. Dans certains cas l'investisseur pourrait tripler sa mise. Et, cela rendrait un grand service au dirigeant que son investisseur lui demande des comptes !

Sido

Recueil de nouvelles disparates. Cela commence par des souvenirs de famille, extrêmement brefs. Enfance exceptionnellement heureuse. Puis on vieillit avec Colette. Talent et humour féroce.

J'ai dit que Colette était Mme de Sévigné. Elle est peut-être plutôt le duc de Saint Simon. Le génie de ses portraits et d'être faits de contradictions. De qualités et de ridicules. Moyen de dire son affection ? A la personne, et, peut-être, à l'humanité ? 

Et si le véritable amour n'était pas aveugle ? Et s'il était admiration de la capacité de l'autre à nous surprendre ? à nous "décevoir en bien", comme on dit dans certaines provinces ? 

samedi 19 novembre 2016

Etoile du nord

Le chef du restaurant de la gare du nord parlait à France Culture de fracture sociale. Les composants de la sociétés ne se connaissent plus. C'est de là que viennent nos difficultés actuelles. Son restaurant est fait pour que tout le monde se rencontre.

S'il y avait eu un tel restaurant aux USA, Mme Clinton aurait peut être compris que les paroles M.Trump n'étaient pas de stupides bobards, mais exprimaient les sentiments de la population, et de son électorat, à elle ? 

Et si M.Hollande allait déjeuner à l’Étoile du Nord ?

Double personnalité

Il a certaines choses que je n'aime pas faire. Sans qu'il y ait de raison évidente. Par exemple mes notes de frais. En revanche, si je programme un rappel qui me claironne mes devoirs, je les exécute. De même, je constate qu'Internet tend à me piéger. Par exemple, je suis fasciné par les statistiques de Google. Ce qui est idiot. Mais, je peux résister à la tentation si je me fixe un plan d'action. 

Deux constatations :
  • Il semblerait que j'obéisse à deux mécanismes séparés. Un regardant l'autre. Un peu comme s'il y avait un être "naturel" qui est sans défense face aux événements, sans recul, et qui a énormément de difficultés à changer, et une sorte de boucle de rétroaction qui tente de corriger le tir. Mais qui doit travailler de plus en plus.
  • Le monde agit sur le premier mécanisme par "l'emprise", comme si la règle du jeu était de trouver mes failles. Cela ressemble, sur un plan plus vaste, à ce que l'on dit de l'industrie alimentaire : elle ajoute du sucre et de la graisse aux aliments, parce que l'évolution nous y a rendu sensibles. La société contemporaine tendrait-elle à faire de nous des accro ?

vendredi 18 novembre 2016

Dieu, c'est le mal

"Dieu, c'est le mal" est une formule de Proudhon, qui a eu moins de succès que "la propriété c'est le vol". Qu'entend-il par là ? A mon avis, deux choses. 

La première est en opposition à Marx. (Proudhon était l'aîné de Marx et, en ces temps, Marx était un outsider, pas la super star qu'il est devenu.) Marx est matérialiste. Proudhon observe que le matérialisme mène au déterminisme. Que l'avenir soit imprévisible signifie qu'il y a autre chose que ce que voit la raison : la "métaphysique". Il appelle cette autre chose Dieu. 

Ensuite, la pensée de Proudhon fonctionne par "antinomies". Le monde résulte de l'opposition de concepts à la fois antagonistes et complémentaires. (Possiblement la même idée que celle du Yin et du Yang chinois.) A l'homme est opposé Dieu. Dans cette vision Dieu = fatalité. C'est ce qui contrarie la volonté de l'homme. Mais, c'est de ce "mal" que va naître le "bien". En effet, en se révoltant contre la fatalité, de l'inconscient humain sort le désir d'un monde "meilleur". En disant ce qu'il ne veut pas, l'homme découvre ce qu'il veut. C'est ainsi que l'homme se réconcilie avec Dieu. Ce dernier fait, finalement, ce que l'on attend de bons parents. Il n'est pas méchant, il est juste.

Une variante de cette idée est "L'univers est né d'un éclat de rire de l'infini". Dieu est insouciant. L'homme c'est le désir d'ordre, Dieu, le chaos, la fantaisie, qui empêche un contentement de soi stérile. Dieu, c'est le changement ?

La transformation des grandes écoles

Normale sup et polytechniques sont les bastions des privilèges. Hier, leurs élèves se faisaient tuer dans les révolutions ! Ils étaient les missionnaires du progrès ! Qu'est-il arrivé ? 

Bac pour tous. Conséquence imprévue de la massification de l'éducation supérieure. L'ascenseur social a été liquidé. Mais l'objectif de la réforme a peut-être été atteint. Le diplôme ne donne plus d'avantage autre que social. Il fait entrer dans une mafia d'oligarques. Dorénavant nous pouvons tous penser, et agir. Le terrain est prêt pour une transition du type de celle qui eut lieu à la Révolution, lorsque l'on a compris que l'aristocratie n'avait aucun titre à maintenir ses privilèges...

jeudi 17 novembre 2016

Big laugh

"L'univers est né d'un éclat de rire de l'infini" (Proudhon)

Démocratie directe contre démocratie représentative

La France a toujours été mal à l'aise avec la démocratie représentative. La raison en est qu'elle instaure des "corps intermédiaires". Ceux-ci, hommes politiques, syndicalistes, conseils d'administration de mutuelles, fonctionnaires... accaparent le pouvoir (sous une apparence d'affrontement ?) et maintiennent un statu quo qui les arrange, mais qui n'est plus adapté aux circonstances du moment. Ils deviennent une oligarchie et empêchent le changement nécessaire.

D'où l'idée de la démocratie directe. C'est le concept originel de la démocratie : le citoyen gère, en égal, les affaires de la cité. La France a une façon originale de concevoir la question. C'est l'association. Ni individualisme, ni collectivisme. Clémenceau : « défenseur de l’individu, de l’entreprise individuelle, il ne peut accepter le triomphe de l’individualisme. Car l’individu fait partie d’un corps social (...) en même temps, il ne peut accepter le communisme (…) l’individualisme absolu, expression de la barbarie, le socialisme collectiviste est un déni de l’individu, mais les responsabilités de l’État social doivent être reconnues. » 

La démocratie directe peut exister dans une démocratie représentative. Il suffit que le citoyen ait les moyens, lorsqu'il est mécontent, de déclencher un mouvement collectif qui fasse bouger le système, pacifiquement !, en dépit des intérêts qui tentent de le bloquer. (Leader du changement.)

mercredi 16 novembre 2016

Marais pontins

Dans mon enfance, j’entendais parler des Marais Pontins. Qu’était-ce ? L’assèchement de marais par Mussolini, pour y planter du riz. Ce qui avait donné du travail à un peuple qui connaissait la famine depuis la crise. Et ceux qui parlaient avec gratitude du fascisme étaient visiblement communistes. Ils votaient pour les partis qui semblaient se préoccuper du peuple. Et rien n’avait pu secouer leurs certitudes, ni la guerre, ni, encore moins, la morale dominante.
Une leçon pour les temps actuels ?

