mercredi 31 octobre 2012

Le classement de Shanghai expliqué

J’apprends par mes étudiants qu'il n'y a plus de session en juin. Mais cela va vider mon cours de son intérêt ! Son originalité n’est-elle pas d’utiliser l’expérience de l’entreprise que vivent mes élèves durant leur stage pour leur enseigner les techniques de conduite du changement ? Cela ne nous met-il pas en avance sur la dernière innovation d’Harvard ? Or, ne sommes-nous pas supposés singer Harvard, éternel n°1 du classement de Shanghai ? dis-je.

Réponse un peu confuse. La session de juin a été supprimée sur la demande des élèves précédents. En outre, on a cru, aussi, au « contrôle continu ». Mais on s’est rendu compte que les élèves n’apprennent rien. En conséquence de quoi, on a eu recours à une innovation pédagogique : l’examen. Voilà qui prépare à l’entreprise. (Mais j’ai eu gain de cause.)
Tous les siècles ont eu leur classement de Shanghai. C’est une façon de dire aux vieux de laisser la place aux jeunes. D’ailleurs, à quoi sert de brandir la lettre du dit classement pour contrarier ces derniers : ne détiennent-ils pas la vérité ? Alors, le classement de Shanghai, s’il est ce qu’il prétend être, peut-il les contredire ? 

mardi 30 octobre 2012

Réquisition de logements vides

Hébergement de SDF. J’entendais une ministre annoncer la réquisition des logements vides. Je m'interroge.

Ne s’en prend-elle pas au droit de propriété ? N’est-ce pas un droit de l’homme ? Un socialiste n’est-il pas supposé défendre les droits de l’homme ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’un logement vide ? Ne devrait-on pas compter comme vide les grandes habitations occupées par peu de monde ? à propos, jadis les églises accueillaient les pauvres, pourquoi n’est-ce plus le cas ? Pourquoi, plus généralement, les bâtiments publics, qui sont vastes et qui ne servent que quelques heures par jour ne sont-ils pas réquisitionnés ? Ce qui m’a rappelé un article de The Economist qui expliquait que Londres offrait un toit à ses SDF : pourquoi, diable, le socialiste Paris n’y parvient-il pas ?

Inefficacité grossière, dit Julien Damon, si je le comprends bien. Les fonds consacrés à l’hébergement des SDF croissent. L’Etat, les associations, les villes… les gaspillent par la désorganisation de leur action.
Avec les compliments de la Mairie de Paris
La puissance publique ne devrait-elle pas nous protéger, plutôt que de nous accuser de ses impérities ?

PS. wikipedia sur le droit de propriété :
Les droits de propriété sont protégés par la loi, la constitution ou une déclaration des droits. Le cinquième et le quatorzième amendement de la Constitution des États-Unis, par exemple, protègent explicitement la propriété privée. On retrouve également cette protection dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, article 17, dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, article XVII, et dans la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), protocole n°1.

Imprévoyantes compagnies d’assurance

Pourquoi les assurances vont-elles mal ? Parce que les primes que nous leur versons ne couvrent pas les dédommagements que nous leur demandons, me dit quelqu’un qui les connaît bien.
Altruisme ? Non. Jusque-là, c’était la rémunération de leurs placements qui faisait leur rentabilité. Depuis 2008, elle est insuffisante. La crise en est la cause.
A ceci s’ajoute Solvency, qui exige une augmentation de leurs immobilisations (garanties).
Et si les assureurs, comme les Etats et les ours, devaient être gras en période faste, pour pouvoir traverser les crises et les hivers ? Et si l’erreur des assureurs et des Etats avait été de distribuer ce qui aurait dû leur servir à affronter les difficultés ? Mais, ne nous avait-on pas dit qu’il n’y aurait plus de crises, il est vrai ?
Comment les assureurs vont-ils s’en sortir ? Vont-ils licencier leurs personnels, et augmenter nos primes d’assurance ? Ou vont-ils renoncer aux rapports trimestriels et redécouvrir la prévoyance ?

lundi 29 octobre 2012

La Chine au bord de l’explosion et Internet augmente notre réalité locale

Toujours aussi peu de temps pour lire The Economist :
La Chine change harmonieusement de gouvernement. Mais, pour le reste c’est explosif : « instable à la base, découragée à la strate intermédiaire, et hors de contrôle au sommet ». Et son nouveau dirigeant est impénétrable.
L’austérité est toujours une erreur. Mais, pour une fois, ce n’est pas l’Europe qui subit les critiques du journal, mais l’Angleterre, et surtout les USA. Et pourtant le budget européen est otage des égoïsmes partisans, opposés à l’intérêt collectif.
Et si l’Allemagne était ennemie de la redistribution au sein de l'Europe parce qu’elle en est elle-même victime ? Ses Etats riches sont rançonnés par ses Etats pauvres…
Dossier spécial sur Internet, téléphonie mobile et la géographie. Où l’on découvre qu’Internet n’efface pas les distances, comme on l’a cru. Il diffère d’ailleurs d’un pays à l’autre. Surtout, il apporte une nouvelle dimension à notre voisinage immédiat. Les services cartographiques deviennent même un enjeu stratégique. Mais, au fait, me suis-je demandé, pourquoi nous disait-on que les distances ne compteraient plus ? Pour mieux délocaliser ? Et si nos intérêts influençaient méchamment notre interprétation des bénéfices de la technologie ?
Pour une fois, une entreprise française est un modèle. Vinci est donné en exemple à ses concurrents chinois. Son secret ? Acquérir judicieusement. Soit des entreprises bien installées dans un marché, soit des consultants ayant des spécialités utiles. Et aussi « ne pas courir après la part de marché » : savoir choisir les affaires rentables. Ce bon sens fait défaut à Hitachi, un assemblage disparate d’un millier de sociétés, peu rentable ; et à Siemens, autre monstre, victime de plusieurs bévues stratégiques. (Et d’un brin d’arrogance germanique ?)

Qu’est-ce que la philosophie ?

Qu’est-ce que la philosophie ? Dimanche dernier Les racines du ciel de France Culture recevaient Roger-Pol Droit. Intéressante conversation dans laquelle Roger-Pol Droit a pris un but, en contre, de Leili Anvar.
Il expliquait pourquoi il était opposé au clonage humain. L’homme est fruit du hasard, pas le clone. Mais pourquoi cela serait-il un argument définitif ? Sur quoi on parle d’Epicure, pour qui la philosophie, c’est faire ce qui est bon et honnête. Mais que signifie bon et honnête ?
C’est le piège de la loi naturelle, au nom de laquelle on s’entre-égorge.
Est-il résistant?
Dans mon métier, j’ennuie mes clients tant qu’ils ne semblent pas sûrs de leur décision. J’en suis arrivé à penser que ce que je leur apportais était ce questionnement. Et s’il en était de même de la philosophie ? Cette même émission disait que Socrate se comparait à sa mère sage-femme, pas tant du fait de son pouvoir d’extraction, que parce qu’à l’époque la sage-femme plongeait le nouveau né dans l’eau glacée, pour tester sa résistance. Alors, la philosophie, c’est secouer une argumentation, jusqu’à arriver à quelque-chose qui « semble » solide ? C’est se demander ce qui est « bon » et « honnête » ? Ou encore, ce que signifie « amour » et « sagesse » (philosophie) ? Et si le rôle de la philosophie était d’orienter notre vie, en lui fixant des destinations inatteignables, vers lesquelles nous louvoyons par l’interrogation ?

dimanche 28 octobre 2012

Le storytelling selon Jeanne Bordeau

BORDEAU, Jeanne, Storytelling et contenu de marque, Ellipses, 2012. Voilà un livre qui est sa propre démonstration. Le storytelling par le storytelling.
Qu’est-ce que le storytelling, au fait ? En donner une définition irait à l’encontre même du concept !
Toujours est-il que je retiens de ma lecture que rien ne va plus dans la communication d’entreprise. Manipulation (« contenu de marque ») par une parole d’autorité apparemment rationnelle, elle ne passe plus. L’entreprise n’a plus la légitimité de parler. D’ailleurs, Internet n’arrange rien. Plus possible de compartimenter la communication (notamment interne / externe). Pire : c’est le discours du marché qui fait l’image de marque.
Le storytelling, aussi vieux que le monde, est le langage de la vérité. Comment nous convainc-t-il de cette vérité ? Parce qu’il suscite notre émotion, d’abord. Mais aussi parce qu’il évoque un « mythe » fondateur, des valeurs qui comptent pour la société. Ils garantissent l’honnêteté des actions de l’entreprise en les encadrant.
Mais il y a plus surprenant. Cette histoire n’est pas figée, mais se « co-crée » par un échange permanent entre ce que l’on appelle aujourd’hui les parties prenantes de l’entreprise. Le mythe évolue, en fonction de l'expérience et du rêve collectifs. Toute la difficulté, alors, est de conserver la maîtrise d’un discours qui définit l’entreprise sans lui appartenir. Paradoxalement, peut-être, cela exige de savoir écouter et de retrouver l’art et les règles, immémoriaux, du langage et de la prose.

Les Français sont ils encore dignes de leurs grandes écoles ?

Un ami me racontait que la nouvelle directrice de son école d’ingénieurs a déclaré à ses anciens que, vue l’évolution du niveau d’admission, ils ne seraient pas reçus aujourd’hui. Effectivement, les riches donateurs qui étaient dans la salle n’ont pas eu l’intelligence de reconnaître ses mérites.
Jadis, les diplômés des grandes écoles pensaient qu’ils appartenaient à une confrérie de génies. Nos grandes écoles ont maintenant honte de leur passé. Elles ne créent plus, elles se classent. Shanghai est passé par là. 

samedi 27 octobre 2012

Le modèle français est-il condamné ?

Notre gouvernement fait l’inquiétude générale. Le Monde pense même qu’il pourrait être victime du syndrome Zapatero, i.e. marier les homosexuels et laisser crever le pays.

Mais n’est-ce pas notre culture qui nous condamne ? L’économie n’a-t-elle pas réussi à dominer le monde, et peut-on lui survivre sans être l’Allemagne, ce dont nous sommes incapables ? D’ailleurs, les Pigeons nous menacent de voyager hors de chez nous, mais en sont-ils seulement capables ? Les seules personnes que je connaisse qui ont réussi dans le monde anglo-saxon sont des « working rich », qui occupent des positions élevées dans des multinationales bureaucratiques. 

C’est alors que me vient l’idée suivante. Et si le développement durable pouvait nous sauver ? Car s’il faut transformer la demande plutôt que l’offre, alors un gouvernement bureaucratique, de type français (ou chinois, ou encore américain pendant la guerre) est probablement la seule façon de conduire ce type de changement.
Malheureusement, notre modèle bureaucratique et les élites qui lui étaient consubstantielles sont discrédités. Difficile de voir comment faire l’économie d’un changement ?

Bérézina


vendredi 26 octobre 2012

L’Amérique chassée du Paradis ?

WASPs (2012)
« L’Amérique (est) davantage un programme qu’une nation ». Dieu l’a choisie pour établir son règne sur terre, pense-t-elle. Or, elle découvre, brutalement, qu’elle n’est qu’un pays comme un autre. Pourra-t-elle survivre à l’éclatement de son rêve ?
Le propre des Américains est leur « rapport unique à l’espace et au temps », résume le professeur Pascal Gauchon. À leur territoire d’abord : associé dans leur imaginaire à « un véritable paradis de l’innocence que le péché n’a pas contaminé », il porte ainsi la marque de Dieu et justifie le concept de Manifest Destiny qui veut que les Américains soient investis d’une mission civilisatrice. À leur histoire ensuite, que les Américains font commencer à la déclaration d’indépendance : « Table rase, le passé rejeté, aucun héritage à assumer ». C’est cette perception qui rend notamment possible le fameux Melting Pot, prélude à une société multiculturelle fondée sur l’avènement d’un homme nouveau. De cette « exception américaine » découle une véritable croyance du pays en sa réussite et ses valeurs. « Ce qui n’est pas est ce qui n’a point encore été tenté » avait déjà observé Tocqueville.
(…)
La question n’est plus tant l’adaptation des puissances émergentes au modèle libéral proposé par Washington que « de savoir, tout au contraire, comment l’Amérique provincialisée s’insérera dans un monde qui se développera, se pensera et s’organisera loin de ses obsessions ».
L’Amérique et nous

jeudi 25 octobre 2012

Manipulables américains ?

L’Amérique semble incroyablement susceptible aux balivernes. L’électeur républicain croit que Barack Obama n’est pas américain. La plupart de la population des USA estime qu’il y a désaccord entre scientifiques sur le réchauffement climatique.
Pourquoi ? Il semblerait que ce soit du fait de techniques à la Goebbels : les lobbys locaux sont passés maîtres dans le matraquage d’énormes bobards. A cela s’ajoute un phénomène étrange. Quand une personne croit à quelque chose, ce qui va contre la renforce dans ses certitudes ! Pour cela, il faudrait que la croyance en question soit devenue une partie intégrante de sa personnalité. (Cela se produirait notamment quand elle s’est engagée publiquement en sa faveur.) Ce qui paraît sous-entendre que les techniques de manipulation sont particulièrement sophistiquées.
Comment lutter ? Apparemment par la même méthode. En matraquant, mais avec des preuves. (C’est la technique que Paul Krugman semble adopter.)

mercredi 24 octobre 2012

Illusoire gaz de schiste ?