Capitalisme et société

Le capitaliste, dit-on, a payé les journées des ouvriers ; pour être exact, il faut dire que le capitaliste a payé autant de fois une journée qu'il a employé d'ouvriers chaque jour, ce qui n'est point du tout la même chose. Car, cette force immense qui résulte de l'union et de l'harmonie des travailleurs, de la convergence et de la simultanéité de leurs efforts, il ne l'a point payée. (Proudhon)

Et si tout l'art de l'entrepreneur était de tirer parti du processus qui transforme l'homme en société, ce faisant produisant ce qu'une somme d'hommes ne peut pas produire ?

mardi 15 novembre 2016

Populisme et empathie

Marcel Gauchet parlait de populisme à un journaliste de France Culture qui ne comprenait pas comment les contre-sens de M.Trump aient pu vaincre (lundi matin). Réponse : "la force du populisme, c'est de poser des problèmes". Ce que l'électeur cherche, c'est quelqu'un qui parle comme lui.

Ce que l'on reproche à "l'élite", c'est son manque d'empathie ? 

Le bunker de La Rochelle

Au cœur de La Rochelle, il y a un curieux musée : le bunker. Durant la seconde guerre, l'armée allemande avait construit là un bunker, donc. Il devait abriter les officiers des sous-marins de la base de la Pallice, en cas de bombardement de la ville. Il n'y avait pas que des lits, il y avait aussi une salle de bar. Et des dessins de petits poissons peints par deux charmantes artistes. A quoi cela ressemble-t-il un bunker de ville ? A la cave de mon grand père ! Elle aussi avait un toit en béton, du type que ce que l'on voit ici. (D'ailleurs, on venait s'y protéger pendant les bombardements.) Pour le reste, le bunker présente des scènes de la guerre, à La Rochelle, jouées par des personnages en cire, et la reconstitution d'un tronçon de sous-marin. Le plus intéressant, selon moi, est ce qui est dit, justement, des sous-marins. Ce fut un moment l'arme fatale d'Hitler. Leurs équipages avaient un courage fou. Mais la technologie américaine a eu raison d'eux. Lorsqu'ils sortaient la tête de l'eau, ils étaient attendus par des destroyers et des avions. Les radars les avaient détectés. 

En revanche, ce qui a tenu, ce sont les bunkers. Les Allemands avaient le talent de l'acier et du béton. Même les tapis de bombes américains n'ont pas eu raison des hangars qui protégeaient les sous-marins. 

(J'ai appris que la France a récupéré un des rares U-Boot intacts, et qu'il a longtemps navigué dans notre marine.)

L'entreprise vue par un DRH...

Interview...


Les nouvelles générations ?
Contrairement à ce que l’on entend, les nouvelles générations n’ont rien de très différent des anciennes. Leurs aspirations fondamentales, c’est « l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle ». 
Et cela se heurte aux pratiques de management actuelles. « Le management est réticent à la flexibilité. »
Le problème qu’a aujourd’hui à résoudre l’entreprise n’est pas tant une question de nouvelles générations, que de management. Il y a eu régression. 

Le management moderne ?
« Des consultants pas des managers. » Le profil du manager moderne n’est plus celui d’un meneur d’hommes, d’un leader. C’est un esprit analytique avant tout. « Ce sont des premiers de la classe. Ils sont trop analytiques. Ils sont paralysés par la peur. Du coup, ils font des analyses durant des mois. Et il ne se passe rien. »
« Les dirigeants ne savent pas bosser. » « Ils font concevoir la stratégie de l’entreprise par Bain ». « Une stratégie, ça se travaille avec l’équipe, mais personne n’en a le courage. »
Surtout, « il y a eu désengagement du management ». Les managers modernes « servent leurs intérêts ». Les PDG montrent l’exemple. « Ils restent en poste deux ans, deux ans et demi », et quand ils prennent un poste « ils négocient le chèque de sortie », « ils pensent au job d’après ». « Ils s’entourent, de conseils, d’avocats ». « Ils ont la hantise de se faire virer. »
Pour pallier les effets pervers de ce carriérisme, « on a mis en place des KPIs ». « Mais ils ont été détournés », il en a résulté « un monde parallèle ». Il y a aussi « des procédures de contrôle de gestion de partout, qui font beaucoup de mal. » « On a perdu la passion et le partage. » « Tout est pouvoir et avoir. »
L’entreprise moderne est-elle durable ? « Les entreprises vivent de coups », « elles piquent du savoir-faire, elles virent les gens. » « Mais ça marche. » « Les gens sont-ils heureux ? » « Ce sont des prisons dorées, mais ils restent. »

Rôle du management ?
Pour une entreprise, le facteur clé de succès est le management. Il faut prendre exemple sur Auchan qui a été « capable de générer un management de très haut niveau ». « Pour Auchan, le plus important est le rôle du manager. On sait que si vous êtes un bon manager, tout ira bien. » Le rôle du bon manager ? Permettre au bon sens de l’organisation de s’exprimer. « Pour moi, avant tout, c’est une question de bon sens. Tout le monde l’a. Il faut mettre les hommes dans les conditions pour que ça sorte. »
Comment Auchan fait-il ? « Il y a une formation de managers, un parcours semé d’embûches ; un parrain formateur, qui répond à vos questions ; une université interne qui forme aux basiques du management, de la conduite de réunion, de la gestion du temps. » Et surtout « on confie des responsabilités que l’on ne vous confierait pas ailleurs ». Et « on vous embête pour savoir comment vous faîtes pour obtenir vos résultats, comment vous faites grandir vos collaborateurs ». « On fête les victoires, on donne de la cohérence, du sens. Tout le monde est important. » « On donne beaucoup de responsabilités au shopfloor. »
« Il n’y a pas de place pour l’individualité, l’équipe avant tout. » « Soit vous entrez dans le moule, soit vous partez. »