Il semble y avoir de sacrés arguments contre le gaz de schiste.
Outre, la pollution qu’il engendre, il serait très cher à extraire, demanderait beaucoup d’eau, et, surtout, notre économie n’est pas armée pour fonctionner au gaz. D’ailleurs, le gaz, sous produit de l’extraction pétrolière, continue à être brûlé !
Si c’est le cas, comment expliquer que beaucoup de gens semblent croire qu’il va résoudre la crise énergétique ? à qui profite le crime ?
(Argumentation détaillée : Why Natural Gas isn’t Likely to be the World’s Energy Savior)

mardi 23 octobre 2012

Gallois au tapis

Apparemment, le rapport Gallois serait enterré. Au motif que le gouvernement ayant déjà asséché la France, il n’aurait plus les moyens de relancer son économie.
Reculer, pour mieux reculer ? Mettrait-il un point d’honneur à construire une réputation de lâcheté ?
Apparemment, cela viendrait de divisions au sein du PS, qui paralyseraient l’exécutif. A l’époque où je faisais des études de créativité, j’avais découvert que la différence était source d’innovation. Peut-être serait-il temps que notre président le comprenne aussi, et apprenne à en tirer parti ?

lundi 22 octobre 2012

Afrique en développement, France en déroute, voitures sans pilote, et avions électriques


Quelques nouvelles d’un Economist que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour lire :
L’Afrique est l’eldorado. C’est la seule zone économique qui ne se soit pas repliée sur elle-même. Elle n’a ni argent, ni personnels qualifiés. Qu’à cela ne tienne, nous lui envoyons les nôtres. L’Afrique du Sud, par contre, devient un Etat de non droit. Apparemment c’est le terrain de chasse de l’ANC, qui vit sur la bête. Quand au Nigeria, ça ne semble pas mieux, une compagnie pétrolière exploite les ressources du pays au profit d’une clique et pollue les pauvres.
La France admire le Mittelstand allemand, mais rien ne lui est favorable. L’histoire, qui n’a pas voulu la reconstruction des grandes entreprises compromises par la guerre, alors que l’économie française était tirée par l’Etat et ses champions. Les marchés, l’Allemagne choisissant les bien d’équipement, la France, les biens de consommation. Les principes fondateurs des entreprises, les entreprises allemandes sont dirigées par des techniciens, ont peu de niveaux hiérarchiques et sont des joueuses d’équipe, avec leurs partenaires et leur région. Elles se développent par une croissance interne patiente, fondée sur l’innovation. Tout le contraire de la France.
Apparemment, la croissance chinoise se serait réduite, sans s’effondrer.
Retour sur le lundi noir de 1987. Le monde s’est engagé dans un cercle vicieux de décisions stupides, stimulant l’inconscience des investisseurs, qui ne couraient plus de risques. Les banques centrales ont laissé faire les bulles et les ont regonflées lorsqu’elles crevaient. Les gouvernements ont encouragé le développement de la banque d’investissement, et ont cru que le marché pouvait s’auto-assurer. La crise est inhérente au capitalisme, la retarder ne la rend que plus dangereuse.
La voiture sans conducteur aurait le vent en poupe. Le monde pourrait en être bouleversé. Et les avions pourraient être lancés par des rampes électriques. Ce qui économiserait l’essence. Et si vous êtes riche, avec de gros muscles, il y a de bonnes chances que vous vouliez laisser crever les pauvres. Les femmes n'ont pas besoin de muscles pour cela. 

jeudi 18 octobre 2012

La thermodynamique, ultime loi de la nature ?

Agitation
Et si les scientifiques s’épuisaient pour rien à chercher à unifier les lois de la physique, avec des théories compliquées ? Et si la loi ultime était la thermodynamique, loi de l’écoulement de la chaleur, mais aussi loi de l’incertitude en ce qui concerne l’information ?
Il n’y a pas besoin d’expliquer le temps en thermodynamique : c’est le résultat naturel de sa seconde loi, de croissance de l’entropie. Apparemment la thermodynamique s’accommoderait très bien de la mécanique quantique, et serait capable de retrouver les lois de la gravitation…
Etrange, voici une idée dont les conséquences méritent certainement d’être creusées… (En tout cas, la thermodynamique est la loi physique qui semble la plus proche du changement tel que je l’étudie.)

mercredi 17 octobre 2012

Faut-il taxer l’art ?

Hier, j’entendais France Culture se réjouir que notre premier ministre falot ait enfin montré sa poigne. Il a refusé de taxer les œuvres d’art.
Bon sujet pour prouver sa virilité ? Peut-être. Ce soir, La dispute, autre émission de France Culture s’en prenait à l’ISF, qui allait faire partir l’art de France, ruiner les collectionneurs et les galeries.
Défenseur du Grand capital?
Curieux, on n’entend aucune voix pour défendre ceux qui auraient pu profiter de ces impôts. La France serait elle dirigée par quelques directeurs de musées et autres esthètes désargentés ? Auraient-ils noué une alliance qui ne dit pas son nom avec les puissances de l’argent ? La gauche aimerait-elle le riche, quand il la paie ? Salaud de pauvre et culture, opium du peuple ? 

Belgique divisée

Wikipedia wallonie
Les séparatistes flamands gagnent des élections municipales. Un invité de France Culture, l’autre jour, disait que la Belgique se disloquerait. Nouvelle victime de la rigueur. Et guerre fratricide, juste au moment où l’Europe recevait le Nobel de la paix pour avoir mis fin à ses guerres fratricides.
C’est curieux, d’ailleurs, comme l’histoire récente de la Belgique ressemble à celle, plus ancienne, de l’Allemagne. Des deux côtés, un pays arrogant et puissant qui connaît la déchéance de la cigale, et contre lequel se déchaîne la haine longtemps accumulée par le partenaire humilié, enfin prospère. 

Sauvons iGoogle

Je viens de trouver, par hasard, une pétition qui veut sauver iGoogle de la destruction par Google. J'ai signé. iGoogle est extrêmement pratique en page par défaut. Et les raisons avancées par Google ne me concernent pas. 
Certes, Hervé Kabla m'a conseillé Google Reader. Mais cela ne répond pas au même besoin. Et, en plus, c'est moche. 
Du coup, j'ai découvert www.change.org, qui permet de lancer sa propre pétition. Pratique. Et le fait que le site du changement soit celui de la pétition mérite peut-être une réflexion... (D'autant que, dans mon cas, il s'agit plutôt de résistance au changement...)

mardi 16 octobre 2012

La France et le changement

Les rapports du Français et du changement ? Une réflexion personnelle.

Eric Harlé

Un ami m’apprend le décès d’Eric Harlé, fondateur d’iSource.
C’est une nouvelle qui a du mal à être une réalité. Cela faisait pas mal de temps que l’on devait déjeuner ensemble. En avril, j’avais manqué un rendez-vous que j’avais organisé avec lui pour quelqu’un d’autre.
Dans ma tête, il a l'âge de notre première rencontre chez Dassault Systèmes, il y a 25 ans. Nos relations avaient commencé par un conflit. Son équipe devait livrer un programme au département auquel j’appartenais, et je trouvais l’algorithme mauvais. Puis j’ai été son « stratège », lorsqu’il a pris la direction du département FAO.
Eric était exceptionnellement intelligent. Mais, il avait la curieuse particularité de perdre son sang froid de manière imprévisible. Ce fut, d’ailleurs, du meilleur effet dans quelques négociations que nous avons menées, lui, Philippe Herbert et moi.
Je crois aussi qu’il a été un investisseur hors du commun. Dans un monde réglé par les modes et le panurgisme, il était le seul, à ma connaissance, à avoir la capacité de s’enthousiasmer pour une innovation technique. C’était un ingénieur digne de ce nom. Il savait aussi monter une équipe autour d’un entrepreneur, et lui faire trouver son marché.
A mon avis, notre économie manque cruellement de gens comme lui. 