Que doit faire le dirigeant pour bâtir une telle culture ?
« Le dirigeant doit définir un projet d’entreprise avec ses collaborateurs, de la base à la tête. »
« Aujourd’hui, la vision, ça vient de Bain, mais pas des hommes. Or, ceux qui savent résoudre les problèmes, c’est les managers de terrain. » « L’entreprise libérée, c’est du bullshit : il faut des managers de terrain, c’est la courroie de transmission. »
 « Il faut définir une vision avec l’ensemble des collaborateurs. Il faut dire où l’on sera dans 5 à 10 ans et comment on fait pour y arriver. » « L’équipe doit se taper dans la main, pour se dire que l’on va tous dans la même direction. »
« Pour réussir il faut définir des règles de fonctionnement, des règles très simples de savoir-vivre ensemble : à l’intérieur tu fais ce que tu veux, si tu en sors, tu es mort ». « sens et valeurs ». Affirmer que « l’on bosse pour le client » ; « confiance » ; « performance : être les meilleurs, se réaliser dans son métier, performance collective et pas individuelle » ; « équipe » ; « intérêt général » ; « honnêteté, intégrité, transparence franchise ».

lundi 14 novembre 2016

L’Amérique sens dessus dessous

Il y a huit ans, les élus Républicains se sont révoltés contre M.Obama. En jouant au plus con, avec un grand talent. Ils l’ont privé de pouvoir. Maintenant, c’est l’ensemble de la presse qui se demande ce qu’elle doit faire face à la réincarnation d’Hitler qu'est M.Trump. Paradoxalement, après l'avoir soupçonné de refuser les résultats de l’élection, si Mme Clinton était élue, c’est cette même presse qui refuse son élection. Elle va même jusqu'à reprocher à Facebook de ne pas avoir censuré les propos de ses partisans. La guerre civile serait-elle, comme en France, un aspect récurrent de la culture américaine ?

Gauche belliciste ?

Pour les questions de politique étrangère, on décrit Mme Clinton comme un « faucon ». M.Obama est une « colombe ». Ainsi que M.Trump, paradoxalement.

J’ai cru que M.Hollande faisait la guerre pour imiter M.Mitterrand. M.Mitterrand était, apparemment, un gaulliste, qui voulait assurer la grandeur de la France, par son rayonnement international. Mais ne me suis-je pas trompé ? Et si la gauche était un parti de faucons ?  Il y aurait à cela une raison évidente : elle est le parti du bien ? N’est-il pas logique, alors, de combattre le mal ? Et de le combattre par le mal, l’armée, qu’elle dit ne pas aimer ?

Monde du silence

Hasard. Je rencontre des gens de mon âge qui habitaient à quelques numéros de ma maison, lorsque j'étais enfant. Nous avons fait nos études dans les mêmes établissements pendant pas loin de vingt ans. Et, pourtant, je découvre un monde inconnu. Alors que ma famille vivait repliée sur elle-même, chez mes voisins, c'était la fête et la joie de vivre. Ils appartenaient à des communautés, espagnoles, portugaises, italiennes, unies. Et ils profitaient à plein des services qu'offrait la mairie de notre ville. J'ignorais qu'elle était aussi généreuse, et même qu'elle existait !

Qu'avions-nous donc de particulier ? Il y avait quelque chose qui ressemblait aux fêtes de mes voisins chez moi. Ma famille est corrézienne, et, dans certaines occasions, essentiellement les mariages, elle faisait une fête corrézienne, en patois corrézien. Mais, peut-être parce que ces occasions étaient rares (nous n'avions pas les locaux pour), la tradition s'est perdue. Surtout, je comprends maintenant que mes parents ont énormément travaillé. Tous les deux ont passé leur vie à passer des concours. Et, quand ils avaient du temps, à retaper leur maison, ou leur voiture. Ma mère, d'ailleurs, était très fière de sa connaissance de la mécanique ! Et en plus, autre découverte récente, ils étaient extrêmement endettés. Ma mère à remboursé des emprunts quasiment durant toute sa vie. Car, en dépit de tous les titres qu'ils avaient accumulés, ils gagnaient finalement très peu. S'ils ont eu l'illusion du confort, c'est surtout parce qu'ils ont dépensé extrêmement peu. Toute dépense était un placement !

Je pense que mes parents ont cru avoir acquis un statut de privilégiés, alors que beaucoup de monde vivait bien mieux qu'eux. Paradoxe de l'affaire, tout ce stress m'a été épargné, il m'a même fallu plus d'un demi-siècle pour apprendre son existence, et j'ai été le principal bénéficiaire de leur travail. Et pourtant, j'ai vécu une jeunesse sinistre.

dimanche 13 novembre 2016

Le marginal Trump

Je me trompe toujours. Je pensais que l’élection américaine se jouerait à la marge et que les Démocrates, parti des marges, gagneraient. Je pensais aussi que M.Trump était un imbécile que Mme Clinton surclasserait facilement.

Le sondage que je cite ailleurs montre que parmi ceux qui jugeaient que la situation s’était dégradée sous Obama, et qui ont voté pour Mme Clinton !, il y avait beaucoup plus de Démocrates qu’en 2012.  Qu’en était-il, alors des Démocrates qui ont voté Trump ? Et si, à trop jouer la marge, M.Obama avait oublié le gros de son électorat ?
Certes, les Démocrates ont détaché du parti Républicain quelques-unes de ses marges. Mais, trop heureux de leur victoire, et trop assurés de leur supériorité intellectuelle sur le balourd Trump, ils n’avaient pas vu qu’il faisait de même. Comme on raconte dans les livres de stratégie, il a attaqué le point fort de l’adversaire. Il a détaché des fragments que les Démocrates croyaient leur ligne Maginot. Une partie de l’électorat qui est tellement inamovible qu’on avait oublié qu’elle pouvait penser, et souffrir. Les grognards démocrates. Aimez-vos électeurs : une leçon pour nos partis de gouvernement ?

Alain Chamfort

Populaire, qualificatif d’Alain Chamfort ? Il vient d’un milieu populaire. Il aurait pu en sortir, en entrant dans un conservatoire. Car c’est un pianiste doué, qui s’est mis à chanter par hasard, pour rendre service. Mais il ne s’est pas senti bien dans un monde qui n’était pas le sien. Populaire a aussi un autre sens. A chaque fois qu’il a cherché à s’éloigner de ce qui était « populaire », il a connu des flops. Si bien que sa carrière est jalonnée d’échecs, et de retours dans la guimauve.

Ne s’étant pas fait absorber par le métier du show biz, il a sur lui un regard inhabituel. Il m’a renforcé dans mon idée que Nicolas Sarkozy et Claude François ont beaucoup en commun. Tous les deux sont avant tout des hommes d’affaires, ayant le respect d’un public qui les nourrit, selon moi. Surtout, il donne de Serge Gainsbourg une image surprenante. Serge Gainsbourg recherchait la célébrité. C’est la provocation qui la lui a donnée. A partir du moment où il a eu découvert cette recette du succès, il est devenu pénible à fréquenter.

(A voix nue, de France Culture, est la source de ces réflexions.)

Culture et changement

Je vais changer la culture de cette entreprise ! dit le dirigeant. Eh bien, il n'a pas étudié l'anthropologie. 

L'anthropologue appelle "culture" les règles qui permettent à la collectivité de vivre ensemble. C'est le "bien commun" ou "res publica" ultime. La culture accumule les fruits de l'expérience du groupe. En particulier les méthodes qui lui ont servi à se transformer dans les moments critiques. 

En conséquence, pour changer, il ne faut pas aller contre une culture. Il faut l'étudier pour y trouver la méthode qu'elle a sélectionnée pour changer sans effort, et sans moyens ! 

(Comment ? Simplement en observant les changements qui ont réussi et ceux qui ont raté. On découvre alors qu'il y a une "bonne manière" de mener le changement.)

samedi 12 novembre 2016

Trump for change

Pourquoi a-t-on donc voté Trump ? On n'arrête pas de se poser la question.

Apparemment, essentiellement pour le changement. L'électeur ne se fait pas beaucoup d'illusions sur ses compétences. On a aussi beaucoup voté contre Hillary Clinton, bien plus que contre Donald Trump. Pour le reste, ce qui est dit sur le petit blanc, n'est que juste en tendance. L'électorat républicain a en grande partie voté Trump, et il est plus riche que l'électorat démocrate. Curieusement, marginalement, les minorités, à l'exception des Juifs, ont plus voté Républicain qu'en 2012. 

Ethique et science

Coup d'oeil aux statistiques. Je les ai vues brièvement durant mes études. Beaucoup de choses me paraissaient bizarres. Mais je n'avais pas eu le courage de faire une psychanalyse de mes états d'âme. Eh bien, je crois avoir compris ce qui ne passait pas. Un cours de stat vous balance des résultats qui ne sont pas uniques. Par exemple, vous voulez tester une hypothèse. L'enseignant sort une loi d'un chapeau. Si elle donne un résultat "anormal", alors l'hypothèse est fausse. Pourquoi pas. Mais, pourquoi cette loi ? En fait, j'ai découvert qu'il pouvait y en avoir plusieurs. Et qu'elles ne donnaient pas toutes les mêmes résultats. 

Problème de notre enseignement ? Une quête d'abstraction qui n'a aucun sens. Un exposé qui, du coup, perd l'essentiel, pour le superficiel. Une sélection d'élèves dont la force est de reproduire ce qu'ils ne maîtrisent pas ? Et l'élimination d'un commun des mortels qui saurait mieux employer l'outil que le bon élève, si, au moins, on pensait à lui expliquer les choses de manière compréhensible.

Leonard Cohen


Leonard Cohen est une de mes déceptions musicales. Je l’entendais au hasard des programmations des rares radios que j’écoute. Sa « golden voice » et certaines de ses formules (« dance me to the end of love ») me restaient dans l’oreille. Mais lorsque j’ai voulu mieux connaître ses chansons, mon admiration s’est éteinte. L’orchestration s’était complexifiée avec le temps, ce que je n’aime pas. Et surtout je ne résistais pas à la répétition : il n’y avait que ce que j’avais remarqué dans son œuvre : une belle voix et quelques formules heureuses.

Et si c’était la rançon du marché ? Il formate des produits de consommation de masse ?

vendredi 11 novembre 2016

Piano gare

Il y a quelques hivers j'ai raté une correspondance entre deux RER de lointaine banlieue. Je me suis trouvé devoir attendre, longtemps, dans une gare glacée. Des lycéens jouaient du piano. Cela m'a rappelé mon enfance. Dans ma classe aussi il y avait un pianiste amateur, et un groupe se formait autour de lui. 

Depuis je regarde les pianos gares. On n'y fait pas une belle musique, mais ce piano semble rendre heureux bien des gens. Et il n'est pas l'objet de vandalisme. Car il est respecté par tous, en premier par ceux que la société ne respecte pas, comme un objet de culture qui a une place dans leur vie. 

Et si l'on n'en demandait pas beaucoup plus pour être heureux ?

François Mitterrand

Le témoignage d'Anne Pingeot montre un Mitterrand sympathique : un individu soumis à des passions humaines. Il est usuel de dire que c'est Rastignac. Il est plus que cela : c'est le "leader" des théories du changement. Il a du pouvoir sans pouvoir. Il a une puissance de séduction inconcevable. Cette séduction ne s'exerce pas tant sur les individus que sur les foules, sur les assemblées qui en font leur chef. En 65, grâce à une combinaison invraisemblable d'alliances contre nature, David ébranle de Gaulle. Est-ce là que son avenir s'est joué ? Peut-être, aussi, a-t-il semé les graines de 68 : il a montré les failles d'un édifice qui semblait formidable ? Mais miner les bases du royaume dont on veut remplacer le souverain, est-ce bien procéder ? Mitterrand, plus Talleyrand que Rastignac ?

Trump et changement

Changement = danger. Qu'est-ce qui peut changer avec Trump ? 

On l'a décrit en Hitler. Mais le danger du changement ne vient pas de sa politique extérieure, mais interne, économique. Car pour l'extérieur, contrairement à Mme Clinton, il compte poursuivre la politique de M.Obama. Et cette politique a été le grand changement de la précédente mandature. M.Obama a tenté de résoudre les problèmes du monde sans l'usage de la force. 

Ce qui pourrait, en revanche, avoir un gros impact sur nos vies est économique. Les banques centrales impriment de l'argent. Vont-elles arrêter ? Le programme de M.Trump n'en parle pas. Il semble être ce qu'il a dit, et ce qu'il est : utiliser la force de l'Amérique pour en faire profiter ses intérêts. Ceux de tout le monde sauf des multinationales et de "l'élite globalisée". Ce que lui demande la "rust belt", hier démocrate, ce n'est pas de lutter contre l'immigration, mais contre les délocalisations. C'est faire fabriquer l'iPhone ou les Ford aux USA. Il ne s'agit pas de donner de l'emploi mais d'améliorer sa qualité. Il faut faire grimper les marges des entreprises locales et les salaires, en réduisant la concurrence internationale. Autrement dit, il veut relancer l'inflation. Pour cela il n'a pas besoin de faire grand chose. Tout se joue à la marge. D'autant que les USA sont au plein emploi (emploi mal payé, mais emploi). 