Qu'est-ce qui préoccupe la France?

Journal de France culture, ce matin. Plusieurs minutes sont consacrées à un sujet de société important. Le ton est grave. Un couple ayant trois enfants a changé de sexe. Ce n'est pas prévu par la loi.

Les soixante millions de Français n'ont-ils aucun autre sujet de préoccupation ? Étonnant que le FN n'attire pas plus de voix ?

dimanche 14 octobre 2012

Les rentiers bloquent la croissance


The Economist a décidé que les inégalités sont allées trop loin. Elles sont stériles : rentes et reproduction des élites. Pire. Les forts détournent les flux financiers de leur destination légitime. Plus de croissance possible. Que faire ? Attaquer rentes et monopoles ; orienter les dépenses gouvernementales vers les pauvres et les jeunes ; pour alimenter l’Etat, rediriger les impôts vers ce auquel on ne peut échapper (succession, propriété), et supprimer les avantages pour riches (déductions, sous-imposition des gains du capital). Les Chaebols coréens sont peut-être un exemple de tels monopoles qui confisquent les ressources productives de leur pays. Ses prochains gouvernants pourraient vouloir leur faire la peau. Le FMI trouve aussi que la rigueur est contre-productive. 1% de rigueur pourrait coûter jusqu’à 1,7% de croissance. Il faut être « plus lent, plus juste, et plus malin ». En particulier tirer parti des faibles taux des emprunts d’Etat, augmenter les impôts plutôt que réduire les dépenses, aider à trouver un emploi plutôt que subventionner les chômeurs… Ce retournement serait-il dû au calvaire grec ? Il commence à inspirer la compassion : efforts méritoires, finalement. Bien que désespérés à long terme. L’Europe va-t-elle venir à son secours ?
Des idées pour la croissance ? Les grandes villes. « L’innovation de nos jours demande une foule de plus en plus grande d’experts, si possible travaillant dans le même garage. » L’Europe en manque, parce qu’elle n’a pas su abattre ses frontières. Autre idée : les réseaux. Le principe néolibéral de l’individu omniscient paraît enterré. On parle maintenant « d’effet réseau ». Les gouvernements devraient s’en préoccuper. En particulier parce que s’il y a des poches de chômage, c’est probablement qu’elles sont « en dehors des bons réseaux ». (Serait-ce le cas de Pôle emploi ?) A ce sujet, pourquoi le néolibéralisme a-t-il émergé ? Il a été porté par les think-tanks, les journalistes, les politiciens, et l’humeur contestataire des années 70, court-circuitant la science et l’université.
Renouvellements politiques du moment. La stratégie de B.Obama ? Montrer que les idées de son concurrent sont encore plus ringardes que les siennes. Quant à l’Iran, il serait touché par une inflation galopante. Cela va-t-il être fatal à M. Rafsanjani ? Les réformistes pourraient-ils revenir en grâce ?
Curieuse armée allemande, pour finir. On y a l’obligation de désobéir et de clamer ses opinions. Ce qui m’a rappelé une remarque d’une amie allemande : le premier souci de l’école allemande est d’apprendre l’esprit critique. Aurait-elle des choses à nous apprendre ?

vendredi 12 octobre 2012

Union Eropéenne, prix Nobel, militant

L’EU reçoit le prix Nobel. Le Comité Nobel ne récompense plus une vie, il influence le monde pour qu’il mérite le Nobel ? N’est-ce pas pour cela qu’Obama a reçu le Nobel de la paix ? Afin qu'il ne poursuive pas les guerres de Bush ? Ou que l’action anti-Bush de Paul Krugman a été récompensée ? Afin de montrer que la pensée néolibérale n’était pas seule au monde ?

Et voilà que l’on commence à soupçonner Mme Merkel de suivre un peu trop son intérêt électoral à court terme. Ce que dit The Economist du rapprochement EADS / BAE qu’elle a empêché : « Les explications possibles incluent sa prudence personnelle, la répugnance des électeurs allemands pour l’industrie de l’armement, et surtout la suspicion que l’âme de la nouvelle entreprise serait plus anglo-française qu’allemande. Tout ceci devrait inquiéter les Européens. Si une fusion globalement logique peut échouer du fait de raisons insignifiantes, quel espoir pour une union bancaire ? »
C’est ce moment que choisit l’Académie Nobel pour rappeler à l’Europe que, si elle a fait quelque chose de bien dans son histoire, c’est de s’être réconciliée avec elle-même. Dans l’immédiat après guerre…

jeudi 11 octobre 2012

Capture de Pigeons

Le mouvement des Pigeons serait populaire et le MEDEF aurait voulu en profiter. Il aurait transformé la lutte pour la défense de l’entrepreneur en une lutte pour les intérêts de l’actionnaire.
Cela va-t-il être aussi sympathique ? Et si cela permettait au gouvernement de reprendre l’offensive, et de prouver qu’après tout il n’est ni lâche, ni malhonnête ?
« Etat d'urgence entrepreneurial ». Le communiqué coup de poing publié tard dans la soirée de mardi par les organisations patronales (…) a mis le feu au ministère de l'Economie et des Finances. Selon nos informations, l'appel au retrait du texte sur l'alignement de la taxation du capital sur le travail a braqué Bercy, permettant aux tenants de la ligne fiscale la plus dure de reprendre la main et de revenir sur les concessions déjà faites sur le texte. (La Tribune

mercredi 10 octobre 2012

Paralysie politique et sauveteur capitaliste

Cette semaine The Economist dissèque les problèmes de la planète.
Romney a défait Obama en débat. Mais quoi qu’il arrive, la situation des USA est critique, voire désespérée. Son pouvoir politique est paralysé. Or, s’il ne se reprend pas, des mesures automatiques vont se mettre en route, qui vont avoir un impact destructeur sur l’économie. A quoi s’ajoute l’arrivée d’une énorme vague de retraités.
Quant à la France, ses maux sont l’incapacité de ses gouvernements à équilibrer les comptes de la nation, et le manque de compétitivité de l’économie due à des charges salariales excessives. Sa rigueur serait trop molle (elle fait une hypothèse de croissance irréaliste). Et il serait mieux d’utiliser la TVA que l’impôt.
La Bundesbank est en guerre contre la BCE. Mais parce qu’elle pense que c’est aux politiques de prendre leurs responsabilités et de construire une Europe saine, politique et fiscale, qui n’ait plus besoin des expédients à court terme de la BCE.
M. Rajoy paraît toujours aussi dangereusement maladroit, les Espagnols partent en Amérique latine, et l’Angleterre s’engage dans une politique aventureuse vis-à-vis de Bruxelles : elle ne veut obéir qu’aux lois qui sont dans son intérêt.
En Géorgie le pouvoir en place a été battu par un milliardaire excentrique à la tête d’une coalition hétéroclite. C’était inattendu. Mais, en Géorgie aussi, quelques-uns se sont beaucoup enrichis et les autres beaucoup appauvris. Ce qui, partout, est explosif.
Le modèle asiatique doit se transformer. L’avantage des bas salaires ne fonctionne plus, et les pays développés, en crise, n’achètent plus de produits manufacturés, Chine et Inde faiblissent. L’avenir serait à une économie de « services modernes à haute valeur » tirée par la demande interne. Vu d’où partent ces pays (une masse de pauvres, un système éducatif réduit à peu de choses, des infrastructures faméliques), le changement s’annonce complexe…
Le problème de la Chine semble ses entreprises d’Etat. Elles seraient inefficaces et obéiraient plus aux intérêts des oligarques corrompus qui les contrôlent qu’à ceux du pays. Vont-elles plomber son avenir ? En outre, la Chine commence à inquiéter ses partenaires. Elle construit des routes mais ne les aide pas à bâtir un système bancaire ou à gouverner. Surtout, elle ne comprendrait rien aux cultures et sensibilités étrangères. Plouc power ? (Slob’s power ?)
Globalement, la situation est mauvaise pour les affaires. Trop d’incertitudes. En Europe et aux USA, c'est la faute des politiques, incapables d'agir.
Quant à l’économie, elle n’obéit plus aux textes de cours. « ça pourrait expliquer pourquoi les gouvernements se concentrent sur d’autres priorités que faire plaisir aux marchés, par exemple stabiliser le secteur financier et réduire le chômage. »
La mode chez les fabricants de voitures est l’alliance avec ses concurrents. Ce qui ne choque pas l’orthodoxie libérale de The Economist. Ce qui me choque, par contre, est que Mercedes travaille avec Renault. Mercedes filerait-il un mauvais coton ?
La liberté d'expression est entre les mains des entreprises du web. Ne faudrait-il pas que le législateur s'en mêle ? à ce sujet, n'est-il pas curieux que personne ne s’offusque de la censure des « contenus pour adulte » d’Internet ? Et si la liberté de parole n’était pas un droit absolu ? Et si, comme toutes les autres libertés, elle devait se plier aux règles sociales ?
Finalement, le grand capitalisme va-t-il sauver le monde ? Richard Branson constitue des commandos d’hommes politiques vénérables ou de grands patrons afin de faire basculer du bon côté, celui du développement durable, les sujets, majeurs, qui sont mûrs pour le changement. (« une comptabilité correcte des impacts environnementaux, la fin des  résultats trimestriels, et l’élimination progressive des subventions aux énergies fossiles sont probablement proches du haut de la liste »)

mardi 9 octobre 2012

Une France à l’image de Sciences Po ?

L’histoire de Sciences Po est-elle celle du pays ? DSK, Acte 2 ?

Donc, la Cour des comptes découvre une « gabegie » à Sciences Po. Mais ce n’est pas n’importe quelle gabegie. Son président était la bien pensance de gauche faite homme. Celle qui ouvre les portes de l’élite aux misérables. Or, à quoi ressemblait son fief ? à un petit royaume qui ne rendait de comptes à personnes, qui accumulait les déficits avec désinvolture, et distribuait les prébendes à ses favoris (lui-même recevait plus d’un demi million). Comme tout royaume celui-ci avait ses exploités : les vacataires d’abord « A Sciences Po, les vacataires représentent 20% des dépenses en personnel et assurent 93% des heures d'enseignement », et les classes moyennes ensuite « l'IEP accueille davantage de boursiers en 2010 qu'en 2005, sans toutefois "atteindre le pourcentage de 30% attendu en 2012". Mais, dans le même temps, "la proportion des étudiants issus de parents cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure s'est accrue de 5 points, passant de 58,5% à 63,3%". »

Est-ce cela la gauche ? Une élite de Tartuffe qui vit dans un luxe ostentatoire, si possible à New York, et qui utilise le malheur des pauvres pour culpabiliser, et exploiter, le peuple ?
Immortel Molière ?

lundi 8 octobre 2012

Le gouvernement flingué par les Pigeons?

Défaite en rase campagne ? Le gouvernement s’est rendu aux Pigeons sans combat. Amateurisme et lâcheté ? Ce plan était-il mal ficelé, ou désirait-il arnaquer les entreprises, à leur insu ? Démasqué, le gouvernement avoue son forfait ? Illustration de mes cours ? J’explique que ce que l’employé cherche à mesurer dans la communication de son management est son honnêteté et sa compétence : le gouvernement a fait d’une pierre deux coups : malhonnête et incompétent ?

Est-il en train de découvrir qu’il devrait appliquer les idées de N.Sarkozy ? Était il totalement impréparé à son arrivée au gouvernement ? Aucune idée ? Gouvernement de pitres ?

La Tribune pronostique l’ouverture de la chasse au pigeon : le gouvernement va se refaire sur ceux qui ne peuvent pas lui opposer de résistance. Message : défendez-vous et descendez dans la rue. Bienvenus au Far West ?

Mais ce n’est pas le plus curieux de l’affaire. Et si les pigeons avaient tiré contre leur camp ?, me suis-je demandé. Le gouvernement semblait vouloir redonner de la compétitivité à l’entreprise, ce qui est bon pour le patronat. Mais si la France se révolte, non seulement, il n’y aura pas de compétitivité, mais le pays sera irréformable et s’enfoncera dans le chaos. Pire des nouvelles pour le business.
La fin des Oiseaux
(wikipedia Italie)

Les causes de la croissance

La quantité de billets que j’ai consacrés aux Limites à la croissance me conduit à une curieuse hypothèse : la croissance est liée à la résilience.

Plus exactement, c’est parce que nous détruisons à une vitesse accélérée, que nous devons réinventer notre société. Ce qui est une nouvelle raison de croissance.

C’est la destruction créatrice de Schumpeter, poussée à un degré qu’il n’avait probablement pas prévu. Une citation d’un livre que l’on cite généralement sans l’avoir lu :
Le capitalisme (…) est par nature une forme ou méthode de changement économique. Non seulement, il n’est jamais stationnaire, mais il ne peut jamais l’être. (…) L’impulsion fondamentale qui met en mouvement et fait fonctionner le moteur capitaliste vient des nouveaux consommateurs ou produits, des nouvelles méthodes de production ou de transport, des nouveaux marchés, des nouvelles formes d’organisation industrielle que crée l’entreprise capitaliste. (…) L’ouverture de nouveaux marchés, étrangers ou domestiques, et le développement organisationnel de l’atelier et de l’usine en de grandes unités telles qu’US Steel illustrent le même processus de mutation industrielle – si je peux utiliser ce terme biologique – qui révolutionne sans arrêt la structure économique de l’intérieur, sans cesse détruisant l’ancienne, sans cesse créant une nouvelle. Ce processus de destruction créatrice est le fait essentiel concernant le capitalisme. Il est ce en quoi le capitalisme consiste et ce avec quoi toute entreprise capitaliste doit vivre. (…) L’homme d’affaires se sent dans une situation de concurrence, même s’il est seul dans son secteur (…) Dans de nombreux cas, quoi que pas dans tous, ceci imposera à long terme des comportements très similaires au modèle de la concurrence parfaite. (SCHUMPETER, Joseph A., Capitalism, Socialism, and Democracy, Harper Perennial, 3ème édition, 1962.)
La naissance de la croissance avec la révolution industrielle s’explique peut-être par une innovation. Auparavant, les hommes avaient une vision patrimoniale de la nature. Ils étaient la nature. Puis ils l'ont vue comme hostile, et leur action sur elle comme bonne. 

dimanche 7 octobre 2012

L’avenir de Manuel Valls

Manuel Valls serait l’homme fort du parti socialiste (la béquille du président). Vu de loin, il a beaucoup d’atouts. Il semble avoir des convictions fermes, ce qui est rare pour un homme politique. Il possède un ministère dont la raison sociale est, avec l’Education nationale, d’un grand prestige chez nous. Avec l’avantage que ses troupes ont l’habitude d’obéir, ce qui n’est pas le cas des enseignants.