Si les USA se replient, le reste du monde va devoir faire de même. Possible baisse de la pression concurrentielle, et redémarrage de l'inflation. Mais aussi cela peut forcer les pays sous-traitants à devenir créatifs. Or, ce n'est pas la compétitivité qui est le moteur du marché, mais la différence. Marché = échange de choses "différentes". Et pas "moins chères". Trump est probablement bon pour le marché.

En tout cas, cela pourrait nous annoncer des moments compliqués. Inflation, et rapport de force. En particulier, pour ceux qui n'appartiennent pas à un écosystème qui puisse leur permettre de profiter de l'aléa. Europe divisée, ou individu isolé.

jeudi 10 novembre 2016

Trump : l'entrepreneur qui a flairé un coup ?

Je tombe sur cela :
"Part of what constitutes success is timing and chance. But most of us have to create our own opportunities and be prepared to jump when we see a big one others can’t see."
L'article traite du succès dans les affaires. Plus exactement de ce que cela signifie d'être un leader. Mais il m'a semblé parler de M.Trump. En bon entrepreneur, il a flairé la chance, et il l'a exploitée. Et il a joué très très gros. (Car son actif quasi unique, c'est son nom.)

(Ce qui pose la question de savoir ce qu'il va en retirer...)

mercredi 9 novembre 2016

Trump et le papillon

On nous rebat les oreilles avec Big Data. L'élite de nos grandes écoles se rend au MIT pour étudier la question. Eh bien en dépit de toutes les données dont dispose l'Amérique, de tous ses ordinateurs, de tous ses cerveaux, qui a prévu la victoire de M.Trump ? 

Hervé Kabla, Michael Moor et le professeur Lichtmann. Hervé y voyait un coup du black swan. Mais je me demande si ce n'est pas aussi un méfait du papillon du chaos. Car, qui aurait pu envisager ne serait-ce qu'une candidature Trump, il y a 1 an ? Ensuite, il a joué les David avec une quantité de Goliath. (A y bien réfléchir, cela avait été la même histoire avec M.Obama. Tout est possible aux USA, comme dit ce dernier ?) Et si le papillon était le père du cygne ?

M.Trump et la démocratie

Aux aurores, France Culture commentait ce qui commençait à ressembler à la victoire de M.Trump. On ne voulait pas y croire. 

Si les démocrates américains partagent l'opinion de France Culture, il est facile de comprendre les raisons de la victoire de M.Trump. Qu'ai-je entendu ? Que ceux qui ont voté pour pour lui étaient des petits blancs obtus et racistes, et qu'ils étaient ingrats, car, eux, contrairement à nous, ils avaient de l'emploi. Effet pervers de la démocratie, mon brave Monsieur, on fait le bien du peuple et il vous maudit ! 
Certes. Mais on entendait aussi dire que le niveau de vie de certaines catégories de la population était équivalent à ce qu'il était dans les années 60... Et beaucoup de Démocrates ont voté Trump : brutalement devenus idiots ? Et les minorités opprimées, et intelligentes, n'ont pas soutenu en masse leurs bienfaiteurs. Elles aussi, des ingrates ? 

Et si vouloir faire le bien de gens que l'on méprise n'était pas un bon moyen de gagner des élections ? 
When we listen, when we keep our minds and hearts open, we hear the pain in a neighbor’s voice when he describes the devil’s choice he faces on Election Day. (The Atlantic)
(Complément : les griefs qui font voter Trump.)




Elisabeth Badinter

Lundi matin, j'ai entendu, brièvement, Elisabeth Badinter présenter son dernier livre, une biographie de Marie-Thérèse d'Autriche. Elle a dirigé sa famille, ses seize enfants, et un des pays les plus puissants de son temps. Femme moderne ! 

La belle fille de Louis XIV avait une autre vision des choses. Elle disait que les rois étaient gouvernés par leurs favorites... En tout cas, pour Mme Badinter, la politique est un affrontement. Y aurait-il des bons et des mauvais, selon elle ? Quel sort doit-on réserver aux mauvais ? Les philosophes de Lumières, pour leur part, parlaient "d'intérêt général". Douglas McGregor, l'auteur des théories X et Y, quant à lui, estimait que le dirigeant bâtissait une organisation à son image. Hiérarchique, s'il croyait qu'il était différent du reste des hommes (Théorie X), démocratique sinon (Y). Pas surprenant que Mme Badinter étudie la vie d'une reine ?

Pour ou contre l'entreprise libérée ?

Je participe à une conférence traitant de "l'entreprise libérée". Du coup, on m'envoie des articles sur le sujet. Un d'entre eux dit : "je remets en cause le concept d'entreprise libérée". 
 
Pour moi, on ne peut pas être pour ou contre "l'entreprise libérée". Être pour ou contre voudrait dire que le concept d'entreprise libérée est à absorber comme un médicament. Or, ce n'est rien de plus qu'un "concept", justement. C'est une idée, un principe d'organisation, que chacun doit creuser pour voir en quoi elle peut s'adapter à son cas, ce qui demande de la travailler. Et ce qui donne un résultat différent pour chacun. De même que "démocratie" ou "monarchie". Ou, si vous êtes Christophe Colomb, aller en Inde par la terre ou par la mer. C'est une option de course, rien de plus, rien de moins.

Dans ces concepts (tels qu'entreprise libérée), il faut faire la part du marketing et de ce qui est utile. Celui qui promeut l'idée fait, bien souvent, sa pub et celui qui s'en prend à une mode fait de même. Et c'est bon pour la mode... Et d'ailleurs c'est en cela que la mode est une mode. Elle vous fait croire qu'elle ne vous demande aucun effort. Le changement c'est maintenant. Et hop.

mardi 8 novembre 2016

Réquilibrons notre narcissisme

Le narcissisme est l’estime de soi. Il y a un narcissisme normal. Il correspond à une juste connaissance de ses capacités. Ce que l’on appelle généralement « narcissisme », cependant, est une pathologie. Le dérèglement de l’ego est une conséquence imprévue du changement.

Notre temps veut libérer l’individu de ce qui entrave ses désirs. Conséquence : la société a été instrumentalisée pour servir l'intérêt individuel. (Exemple : le titre qui, jadis, conférait une autorité - médecin, psychologue, ministre, prêtre...- peut avoir été perverti.) Ce faisant, elle écrase l'individu, et le désoriente.

Morale. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Retrouver une juste estime de soi est une nécessité. Et c'est le premier pas pour remettre d’aplomb son propre narcissisme.

Teresa May

La haute cour anglaise a demandé au parlement de se prononcer sur le Brexit. Teresa May lui demande de respecter le choix du peuple. Ce qui entre en contradiction avec le libre arbitre humain. 

Curieuse histoire, qui montre peut-être les limites du système politique anglais. Si je comprends bien, l'Angleterre est une démocratie représentative. Si ses idées n'ont pas changé depuis Stuart Mill, le représentant est choisi pour sa capacité à décider, en fonction des événements. Pas parce qu'il fait ce que ferait le peuple à sa place. Car le peuple est peut-être compétent pour occuper une fonction utile à la société mais pas celle qui consiste à gouverner une nation, pense ce modèle. De même, Mme May n'a pas été élue par le peuple, mais par son parti. Et ce, suite à la démission de M.Cameron qui, lui, avait mené une campagne victorieuse. Dans cette histoire, le referendum, émanation de la démocratie directe, trouve difficilement sa place.

La droite, rêve de gauche ?

On parle de "sinistrisme". Les partis de gauche tendent à aller vers la droite. 

Avant guerre, l'homosexuel était de droite, la famille aussi, et que dire de la culture ? Tout cela a maintenant été récupéré par la gauche. Et si 68 n'avait pas été une révolte contre, mais pour le pouvoir ? Une révolte qui ne rejetait pas les valeurs de la 5ème République, mais qui voulait les adapter aux dimensions de la jeunesse de l'époque ? Une révolte à la Woody Allen : ses films sont des répliques de grands succès, dans lesquelles un personnage, plein de défauts, qui lui ressemble, remplace le héros, homme parfait.

(Ce qui est la théorie de Tocqueville concernant la Révolution : le "révolutionnaire" a repris le système monarchique, État centralisé, mais en remplaçant le roi et l'aristocratie.)

lundi 7 novembre 2016

Jean-Claude Passeron

Jean-Claude Passeron. France Culture lui consacrait plusieurs missions. Elles ont trop porté sur son parcours scolaire, à mon goût. Il entre du premier coup à Normale Sup. Mais moins bien classé qu'aurait fait espérer son talent : il est victime d'un Jankélévitch - le massacre des Juifs par les Nazis lui est resté en travers de la gorge - qui n'a pas aimé qu'il loue les philosophes allemands, à la mode à l'époque. Il se rattrape : il est reçu premier à l'agrégation de philosophie, la plus prestigieuse. Mais, comme beaucoup, il est las de la philosophie. Exercice gratuit pour concours ? Il devient sociologue. 

Apparemment, si l'on se souvient de lui, c'est pour avoir collaboré avec Bourdieu. Surtout, pour l'avoir abandonné : il a jugé que l'on ne pouvait pas considérer la sociologie comme une science, digne de ce nom. C'est-à-dire, au sens de Popper : qui permette de faire des prévisions que l'on peut tester. Cela torpillait le projet de Bourdieu. Comme Marx, il croyait ses idées aussi fondées que celles de la physique ? Donc avoir découvert des lois d'airains auxquelles nous devions tous nous plier. Mais, l'opinion préfère les lois d'airain à la science. Bourdieu est célèbre, pas Passeron.

Empathie sociale

Il m'a fallu une vie pour comprendre que j'avais quitté plusieurs entreprises parce que "on" y était malheureux, alors que, moi, j'étais une sorte de favori du régime. Le plus curieux, c'est que je m'étais fabriqué une raison d'être mécontent, que je croyais justifiée. 

Sur le tard, j'ai découvert ce que signifiait empathie. Quelqu'un me dit ne pas être bien, et voilà que j'éprouve un malaise physique, ça peut aller jusqu'à la maladie. Mais je ne fais aucun lien de l'un à l'autre. Eh bien, il semble qu'il en soit de même avec les groupes humains. 

Il y a encore plus curieux. J'ai mis autant d'années à réaliser que les gens qui me disent être mal ne le sont pas. D'ailleurs, vingt ou trente ans après, ils sont toujours au même endroit avec toujours le même discours !

Je pense qu'il y a une théorie qui s'applique à mon cas. Celle des "executives" de Chester Barnard. Il estime que l'ossature de l'entreprise est faite "d'executives", dont la particularité est de trouver leur intérêt dans l'intérêt général. 

(Ce qui est, bien entendu, une forme d'égoïsme : on ne peut rien faire sans les autres, et une société qui dysfonctionne, c'est la garantie de passer un très mauvais moment à brève ou longue échéance.)

dimanche 6 novembre 2016

La presse américaine et l'élection

L'élection du président des USA se joue en ce moment. Les journaux du pays proposent deux types d'articles : ne votez par Trump, il va nous conduire au désastre ; pourquoi Hillary Clinton provoque-t-elle une telle haine ? 

La réponse semble être une sorte de répulsion physique, que la raison, et même l'intérêt, est incapable d'expliquer. C'est probablement proche de ce que certains de nos anciens présidents ont inspiré à la population française. La cote d'impopularité de M.Hollande doit être incompréhensible par l'étranger...

Grandes écoles dévaluées ?

L'ami d'un ami enseigne en classe préparatoire aux écoles d'ingénieurs. Il a des tas de fiches d'exercice. Il constate une obsolescence de ses fiches. Les meilleurs élèves ne savent plus résoudre les questions qui ne posaient pas de difficultés à la plupart des élèves des années 80.

Son explication : un délabrement de l'éducation nationale, qui commence à la maternelle ! D'ordinaire on explique que l'école crée des inégalités grandissantes, mais pas que son niveau global a sombré.

Conséquence imprévue de la massification de l'enseignement ? me demandé-je. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Est-ce une nouvelle forme de société ?

Pourquoi ne savons-nous pas écrire

Je ne comprends ni Colette, ni Proust ! Une grande partie de leur vocabulaire "technique" m'est inconnu. Je ne pense pas être le seul dans ce cas. Et pourtant, leur niveau d'étude n'avait rien d'exceptionnel par rapport à celui d'une part importante de la société française. 

Ce qui compte, en termes d'éducation, ce n'est pas la durée, c'est le contenu ?

samedi 5 novembre 2016

Framing

Il est plus difficile de recruter un général que mille soldats. Evident n'est-ce pas ? Surtout si l'on remplace général par président et soldat par citoyen.