Surtout, c’est un socialiste de droite. Ce qui le place peut-être dans un courant de valeurs important dans l’histoire du pays, mais qui n’a plus de représentant digne de ce nom. 
Curieusement, ces valeurs ne permettent de créer un parti solide en France. Et sans parti derrière soi, on ne peut pas aller très loin… 

samedi 6 octobre 2012

Canards enchainés : de la liberté de la presse en France

J’écoutais une émission de France Culture, ce matin, qui s’inquiétait de ce que la presse couche avec les politiques. Quelques faits, moins connus, sont plus graves : notre presse est possédée par des intérêts industriels, il n’y a pas de « groupe de presse » ; surtout, elle a licencié ses spécialistes, si bien qu’elle sous-traite ses idées à ceux qui veulent bien lui donner les leurs. On regrettait aussi qu’il n’y ait pas, en France, d’investigateurs méchants (du genre de ceux qui ont fait tomber Nixon), comme en Angleterre ou aux USA. Mais ça ne marche pas chez-nous disait une journaliste.

Ce avec quoi je ne suis pas d’accord : chez nous lorsque quelqu’un est méchant, il est hargneux, il vous insulte, il a un compte à régler avec vous, il vous a jugé, sans appel. Chez les Anglo-saxons, un journaliste méchant est quelqu’un qui a une conscience à toute épreuve, mais qui est bien élevé. Il ressemble plus au lieutenant Colombo qu'au syndicaliste CGT. En fait, c'est une sorte de juge d'instruction. 

Capture du Canard
(Depuis quand a-t-il un site Internet? Révolution?)
De manière inattendue, je me suis demandé si Internet ne pouvait pas sauver la presse. En effet, non seulement Internet sort des nouvelles censurées par la presse, mais ces nouvelles seront de plus en plus une tentative de manipulation. Double avantage pour la presse : elle n’a plus besoin d’avoir peur de la vérité, qui paraîtra sans elle ; elle a un rôle essentiel dans la vérification de l’information. Elle redevient un contre-pouvoir. Je rêve ?

vendredi 5 octobre 2012

Le Pigeon est-il neocon ?

Le pigeon, traduction française des Voleurs inconnus
(venu du wikipedia italien)
Après le Tea Party et le printemps arabe, voici les Pigeons. Un ami, par ailleurs fondateur d'une start up, s’étonne de la proximité de leur message avec celui d’Ayn Rand, la papesse du mouvement néoconservateur américain.

Ayn Rand a un ascendant moral extraordinaire aux USA. Mes amis américains en parlent avec un grand respect. Serait-il déplacé de la comparer à de Gaulle ? Mais elle est inconnue en France. Preuve de notre inculture. Venue de Russie soviétique, elle avait eu l’idée d’appliquer la méthode bolchevique à la cause du capitalisme. Autrement dit, c’est le patron qui crée, et il crée tout, comme, pour Marx, l’ouvrier crée tout. La grève générale ouvrière est remplacée par la grève générale patronale, avec le même résultat. Mais la caractéristique la plus intéressante de sa doctrine est la manipulation du langage : ce qui est bon pour sa cause est associé à ce que la morale trouve bon. Par exemple : patron est traduit en « créateur de valeur » ; pauvre = « paresseux ». Plus exactement, le pauvre vole le riche. Ce monde est, aussi, anti social, et revendique son égoïsme.

Nos pigeons n’ont certainement pas lu Ayn Rand, mais les mêmes causes produisent les mêmes effets. L’entrepreneur se sent mal aimé. Comme tout homme dans ce cas, il en devient agressif. Ce qui le rend maladroit. Car, qu’il puisse ruiner l’économie ne signifie pas qu’il fasse l’économie. Sinon, que devrait dire Jérôme Kerviel ?

Les Pigeons ont une autre caractéristique intéressante : ils adoptent les méthodes de la contestation populaire. C’est une vieille tradition de droite. Ce qui est un peu curieux. Mais, peut-être que, que l’on soit né à Saint Denis ou à Neuilly, la manif de rue coule dans notre sang ?

Surtout, les Pigeons, comme les autres mouvements contestataires du moment, sont portés par Internet. Internet est-il en passe de devenir un moyen de manipulation des masses ? Sommes-nous revenus à l’ère des foules ? 

jeudi 4 octobre 2012

L'expert "Environnement"

L’expert environnement : comment le définir ?

Tenter une définition de l’expert environnement relève d’une gageure sans fin. Il conviendrait auparavant de définir la notion d’environnement.  Einstein, disait «  c’est tout ce qui n’est pas moi …».
Pour tenter d’être pragmatique, l’environnement ce sont des domaines, des systèmes : l’eau, l’air, les sols, les déchets, le bruit…

L’expert, à l’image du juriste, ne peut raisonnablement pas être spécialiste  dans l’ensemble de ces domaines qui ont chacun leur spécificité, physico-chimique, leur réglementation, leur économie et leur organisation.
Toutefois, en vertu du principe que l’« on ne résout pas un problème environnemental mais qu’on le déplace », l’expert environnement doit être sachant dans l’ensemble de ces domaines qui s’interpénètrent.

Ainsi, un lavage de fumées polluées transfert le polluant vers un autre média, l’eau par exemple, une extraction d’hydrocarbures d’une nappe phréatique impose le traitement de ses déchets, le nettoyage d’une rivière souillée doit être pensé au regard de son écosystème et des habitats des espèces qui la colonisent…

L’expert environnement est donc, paradoxalement, à la fois un spécialiste et un généraliste.
Il se place comme une interface à la confluence de domaines pour faciliter la mise en place de la solution de remise en état.

Il doit aider à la mise en œuvre coordonnée, systémique, des moyens de remise en état.

Son statut est donc assis sur une solide formation et un cumul d’expérience qui se construit dans le temps.

Il est tout naturellement prédisposé à suivre une logique de développement durable puisque son action doit nécessairement prendre en considération le volet économique, le volet social et le volet environnemental.

La transformation du métier : la remise en état, la réparation

La loi française veut la remise en état. C’est aujourd’hui un sujet qui mérite d’être revisité. Car rien ne sera jamais comme avant.

Mais si, effectivement, rien ne sera plus comme avant, « après » peut être mieux qu’« avant ». La remise en état aurait été réductrice. Voilà le changement de paradigme qui est au cœur de la transformation de la profession.