Mais, si je vous dis : il est plus facile de recruter mille généraux qu'un soldat, c'est aussi évident. On se bat pour diriger une entreprise, alors qu'il est bien difficile de trouver un honnête homme qui fera correctement son travail, et qui compensera l'incurie managériale.

Voilà comment on peut manipuler les gens : en présentant les faits d'une certaine façon. (En anglais on parle de "framing".) Et voici comment éviter de se faire manipuler : en les regardant sous différents angles.

Blog et trafic

Que lit-on de ce blog ? L'outil d'analyse de Blogger se prononce :

Le niveau de lecture du billet moyen est uniforme. Mais, il peut varier de 1 à 5, selon les périodes. Question de modifications de l'algorithme de référencement de Google ? (Il est aussi possible que, parfois, un événement, article... attire l'attention sur moi, mais j'en doute.) En période faste, un second phénomène se superpose au premier. Certains articles décollent. Ils se stabilisent à des niveaux plus ou moins fixes, typiquement 100, 200, 600. Et même 800 et 900, récemment. Là aussi, ces seuils semblent dépendre de la popularité générale du blog. Beaucoup plus lus encore, il y a les "best sellers" intemporels. Ils sortent en première page d'une requête Google fréquente. (C'est le cas de la disparition de la classe moyenne.)

La caractéristique du billet qui réussit ? Une idée saisissante, sur une question un peu intello, selon le positionnement de ce blog. Mélange de hasards (la vie sur Internet est réglée par Big Brother Google ?) et d'idées saisissantes, le fonds de commerce de ce blog (paradoxe).

vendredi 4 novembre 2016

Immigration et formation

Financial Times publie le graphique suivant :
Les diplômes universitaires de la population d'un pays et de ses immigrants. 

L'Angleterre semble recruter beaucoup de diplômés. Peut-être est-ce pour alimenter ses universités et ses entreprises high tech. Peut-être aussi est-ce parce qu'elle a relativement peu de diplômés techniques ?
Ailleurs, c'est moins le cas. 

Ce qui est peut-être plus inattendu, c'est que la seconde génération d'immigrés, partout sauf en Allemagne, serait plus diplômée que la population déjà installée. Ce qui semble aller à l'encontre d'une idée reçue. 

Mais que peut-on tirer de ces données ?  Par exemple, est-ce une bonne chose qu'une grosse partie de la population aille à l'université si elle n'y trouve pas son bonheur ?

Intention stratégique

Strategic Intent. Concept majeur de stratégie. C'est ce que l'on attend du "leader". D'un PDG ou d'un président de la République, par exemple. C'est important, mais l'explication du concept est généralement compliquée. On entre dans des détails de mise en oeuvre qui font perdre de vue l'objectif. Pourtant, il y a un moyen simple de définir l'intention stratégique par son résultat : elle doit galvaniser les troupes. 

Application : qu'est-ce qui pourrait nous galvaniser ? Et si vous formuliez une "intention stratégique" pour un groupe humain sur lequel vous avez une influence ? Votre famille, par exemple ?

Bernard Pivot

J'entendais parler Bernard Pivot. Il me semble illustrer un mot qui est très à la mode : "bienveillance". Seulement, on en parle beaucoup, mais on ne sait pas trop comment faire pour que notre comportement le traduise. Cela nous ferait beaucoup de bien que l'ambiance d'Apostrophe imprègne un peu plus notre société. 

Mais comment être bienveillant dans un monde hostile ? La question du moment est probablement de parvenir à être bienveillant sans pour autant se laisser marcher sur les pieds. Technique Colombo ?

Machine learning

Que veut dire "machine learning" ? Trouver une bonne vieille droite de régression, c'est du machine learning. La machine a "appris" la droite, qui est "la plus proche" (au sens de la distance que vous avez choisie) de vos données. Dans cette définition "apprendre" n'est rien de mieux que calculer les paramètres d'un modèle que vous lui avez imposé.

Mais cela fait mieux de dire "machine learning" que "software computing" ? Que l'homme se tienne à carreau : il est bien peu de choses par rapport au progrès, et au génie de ceux qui en tirent les ficelles ?

jeudi 3 novembre 2016

Les conditions du changement

J'écoutais parler les policiers mécontents. J'ai été frappé par la pertinence de leur propos. Mais, pourquoi attendent-ils le secours des politiques, alors qu'ils sont mieux placés qu'eux pour comprendre leur situation, et lui trouver des solutions ? D'ailleurs, ils ont fait un premier pas dans cette direction : ils ont éliminé leurs syndicats. 

Il y a là les symptômes d'un changement. S'il est possible c'est parce que l'éducation a été "massifiée". Il est fini le temps où seule une classe étroite pouvait décider ; où l'action politique était réservée à quelques-uns. Et c'est probablement le sens de la loi El Komri. Il s'agit de donner le pouvoir au peuple, qui peut maintenant l'assumer. (Pour le reste, c'est une invraisemblable usine à gaz, selon les spécialistes.)

Question : qu'est-ce qui va faire le déclic ? Qu'est-ce qui peut provoquer la prise de conscience qu'il faut cesser de réclamer ou de se plaindre et agir ? Que la politique n'est pas une histoire de professionnels mais de citoyens ?

Peut-être, une fois de plus, cela tient à notre "anxiété d'apprentissage" : le peuple ne bougera que lorsqu'il saura comment coordonner son action collective.

Comment l'homme change-t-il ?

J'ai toujours tort, dit ce blog. Son moteur est le paradoxe. En confrontant ce que je croyais à ce que j'observe, je me rends compte que le monde n'est pas ce que je pensais. Mécanisme douloureux. 

C'est exactement le dégel de Kurt Lewin. Sa théorie du changement. L'échec force nos certitudes inconscientes à devenir des incertitudes conscientes. Bergson l'approuve : quand l'inconscient est en difficulté il appelle la raison. Quant à l'efficacité de la raison, il faut en référer aux Grecs. Logos, c'est à la fois la raison individuelle et la parole. Il me semble que la raison est moins utile du fait de sa capacité de résolution de problème, que parce qu'elle nous permet de demander de l'aide à la société.

mercredi 2 novembre 2016

Le grand théorème du changement

Quelque-chose ne va pas ? Famille, travail, société... ou autre. Et si vous pensiez  « grand théorème du changement » ? Le grand théorème est le plus important résultat théorique qui concerne le changement. Celui que vous devrez avoir retenu quand vous aurez tout oublié. On le doit au psychosociologue Edgar Schein. Surprenant de simplicité.