Elle a des conséquences profondes sur son métier :
-          L’objet de l’expertise environnementale se transforme : de la réparation d’un préjudice subi par un tiers identifiable, au traitement d’un problème d’intérêt général.
-          L’expert a deux guides : La résilience, qui consiste à retrouver un équilibre nouveau après un choc subi, et la nécessité de dépassionner les problèmes pour appliquer des solutions adaptées.
-          L’expert devient un catalyseur, un intermédiaire, un régulateur entre les systèmes, technique, juridique, économique et social, pour contribuer à une sortie équilibrée de la crise que constitue une « pollution ».

Cette action participe donc au développement de solutions dans l’intérêt général, qui rendent les conditions de vie meilleures, durables et, surtout, qui rompent avec le défaitisme ambiant ou la vision courte qui bloquent les initiatives et les actions.

La croissance : un incident historique ?

La croissance a été un incident historique. Voilà ce que dit le très respecté Martin Wolff du Financial Times. Inattendu. Il s’appuie sur les travaux d’un très sérieux universitaire, qui avance de très convaincants arguments de fond. A savoir que l’histoire de la croissance est due à 3 vagues d’innovation. Elles ont recréé la société. Or, ces vagues sont de plus en plus courtes. Par exemple Internet est quelque peu ridicule en comparaison du remplacement du cheval par la locomotive. Second argument : notre croissance récente vient de facteurs non durables tels que le baby boom ou la femme au travail.
Il resterait comme dernier espoir le rattrapage des développés par les émergents. Mais ce n’est pas un moteur aussi enthousiasmant et pérenne qu’une vague d’innovation.

L’économie serait-elle touchée par une de ses lois d’airain : les rendements décroissants ? Je n’en suis pas sûr. Si l’on croit ce qu’a lu ce blog, le monde n’est pas durable. Il doit se réinventer. Beaucoup plus qu’une question d’énergie verte, cette transformation concerne notre mode de production et de consommation. Voilà un formidable moteur pour la croissance : sauver sa peau. Et je pense, contrairement à ce que dit ce blog, qu’Internet est une invention majeure, parce qu’il donne à l’espèce le moyen de coordonner sa transformation, et qu’il réinvente nos modes d’interaction et de déplacement.

A ce point Martin Wolff avance un argument encore plus inattendu, venant du FT : ce qui bloque la croissance, c’est le conservatisme de l’élite. Elle est très satisfaite d’un monde sans croissance, dans lequel les revenus des « 99% » reculent.

Je lui réponds que l’accentuation des inégalités et l’apparition d’une élite féodale n’est pas notre problème majeur. Car les avantages acquis ne résistent pas à la vindicte populaire ou à la fureur des éléments. En revanche, le phénomène qui les a créés a des conséquences plus inquiétantes. Comme le note Hot, Flat and Crowded, notre époque a été marquée par l’exploitation parasitaire de l’héritage de nos parents. Nous avons cessé d’investir, or, sans investissement, impossible de créer les moyens de changer notre sort.

En résumé : pour survivre, nous devons nous transformer, d’où croissance, mais nous reste-t-il la musculature nécessaire pour ce faire ? 

Qu’est-ce que la réalité ?

New Scientist se demande ce qu’est la réalité. Un philosophe commence. Il est supposé définir la réalité. Ses définitions préférées : ce qui existe sans l’homme – ce qui signifie que l’homme n’est pas réel, et la particule fondamentale, celle dont dépend tout le reste. Et si elle n’existait pas ? Et quid de la nature ondulatoire de la matière ? Quid du chaos et des travaux de Poincaré ? Quid de la systémique, qui observe que le système est autre chose que ses composants ?...
Un autre article dit, comme Jad, et c’est d’ailleurs pour cela que je l’ai lu, que la réalité, ce sont les mathématiques. La physique n’est-elle pas paumée quand elle ne peut pas mathématiser ? Quant aux mathématiques pures elles nous révèlent un univers qui existe, mais que nous n’avons pas (encore) réussi à percevoir.

Le physicien est confondu d’admiration devant ses équations. La nature est mathématique, c’est certain. Mais mon expérience est autre. Je suis un ingénieur, et mon monde n’est pas mathématique. Mon début de carrière fut même la Bérézina des mathématiques. Rien ne marchait. Ça a commencé avec le contrôle des systèmes, en Angleterre, qui a rapidement tourné au système expert. Puis je me suis occupé de FAO pour Dassault systèmes. Le premier problème que j’ai posé a mis en déroute un normalien : l’élite mathématique s’y cassait les dents depuis des siècles (il n’était pourtant question que d’empiler des sphères). Ensuite, il a fallu trouver toutes les racines de millions d’équations du huitième degré, puis ce fut la dynamique et ses équations différentielles que l’on ne sait pas résoudre, sauf avec des heuristiques dont on n’a aucune idée de la précision. Mais le pire était l’intersection de segments : comment prendre en compte les incertitudes dues aux erreurs de calcul de l’ordinateur ? Et je ne parle pas des arcs de cercles. J’ai même eu droit à une illustration du théorème de Gödel. (A ce sujet, il est curieux qu’une science de la vérité se trouve parfois incapable de dire si quelque chose est vrai ou faux, à moins de le décider au préalable. Si un barbier rase les hommes qui ne se rasent pas, le barbier se rase-t-il ?) Quant au domaine qui m’intéresse aujourd’hui, le fonctionnement des organisations humaines, il est hors de portée de la moindre modélisation, à tel point qu’il est jugé comme n’étant pas sérieux.  

Si les mathématiques sont la réalité, elle est bien petite, et bien médiocre. Mais peut être, doit-on dire (apparemment) comme Binet de l’intelligence : c’est ce que mesurent mes tests ? Il faut définir la réalité comme étant les mathématiques ? Le mathématicien s’est-il fait capturer par son sujet d’étude, dont il a fait un Dieu ? 

Des vertus de l’oisiveté

Je me demande si Aristote n’avait pas raison : pour s’occuper des affaires de la cité, il faut être oisif (Les politiques). Il me semble que cela demande de penser, et que l’on ne peut pas penser bien loin lorsque l’on travaille. On ne peut que se raccrocher à du prémâché. Voilà ce que je me dis, lorsque je rentre chez moi, vanné par 2h de métro, voire quelques heures d’avion, et une journée de tension humaine.

Que signifie penser, d’ailleurs ? D’abord être capable de se dégager des coutumes et de tout ce qui est précablé, comme l'expliquaient les Lumières (cf. Kant). Etre critique était leur mot d’ordre (voir aussi ici) d’ailleurs. Ensuite, il faut pouvoir se faire une opinion, personnelle, en entendant ce que l’esprit humain a dit du sujet, un peu comme lors d’un jugement. Mais, pour cela, il faut probablement avoir subi une formation spéciale, un entraînement, à l’image de celle de nos diplômés de philosophie. Et aussi continuer à s’informer, et à réfléchir, sa vie durant. Je retrouve probablement les idées d’Aristote.