Grand Théorème

 Anxiété de survie élevée + anxiété d'apprentissage faible = changement

Pour que l’homme ou le groupe humain change, il faut qu’il y ait 
  1. « Anxiété de survie » forte. Il faut que, pour eux, le changement soit important. Sans motivation chevillée au corps, on ne change pas.  
  2. Et « anxiété d’apprentissage » faible. C'est l'anxiété de la page blanche. C'est notre incapacité à voir comment aborder le changement, par quel bout le prendre.
 
Cela paraît trivial. Pourtant c'est incroyablement puissant. Et voilà pourquoi :

Corollaire 1 : prévoir la résistance au changement (!). Pourquoi votre fils, en dépit de vos injonctions, s'entête à ne pas travailler à l'école ? Pourquoi notre président, en dépit de tout le mal que nous disons de lui, ne change pas ? etc. Explication : nous faisons le contraire de ce qu'il faudrait... Nous misons tout sur l'anxiété de survie ! Or ils sont aux prises avec l'anxiété d'apprentissage. Ils ne voient pas comment faire. La tâche qui leur est assignée est une abstraction. Ce qui nous paraît évident ne l'est pas pour eux. Alors ils inventent des histoires pour se masquer à eux-mêmes leur échec. L'un va dire que l'école ne l'intéresse pas, l'autre que c'est à l'histoire de le juger.

Corollaire 2 : la recette du changement. Donc, pour réussir un changement, faites monter l'anxiété de survie, et abaissez l'anxiété d'apprentissage. Comment ? Anxiété de survie : menace ou stimulation. Mais avec l’anxiété croit l'anxiété d'apprentissage ! Alors ? Il faut aider l’homme non à trouver la solution à ses problèmes, mais à découvrir qu'il a la solution en lui. Il ne le sait pas, mais il y a une manière de résoudre la question qu'il a déjà employée ! Pour la découvrir, il a (généralement ?) besoin d’un « donneur d’aide ». (Serait-ce ce qui manque au fils ou au président du paragraphe précédent ?)

Mais attention. Quand l'anxiété d'apprentissage se réduit, il en est de même de l'anxiété de survie ! Pour que le changement réussisse, il faut qu'il ne corresponde pas à la résolution d'un simple problème, mais à la découverte de nouveaux horizons. C'est ça le vrai changement.

Le manager face au harcèlement moral

On parle de plus en plus de "narcissisme". Conséquence : "harcèlement moral", art du pervers narcissique. Mais en est-il la seule cause possible ? Et si la société, elle-même, avait une tendance à la perversion ? Manager, il n'est pas possible d'être indifférent à cette question. L'efficacité, au moins, de votre équipe est en jeu. Que faire, si vous soupçonnez un danger ? Quelques prudentes réflexions sur une question grave et perversement compliquée... en espérant, surtout, qu'elles stimuleront votre propre réflexion. 


La comptabilité n'est pas adaptée aux start up

"Idéal type" de la Jeune entreprise innovante. Compte de résultat : 600.000 euros de chiffre d'affaires et 10.000€ de bénéfice. Sur ces 600.000 euros, 400.000 euros de factures clients, 200.000 euros correspondent à des retraitements comptables. Crédits d'impôts et subventions égalent 120.000€. (Ces chiffres fluctuent beaucoup d'une entreprise à l'autre, mais ce qui compte est l'idée que l'on en retire.)

Son chiffre d'affaires vient de services informatiques. Elle a investi dans le développement d'un produit innovant. Innovant ? Il tombe dans une case qui est occupée depuis des décennies par les plus gros acteurs du système... (Les gros acteurs occupent tout.) Alors, quel est son modèle économique ? Start up ou client de l'Etat ?

La comptabilité traditionnelle est adaptée à l'entreprise en fonctionnement. L'entreprise en lancement ne l'est pas. Il n'est pas possible d'amortir ses dépenses en faisant l'hypothèse qu'elles correspondent à un revenu certain. Son problème est de devenir durable. Pour juger de ses chances de survie, il faut évaluer sa capacité à générer du cash. C'est pourquoi la comptabilité américaine travaille sur le cash flow. La nôtre a encore à s'adapter.

mardi 1 novembre 2016

Fanny Ardant

Fanny Ardant et A voix nue de France Culture. Exercice de vénération qui tourne mal. J'avais eu la même impression avec Arielle Dombasle. L'interviewer passe totalement à côté de la personnalité de l'artiste. Justement, au lieu de parler art, émotion donc, il cède aux normes sociales, en voulant faire passer l'interviewée pour une intellectuelle (engagée en ce qui concerne Fanny Ardant). Et, boom, on est torpillé par le ridicule. 

Voilà pourquoi on a qualifié Arielle Dombasle et Fanny Ardant "d'actrices comiques" ? Qui sème la raison, récolte la dérision ?

Clinton et conflit d'intérêts

Ce matin : interviews de jeunes Américains (France Culture). S'ils votent, ils voteront "contre". Les deux candidats semblent susciter une haine sans précédent. 

Un article explique peut-être la raison des difficultés de Mme Clinton. La notoriété de M.Clinton a été transformée en une machine à actions charitables, qui profitent aux intérêts de la famille Clinton et de ceux qui l'aident. Y a-t-il, d'ailleurs, confusion ? L'activité caritative n'est-elle pas, simplement, un moyen de faire de la publicité à l'activité, à but lucratif, de conseil, et de multiplier les contacts commerciaux ? 

Imaginons un candidat, socialiste !, à la présidence français, dont les grands patrons de l'industrie mondiale seraient les clients, et qui gagnerait, ainsi, des dizaines de millions d'euros. Qu'en penserions-nous ?

Financement des start up

On nous dit qu'il est difficile de trouver de l'argent pour une start up, en France. Parce que nous n'avons pas de fonds d'amorçages. 

Eh bien, c'est l'Etat qui fait fonds d'amorçage. Et il est généreux. Un exemple type. Une société qui facture 400.000 euros à ses clients peut recevoir plus de 100.000€ de crédit d'impôts, par an, plus des "subventions". Très peu de fonds d'amorçage seraient aussi généreux, d'autant qu'ils auraient regardé de près ce que fait l'entreprise, ce qui n'a pas été le cas de l’État. 

On a les entreprises que l'on mérite ? Aux USA, pour lever des fonds, l'entrepreneur doit séduire un investisseur qui la juge sur sa capacité technique et commerciale. En France, il doit séduire l’État. Clientélisme ?