Un oisif.
(wikipedia)
  

mercredi 3 octobre 2012

La logique de l’intellectuel

La logique de l’intellectuel (de gauche ?) serait que l’opprimé est fatalement un juste. J’ai saisi cette idée au hasard d’une émission de France Culture dont j’ai attrapé une minute, dans la confusion, d’où l’approximation de la citation. En tout cas, la modélisation semble étonnamment puissante.

Elle pourrait expliquer bien des paradoxes. Par exemple, pourquoi le Juif est-il un bon quand il est dans un camp nazi, et un mauvais quand il est Israélien ? Pourquoi la famille Rom peut-elle être l’antithèse des droits de l’homme mais aussi l’image du bien absolu ? Pourquoi a-t-il fallu les printemps arabes pour que l’on découvre qu’il y avait oppression et misère au Maghreb, sinon parce que d’anciennes colonies ne peuvent qu’être le bien ?

Où est l’intellectuel dans tout ceci ? Il combat du côté des opprimés. Mais alors en opprimant les oppresseurs, il en fait des justes, et est le mal ? Ne serait-il pas plus logique de périr en martyr non violent ?
Et si la nature de l’homme était d’opprimer quand il le peut ? Le bien n'existerait pas ?

Question finale : l’intellectuel en est-il un ? En effet, penser est le contraire d’obéir mécaniquement à des règles sommaires. Défaite des Lumières, des philosophes, de la Révolution, de la 3ème République, des instituteurs, des radicaux puis du socialisme de Jaurès, dont le combat a été justement de nous apprendre à penser par nous-mêmes, en dehors des coutumes et autres règles qui nous préexistent ? 

mardi 2 octobre 2012

Les projets de Mitt Romney pour l'Europe

L'Europe de Mitt ?
(wikipedia)
Si les opinions de Mitt Romney sur l'Europe sont celles de son conseiller (un Anglais, ex proche de Mme Thatcher), la bonne zone euro est la zone euro morte. Car la zone euro c'est le socialisme. L'efficacité du marché exige des nations vigoureuses. Qui s'affrontent ?

Obama : 4 ans de plus

C'est reparti pour un tour?
(wikipedia)

Apparemment, les systèmes de prévisions construites sur des facteurs fondamentaux (comme la pente de l’économie) donnent Obama largement vainqueur de l’élection américaine. Or ce type de prévision semble fiable.

Pas de chance pour les gestionnaires de fonds d’investissement. L’attention qu’a suscitée la feuille d’impôt de Mitt Romney a révélé que leurs revenus étaient imposés à 15%. B.Obama voudrait les ramener à la normale (35%).

Sagesse éternelle : quand on a une maison de verre, on ne lance pas de pierres ? (Chaque nation devant avoir un dicton équivalent)

lundi 1 octobre 2012

Politique, pharmacie, Warren Buffett, retraités et quelques autres


Affligeants politiques, semble dire The Economist. Ils n’obéissent qu’à leur seul intérêt, d’une inconcevable médiocrité. Caractéristique certaine : s’opposer à l’intérêt général. Ici Mme Merkel détricote le mécanisme que la zone avait mis en place pour éviter la dislocation. Là, M.Rajoy fait preuve à la fois d’incompétence et d’un sens de l’honneur pitoyable. Et que dire de l’Inde ? Un magma de partis corrompus. On a retrouvé M.Kohl. Dans une chaise roulante, incapable de parler. Il a été victime d’un accident de cuisine. Visiblement c’était un tyran domestique, haï des siens. Curieusement, l’article se fait l’écho d’une de mes théories : sa gestion de la réunification allemande pourrait être à l’origine de la crise de l’euro. Il y a aussi des élections en Géorgie. Un suppôt de Bush y affronte un milliardaire inquiétant. Aux USA, les élections ne sont plus une question d’idées mais de logistique : chaque camp recrute des électeurs avec des moyens et une efficacité américains. La perfide Albion partage ses ambassades avec sa colonie canadienne. Décidément, elle n’est pas européenne. Le LDP japonais choisit comme candidat premier ministre un ancien premier ministre qui s’est ridiculisé, ce que compense sa haine des Chinois. En Argentine, où l’inflation atteint 25%, la présidente, qui vit d’expédients, est chahutée. Mais la situation économique du pays devrait s'améliore, et la sauver. En politique, le crime ne tue pas. C’est peut-être Hugo Chavez qui paraît le plus honnête de la bande. Certes, il ne laisse pas de place à l’expression de son opposition, mais au moins les élections sont libres.

Il y a pire que la politique : l’industrie pharmaceutique (chronique du livre Bad Pharma de Ben Goldacre). Le processus d’approbation et de diffusion des médicaments serait parfaitement manipulé. Si bien que le médecin a peu de moyens de connaître le degré de nocivité ou d’efficacité de ce qu’il prescrit : « des gens (…) meurent pour rien ». On a d’ailleurs expliqué pourquoi la pharmacie mais aussi l’éducation consomment de plus en plus de nos revenus. Elles ne connaissent pas de gains de productivité. Mais leurs salaires suivent ceux des industries qui en connaissent. Intelligent, mais ça ne me semble pas toute la réalité. « Les industries à productivité » l’ont trouvée dans l’exploitation des pays émergents. Les couches supérieures de l’entreprise se sont enrichies au détriment des couches inférieures. Les universitaires, les cadres du pharmaceutique… voyant que des gens de même diplôme gagnaient beaucoup ont voulu faire de même.

Le secret de Warren Buffett est connu ! Les fonds de retraite n’ayant pas le droit de s’endetter, pour ne pas prendre de risques, ils sont contraints d’acheter des actifs risqués pour avoir un fort retour sur investissement. Ce qui laisse à Warren Buffet les titres sans risque, et sous évalués ! En outre, il possède une activité d’assurance, qui lui permet d’emprunter à un taux record. D’où gros « effet de levier ». Malin.
Tout aussi lucratif. Les Baby boomers arrivent à la retraite, après un hold up. Ils ont beaucoup gagné, parce qu’ils ont eu peu d’enfants, et ont été jeunes à une époque où il y avait peu de retraités. Maintenant, ils utilisent leur poids politique pour faire payer les jeunes. Le déséquilibre ne sera bientôt plus tenable. Nous aurions le choix entre l’inflation et la crise. En revanche, Steve Jobs est bien mort. Pour la première fois, Apple sort un produit, un logiciel cartographique, qui n’est pas au point (ce que je confirme). Apple devient une entreprise ordinaire ?

Article sur l’Inde. Elle aurait tout accepté de l’Occident, sauf la logique économique, qui lui est imperméable. Ce que regrette The Economist, qui lui prédit l’avenir des USA, si elle se transforme. N’a-t-elle pas tout pour lui ressembler ? Sauf un rêve : s'enrichir. En Chine, il ne fait pas bon être dans le hit parade des milliardaires : cela attire sur vous l’attention de l’Etat…

Une histoire de robots, pour finir. On aurait trouvé le moyen de réduire massivement leur prix (22.000$). Bonne nouvelle pour l’automobile, qui en consomme beaucoup. Apparemment, le nouveau robot serait capable de détecter les obstacles et aurait des articulations non rigides, faciles à guider manuellement. Donc, plus besoin de système de programmation compliqué et de protection.